Fiche de révision : La tragédie grecque

Plan du Cours

  1. Origines religieuses et dithyrambe
  2. Fête civique et représentations
  3. Espace et conventions scéniques
  4. Mythes et familles tragiques
  5. Mimésis, émotions et catharsis
  6. Réception et construction du héros
  7. Pathétique et ressorts du tragique
  8. Nécessité, liberté et condition humaine

1. Origines religieuses et dithyrambe

Notions clés & Définitions

  • Tragôidía : La tragôidía signifie « chant du bouc » et désignait le chant rituel accompagnant le sacrifice du bouc aux fêtes archaïques de Dionysos.
  • Dithyrambe : Hymne religieux chanté par un chœur d’hommes, accompagné d’un aulos et d’une danse, en l’honneur de Dionysos.

★ À maîtriser

  • 32 tragédies grecques sont conservées : 7 d’Eschyle, 7 de Sophocle et 18 d’Euripide.

  • Le dithyrambe évolue du chœur célébrant Dionysos au dialogue du chœur avec son coryphée, puis à l’introduction d’un à trois acteurs et à des récits consacrés aux héros mythiques.

Compléments

  • La première tragédie conservée remonte au VIe siècle av. J.-C.

  • Dans l’étymologie de tragôidía, trágos signifie « bouc » et ôidế signifie « chant » ou « poème chanté ».

Astuce mémo

Dithyrambe → coryphée → acteurs

2. Fête civique et représentations

★ À maîtriser

  • Les tragédies étaient représentées lors des fêtes de Dionysos, au printemps et en décembre.

  • Les représentations tragiques s’inscrivaient dans un concours de trois jours, où un auteur sélectionné par un représentant de l’État faisait représenter trois tragédies à la suite chaque jour.

  • La fête religieuse grecque était aussi une fête nationale, et l’État organisait et finançait le cycle tragique avec des mécènes.

Compléments

  • Les Athéniens célébraient Dionysos lors des fêtes lénéennes en janvier, puis lors des grandes Dionysies au début du printemps.

  • Même les pauvres recevaient une allocation pour assister aux représentations, ce qui donnait au théâtre une dimension citoyenne.

Astuce mémo

Fête religieuse, mais aussi nationale et citoyenne

3. Espace et conventions scéniques

★ À maîtriser

  • L’orchestra est une vaste esplanade circulaire où se tient le chœur autour d’un autel rond dédié à Dionysos.

  • Les acteurs, au nombre d’un à trois, portent des masques et des cothurnes ; les rôles féminins sont interprétés par des hommes masqués en femmes.

📌 Le chœur chante et danse sans participer directement à l’action, tandis que les personnages la jouent sur la scène ; les deux espaces ne sont pas reliés par un passage.

Compléments

  • La scène est réservée aux personnages et un balcon la surmonte pour l’apparition des dieux.

  • Le public est installé sur des gradins en demi-cercle, face au mur du fond et à la scène.

  • La tragédie grecque utilise peu de décors, parfois quelques portes, et situe généralement l’action dehors, à l’entrée d’un palais.

Astuce mémo

Orchestra pour le chœur, scène pour les personnages

4. Mythes et familles tragiques

★ À maîtriser

  • La tragédie grecque puise ses récits dans des mythes marqués par l’horreur, la cruauté et des crimes contre nature.

  • Les crimes associés aux Atrides comprennent :

    • Atrée et Thyeste
    • Agamemnon et Ménélas, fils d’Atrée
    • Le sacrifice d’Iphigénie par Agamemnon
    • Le meurtre d’Agamemnon par Clytemnestre
    • Le meurtre de Clytemnestre par Oreste et sa fille Électre
  • Les Labdacides comprennent Laïos, son fils Œdipe, puis les enfants maudits d’Œdipe : Polynice, Étéocle et Antigone.

Compléments

  • Les situations extrêmes des mythes tragiques donnent aux malheurs une portée bouleversante en les faisant résonner profondément dans la sensibilité humaine.

5. Mimésis, émotions et catharsis

Notions clés & Définitions

  • Catharsis : Purification engendrée par les émotions de pitié et de crainte suscitées par la tragédie.

★ À maîtriser

  • Dans la mimésis tragique, le spectacle de la souffrance suscite la pitié, tandis que l’identification au héros fait naître la crainte qu’un malheur analogue puisse atteindre le spectateur ; ces émotions engendrent la catharsis, ou purification.

📌 La distance entre le spectateur et le spectacle est nécessaire à la catharsis et au plaisir tragique ; les auteurs situent donc souvent l’action dans un passé lointain, emprunté à l’histoire ou à la mythologie.

Compléments

  • La tragédie relève d’une esthétique de la réception, car son effet sur le spectateur fait partie de sa définition.

Astuce mémo

Souffrance représentée → pitié et crainte → catharsis

6. Réception et construction du héros

★ À maîtriser

📌 Pour susciter la pitié et l’identification, le héros tragique doit être faillible et suffisamment bon : ni méchant au point de répugner, ni sage au point de paraître inaccessible. - Aristote, Poétique

  • La faute tragique rend le malheur du héros acceptable au regard de la vraisemblance de l’action.

Compléments

📌 Selon Aristote, l’auteur doit visualiser le texte dans l’espace afin que la mise en espace révèle la pertinence et l’unité dramatique de la pièce.

  • Selon Aristote, le spectateur est le seul juge de la qualité d’une pièce, et les émotions tragiques naissent de l’écoute plutôt que de la vue.

Astuce mémo

Ni méchant répugnant ni sage inaccessible : un héros faillible

7. Pathétique et ressorts du tragique

★ À maîtriser

📌 Le pathétique naît du spectacle de la souffrance d’un personnage, tandis que le dramatique naît du conflit dont l’issue reste incertaine.

  • Le changement de fortune issu d’un affrontement violent entre personnages unis par une alliance ignorée constitue un ressort tragique, particulièrement lorsque le personnage apprend l’identité de sa victime.

Compléments

  • Le chœur porte le témoignage tragique sur l’homme à l’attention des spectateurs et incarne le lieu où se nouent nécessité et action humaine.

  • La tragédie rend visibles les forces divines ou abstraites, désignées comme le daimôn ou le divin.

Astuce mémo

Souffrance = pathétique ; conflit incertain = dramatique

8. Nécessité, liberté et condition humaine

★ À maîtriser

  • Dans la tragédie grecque, les fautes appellent tôt ou tard la colère des dieux, mais les crimes tragiques sont aussi présentés comme le résultat inévitable d’un certain arrangement du monde.

  • Chez Euripide, la nécessité est intériorisée : dans Médée, aucun destin ne la pousse à tuer ses enfants, mais les forces qui pèsent sur elle interrogent sa capacité à échapper à son destin.

📌 La fatalité grecque n’efface pas la responsabilité humaine : les Grecs font coexister l’aide d’un dieu dans les événements et la participation engagée de l’homme.

Compléments

  • La tragédie met en évidence la faiblesse humaine et la fragilité de la condition humaine, tout en posant la question de la liberté.

  • Le spectacle tragique, qui suscite la pitié et la terreur, est présenté comme tonique, stimulant et exaltant, et témoigne d’une foi en l’homme.

Astuce mémo

Le divin pèse sur l’action, sans effacer la responsabilité humaine

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur La tragédie grecque avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle forme prenait le dithyrambe en l’honneur de Dionysos ?

2. Quelle évolution relie le dithyrambe aux premières formes de la tragédie ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de La tragédie grecque avec 10 flashcards interactives.

Combien de tragédies grecques conservées sont attribuées à Euripide ?

18 tragédies.

À quelles fêtes et à quelles périodes les tragédies étaient-elles représentées ?

Aux fêtes de Dionysos, au printemps et en décembre.

Au cours de quel siècle av. J.-C. remonte la première tragédie conservée ?

Au VIe siècle av. J.-C.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches