QCM : Justice, droit et légitimité (23 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Que signifie agir avec justice envers autrui ?

Appliquer les mêmes décisions sans tenir compte des droits individuels
Respecter les droits de chacun et reconnaître à chacun ce qui lui est dû
Faire prévaloir les intérêts collectifs sur les droits de chaque personne
Répartir les biens selon les préférences personnelles de chacun

Respecter les droits de chacun et reconnaître à chacun ce qui lui est dû

Explication

La justice consiste à respecter rigoureusement les droits de chacun et à reconnaître à chacun son droit. Une répartition fondée sur les préférences personnelles ne garantit pas le respect de ces droits.

2. Quel principe Kant formule-t-il dans la Critique de la raison pratique pour guider l’action morale ?

Suivre les règles que la société adopte pour préserver ses traditions
Agir selon une maxime que l’on puisse vouloir comme règle universelle
Privilégier les conséquences utiles, même si la maxime ne vaut que pour soi
Choisir l’action qui produit le plus grand avantage pour soi-même

Agir selon une maxime que l’on puisse vouloir comme règle universelle

Explication

Kant demande que la maxime de l’action puisse être érigée en règle universelle. Chercher son avantage personnel ne satisfait pas ce critère de validité universelle.

3. Pourquoi une conception commune du juste est-elle nécessaire à la vie en communauté ?

Elle évite que les valeurs individuelles puissent justifier des actes portant atteinte à autrui
Elle garantit que les membres d’une communauté partagent les mêmes intérêts personnels
Elle remplace les règles collectives par les choix moraux de chaque individu
Elle permet à chaque personne d’imposer sa propre conception du bien aux autres

Elle évite que les valeurs individuelles puissent justifier des actes portant atteinte à autrui

Explication

Une conception commune du juste rend possible la vie collective en empêchant que des valeurs individuelles légitiment des actes comme le viol ou le meurtre. Laisser chacun imposer sa conception personnelle ne protège pas les autres contre de tels actes.

4. Qu’est-ce que le droit au sens d’un ensemble de permissions ?

Un ensemble de permissions définies par des règles, qui autorisent des actions sans les imposer
Un ensemble de valeurs morales qui distingue les actions bonnes des actions mauvaises
Une liste de possibilités matérielles qui détermine ce que chacun peut réaliser
Un ensemble de devoirs définis par des règles, qui rendent obligatoires les actions autorisées

Un ensemble de permissions définies par des règles, qui autorisent des actions sans les imposer

Explication

Le droit rassemble des permissions établies par des règles : il autorise certaines actions sans les rendre obligatoires. Des possibilités matérielles indiquent ce qu’on peut faire, mais ne constituent pas en elles-mêmes des permissions juridiques.

5. Une personne est capable de réaliser une action, mais aucune règle ne l’y autorise : comment distinguer sa situation ?

C’est une possibilité, car la capacité d’agir ne vaut pas autorisation normative
C’est une interdiction, car l’absence d’autorisation rend l’action défendue
C’est un droit, car toute action réalisable est autorisée par les règles
C’est une obligation, car la capacité d’agir crée un devoir d’agir

C’est une possibilité, car la capacité d’agir ne vaut pas autorisation normative

Explication

Une possibilité désigne ce qui peut être fait, tandis qu’un droit est une permission normative dont la transgression reste possible. La capacité de réaliser l’action ne suffit donc pas à établir qu’elle est autorisée.

6. Quelle distinction caractérise le droit positif et la règle morale ?

Le droit positif est codifié, généralement par écrit, tandis que la règle morale non écrite renvoie au bien et au mal
Le droit positif repose sur des possibilités individuelles, tandis que la règle morale autorise des actions
Le droit positif est une règle non écrite, tandis que la règle morale est inscrite dans la loi sociale
Le droit positif renvoie au bien et au mal, tandis que la règle morale est codifiée par les institutions

Le droit positif est codifié, généralement par écrit, tandis que la règle morale non écrite renvoie au bien et au mal

Explication

Le droit positif repose sur la loi sociale et est codifié, généralement par écrit ; la règle morale non écrite concerne la distinction entre le bien et le mal. Confondre la règle morale avec une règle codifiée inverse précisément cette distinction.

7. Que garantit l’égalité de droit, sans pour autant effacer les différences de situation ?

Une répartition identique des biens, indépendamment des droits reconnus
Des droits différents selon les aptitudes et les ressources de chacun
Les mêmes conditions de vie pour tous grâce à la suppression des écarts réels
Les mêmes droits pour tous en raison de leur dignité humaine commune

Les mêmes droits pour tous en raison de leur dignité humaine commune

Explication

L’égalité de droit attribue les mêmes droits à tous parce que chacun possède une dignité humaine commune, mais elle ne supprime pas les inégalités de fait. Des conditions de vie identiques relèveraient d’une égalité de fait que cette égalité juridique ne garantit pas.

8. Face aux inégalités de fait, quel objectif le droit peut-il chercher à garantir ?

L’identité des situations, en effaçant toutes les différences entre les personnes
L’égalité des chances, sans prétendre supprimer toutes les inégalités réelles
L’égalité des résultats, en attribuant des ressources identiques à chacun
La disparition des écarts naturels, en uniformisant les aptitudes individuelles

L’égalité des chances, sans prétendre supprimer toutes les inégalités réelles

Explication

Le droit ne peut pas supprimer les inégalités de fait, mais il peut tenter de garantir l’égalité des chances. L’égalité des résultats va plus loin que cet objectif et ne découle pas de la règle énoncée.

9. Quelle forme de justice tient compte des différences entre les personnes pour attribuer à chacun ce qui lui revient ?

La justice commutative, tandis que la justice distributive impose des charges équivalentes dans les échanges
La justice distributive, tandis que la justice commutative vise l’équivalence des obligations et des charges
La justice distributive, tandis que la justice commutative attribue selon les aptitudes de chacun
La justice commutative, tandis que la justice distributive vise l’équivalence des obligations et des charges

La justice distributive, tandis que la justice commutative vise l’équivalence des obligations et des charges

Explication

La justice distributive tient compte des différences entre les individus pour déterminer ce qui revient à chacun, alors que la justice commutative pose l’équivalence des obligations et des charges. Attribuer selon les différences relève donc de la justice distributive, et non de la justice commutative.

10. Comment Proudhon définit-il la justice dans son rapport à la dignité humaine ?

Comme le respect spontané et réciproquement garanti de la dignité de chacun, quelles que soient la personne et les circonstances
Comme la répartition des biens selon le mérite, le talent et la contribution de chacun
Comme l’application uniforme de règles écrites, indépendamment des relations entre les personnes
Comme la protection de la dignité accordée en fonction de la conduite et du statut de chacun

Comme le respect spontané et réciproquement garanti de la dignité de chacun, quelles que soient la personne et les circonstances

Explication

Pour Proudhon, la justice consiste dans un respect spontané et mutuellement garanti de la dignité humaine, sans distinction de personne ni de circonstance. La répartition selon le mérite constitue une autre conception et ne rend pas compte de cette exigence universelle.

11. Dans la distinction de Proudhon entre droit et devoir, que peut exiger une personne au titre de son droit ?

Le respect de sa propre dignité, tandis que son devoir l’oblige à respecter celle d’autrui
Le respect de la dignité d’autrui, tandis que son devoir l’autorise à exiger la sienne
La reconnaissance de ses mérites, tandis que son devoir l’oblige à défendre ses biens
L’application d’une règle commune, tandis que son devoir l’autorise à sanctionner autrui

Le respect de sa propre dignité, tandis que son devoir l’oblige à respecter celle d’autrui

Explication

Le droit désigne la faculté d’exiger que sa propre dignité soit respectée, alors que le devoir impose de respecter la dignité d’autrui. Inverser ces deux rôles confond la revendication portant sur soi avec l’obligation envers les autres.

12. Pourquoi la justice doit-elle être formulée en normes communes ?

Pour garantir que chaque personne puisse définir séparément ce qui est acceptable
Pour établir un consensus sur ce qui est acceptable et permettre la construction du droit
Pour remplacer toute appréciation morale par des décisions prises au cas par cas
Pour réserver la détermination du droit aux personnes qui appliquent les sanctions

Pour établir un consensus sur ce qui est acceptable et permettre la construction du droit

Explication

Des normes communes rendent possible un accord sur ce qui est acceptable et fournissent une base à la construction du droit. Des appréciations séparées ne créeraient pas le consensus commun visé par cette règle.

13. Quelle distinction permet de différencier le droit naturel du droit positif ?

Le droit naturel exprime une exigence morale de justice, tandis que le droit positif est constitué de lois écrites
Le droit naturel désigne les sanctions appliquées par l’État, tandis que le droit positif désigne les devoirs personnels
Le droit naturel est constitué de lois écrites, tandis que le droit positif exprime une exigence morale de justice
Le droit naturel établit les décisions des tribunaux, tandis que le droit positif regroupe les coutumes non écrites

Le droit naturel exprime une exigence morale de justice, tandis que le droit positif est constitué de lois écrites

Explication

Le droit naturel renvoie à l’exigence morale de justice, alors que le droit positif consiste en lois écrites. La réponse qui attribue les lois écrites au droit naturel inverse précisément cette distinction.

14. Une loi écrite est en vigueur, mais elle contrevient aux exigences morales de justice : quelle condition lui manque-t-il pour être légitime ?

Son adoption sous la forme d’une loi écrite, qui définit le droit naturel
Son acceptation par les personnes concernées, qui remplace les limites du droit naturel
Son application par les tribunaux, qui transforme la justice morale en droit positif
Sa conformité au droit naturel, qui fixe les limites du droit positif

Sa conformité au droit naturel, qui fixe les limites du droit positif

Explication

La légitimité du droit positif exige qu’il soit conforme au droit naturel, lequel en fixe les bornes. Le fait qu’une règle soit écrite relève de sa légalité, mais ne suffit pas à établir sa légitimité.

15. Quelle fonction caractérise la loi comme expression écrite du droit ?

Exprimer une exigence morale sans imposer d’obligation à la communauté
Imposer une obligation à la communauté afin de garantir la sécurité et les biens de tous
Permettre à chaque personne de fixer elle-même les règles qui protègent ses biens
Organiser la réparation des torts en laissant à chacun le choix de sa sanction

Imposer une obligation à la communauté afin de garantir la sécurité et les biens de tous

Explication

La loi exprime le droit par écrit et impose une obligation à la communauté pour protéger la sécurité et les biens de tous. Une règle laissée au choix de chacun ne remplirait pas cette fonction d’obligation commune.

16. Comment la loi contribue-t-elle à garantir le droit contre les transgressions ?

Elle confie à chaque personne le choix d’une réparation sans prévoir de conséquence légale
Elle transforme toute transgression en tort moral sans conséquence sur les biens ou la liberté
Elle rend la transgression néfaste en prévoyant la privation de biens ou de liberté
Elle rend la transgression avantageuse en récompensant la personne qui enfreint la règle

Elle rend la transgression néfaste en prévoyant la privation de biens ou de liberté

Explication

La loi fixe le droit et le garantit en associant la transgression à la perspective d’une privation de biens ou de liberté. Une réparation sans conséquence légale ne correspond pas au mécanisme de sanction décrit.

17. Un tribunal doit choisir une sanction pour une faute : quel principe contribue à distinguer la justice de la vengeance ?

La sanction doit être choisie par la personne lésée, et la loi écarte toute limite à la vengeance
La sanction doit être proportionnée à la faute, et la loi limite le droit de vengeance
La sanction doit dépasser la faute, et la loi étend le droit de vengeance
La sanction doit dépendre de la richesse de la personne, et la loi protège la vengeance privée

La sanction doit être proportionnée à la faute, et la loi limite le droit de vengeance

Explication

Le juste exige une proportion entre la faute et la sanction, tandis que la loi pose une limite au droit de vengeance. Laisser la personne lésée choisir elle-même la sanction ferait dépendre la réponse de la vengeance privée plutôt que de cette limite légale.

18. Selon une conception philosophique de la légitimité, à quelle condition une loi est-elle valable ?

Lorsqu’elle profite à l’ensemble de la communauté et vise le bien commun.
Lorsqu’elle est adoptée par une autorité reconnue, quel que soit son objectif.
Lorsqu’elle reflète les convictions morales de la majorité des citoyens.
Lorsqu’elle protège les intérêts de l’État, même au détriment de la communauté.

Lorsqu’elle profite à l’ensemble de la communauté et vise le bien commun.

Explication

Cette conception lie la validité de la loi au bénéfice de toute la communauté et suppose un régime démocratique ou orienté vers le bien commun. La seule adoption par une autorité reconnue ne suffit pas si la loi ne poursuit pas cet objectif.

19. Selon Hegel, qu’est-ce qui détermine la conformité juridique d’un acte ?

La pureté du mobile de son auteur, indépendamment de la règle applicable.
La disposition d’esprit de son auteur, comparée aux attentes de la société.
La conviction personnelle de son auteur, évaluée au regard du bien commun.
Son accord avec la règle de droit, indépendamment de l’intention de son auteur.

Son accord avec la règle de droit, indépendamment de l’intention de son auteur.

Explication

Pour Hegel, le droit évalue l’acte indépendamment de l’intention, de la conviction et de la disposition d’esprit de celui qui agit. Le mobile peut compter pour apprécier la moralité, mais pas pour établir cette conformité juridique.

20. Dans quel cas l’usage de la violence est-il légitime en droit international ?

Lorsqu’il sert à protéger le territoire et les citoyens contre une menace.
Lorsqu’il assure à l’État un avantage stratégique au-delà de ses frontières.
Lorsqu’il impose à un autre État une organisation politique jugée préférable.
Lorsqu’il permet d’agrandir le territoire au profit de l’État qui l’emploie.

Lorsqu’il sert à protéger le territoire et les citoyens contre une menace.

Explication

Le recours à la violence est légitime pour protéger le territoire et les citoyens, tandis qu’une guerre de conquête est illégitime. Un gain territorial obtenu par la force relève précisément de la conquête, et non de la protection.

21. Comment la justice associe-t-elle un idéal à son application concrète ?

Elle applique un idéal abstrait sans tenir compte des circonstances sociales.
Elle subordonne les actes justes aux seules préférences individuelles.
Elle remplace le sentiment de justice par une application uniforme des règles.
Elle traduit un sentiment de justice en actes adaptés aux réalités et aux circonstances sociales.

Elle traduit un sentiment de justice en actes adaptés aux réalités et aux circonstances sociales.

Explication

La justice désigne à la fois un sentiment et l’acte qui lui correspond, lequel doit adapter l’idéal aux réalités et aux circonstances sociales. Une application qui ignore ces circonstances ne rend pas compte de cette adaptation.

22. Une personne respecte la loi par crainte d’une sanction, sans agir par devoir : comment Kant distingue-t-il ces deux aspects ?

Son acte relève de la légalité, mais pas d’une moralité motivée par le devoir.
Son acte relève de la moralité, mais pas de la légalité prévue par la règle.
Son acte ne relève ni de la légalité ni de la moralité, puisque la crainte l’a motivé.
Son acte relève à la fois de la légalité et de la moralité, puisque la règle est respectée.

Son acte relève de la légalité, mais pas d’une moralité motivée par le devoir.

Explication

La légalité concerne la conformité de l’action à la loi, tandis que la moralité suppose que le devoir issu de la loi motive l’action. Le respect de la règle par crainte suffit à établir la conformité, mais pas la motivation morale décrite par Kant.

23. Quel rôle le droit joue-t-il dans la construction de la justice ?

Il établit une mesure infaillible qui rend toute décision parfaitement juste.
Il exprime des idéaux partagés, sans offrir de repère commun pour les décisions.
Il remplace le jugement sur les situations par des principes invariables.
Il fournit une référence commune et connue, sans garantir une justice parfaite ou infaillible.

Il fournit une référence commune et connue, sans garantir une justice parfaite ou infaillible.

Explication

Le droit offre une référence commune, sous la forme d’un texte connu, à partir de laquelle la justice peut être construite. Il ne garantit toutefois pas l’existence d’une justice parfaite ou à l’abri de toute erreur.

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Que signifie la justice comme idéal universel ?

Le respect rigoureux des droits de chacun et la reconnaissance à chacun de son droit.

Qui formule l’impératif catégorique dans la Critique de la raison pratique, publiée en 1724-1804 ?

Kant.

Quelle règle Kant formule-t-il dans la Critique de la raison pratique ?

Agir de sorte que la maxime de son action puisse devenir une règle universelle.

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