QCM : La transcription en édition critique (20 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Lorsqu’une édition critique vise à faciliter la lecture contemporaine, quel compromis éditorial doit-elle prendre en compte ?

La fidélité maximale dépend principalement de la modernisation de l’orthographe et de la ponctuation.
La fidélité maximale et l’accessibilité accrue conduisent toutes deux à conserver davantage d’informations.
L’accessibilité accrue consiste à ajouter des informations absentes du document afin de le compléter.
L’accessibilité accrue peut nécessiter de supprimer des informations que la fidélité maximale aurait conservées.

L’accessibilité accrue peut nécessiter de supprimer des informations que la fidélité maximale aurait conservées.

Explication

La fidélité au document préserve davantage d’informations, alors qu’une accessibilité accrue peut demander d’en éliminer. Confondre ces objectifs en leur attribuant le même effet sur la conservation des informations masque le compromis éditorial.

2. Comment caractériser le travail mené lors de la préparation d’une édition critique ?

Comme une modernisation linguistique déterminée par les seuls usages des lecteurs contemporains.
Comme une transcription exhaustive où toutes les informations du document reçoivent le même poids.
Comme une sélection et une hiérarchisation négociées avec le document et les pratiques de lecture contemporaines.
Comme une reproduction uniforme du document, indépendante des habitudes de lecture actuelles.

Comme une sélection et une hiérarchisation négociées avec le document et les pratiques de lecture contemporaines.

Explication

L’édition critique sélectionne et hiérarchise les informations en tenant compte à la fois du document et des pratiques de lecture contemporaines. Une reproduction uniforme négligerait précisément cette négociation et cette hiérarchisation.

3. Quelle description rend compte des types d’informations susceptibles de coexister sur une page d’imprimé ancien ?

Une lettrine, des éléments typographiques et graphiques, l’orthographe et la ponctuation, la numérotation, des données techniques, la mise en page et des annotations manuscrites.
Des éléments typographiques, l’orthographe et la ponctuation, des données techniques et manuscrites, mais sans signes graphiques ni organisation de la page.
Une lettrine, des signes graphiques, la numérotation et des annotations manuscrites, mais sans informations typographiques, orthographiques ou techniques.
Une lettrine, des éléments typographiques et graphiques, l’orthographe et la ponctuation, la numérotation et la mise en page, mais sans données techniques ni annotations manuscrites.

Une lettrine, des éléments typographiques et graphiques, l’orthographe et la ponctuation, la numérotation, des données techniques, la mise en page et des annotations manuscrites.

Explication

Une page d’imprimé ancien peut réunir ces informations textuelles, visuelles, matérielles, techniques et manuscrites. La mise en page réduite à quelques catégories omet à tort des éléments comme les données techniques et les inscriptions manuscrites.

4. Dans la description d’un imprimé ancien, que désigne la foliotation ?

La numérotation des pages, chaque page étant comptée séparément.
Le repérage des cahiers, chacun étant identifié par une lettre.
La numérotation des feuillets, chacun possédant un recto et un verso.
Le classement des feuilles selon leur ordre dans la reliure.

La numérotation des feuillets, chacun possédant un recto et un verso.

Explication

La foliotation numérote les feuillets, qui comportent chacun un recto et un verso. La numérotation des pages correspond plutôt à la pagination, ce qui constitue une confusion fréquente.

5. Un chercheur distingue les signes imprimés, une image et le relief matériel d’un volume : quelle classification convient ?

Les signes relèvent du graphique, l’image du plastique et le relief de l’information iconique.
Les signes relèvent de l’iconique, l’image du plastique et le relief de l’information graphique.
Les signes relèvent du plastique, l’image du graphique et le relief de l’information iconique.
Les signes relèvent du graphique, l’image de l’iconique et le relief de l’information plastique.

Les signes relèvent du graphique, l’image de l’iconique et le relief de l’information plastique.

Explication

Les informations graphiques comprennent les lettres et la ponctuation, les iconiques correspondent à ce qui fait image, et les plastiques concernent la matérialité tridimensionnelle. Assimiler l’image à la matière et le relief à l’iconique confond l’aspect visuel avec la troisième dimension.

6. Un livre comporte une information décidée par son auteur et une autre inscrite par un propriétaire : comment les distinguer ?

L’information décidée par l’auteur est autographe, tandis que celle inscrite par le propriétaire est allographe.
Les deux informations sont autographes, car elles figurent toutes deux dans l’exemplaire du livre.
L’information décidée par l’auteur est allographe, tandis que celle inscrite par le propriétaire est autographe.
Les deux informations sont allographes, car elles ont été fixées sur le livre après sa rédaction.

L’information décidée par l’auteur est autographe, tandis que celle inscrite par le propriétaire est allographe.

Explication

Les informations autographes sont décidées par l’auteur, tandis que les informations allographes proviennent d’une autre personne. La présence d’une inscription dans un exemplaire ne suffit donc pas à la rendre autographe.

7. Dans un imprimé, quelle distinction permet de classer une pagination et un ex-libris parmi les informations allographes ?

La pagination est une information autographe, tandis que l’ex-libris est une information allographe prévue.
La pagination est prévue par la publication, tandis que l’ex-libris résulte d’une intervention non prévue.
La pagination et l’ex-libris sont tous deux des informations prévues par la publication.
La pagination résulte d’une intervention non prévue, tandis que l’ex-libris est intégré au programme de publication.

La pagination est prévue par la publication, tandis que l’ex-libris résulte d’une intervention non prévue.

Explication

Parmi les informations allographes, la pagination est prévue par la publication, alors qu’un ex-libris n’est pas prévu et relève d’une intervention extérieure. Classer l’ex-libris comme un élément programmé dans la publication efface cette distinction.

8. Dans quel cadre matériel paraissent généralement les éditions critiques contemporaines, et qui détermine leurs caractéristiques physiques ?

Dans des collections où l’éditeur du document ancien fixe le format, le papier et la reliure.
Dans des collections où chaque lecteur choisit le format, le papier et la reliure.
Dans des collections où l’imprimeur du document ancien fixe le format, le papier et la reliure.
Dans des collections où la maison d’édition fixe le format, le papier et la reliure.

Dans des collections où la maison d’édition fixe le format, le papier et la reliure.

Explication

Les caractéristiques matérielles d’une édition critique contemporaine dépendent généralement de la collection et donc de la maison d’édition. À l’inverse, la forme d’un document ancien peut exprimer un choix artistique singulier.

9. Que peut-on déduire de l’étude du format, du papier et de la reliure d’un livre ?

Des réactions de chaque lecteur, ainsi que de son interprétation personnelle du récit.
Des choix de ponctuation et de vocabulaire, ainsi que de l’ordre des chapitres.
Des pratiques et des contextes de lecture, ainsi que du public auquel le livre s’adresse.
Des méthodes de composition typographique, ainsi que de la langue de l’imprimeur.

Des pratiques et des contextes de lecture, ainsi que du public auquel le livre s’adresse.

Explication

Les caractéristiques matérielles peuvent renseigner sur les gestes, les lieux et les temporalités de lecture, ainsi que sur le public visé. Elles ne permettent pas, à elles seules, de déduire les choix de vocabulaire ou de ponctuation.

10. Qu’est-ce qui caractérise un fac-similé ?

Une reproduction qui traduit le texte et adapte sa présentation au lecteur contemporain.
Une transcription qui reprend les informations graphiques et respecte la mise en page.
Une reproduction photographique qui conserve l’aspect visuel du document.
Une édition modernisée qui conserve le contenu tout en régularisant l’orthographe.

Une reproduction photographique qui conserve l’aspect visuel du document.

Explication

Le fac-similé reproduit le document par la photographie afin d’en préserver l’aspect visuel. La transcription diplomatique, qui constitue le distracteur le plus proche, retranscrit les informations graphiques en respectant la mise en page.

11. Dans les Lettres portugaises, quel effet produit la combinaison d’une mise en page resserrée, de lignes courtes, de mots coupés et d’abréviations ?

Elle ralentit le déchiffrement et suscite une impression d’oppression et d’urgence.
Elle ralentit le déchiffrement et suscite une impression de clarté et de sérénité.
Elle accélère le déchiffrement et suscite une impression de désordre et de légèreté.
Elle accélère le déchiffrement et suscite une impression de calme et de distance.

Elle ralentit le déchiffrement et suscite une impression d’oppression et d’urgence.

Explication

Ces choix de mise en page rendent le déchiffrement plus lent et donnent au lecteur une impression d’oppression et d’urgence. Une lecture accélérée ne correspond pas à l’effet produit par ces lignes courtes, ces coupures et ces abréviations.

12. Quels enjeux la typographie ancienne peut-elle réunir ?

La lisibilité, la conservation et la classification archivistique.
La lisibilité, l’esthétique et la signification symbolique.
L’esthétique, la traduction et la transmission orale.
La signification symbolique, la reliure et la distribution commerciale.

La lisibilité, l’esthétique et la signification symbolique.

Explication

La typographie ancienne peut être étudiée comme un enjeu de lisibilité, un choix esthétique et un signe symbolique. La conservation et la classification archivistique relèvent d’autres préoccupations que ces fonctions typographiques.

13. Quelles illusions optiques Geofroy Tory décrit-il dans le Champ fleury ?

Les traits horizontaux paraissent plus fins, les ronds plus petits que les carrés et certaines intersections créent des nœuds optiques.
Les traits horizontaux paraissent plus épais, les ronds plus petits que les carrés et certaines intersections créent des nœuds optiques.
Les traits verticaux paraissent plus épais, les ronds plus grands que les carrés et certaines intersections créent des nœuds optiques.
Les traits horizontaux paraissent plus épais, les ronds plus grands que les carrés et certaines intersections créent des nœuds optiques.

Les traits horizontaux paraissent plus épais, les ronds plus petits que les carrés et certaines intersections créent des nœuds optiques.

Explication

Tory relève notamment que les traits horizontaux semblent plus épais, que les ronds paraissent plus petits que les carrés et que certaines intersections produisent des nœuds optiques. Le contraste entre ronds et carrés est inversé dans la description qui les présente comme plus grands.

14. Quel principe caractérise la transcription diplomatique d’un document ?

Elle reproduit le document à l’identique sous la forme d’une photographie.
Elle développe les abréviations et normalise les formes des lettres selon l’usage moderne.
Elle modernise l’orthographe et la ponctuation sans conserver la disposition graphique.
Elle restitue les informations graphiques en respectant notamment la justification et les sauts de ligne.

Elle restitue les informations graphiques en respectant notamment la justification et les sauts de ligne.

Explication

La transcription diplomatique rend compte des informations graphiques et préserve des éléments de mise en page comme la justification et les sauts de ligne. La photographie relève du fac-similé, qui reproduit visuellement le document à l’identique.

15. Quelle série d’interventions correspond à une transcription semi-diplomatique ?

Conserver les abréviations, confondre i/j et u/v, garder le s long et reproduire les espacements d’origine.
Photographier la page, préserver chaque trace matérielle et éviter toute intervention sur les caractères.
Développer les abréviations, distinguer i/j et u/v, remplacer le s long et appliquer les espaces insécables modernes.
Moderniser la syntaxe, reformuler les passages difficiles et supprimer les variantes graphiques du document.

Développer les abréviations, distinguer i/j et u/v, remplacer le s long et appliquer les espaces insécables modernes.

Explication

La transcription semi-diplomatique combine ces interventions graphiques et typographiques tout en développant les abréviations. La conservation des formes anciennes sans ces ajustements correspond à une autre approche de transcription.

16. Lorsqu’une édition suit l’usage éditorial général, quelles informations graphiques retranscrit-elle ?

Les informations de mise en page, tandis que les informations autographes sont généralement écartées.
Les informations autographes, tandis que les informations allographes sont généralement écartées du texte édité.
Les informations allographes, tandis que les informations autographes sont généralement écartées du texte édité.
Les informations autographes et allographes avec le même degré de détail dans le texte édité.

Les informations autographes, tandis que les informations allographes sont généralement écartées du texte édité.

Explication

L’usage général privilégie la retranscription des informations graphiques autographes et laisse de côté les informations allographes. Inverser ces deux catégories constitue une confusion entre les informations produites par l’auteur et les autres ajouts graphiques.

17. Que peuvent révéler les marginalia au-delà du contenu du texte annoté ?

La genèse de chaque phrase du texte et les intentions initiales de son auteur.
La diffusion imprimée du texte et les choix éditoriaux de ses publications ultérieures.
La composition matérielle des cahiers et les étapes techniques de leur fabrication.
La réception du texte, les pratiques de lecture et l’organisation sociale de cette lecture.

La réception du texte, les pratiques de lecture et l’organisation sociale de cette lecture.

Explication

Les marginalia peuvent éclairer la réception, les usages de lecture et le contexte social dans lequel ces usages prennent place. Ils ne documentent pas nécessairement la genèse de l’écriture ni la fabrication matérielle des cahiers.

18. Dans sa lettre à Louise Colet, quel effet produisent les substitutions lisibles de Flaubert entre « penser » et « rêver », puis entre « mollasse » et « mou » ?

Elles effacent toute critique afin de rendre la lettre entièrement élogieuse.
Elles corrigent des erreurs de copie sans contribuer à la stratégie rhétorique de la lettre.
Elles participent à une stratégie de critique et de ménagement de son interlocutrice.
Elles renforcent les formulations les plus familières pour accuser plus vivement son interlocutrice.

Elles participent à une stratégie de critique et de ménagement de son interlocutrice.

Explication

Les substitutions visibles contribuent à la fois à la critique et au ménagement de Louise Colet. Les considérer comme de simples corrections de copie ne tient pas compte de leur rôle dans la stratégie rhétorique.

19. Dans le sonnet de Saint-Amant, quel est l’effet de l’écriture grecque de « bordel » sous la forme « βορδελ » ?

Elle met en évidence le caractère indécent du mot au lieu de le dissimuler.
Elle transforme le mot en référence savante sans attirer l’attention sur son registre.
Elle remplace le mot par une rature afin d’en signaler la suppression éditoriale.
Elle traduit le mot pour en neutraliser le caractère indécent auprès des lecteurs.

Elle met en évidence le caractère indécent du mot au lieu de le dissimuler.

Explication

L’alphabet grec rend le terme indécent saillant au lieu de le cacher. Il ne s’agit donc pas d’une traduction destinée à neutraliser son registre.

20. Dans le passage des *Tragiques*, quel rôle les blancs laissés à la place des mots censurés peuvent-ils jouer ?

Ils rendent le passage entièrement neutre et empêchent les lecteurs d’imaginer les mots supprimés.
Ils indiquent une lacune matérielle accidentelle sans suggérer de relation avec la censure.
Ils permettent à l’auteur de transmettre explicitement les mots censurés sans les écrire.
Ils signalent l’interdit et peuvent créer une connivence avec les lecteurs qui connaissent la vérité tue.

Ils signalent l’interdit et peuvent créer une connivence avec les lecteurs qui connaissent la vérité tue.

Explication

Les blancs signalent que certains mots sont interdits et peuvent rapprocher l’auteur des lecteurs capables de reconnaître la vérité passée sous silence. Les traiter comme de simples lacunes accidentelles écarte précisément cette portée expressive.

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Entre quels deux objectifs l’édition critique négocie-t-elle ?

La fidélité au document et l’accessibilité pour le lecteur contemporain.

Que fait l’édition critique des informations du document ?

Elle les sélectionne et les hiérarchise.

À quoi la sélection éditoriale est-elle négociée ?

Au document et aux pratiques de lecture contemporaines.

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