★ À maîtriser
À la fin de l’Ancien Régime, environ 80 % des habitants de France vivent à la campagne.
Du XVIᵉ au XVIIIᵉ siècle, le réseau urbain français reste assez stable et les villes déjà importantes conservent généralement leur place.
Compléments
📌 La ville se distingue de la campagne par la densité de sa population et la diversité de ses fonctions ; intra-muros désigne l’intérieur des remparts et extra-muros leur extérieur, notamment les faubourgs.
À la fin de l’époque moderne, Paris compte environ 660 000 habitants, tandis que de nombreuses petites villes en comptent entre 2 000 et 10 000.
Les villes de l’Ancien Régime réunissent les fonctions suivantes :
Vers 1500, les principales métropoles françaises sont :
Nantes et Rennes prennent davantage d’importance, tandis que Lille et Strasbourg sont intégrées au royaume à la fin du XVIIᵉ siècle.
Les villes moyennes et grandes sont nombreuses dans le Bassin parisien, le Languedoc, la Guyenne et la vallée Saône-Rhône, mais moins nombreuses dans le Massif central, les Pyrénées et une partie de la Bretagne.
Lyon triple sa population entre 1515 et 1700, passant d’environ 35 000 à 100 000 habitants.
Les flambées de mortalité sont des hausses brutales des décès, parfois multipliés par deux ou trois, souvent liées aux épidémies, aux disettes ou aux guerres.
Réseau stable, poids urbain croissant : la hiérarchie perdure tandis que la population augmente.
Les villes attirent les productions agricoles et prélèvent des revenus sur les campagnes, notamment par les rentes perçues par des citadins propriétaires de terres voisines.
Les villes concentrent :
Dès le XVIᵉ siècle, la proto-industrie se développe dans plusieurs régions : une partie de la production est réalisée dans les campagnes en lien avec les activités urbaines.
Les villes accueillent :
Le renforcement de la justice royale réduit progressivement le rôle de la justice seigneuriale.
📌 Les villes sont des centres de l’écrit et de l’alphabétisation, tandis que la culture des campagnes reste davantage orale, gestuelle et visuelle.
★ À maîtriser
À la Renaissance, la redécouverte de l’architecture antique inspire l’idéal d’une cité régulière, harmonieuse et organisée selon un plan géométrique.
La création de villes nouvelles reste limitée et l’essentiel des transformations concerne les villes déjà existantes.
Compléments
Les espaces urbains sont adaptés aux fonctions :
Les projets de villes idéales restent souvent théoriques ou incomplets, car les villes existantes sont difficiles à transformer.
Sabbioneta (1591) et Charleville (1606) sont des villes fondées selon des plans inspirés de l’Antiquité.
Henrichemont est fondée en 1608 selon un plan radioconcentrique comprenant une place centrale et quatre places secondaires, mais le projet reste inachevé.
Vauban conçoit des places fortes capables de résister à un siège pendant environ 48 jours, le temps de permettre l’arrivée d’une armée.
Richelieu est conçue comme une ville politique, administrative et culturelle destinée à manifester la puissance du cardinal et à accueillir des institutions.
★ À maîtriser
Compléments
Le commerce maritime se développe à l’époque moderne et certains ports se spécialisent.
Sous Louis XIV, Lorient devient un entrepôt et un chantier lié à la Compagnie des Indes.
Sète est un port commercial situé au débouché du canal du Midi.
Marseille est tournée vers le commerce méditerranéen.
Des privilèges fiscaux et commerciaux sont accordés à certains ports pour attirer habitants et activités.
★ À maîtriser
📌 Les remparts protègent la ville et symbolisent son identité, mais limitent aussi son agrandissement.
Les faubourgs accueillent souvent :
Les autorités recherchent :
Compléments
Les villes s’étendent vers les périphéries et les faubourgs, et les maisons sont parfois surélevées pour accueillir davantage d’habitants.
À Nîmes, le développement industriel et démographique entraîne une forte croissance des faubourgs.
La démolition des remparts et la création d’églises paroissiales extra-muros facilitent progressivement l’intégration des faubourgs.
Les places royales célèbrent la monarchie et sont souvent décorées d’une statue équestre du roi.
Au XVIIIᵉ siècle, on construit :
Les anciens remparts peuvent être transformés en promenades ou en boulevards.
L’élargissement des rues, les premiers trottoirs, l’éclairage public et les transports collectifs améliorent progressivement la circulation.
Les transformations urbaines restent lentes et l’édit de 1607 sur les constructions est peu appliqué.
Les autorités préfèrent souvent bâtir de nouveaux quartiers plutôt que reconstruire entièrement les anciens, ce qui peut entraîner une spéculation immobilière, notamment à Paris et à Bordeaux.
L’aérisme associe la circulation de l’air à la chasse aux miasmes et à la limitation des épidémies.
★ À maîtriser
Les privilèges des bonnes villes comprennent :
La monarchie réduit progressivement les privilèges des villes en demandant davantage d’impôts, en imposant parfois le logement des troupes et en surveillant les finances municipales.
Le pouvoir municipal est surtout détenu par des notables tels que :
Le gouvernement municipal gère les finances en :
Le gouvernement municipal approvisionne la population en :
Compléments
Les privilèges judiciaires comprennent le droit de police et de justice ainsi que la possibilité de faire appliquer des règlements.
Les privilèges économiques permettent de contrôler et de réglementer les marchés.
Les privilèges financiers et fiscaux comprennent la gestion des finances municipales et parfois l’exemption de certains impôts, comme la taille.
Les privilèges militaires permettent parfois aux villes d’assurer leur défense elles-mêmes et d’être exemptées du logement des soldats.
À Lyon, la taille de la ville conduit à faire représenter les métiers par quelques délégués et la participation aux assemblées reste faible.
À Romans, seuls 7 % des chefs de famille participent aux assemblées en 1536.
En 1542, à Romans, l’assemblée est remplacée par un conseil de 40 membres qui se choisissent eux-mêmes, selon le principe de la cooptation.
À Bordeaux, les jurats sortants choisissent leurs successeurs dans un cadre très contrôlé.
À Beauvais, chaque métier dispose d’une voix, mais la participation du petit peuple reste limitée.
★ À maîtriser
À partir du XVIIᵉ siècle, la monarchie intervient de plus en plus dans les affaires municipales et l’autonomie réelle des institutions locales diminue.
Le roi s’appuie sur :
À la fin du règne de Louis XIV, les villes deviennent davantage des relais de l’État monarchique que des partenaires politiques du roi, tout en conservant en apparence leurs institutions et leurs privilèges.
Compléments
Après la Fronde, les autorités royales remplacent les dirigeants municipaux qui ont soutenu les révoltes, et l’intendant intervient notamment dans la nomination des nouveaux responsables à Angers.
À Lille, des commissaires choisis par le roi nomment chaque année les dirigeants municipaux.
Le roi exploite les rivalités entre marchands et officiers pour créer des groupes qui lui sont fidèles.
★ À maîtriser
À Versailles, trois grandes avenues convergent vers le château, plaçant symboliquement le roi au centre du plan urbain.
La cour rassemble les grandes familles nobles près du roi, qui peut ainsi mieux surveiller les nobles et les rendre dépendants de ses faveurs et de ses pensions.
La société urbaine est composée de communautés et de groupes ayant chacun un statut, des droits et une place dans la ville.
La société urbaine reste très hiérarchisée et les écarts entre riches et pauvres se creusent, surtout au XVIIIᵉ siècle.
Compléments
Versailles diffuse les normes de la cour en matière de :
Paris est divisée en 16 quartiers qui ont des fonctions militaires, fiscales et politiques.
Les quartiers sont redécoupés aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles et présentent de fortes inégalités.
La paroisse reste l’unité principale :
La vie quotidienne est structurée par :
La place de chacun se manifeste dans :
★ À maîtriser
📌 La ségrégation horizontale répartit les habitants selon les quartiers, tandis que la ségrégation verticale les répartit selon les étages.
Au XVIIIᵉ siècle, les nouveaux lieux de sociabilité comprennent :
Les nouveaux lieux de sociabilité favorisent la circulation des idées des Lumières et contribuent à l’affirmation d’une opinion publique.
Compléments
À Paris, les élites se déplacent progressivement vers l’ouest, notamment à Saint-Germain, tandis que les faubourgs orientaux de Saint-Marcel et de Saint-Antoine deviennent plus populaires.
Les quartiers riches bénéficient davantage de :
Les formes traditionnelles de sociabilité comprennent :
Les salons sont des lieux de discussion et de culture souvent fréquentés par les élites, tandis que les académies organisent la diffusion des savoirs.
Les fêtes renforcent le sentiment d’appartenance à la ville tout en manifestant la hiérarchie sociale, chaque groupe y occupant une place définie.
À partir de la fin du XVIᵉ siècle, les autorités prennent davantage en charge les grandes fêtes et limitent la participation populaire.
Après 1750, les nouvelles salles de théâtre occupent une place importante dans l’aménagement des villes, et le théâtre devient un lieu plus élitaire.
La ville rassemble les habitants, mais distribue inégalement espaces et places sociales.
★ À maîtriser
Les villes attirent des migrants venus des campagnes ou de villes plus petites, qui cherchent du travail et de meilleures conditions de vie.
Les migrations alimentent la croissance urbaine, mais peuvent aussi provoquer des tensions et renforcer les inquiétudes des élites.
Compléments
📌 Les migrations urbaines peuvent être temporaires ou saisonnières, certains villageois venant travailler en ville pendant la journée avant de rentrer chez eux.
Les emplois domestiques attirent notamment la main-d’œuvre féminine.
Les villes proposent des formes d’assistance et des lieux d’accueil aux enfants abandonnés et à certaines femmes en difficulté.
Les migrations alimentent la croissance urbaine, mais suscitent aussi des tensions.
★ À maîtriser
📌 Les pauvres structurels vivent durablement dans la pauvreté, tandis que les pauvres conjoncturels y basculent à la suite d’une crise, d’une maladie, d’une perte de travail ou d’une hausse des prix.
📌 Le « bon pauvre » est domicilié dans la ville et ne peut travailler pour des raisons physiques ou sociales, tandis que le « mauvais pauvre » est présenté comme un vagabond ou comme quelqu’un qui simule ses difficultés pour éviter le travail.
Les nouvelles institutions d’assistance comprennent :
Les grèves et les émeutes du pain ou de l’impôt sont des formes de contestation et d’expression politique.
Compléments
Les villes manufacturières de Lille et de Lyon comptent de nombreux pauvres.
La distinction entre « bons » et « mauvais » pauvres permet aux autorités de réserver l’assistance à certaines personnes et d’exclure les autres.
Au XVIᵉ siècle, les anciens hôpitaux passent progressivement sous la direction des autorités municipales ou de responsables laïcs.
L’assistance devient davantage une question d’ordre public qu’une affaire individuelle ou religieuse, et les autorités cherchent à organiser la charité, contrôler les pauvres et parfois les mettre au travail.
Au XVIIᵉ siècle, les hôpitaux généraux accueillent des pauvres et peuvent obliger les personnes valides à travailler.
Au XVIIIᵉ siècle, les hôpitaux généraux cherchent à rendre les mendiants économiquement utiles et à combattre ce que les autorités considèrent comme le vagabondage ou le désordre moral.
À Toulouse, environ 2 500 pauvres travaillent dans ces structures de 5 heures du matin à 9 heures du soir.
La mise au travail des pauvres vise à contrôler les populations pauvres et peut conduire à leur mise à l’écart.
Les autorités limitent parfois la liberté de rompre un contrat de travail et réduisent les congés.
Au XVIIIᵉ siècle, le signalement et le passeport permettent aux autorités de mieux surveiller certains groupes.
Les compagnonnages défendent les intérêts ouvriers concernant :
Les tensions augmentent dans la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle et participent au contexte qui mène à la Révolution.
Le « bon pauvre » est assisté ; le « mauvais pauvre » est exclu.
★ À maîtriser
Dès le XVIᵉ siècle, les conseils municipaux cherchent à contrôler les écoles où l’on enseigne le latin.
Les collèges inspirés du modèle parisien réformé autour de 1500 enseignent les humanités, c’est-à-dire les lettres anciennes, au lieu de servir seulement à loger des étudiants pauvres.
Dans une société majoritairement rurale, la ville concentre les imprimeurs, les librairies et les lieux de circulation des livres.
Au XVIIIᵉ siècle, la population augmente notamment parce que la mortalité recule, mais cette amélioration varie selon les régions et les groupes sociaux.
La mortalité reste élevée en ville, et la mise en nourrice ainsi que l’abandon d’enfants demeurent des problèmes.
Compléments
Dans certaines villes du Sud, des écoles municipales existent depuis le XIVᵉ siècle à côté des écoles liées aux cathédrales.
À Grenoble, Nîmes et Draguignan, les conseils municipaux choisissent le directeur et financent l’école.
En 1518, Rouen ouvre quatre écoles grâce à un don de 6 000 livres.
Dans les collèges, les élèves sont répartis en cinq ou six classes selon leur âge et leur niveau, chaque classe ayant un programme et un maître.
Le modèle des collèges est difficile à appliquer dans les villes de province, qui manquent souvent d’argent et de professeurs qualifiés.
Les livres peuvent être :
📌 Les villes présentent généralement un niveau d’alphabétisation supérieur à celui des campagnes environnantes.
L’école sert à diffuser la religion et à moraliser la population, et devient un enjeu important pendant les guerres de Religion.
Les combats se déroulent davantage aux frontières, protégeant certaines villes de l’intérieur.
Brest s’enrichit grâce à la marine et sa population augmente, mais les déplacements de marins et de prisonniers favorisent aussi les épidémies.
En ville, les décès directement liés à la faim deviennent moins fréquents, mais la misère rend les pauvres plus vulnérables aux maladies lorsque le prix du grain augmente.
Niveau de vie en hausse → mortalité en recul, mais crises persistantes
★ À maîtriser
Le commerce extérieur et colonial enrichit les villes atlantiques, notamment Nantes et Bordeaux.
Les Lumières urbaines concernent les bourgeois, mais la noblesse joue également un rôle important dans la vie culturelle des villes.
Compléments
Bordeaux se transforme au XVIIIᵉ siècle en construisant en pierre, en aménageant de grands axes et en s’ouvrant davantage sur son environnement.
Les théâtres se multiplient à Nice, Brest, Bordeaux, Besançon et Paris.
Les places publiques et les lieux culturels reflètent les hiérarchies sociales.
Le monde ouvrier évolue avec le développement de :
Les élites considèrent rarement les grèves comme des revendications légitimes et peuvent surtout y répondre par la méfiance ou la charité.
Les émeutes urbaines portent sur :
Dynamisme culturel et commercial, mais inégalités persistantes
★ À maîtriser
De janvier à avril 1789, environ 310 émeutes de différents types sont recensées.
L’ordonnance de 1670 fixe les grandes règles de la procédure pénale jusqu’à la Révolution.
Les peines prévues comprennent :
La procédure criminelle est secrète, car le roi et les juges considèrent qu’ils détiennent seuls le pouvoir d’établir la vérité.
Le supplice public sert à punir le criminel et à montrer la puissance du souverain, car le crime est aussi présenté comme une atteinte à l’autorité du roi.
Compléments
Certaines villes perdent leur ancien rôle de capitales provinciales et deviennent de simples chefs-lieux, ce qui réduit leur influence.
À la veille de la Révolution, les élites traditionnelles se replient parfois vers les campagnes tandis que des populations populaires rejoignent les villes.
À l’été 1788, le roi accepte de convoquer les États généraux et les paroisses rédigent des cahiers de doléances.
L’amende et le bannissement sont les peines les plus souvent appliquées, même si les supplices corporels occupent une place importante dans la justice de l’époque.
La mise en scène publique du condamné peut comprendre sa promenade et son exposition, puis la lecture de la sentence devant la population.
Les cérémonies d’exécution comprennent :
Punir le criminel, mais aussi exposer la puissance royale
★ À maîtriser
Le modèle de la ville pestiférée illustre la discipline par la surveillance des déplacements et des comportements des habitants.
Pour Michel Foucault, les espaces urbains et les institutions peuvent organiser, surveiller et discipliner les populations.
Compléments
Le collège reprend en partie le modèle du couvent et de l’internat en encadrant les élèves dans un espace organisé.
Les casernes fixent les soldats et limitent les violences des troupes de passage contre les habitants.
Certaines usines fonctionnent comme des espaces clos pour mieux organiser et contrôler le travail.
À Rochefort, le port concentre les marchandises, les hommes et les risques de maladie, tandis que les hôpitaux et les dispositifs de surveillance encadrent ces circulations.
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1. Quelle caractéristique permet de définir une ville à l’époque moderne ?
2. Entre le XVIᵉ et le XVIIIᵉ siècle, une ville déjà importante conserve généralement sa place parmi les villes françaises : que suggère cette situation sur le réseau urbain ?
Mémorisez les concepts clés de La ville à l’époque moderne avec 10 flashcards interactives.
Qu’est-ce qu’une ville ?
Un espace concentrant habitants, bâtiments et activités.
Qu’est-ce que l’emprise urbaine sur les campagnes ?
L’influence des villes par les prélèvements économiques, le contrôle administratif et judiciaire et la diffusion de modèles culturels.
Qu’est-ce qui distingue la ville de la campagne ?
La densité de population et la diversité des fonctions.
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