★ À maîtriser
🔄 Le parcours des déportés est le suivant :
Un quart des Juifs de France sont déportés et la majorité d’entre eux décède.
Compléments
Le recensement des Juifs et de leurs biens accompagne une politique de dépossession et de spoliation appelée aryanisation économique.
Les autorités allemandes imposent notamment la mention « magasin juif » sur les devantures de magasins détenus par des Juifs et le port de l’étoile jaune.
Exclusion juridique → spoliation → déportation
★ À maîtriser
Compléments
Bernard Fay dirige le service des sociétés secrètes, chargé de repérer et de ficher les francs-maçons afin de permettre leur exclusion.
Des fonctionnaires accusés d’être francs-maçons, notamment des universitaires, sont révoqués.
La libre pensée est également visée, mais moins que la franc-maçonnerie, et aucune de ses publications ne paraît pendant les quatre années d’occupation.
★ À maîtriser
La Cimade est créée en 1939 par des mouvements de jeunesse protestants pour aider les évacués, puis apporte un soutien moral et matériel aux Juifs et aux étrangers internés dans des camps.
À Chambon-sur-Lignon, le pasteur André Trocmé, son épouse Magda et la population se mobilisent pour protéger des enfants juifs.
Le président de l’Église réformée, Marc Boegner, exprime sa solidarité au grand rabbin de France et s’oppose aux mesures visant les Juifs dès 1941, puis à leur déportation.
La persécution des Juifs achève de détourner une partie des protestants de Vichy et favorise leur engagement collectif dans la Résistance.
Compléments
📌 Les protestants se divisent entre maréchalistes, attachés à la personne de Pétain, et protestants qui se détournent de lui, tandis que leur confiance initiale s’affaiblit rapidement.
La Cimade intervient notamment dans les camps suivants :
Berty Albrecht, infirmière, militante antifasciste et féministe, est cofondatrice du mouvement Combat.
★ À maîtriser
Vichy autorise les communes à subventionner les écoles privées, mais ne modifie pas la loi de 1882 qui laïcise l’enseignement primaire.
De 1940 à 1941, l’Église catholique garde le silence sur les politiques antisémites du régime, tandis que l’épiscopat adhère à l’idée qu’il existe un « problème juif ».
Compléments
L’analyse de la défaite par Pétain rejoint celle de l’épiscopat, qui attribue la décadence française à l’affaiblissement de l’autorité, de la famille, des corporations, de l’agriculture et de l’artisanat, ainsi qu’au manque d’esprit de sacrifice.
De nombreux catholiques restent proches du régime et font confiance à Pétain jusqu’en 1942.
Vichy rétablit le protocole concordataire, qui organise notamment la présence réciproque d’évêques aux événements officiels et de responsables politiques aux cérémonies religieuses.
Silence épiscopal en 1940-1941, premiers appels catholiques à la résistance
★ À maîtriser
📌 Le premier volet du double protectorat interdit les violences physiques des chrétiens contre les juifs, tandis que le second demande à l’État de marginaliser socialement les juifs pour protéger les chrétiens de leur influence.
Compléments
Les autorités catholiques jugeaient acceptables les mesures antisémites prises par le régime de Vichy en 1940 et 1941, car elles estimaient qu’elles protégeaient la société française de l’influence des juifs.
L’Assemblée des cardinaux et archevêques de France adresse une protestation à Vichy sans lui donner de dimension publique, puis des évêques font lire leurs protestations dans les paroisses de leur diocèse.
La lettre de Saliège contribue à faire comprendre aux Français que les déportations sont inacceptables, mais elle ne rend pas le régime responsable et son auteur demeure maréchaliste.
Le 30 août 1942, la lettre de Monseigneur Théas, évêque de Montauban, est lue à la messe dominicale.
Le cardinal Gerlier, Monseigneur Delay et d’autres évêques protestent contre la politique antisémite, parfois avec des ambiguïtés, et ces protestations contribuent à légitimer des transgressions comme la délivrance de faux certificats de baptême.
Les témoignages des camps indignent et déclenchent les protestations publiques
★ À maîtriser
Entre 1944 et 1946, les gouvernements provisoires abolissent les mesures de faveur et de discrimination visant les différentes religions.
En 1946, la Constitution de la IVe République affirme dans son article 1 que la France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale.
La Constitution de la Ve République de 1958 affirme que la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale, garantit l’égalité sans distinction d’origine, de race ou de religion et respecte toutes les croyances.
Le 31 décembre 1959, la loi Debré autorise le financement public des établissements scolaires privés sous contrat avec l’État.
Compléments
Après la guerre, l’enseignement public laïque est largement accepté, mais l’absence de financement public de l’école privée catholique suscite une frustration et des difficultés financières.
En 1951, une association parlementaire pour la liberté de l’enseignement est créée afin de défendre les intérêts de l’enseignement catholique.
La loi Marie rend les élèves de l’enseignement privé bénéficiaires des bourses d’enseignement secondaire, tandis que la loi Barangé accorde une allocation aux chefs de famille ayant un enfant dans l’enseignement primaire, quel que soit l’établissement fréquenté.
En 1945, l’Assemblée des cardinaux et archevêques admet l’autonomie de l’État dans l’ordre temporel et la liberté de culte, mais refuse l’imposition d’une doctrine matérialiste et athée à l’école publique ainsi que le rejet par l’État d’une morale supérieure.
📌 Dans le cadre d’un contrat d’association prévu par la loi Debré, un établissement privé suit les programmes scolaires de l’État, qui prend en charge les salaires, les cotisations et les frais de fonctionnement.
La loi Debré est contestée par la gauche et les syndicats enseignants du public, qui la jugent contraire à la laïcité et à la loi de 1905, tandis que ses défenseurs distinguent l’enseignement du culte.
Le 29 juillet 1962, une loi de finances rectificative autorise la garantie publique des emprunts contractés pour construire des lieux de culte.
Dans les années 1960, la laïcité fait l’objet d’un quasi-consensus.
★ À maîtriser
Mai 1968 contribue à l’évolution de la société et de la jeunesse, notamment dans le domaine des mœurs.
En 1975, la loi Veil dépénalise l’avortement.
François Mitterrand défend le projet d’un « service public unifié et laïque de l’Éducation nationale » (SPULEN), qui répond notamment à l’attente du milieu de l’enseignement public de revenir sur la loi Debré.
Le 24 juin 1984, les opposants au projet de SPULEN manifestent à Paris ; les organisateurs comptent 2 millions de personnes et la police 850 000.
La loi du 23 juillet 1987 sur le développement du mécénat rend déductible de l’impôt tout don à une association cultuelle.
Compléments
Georges Pompidou, président de 1969 à 1974, est un gaulliste qui a commencé sa carrière politique dans l’ombre de De Gaulle.
Valéry Giscard d’Estaing, président de 1974 à 1981, appartient à la droite libérale.
En 1972, le serment judiciaire cesse d’être prononcé « devant Dieu », ce qui marque une laïcisation de l’État.
En 1975, le divorce par consentement mutuel est rétabli ; en 1884, seul le divorce pour faute avait été rétabli.
Le projet de SPULEN provoque une forte mobilisation de parents d’élèves de l’enseignement privé, d’évêques et d’élus de droite, notamment parce que les familles tiennent à l’enseignement alternatif à l’école publique.
Après la mobilisation de 1984, François Mitterrand abandonne le projet de SPULEN ; son ministre de l’Éducation nationale démissionne, puis son Premier ministre quelques mois plus tard.
En 1738, la bulle pontificale In Eminenti condamne la franc-maçonnerie.
En 1884, Humanum condamne la doctrine du libre examen et reproche aux francs-maçons leurs sympathies supposées pour le socialisme, la sécularisation de l’État et de la société, ainsi que la fin temporelle de la papauté.
Les condamnations pontificales contribuent à renforcer la haine envers les francs-maçons, entretenue aussi par des prêtres érudits dans des revues.
Les condamnations pontificales alimentent la haine antimaçonnique
★ À maîtriser
La loi Guizot de 1833 accorde la liberté de l’enseignement primaire et permet notamment à l’Église d’ouvrir des écoles.
La loi Falloux de 1850 consacre la liberté de l’enseignement secondaire et permet à l’Église d’y ouvrir des établissements.
La loi Laboulaye de 1875 consacre la liberté de l’enseignement supérieur et permet l’ouverture d’instituts catholiques confiés à des congrégations.
La loi du 7 juillet 1904 interdit l’enseignement dispensé par les congrégations, sans interdire tout enseignement privé.
Compléments
La loi Camille Sée de 1880 prévoit un enseignement secondaire public pour les jeunes filles, laïque et concurrent des écoles de couvent, mais moins ambitieux que celui des garçons, sans latin ni grec.
La loi Goblet de 1886 prévoit la laïcisation du personnel de l’enseignement public selon un calendrier différé.
L’Église catholique revendique un droit d’instruire les enfants supérieur à celui de l’État, tandis que l’État prend en charge l’enseignement primaire et secondaire.
Primaire en 1833, secondaire en 1850, supérieur en 1875
En 1906, une circulaire relance l’invitation ferme à retirer tous les signes religieux des salles de classe.
En 1909-1910, des tensions éclatent autour de manuels scolaires laïques que des parents jugent impies et blasphémateurs, et dont ils demandent à leurs enfants de ne pas se servir.
Les patronages catholiques proposent aux jeunes :
Les régions où le réseau catholique est particulièrement représenté sont :
La pacification cultuelle coexiste avec l’antagonisme scolaire
★ À maîtriser
Compléments
Pendant la guerre, le ministre Malvy demande aux préfets de surseoir aux mesures anticongréganistes afin de mobiliser toutes les forces du pays.
Des religieux congréganistes servent notamment comme :
Pendant la Première Guerre mondiale, 10 000 juifs étrangers, notamment russes, ottomans et roumains, s’engagent dans la Légion étrangère pour défendre leur pays d’adoption.
Après la guerre, les juifs sont davantage inclus dans la communauté nationale, y compris aux yeux de Maurice Barrès, auparavant antidreyfusard.
En 1919, le traité de Versailles et les élections législatives s’inscrivent dans une période où le centre et la droite sont majoritaires et où le Bloc national défend la continuité de l’Union sacrée.
En 1919, l’Alsace, le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et la Moselle conservent un droit local en matière de culte et d’enseignement.
En 1920, Jeanne d’Arc est canonisée par le Saint-Siège et sa fête est présentée comme une fête du patriotisme.
En 1921, la France reprend ses relations diplomatiques avec le Saint-Siège.
En 1923-1924, la République française valide le statut des associations diocésaines proposé par le Saint-Siège, qui garantit l’autorité de l’évêque.
La guerre commune met en sourdine les conflits politico-religieux
★ À maîtriser
En 1924, le Cartel des gauches remporte les élections et Édouard Herriot, radical, devient chef du gouvernement.
Le gouvernement Herriot veut rompre les relations diplomatiques avec le Saint-Siège, appliquer les lois anticongréganistes et étendre les lois laïques à l’Alsace et à la Moselle.
En 1924, le général de Castelnau fonde la Fédération nationale catholique (FNC), qui organise de grands rassemblements contre le projet du gouvernement Herriot.
Compléments
Face à la mobilisation catholique, Édouard Herriot recule et quitte ses fonctions en 1925 ; le projet du Cartel n’aboutit pas.
Entre 1924 et 1940, les lois laïques sont appliquées avec souplesse, sauf lors de la tentative avortée du Cartel des gauches, tandis que l’école et les congrégations restent des sujets de conflit.
Mobilisation catholique → recul du gouvernement Herriot
★ À maîtriser
Pie XI, pape de 1922 à 1939, intervient dans les affaires françaises au sujet de Charles Maurras et de l’Action française.
Le 29 décembre 1926, Pie XI fait publier le décret du Saint-Office de 1914 qui met à l’Index cinq livres de Maurras et la revue bimensuelle l’Action française ; il y ajoute deux livres et le quotidien l’Action française.
📌 Après la condamnation de l’Action française, les catholiques ne doivent plus lire ni acheter son quotidien, ce qui provoque un conflit de loyauté entre l’obéissance au pape et la fidélité au mouvement.
Compléments
Les « quatre États confédérés » désignent :
Maurras défend l’Église catholique comme une institution favorable à l’ordre social et comme un adversaire de la République laïque, bien qu’il ait perdu la foi.
Le 27 août 1926, le cardinal Andrieu invite les jeunes catholiques de son diocèse à se détourner des doctrines des dirigeants de l’Action française.
Défendre l’Église comme institution ≠ suivre la morale catholique
★ À maîtriser
Le 12 novembre 1890, le cardinal Lavigerie prononce le Toast d’Alger, qui invite les catholiques à adhérer à la République.
En 1892, dans l’encyclique Au milieu des sollicitudes, Léon XIII explique que la République peut être compatible avec le catholicisme, même si les catholiques doivent combattre les lois laïques.
Les partisans de la révision du procès de Dreyfus, parmi lesquels Bernard Lazare, Gabriel Monod, Émile Zola, Georges Clemenceau, Auguste Scheurer-Kestner et Francis de Pressensé, sont appelés dreyfusards et fondent la Ligue des droits de l’homme.
Les antidreyfusards comprennent notamment Édouard Drumont, Charles Maurras, Maurice Barrès et le lieutenant-colonel Hubert Henry, qui fabrique un faux dossier contre Dreyfus ; ils créent la Ligue de la patrie française en réponse à la Ligue des droits de l’homme.
Compléments
En 1890, Léon XIII demande au cardinal Lavigerie, archevêque d’Alger et de Carthage, de prendre l’initiative du ralliement des catholiques à la République.
En 1891, Léon XIII publie l’encyclique Rerum novarum, qui rejette le socialisme comme une fausse solution.
En 1894, Marc Sangnier fonde la revue Le Sillon, sur laquelle s’appuient les démocrates-chrétiens.
En 1894, Eugène Spuller réclame un « esprit nouveau » dans la politique républicaine à l’égard de l’Église catholique.
★ À maîtriser
De juin 1899 à juin 1902, le ministère Waldeck-Rousseau forme un gouvernement de défense républicaine et met en place des outils permettant à l’État de contrôler les congrégations, considérées comme une menace.
De juin 1902 à janvier 1905, le ministère Combes refuse les demandes d’autorisation des congrégations et fait fermer celles qui ne sont pas en règle, sans leur laisser le temps de régulariser leur situation.
📌 En 1904, le gouvernement Combes interdit tout enseignement aux membres des congrégations religieuses.
📌 L’article 1 de la loi de 1905 garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, sous les seules restrictions prévues dans l’intérêt de l’ordre public.
📌 L’article 2 de la loi de 1905 dispose que la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte, mettant fin au régime napoléonien des cultes reconnus.
Compléments
La loi de 1901 consacre une grande liberté publique, notamment le droit d’association réclamé par les républicains.
Le ministère Combes rompt les relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège.
La commission parlementaire chargée de préparer la séparation des Églises et de l’État est présidée par Ferdinand Buisson, et Aristide Briand en est le rapporteur.
Aristide Briand défend un projet de séparation libéral visant à obtenir l’accord d’une majorité de catholiques, jugé trop modéré par de nombreux parlementaires.
Après la séparation, le gouvernement ne choisit plus les évêques, qui sont désormais choisis par le pape, et les évêques n’ont plus besoin de l’autorisation de l’État pour se réunir.
Liberté de conscience garantie, cultes non reconnus ni subventionnés
Teste tes connaissances sur Laïcité et école en France avec 50 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Quelle représentation des Juifs fonde l’antisémitisme d’État de Vichy ?
2. En octobre 1940, une personne juive souhaite exercer une fonction élective et travailler dans la haute fonction publique. Quelle mesure de Vichy la vise ?
Mémorisez les concepts clés de Laïcité et école en France avec 97 flashcards interactives.
Comment l’antisémitisme d’État présente-t-il les Juifs et quel objectif poursuit-il ?
Il les présente comme une menace pour la France et veut les écarter des leviers de pouvoir.
Quelle mesure le Statut des Juifs du 3 octobre 1940 impose-t-il ?
Il exclut les Juifs des fonctions électives et de plusieurs secteurs de l’État et de la vie publique.
Quelle conséquence le second Statut des Juifs du 2 juin 1941 entraîne-t-il pour certaines familles ?
Il les prive de ressources par de nouvelles interdictions professionnelles.
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