QCM : La lecture littéraire — 27 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle notion Umberto Eco propose-t-il dans *L’Œuvre ouverte* en 1962 pour désigner une œuvre susceptible de plusieurs interprétations qui peuvent se superposer ou se contredire ?

Le récit éponyme
L’apostille
L’œuvre ouverte
Le paratexte

L’œuvre ouverte

Explication

L’œuvre ouverte désigne une création dont le sens peut donner lieu à plusieurs interprétations, parfois compatibles et parfois contradictoires. L’apostille est plutôt un ajout ou un commentaire associé à un texte, ce qui ne définit pas cette notion.

2. Quel élément relève des paratextes parce qu’il ajoute un commentaire réagissant à un texte ?

Une œuvre ouverte
Un topos structurel
Une apostille
Un signifié

Une apostille

Explication

Une apostille est un ajout ou un commentaire qui réagit à un texte et appartient donc aux paratextes. Une œuvre ouverte concerne la pluralité des interprétations, tandis qu’un signifié et un topos relèvent d’autres notions.

3. Selon Ferdinand Saussure, de quels deux éléments le signe linguistique est-il composé ?

D’un thème et d’une intrigue
D’un signifiant et d’un signifié
D’un titre et d’un commentaire
D’un incipit et d’un explicit

D’un signifiant et d’un signifié

Explication

Pour Saussure, le signe associe un signifiant, sa forme perceptible, et un signifié, son contenu ou ce qu’il représente. Les autres couples proposés concernent la structure narrative ou les éléments paratextuels, et non la composition du signe.

4. Dans le mot « arbre », que désigne principalement le signifiant ?

La pluralité des interprétations littéraires
L’idée de végétal représentée par le mot
La suite de sons ou de lettres du mot
La relation entre plusieurs langues

La suite de sons ou de lettres du mot

Explication

Le signifiant correspond à la forme graphique ou sonore d’un mot, comme sa suite de lettres ou de sons. L’idée de végétal relève du signifié, tandis que les deux autres réponses décrivent des phénomènes différents.

5. Quelle conséquence découle du caractère arbitraire du rapport entre signifiant et signifié chez Saussure ?

Les signes renvoient directement aux objets sans convention
Les mots prennent nécessairement un sens unique dans chaque langue
Les œuvres reçoivent toutes une interprétation identique
Les langues peuvent associer des formes différentes à un même contenu

Les langues peuvent associer des formes différentes à un même contenu

Explication

L’arbitraire du signe permet que des langues différentes associent des formes distinctes à des contenus comparables, ce qui explique leur diversité. Il ne suppose ni un sens unique, ni une interprétation littéraire identique, ni une relation directe et naturelle avec les objets.

6. Que signifie la polysémie interprétative à propos d’une œuvre ?

Qu’elle possède plusieurs formes sonores
Qu’elle reprend une scène narrative récurrente
Qu’elle peut recevoir plusieurs interprétations
Qu’elle porte le nom de son personnage

Qu’elle peut recevoir plusieurs interprétations

Explication

La polysémie interprétative désigne la possibilité qu’une même œuvre fasse l’objet de plusieurs interprétations. Les autres réponses renvoient respectivement au signifiant, au topos et à l’œuvre éponyme.

7. Qu’est-ce qu’un topos dans la littérature ?

Un commentaire ajouté à la fin d’un texte
Un titre qui donne une clé de lecture
Une forme sonore associée à un contenu
Un lieu, un thème ou une situation récurrente

Un lieu, un thème ou une situation récurrente

Explication

Un topos est un élément récurrent des œuvres littéraires, qu’il s’agisse d’un lieu, d’un thème ou d’une situation. Les autres réponses renvoient à l’apostille, au signe linguistique ou à une conception restrictive du titre.

8. Quelle distinction oppose correctement les topoï thématiques et les topoï structurels ?

Les premiers concernent les titres, les seconds les personnages principaux
Les premiers désignent l’incipit, les seconds une bataille récurrente
Les premiers décrivent les sons, les seconds les contenus des mots
Les premiers concernent des scènes récurrentes, les seconds la construction du récit

Les premiers concernent des scènes récurrentes, les seconds la construction du récit

Explication

Les topoï thématiques correspondent à des scènes récurrentes, comme une rencontre ou une bataille, tandis que les topoï structurels concernent l’organisation du récit, notamment l’incipit et l’explicit. L’incipit n’est donc pas un topos thématique dans cette distinction.

9. Quelle caractéristique doit idéalement avoir le titre d’un roman ?

Décrire le personnage principal avec une précision biographique
Être poétique et ouvrir des attentes sans imposer une interprétation
Résumer l’intrigue et fournir une interprétation directrice
Reprendre une scène récurrente pour annoncer toute l’action

Être poétique et ouvrir des attentes sans imposer une interprétation

Explication

Un titre romanesque doit être poétique et susciter les attentes des lecteurs sans leur imposer une clé interprétative. Le fait de résumer l’intrigue ou de diriger la lecture contredirait précisément cette fonction d’ouverture.

10. Quelle instance narrative raconte l’histoire sans être nécessairement la personne qui a composé l’œuvre ?

Le personnage principal
L’auteur
Le narrateur
Le lecteur

Le narrateur

Explication

Le narrateur est la voix qui prend en charge le récit, tandis que l’auteur est la personne qui compose l’œuvre. Confondre ces deux instances revient à attribuer directement à l’auteur les paroles et le point de vue du narrateur.

11. Un récit révèle les pensées d’un personnage, mais ne donne pas accès à celles des autres : quelle focalisation est utilisée ?

Une focalisation rétrospective
Une focalisation externe
Une focalisation interne
Une focalisation omnisciente

Une focalisation interne

Explication

La focalisation interne limite les informations à la perception et à la conscience d’un personnage. La focalisation externe décrit les faits depuis l’extérieur sans accéder à la conscience, tandis que la focalisation omnisciente offre une connaissance plus étendue.

12. Un personnage qui raconte une histoire à laquelle il participe adopte quelle position narrative ?

Une position extradiégétique
Une position intradiégétique
Une position externe
Une position omnisciente

Une position intradiégétique

Explication

Un narrateur intradiégétique raconte depuis l’intérieur de l’histoire parce qu’il y prend part. Un narrateur extradiégétique se situe au contraire hors du récit raconté.

13. Comment appelle-t-on la présence d’une référence à une autre œuvre à l’intérieur d’un texte ?

L’ellipse narrative
La caractérisation
La focalisation
L’intertextualité

L’intertextualité

Explication

L’intertextualité désigne l’intégration d’une référence à une autre œuvre dans un texte. La focalisation concerne le point de vue narratif, tandis que l’ellipse concerne une modification du temps du récit.

14. Un texte cite clairement le titre d’un roman et le nom de son auteur : de quel type d’intertextualité s’agit-il ?

Une intertextualité explicite
Une intertextualité parodique
Une intertextualité mythologique
Une intertextualité implicite

Une intertextualité explicite

Explication

L’intertextualité explicite nomme directement l’œuvre ou son auteur. L’intertextualité implicite renvoie plutôt à une source par un thème, un épisode, un mythe ou un pastiche reconnaissable.

15. Quel procédé imite la manière d’un auteur ou d’une œuvre dans une intention humoristique ou critique ?

La parodie
La citation
La transposition
La paraphrase

La parodie

Explication

La parodie reprend les traits d’un auteur ou d’une œuvre afin de produire un effet humoristique ou de les ridiculiser. Une citation reproduit une formulation ou renvoie à une source sans impliquer nécessairement cette intention comique.

16. Comment appelle-t-on le travail d’interprétation d’un texte, ainsi que la personne qui l’accomplit ?

La poétique et le poéticien
L’herméneutique et l’herméneute
La réception et le récepteur
La narratologie et le narrateur

L’herméneutique et l’herméneute

Explication

L’herméneutique désigne le travail d’interprétation, et l’herméneute est le lecteur qui réalise ce travail. Une lecture simple ne constitue pas forcément une analyse interprétative approfondie.

17. Quelle conception de la lecture Umberto Eco défend-il en valorisant l’activité interprétative du lecteur ?

Le lecteur expert remplace les intentions de l’auteur par une règle théorique
Le lecteur passif reçoit un message dont la signification reste entièrement stable
Le lecteur fidèle reproduit le sens fixé par l’auteur dans chaque détail
Le lecteur actif construit des interprétations sans subir une lecture imposée

Le lecteur actif construit des interprétations sans subir une lecture imposée

Explication

Umberto Eco valorise un lecteur actif capable de proposer des interprétations, sans que l’auteur cherche à imposer une lecture autoritaire. Cette conception s’oppose à l’idée d’un sens entièrement fixé que le lecteur devrait simplement reproduire.

18. Selon Umberto Eco, quelle possibilité est reconnue au lecteur d’un roman ?

Il transforme chaque interprétation personnelle en intention déclarée de l’auteur
Il peut comprendre le texte en ignorant les indices fournis par l’œuvre
Il peut découvrir des lectures auxquelles l’auteur n’avait pas pensé
Il doit retrouver la signification prévue par l’auteur avant toute autre lecture

Il peut découvrir des lectures auxquelles l’auteur n’avait pas pensé

Explication

Umberto Eco admet qu’un lecteur puisse élaborer des lectures absentes des intentions initiales de l’auteur. Cela ne signifie pas que toute interprétation soit valable sans rapport avec le texte.

19. Quelle conception de l’œuvre est associée à la théorie de la réception développée par Iser et Jauss ?

L’œuvre conserve un sens indépendant de toute expérience de lecture
L’œuvre devient compréhensible grâce à la seule analyse de sa forme
L’œuvre résulte d’une co-création entre l’auteur et le lecteur
L’œuvre dépend principalement de la biographie et des intentions de l’auteur

L’œuvre résulte d’une co-création entre l’auteur et le lecteur

Explication

La théorie de la réception, portée par Iser et Jauss au sein de l’École de Constance, considère l’œuvre comme le résultat d’une co-création entre auteur et lecteur. Elle ne réduit donc pas le sens à la seule intention de l’auteur ni à la seule structure formelle du texte.

20. Que désigne la métalepse dans le récit ?

Une appropriation progressive d’un texte par sa transformation personnelle
Une reproduction fidèle d’un récit antérieur sans modification notable
Une rupture de la distance narrative par une adresse directe au lecteur
Une description détaillée des pensées intérieures d’un personnage

Une rupture de la distance narrative par une adresse directe au lecteur

Explication

La métalepse intervient lorsque l’auteur ou le narrateur franchit la distance narrative pour s’adresser directement au lecteur. L’appropriation et la transformation d’un texte relèvent plutôt de l’innutrition.

21. Quelle distinction permet de différencier l’innutrition du plagiat ?

L’innutrition respecte le texte initial, tandis que le plagiat le commente avec distance critique
L’innutrition transforme le texte approprié, tandis que le plagiat le reproduit sans transformation
L’innutrition s’applique aux personnages, tandis que le plagiat concerne les procédés narratifs
L’innutrition évite toute influence littéraire, tandis que le plagiat revendique une réécriture personnelle

L’innutrition transforme le texte approprié, tandis que le plagiat le reproduit sans transformation

Explication

L’innutrition suppose une appropriation créatrice qui transforme le texte, à l’image d’une digestion. Le plagiat se définit au contraire par la reproduction du texte sans transformation véritable.

22. Quel comportement correspond à une lecture identificatrice ?

Observer les procédés stylistiques d’un récit sans s’identifier à ses personnages
Se reconnaître dans un personnage au point de rapprocher sa situation de la réalité
Étudier la construction narrative en distinguant clairement fiction et réalité
Comparer plusieurs œuvres afin de repérer leurs références et leurs différences

Se reconnaître dans un personnage au point de rapprocher sa situation de la réalité

Explication

La lecture identificatrice conduit le lecteur à se reconnaître dans un personnage ou à confondre une situation fictionnelle avec la réalité. L’analyse stylistique et la comparaison des œuvres relèvent d’autres démarches de lecture.

23. Dans Don Quichotte, quelle confusion caractérise la lecture de Don Quichotte ?

Il considère les romans de chevalerie comme des récits comiques sans portée sur sa vie
Il distingue les aventures imaginaires de sa condition et conserve une perception réaliste
Il prend les romans de chevalerie pour une réalité et se croit chevalier errant
Il lit les récits historiques pour comprendre les choix politiques de son époque

Il prend les romans de chevalerie pour une réalité et se croit chevalier errant

Explication

Don Quichotte transpose les romans de chevalerie dans le monde réel et se prend pour un chevalier errant. Sancho Panza, à l’inverse, conserve une perception plus réaliste de la situation.

24. Comment les romans influencent-ils le rapport d’Emma Bovary à son existence ?

Ils lui donnent une perception réaliste de son mariage et de son existence quotidienne
Ils lui font attendre de la vie réelle une intensité qui accentue sa désillusion
Ils lui apprennent à accepter son mariage comme une expérience ordinaire et stable
Ils l’amènent à rejeter toute forme de sentiment au profit d’une vie rationnelle

Ils lui font attendre de la vie réelle une intensité qui accentue sa désillusion

Explication

Emma attend de la vie réelle les émotions intenses et idéalisées de ses romans, ce qui nourrit sa déception face à son mariage et à sa vie banale. Les romans ne l’aident donc pas à accepter sereinement cette existence ordinaire.

25. Quels éléments caractérisent une œuvre littéraire selon les critères de la lecture littéraire ?

La fidélité aux faits historiques, l’absence de références et la neutralité du langage
La priorité donnée à l’intention biographique de l’auteur et à la chronologie des événements
La présence d’un message unique, d’une intrigue simple et d’un vocabulaire transparent
La polysémie des interprétations, le travail du style et de l’architecture, et l’intertextualité

La polysémie des interprétations, le travail du style et de l’architecture, et l’intertextualité

Explication

Une œuvre littéraire se reconnaît notamment à la pluralité de ses interprétations, au travail formel du style et de l’architecture, ainsi qu’à ses relations avec d’autres textes. Un message unique et une absence de références ne correspondent pas à ces critères.

26. Comment Italo Calvino définit-il l’acte de lire ?

Comme une réception passive d’un sens déjà fixé par l’auteur de l’œuvre
Comme une recherche documentaire permettant de vérifier les faits racontés
Comme une rencontre avec quelque chose à venir, suivie d’un retour à soi plus éclairé
Comme une immersion dans une fiction destinée à éloigner durablement le lecteur de lui-même

Comme une rencontre avec quelque chose à venir, suivie d’un retour à soi plus éclairé

Explication

Pour Calvino, lire signifie aller à la rencontre de quelque chose qui va exister, puis revenir à soi avec une compréhension plus approfondie de soi-même. Cette conception dépasse donc la réception passive d’un sens déjà entièrement fixé.

27. Quelle évolution distingue l’intérêt porté à l’auteur de celui porté au lecteur dans l’histoire de la théorie littéraire ?

Le lecteur devient prioritaire au XVIIIe siècle, puis l’auteur revient au centre avec l’École de Constance
L’auteur et le lecteur sont étudiés ensemble dès l’Antiquité dans une théorie comparable
L’auteur devient davantage étudié au XVIIIe siècle, puis le lecteur revient au centre avec l’École de Constance
L’École de Constance privilégie l’auteur, tandis que le XVIIIe siècle analyse surtout la réception

L’auteur devient davantage étudié au XVIIIe siècle, puis le lecteur revient au centre avec l’École de Constance

Explication

La théorie littéraire s’intéresse davantage à l’auteur à partir du XVIIIe siècle, tandis que l’École de Constance réintroduit ensuite le lecteur dans l’analyse. La proposition inverse les rôles historiques de ces deux périodes.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 63 flashcards sur La lecture littéraire.

Qu'est-ce qu'une apostille dans un texte ?

Un ajout ou commentaire réagissant à un texte appartenant aux paratextes.

Qui est Umberto Eco ?

Un écrivain italien érudit et polygraphe.

Quels types d'œuvres Umberto Eco a-t-il écrits ?

Des romans et des essais d’histoire de l’art.

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