Fiche de révision : Introduction à la science et la connaissance

Plan du Cours

  1. Savoir et croyance
  2. Désir de savoir et raison
  3. Étonnement scientifique chez Aristote
  4. Mythe, technique et démonstration
  5. Positivisme et phénoménologie
  6. Critère cartésien de scientificité
  7. Inconscient et critique de l’évidence
  8. Réfutabilité selon Popper

1. Savoir et croyance

Notions clés & Définitions

  • Croire : La croyance consiste à adhérer à un énoncé sans disposer de preuves rationnelles, empiriques ou expérimentales.
  • Savoir : Le savoir consiste à adhérer à un énoncé après examen des preuves ou reconnaissance immédiate de son caractère indubitable pour un esprit attentif.
  • Preuves factuelles : Les preuves factuelles sont des éléments d’observation qui servent à justifier une affirmation.
  • Preuves démonstratives : Les preuves démonstratives sont des justifications obtenues par raisonnement rigoureux.
  • Preuves expérimentales : Les preuves expérimentales proviennent d’essais menés pour vérifier ou tester des énoncés.

Points essentiels

  • Croire revient à suivre un discours sans garantie de preuves, parfois par confiance ou par diffusion persuasive.
  • Savoir implique l’examen critique des preuves ou l’évidence immédiate pour un esprit attentif.
  • Toute science emploie un langage rigoureux et méthodique pour réduire l’ambiguïté des termes.
  • Les preuves mobilisées peuvent être factuelles, démonstratives ou expérimentales.
  • La science doit examiner de façon critique l’opinion courante avant d’en tirer un contenu rationnel.

2. Désir de savoir et raison

Notions clés & Définitions

  • Désir de savoir : Le désir de savoir désigne la tension qui pousse un sujet à chercher la connaissance.
  • Libido sciendi : La libido sciendi est, dans la psychanalyse, la forme du désir liée au savoir.
  • Libido dominandi : La libido dominandi est, dans la psychanalyse, un désir inconscient de domination sur la nature et sur les autres.
  • Rationnel : Être rationnel correspond à la capacité de procéder par ordre selon des règles de méthode.
  • Raisonnable : Être raisonnable correspond à la capacité de discerner ce qu’il faut faire et ce qui est bien ou mal.

Points essentiels

  • La problématique pose l’idée que la science pourrait sembler moins rationnelle si elle se fonde sur une dynamique de désir.
  • La distinction décisive est entre être rationnel (procéder selon des règles) et être raisonnable (juger ce qu’il faut faire).
  • La critique freudienne renverse l’idéal aristotélicien de science purement désintéressée en reliant science et domination.
  • Les citations attribuées à Bacon et Descartes formulent l’idée d’une maîtrise de la nature obtenue par des moyens scientifiques.
  • La question finale conduit à demander si la science apprend seulement à user de la raison ou aussi à agir avec sens.

3. Étonnement scientifique chez Aristote

Notions clés & Définitions

  • Étonnement : L’étonnement est le moteur intellectuel qui fait reconnaître l’ignorance et déclenche la quête du savoir.
  • Métaphysique : La métaphysique est l’œuvre mentionnée comme lieu où Aristote relie l’activité philosophique à l’étonnement.
  • Technè : La technè est une disposition naturelle à produire un savoir-faire, transmissible et explicable par des causes.
  • Mythe de Prométhée : Le mythe de Prométhée est présenté comme un récit d’origine divine pour expliquer l’accès des hommes à la technique.
  • Finalisme : Le finalisme désigne l’idée que la nature agit en vue de fins, ce qui permet d’expliquer pourquoi une chose est comme elle est.

Points essentiels

  • Aristote rattache la naissance de la philosophie à l’étonnement face aux difficultés rencontrées par l’esprit humain.
  • La science est dite rationnelle parce qu’elle poursuit une recherche des causes, et pas seulement un constat d’existence.
  • Le contraste mythe/physique porte sur le type d’explication : origine divine pour le mythe, causes pour l’explication scientifique.
  • La technè permet de justifier un travail par plusieurs causes et de transmettre un savoir-faire plutôt qu’un vécu singulier.
  • La physique est dite « philosophie seconde » car elle étudie des premiers principes et causes plus précisément que les usages ordinaires.

4. Mythe, technique et démonstration

Notions clés & Définitions

  • Mythe : Le mythe est un discours utilisé pour persuader en racontant l’origine d’un fait ou d’une pratique.
  • Persuader : Persuader consiste à faire adhérer à un discours en s’adressant à la sensibilité de l’interlocuteur.
  • Convaincre : Convaincre consiste à faire adhérer à un discours en s’adressant à la raison de l’interlocuteur.
  • Démonstration : Une démonstration est un raisonnement où la conclusion suit nécessairement des prémisses par cohérence logique.
  • Syllogisme : Le syllogisme est un raisonnement qui relie deux prémisses à une conclusion nécessaire.

Points essentiels

  • Le mythe sert à persuader en s’appuyant sur une explication qui vise l’adhésion, ici de type originaire et divin.
  • Le discours scientifique vise à convaincre en s’appuyant sur des liens rationnels entre raisons et conclusions.
  • La démonstration est présentée comme une déduction à partir de propositions universelles vers un cas particulier.
  • La validité d’une démonstration dépend de la cohérence logique du raisonnement.
  • L’induction correspond à un passage du particulier au général à partir d’expériences, sans nécessité absolue car un contre-exemple reste possible.

5. Positivisme et phénoménologie

Notions clés & Définitions

  • Positivisme : Le positivisme est un courant qui demande d’étudier les faits tels qu’ils sont posés, en évitant la fondation métaphysique via la conscience.
  • Auguste Comte : Auguste Comte est présenté comme l’auteur proposant une démarche centrée sur les faits, indépendamment de la conscience du sujet.
  • Phénoménologie : La phénoménologie est un courant qui étudie les phénomènes tels qu’ils apparaissent à la conscience.
  • Edmund Husserl : Edmund Husserl est présenté comme l’auteur définissant la phénoménologie comme une « science rigoureuse ».
  • Conscience intentionnelle : La conscience intentionnelle désigne le caractère de la conscience qui vise son objet en l’anticipant à partir d’expériences passées.

Points essentiels

  • Le positivisme propose d’abandonner la fondation métaphysique de la science et d’étudier les faits hors de la conscience du sujet.
  • Le positivisme donne naissance à deux domaines présentés : biologie et sociologie.
  • La phénoménologie rejette l’étude des faits « bruts » au profit de l’étude des phénomènes, définis comme ce qui apparaît à la conscience.
  • Husserl insiste sur l’anticipation de l’objet par la conscience à travers l’espace et le temps, via des expériences antérieures.
  • La science ne connaît pas les choses en soi mais seulement telles qu’elles apparaissent pour nous, et les concepts peuvent être rectifiés.

6. Critère cartésien de scientificité

Notions clés & Définitions

  • Règle de l’évidence : La règle de l’évidence impose de ne rien admettre sans évidence et de rejeter tout ce qui est au moindre doute.
  • Règle de l’analyse : La règle de l’analyse impose de décomposer une difficulté en éléments simples maîtrisés.
  • Règle de la synthèse : La règle de la synthèse impose de recomposer dans l’ordre du plus simple au plus complexe.
  • Règle du dénombrement : La règle du dénombrement impose de vérifier que toutes les étapes ont bien été suivies attentivement.
  • Mathesis universalis : La mathesis universalis est la méthode mathématique citée comme fondement de la démarche cartésienne.

Points essentiels

  • Le critère cartésien de scientificité est l’adoption correcte des règles de méthode, pas seulement la possession d’une raison.
  • La règle de l’évidence vise à éviter deux sources d’erreur : la prévention et la précipitation.
  • La règle de l’analyse impose de traiter une difficulté par éléments, afin de garantir une maîtrise de chaque composant.
  • La règle de la synthèse impose une recomposition ordonnée, allant du simple vers le complexe.
  • La règle du dénombrement exige une vérification attentive de l’exécution complète des étapes.

7. Inconscient et critique de l’évidence

Notions clés & Définitions

  • Inconscience : L’inconscience est une absence momentanée et relative de conscience, susceptible de degrés.
  • Inconscient : L’inconscient est présenté comme un objet d’étude scientifique qui ne se laisse pas observer directement.
  • Refoulement : Le refoulement désigne une force inconsciente qui repousse des pensées liées à des interdits et à des tabous.
  • Image de l’iceberg : L’image de l’iceberg illustre que la conscience saisit seulement une partie émergée de la réalité psychique.
  • Évidence cartésienne : L’évidence cartésienne est l’exigence de ne rien admettre sans certitude et de rejeter le doute.

Points essentiels

  • L’inconscient n’est pas l’inconscience : il est étudié indirectement car ses manifestations se présentent sous un « déguisement » à interpréter.
  • Le texte distingue des limites de la perception liées aux instruments et donc aux conditions d’accès au réel étudié.
  • Freud ajoute l’idée d’une résistance et d’un refoulement inconscient qui empêchent l’accès direct à certains contenus.
  • Une critique centrale est que l’hypothèse remet en cause la confiance dans l’évidence et la capacité d’analyse exhaustive de la conscience.
  • Le discours freudien soutient que des conflits pulsionnels et subjectifs peuvent influencer la rationalité et l’enquête scientifique.

8. Réfutabilité selon Popper

Notions clés & Définitions

  • Conjecture : Une conjecture est une hypothèse de travail en science qui n’a encore été ni confirmée ni infirmée.
  • Réfutabilité : La réfutabilité est la propriété d’une hypothèse de pouvoir être mise en échec par un test concevable.
  • Falsifiabilité : La falsifiabilité est l’aptitude d’une théorie à être réfutée plutôt qu’à être seulement vérifiée.
  • Conjectures et réfutations : L’ouvrage cité présente l’idée que le caractère scientifique dépend des tests capables de réfuter une théorie.
  • Hypothèse ad hoc : Une hypothèse ad hoc est une addition qui sert à rendre une théorie non réfutable par les événements possibles.

Points essentiels

  • Popper soutient qu’une théorie non réfutable par un événement concevable ne possède pas un caractère scientifique.
  • Il affirme que ce qui fait avancer une théorie, c’est sa mise à l’épreuve visant à démontrer sa fausseté ou à la réfuter.
  • Pouvoir être testée revient à pouvoir être réfutée, et l’importance n’est pas la réussite d’une vérification.
  • L’exemple freudien est présenté comme non réfutable car Freud ajoute une hypothèse ad hoc : la vérité est empêchée par une résistance inconsciente.
  • Le texte conclut que l’hypothèse de l’inconscient perd l’esprit scientifique aux yeux de la logique poppérienne parce qu’elle rend la critique impossible.

Repères chronologiques

DateÉvénement
XVIePériode où l’on cherche, face aux forces de la nature, à exprimer mathématiquement des rapports entre phénomènes.
XVIIePériode particulièrement mentionnée pour construire des expérimentations testant des lois formulées mathématiquement.
1963Publication citée de Popper, Conjectures et réfutations.

Tableaux de synthèse

Mythe vs discours rationnel

Point comparéMytheDiscours scientifique
Type d’adhésionPersuasionConviction rationnelle
Origine/expliationOrigine divine attribuéeExplication par des causes et une justification
But de l’explicationFaire adhérer sur les originesRendre la conclusion rationnellement nécessaire ou établie
TransmissionMoins centrée sur un savoir-faire transmissibleCentrée sur un savoir-faire justifiable et enseignable

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre croire et savoir : une adhésion sans preuves ne devient pas scientifique par simple répétition ou autorité.
  2. Croire que l’induction rend une conclusion certaine : un contre-exemple possible empêche la nécessité universelle.
  3. Mélanger être rationnel et être raisonnable : suivre une méthode correcte ne garantit pas que l’action ait un sens moral.
  4. Penser que la phénoménologie étudie des faits « en soi » : elle traite des phénomènes tels qu’ils apparaissent à la conscience.
  5. Croire que « testé » signifie automatiquement « prouvé » : pour Popper, ce qui compte est la possibilité d’être réfuté.
  6. Penser que l’inconscient est directement observable : il se manifeste indirectement et demande une interprétation.

Checklist Examen

  1. Définir clairement croyance et savoir, et citer les types de preuves possibles utilisées par la science.
  2. Expliquer pourquoi le désir de savoir peut poser problème pour la rationalité de la science et distinguer rationnel et raisonnable.
  3. Décrire le rôle de l’étonnement chez Aristote et la relation entre ignorance, désir de savoir et naissance de la philosophie.
  4. Comparer mythe de Prométhée et explication scientifique aristotélicienne en termes de cause, fonction et transmission de la technè.
  5. Distinguer persuader et convaincre, puis caractériser démonstration, syllogisme, déduction et induction.
  6. Exposer l’objection sur le lien désir de savoir et désir de pouvoir via Bacon et Descartes, puis la critique freudienne du progrès.
  7. Définir positivisme et phénoménologie, et expliquer pourquoi la science ne connaît pas les choses en soi mais des phénomènes.
  8. Présenter les règles cartésiennes de l’évidence, de l’analyse, de la synthèse et du dénombrement, et dire ce qu’elles visent à éviter.
  9. Expliquer en quoi l’hypothèse freudienne remet en cause l’évidence : inconscient vs inconscience, refoulement et besoin d’interprétation.
  10. Résumer le critère poppérien : caractère scientifique par réfutabilité, différence entre vérification et test, et critique de l’hypothèse ad hoc chez Freud.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Introduction à la science et la connaissance avec 16 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle différence distingue le mieux le savoir de la croyance ?

2. Quel type de preuve provient d’essais destinés à vérifier ou tester un énoncé ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction à la science et la connaissance avec 16 flashcards interactives.

Croire — définition ?

Adhérer sans preuves rationnelles ou empiriques.

Savoir — définition ?

Adhérer après examen ou évidence immédiate.

Preuves factuelles — rôle ?

Justifier par observation directe.

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