QCM : Le devoir et la morale (18 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel terme désigne l’ensemble des règles de conduite et des valeurs associé à une représentation du bien et du mal ?

L’intention morale
Le devoir
La morale
L’impératif catégorique

La morale

Explication

La morale rassemble des règles de conduite et des valeurs liées aux représentations du bien et du mal. Le devoir désigne une obligation, l’intention morale qualifie le mobile d’une action, et l’impératif catégorique est une forme du devoir chez Kant.

2. Comment se définit le devoir dans le cadre moral étudié ?

Un ensemble de valeurs qui distingue le bien du mal
Une action accomplie pour obtenir un avantage personnel
Une contrainte extérieure qui s’impose à la conscience
Une obligation qui incombe à une conscience libre

Une obligation qui incombe à une conscience libre

Explication

Le devoir est une obligation qui incombe à une conscience libre. L’ensemble de valeurs relève de la morale, l’avantage personnel renvoie à l’intérêt, et la contrainte extérieure ne rend pas compte de la liberté impliquée par le devoir.

3. Une commerçante respecte ses engagements envers ses clients uniquement pour préserver ses revenus. Comment qualifier moralement son action, bien qu’elle soit conforme au devoir ?

Conforme au devoir, mais non morale en raison de son mobile intéressé
Morale, car le respect des engagements suffit à établir sa valeur
Non conforme au devoir, car elle en retire un avantage économique
Morale, car la recherche de revenus manifeste une intention juste

Conforme au devoir, mais non morale en raison de son mobile intéressé

Explication

La valeur morale exige une intention morale juste, et pas seulement une conformité extérieure au devoir. Le respect des engagements ne suffit pas si le mobile est intéressé; l’intérêt économique ne signifie pas que l’action est non conforme au devoir.

4. Une personne envisage de falsifier un résultat pour obtenir un avantage, mais se demande si elle pourrait souhaiter que tous agissent ainsi. Quel critère kantien doit-elle appliquer ?

Vérifier si l’action sert efficacement son intérêt personnel
Vérifier si elle peut s’exempter de la règle commune
Vérifier si l’action produit un bénéfice immédiat pour autrui
Vérifier si la règle de l’action peut être voulue comme universelle

Vérifier si la règle de l’action peut être voulue comme universelle

Explication

Pour Kant, une action faite par devoir est morale si sa règle peut être voulue comme universelle, c’est-à-dire si l’on peut souhaiter que tous agissent de même. L’intérêt personnel et le bénéfice immédiat ne constituent pas ce critère, tandis que s’accorder une exception contredit l’exigence d’universalité.

5. Dans une situation nouvelle, une personne estime que la règle morale doit s’appliquer à tous les êtres de raison, quelles que soient les circonstances. De quel type de devoir s’agit-il ?

D’une règle conditionnelle
D’une convention sociale
D’une maxime intéressée
D’un impératif catégorique

D’un impératif catégorique

Explication

L’impératif catégorique commande absolument à tous les êtres de raison, quelles que soient les circonstances. Une règle conditionnelle dépend de circonstances, une maxime intéressée est guidée par l’avantage, et une convention sociale relève de l’habitude plutôt que de cette obligation inconditionnelle.

6. Un responsable demande à une employée de renoncer à ses propres choix pour servir ses intérêts. Quel principe kantien permet d’évaluer cette demande ?

Favoriser les conditions extérieures du bonheur de l’employée en décidant à sa place
Respecter l’employée dans la mesure où cela sert les intérêts du responsable
Développer les capacités de l’employée pour répondre à un devoir envers soi-même
Traiter l’humanité en elle-même et en autrui comme une fin, jamais simplement comme un moyen

Traiter l’humanité en elle-même et en autrui comme une fin, jamais simplement comme un moyen

Explication

La formule kantienne exige de respecter l’humanité en toute personne comme une fin, et non de la réduire à un simple moyen. Décider du bonheur d’autrui confond ce principe avec le devoir de bienfaisance, tandis que développer ses capacités relève du devoir envers soi-même et servir ses propres intérêts instrumentalise l’employée.

7. Une personne dispose de temps pour apprendre une compétence qu’elle pourrait développer, mais choisit de s’abandonner à l’oisiveté. Quel devoir envers elle-même néglige-t-elle ?

Renoncer à son bonheur personnel pour perfectionner autrui
Développer ses capacités au lieu de se laisser aller à l’oisiveté
Créer les conditions extérieures du bonheur d’une autre personne
Agir sans préférence affective, par respect pour le devoir

Développer ses capacités au lieu de se laisser aller à l’oisiveté

Explication

Le devoir de perfection envers soi-même consiste à développer ses capacités plutôt qu’à se laisser aller à l’oisiveté. Créer les conditions du bonheur d’autrui relève d’un autre devoir, et agir sans inclination concerne le motif de l’action.

8. Une amie veut changer de métier. Selon le devoir kantien envers le bonheur d’autrui, quelle aide convient le mieux ?

Développer ses propres capacités pour accomplir son devoir de perfection envers soi-même
L’aider à réunir les conditions qui lui permettront de construire elle-même son bonheur
L’aider seulement si l’affection ressentie rend l’action agréable
Choisir son nouveau métier afin de garantir directement son bonheur

L’aider à réunir les conditions qui lui permettront de construire elle-même son bonheur

Explication

Le devoir envers le bonheur d’autrui consiste à favoriser ses conditions extérieures, tandis que la personne concernée réalise elle-même son bonheur. Choisir à sa place revient à prendre en charge cette réalisation; le développement de ses propres capacités et le motif affectif renvoient à d’autres principes.

9. Une salariée refuse des heures supplémentaires au-delà de ce que permet le cadre légal. Que montre ce cas sur les limites du devoir ?

Les limites d’une exigence morale légitime sont aussi simples à établir que celles du travail
Les limites du devoir social peuvent être rappelées à l’aide du cadre légal
Le refus relève d’abord d’un conflit entre dire la vérité et protéger autrui
Le devoir social dépend de la capacité de la salariée à dépasser les règles légales

Les limites du devoir social peuvent être rappelées à l’aide du cadre légal

Explication

Le devoir social s’inscrit dans un cadre légal dont les limites peuvent être rappelées, comme pour la durée du travail. La difficulté à fixer les limites d’une exigence morale est une question distincte; un refus d’heures supplémentaires n’est pas en soi le conflit de devoirs évoqué dans les autres cas.

10. En France occupée en 1942-1943, une personne cache des Juifs et la Gestapo lui demande où ils se trouvent. Quel problème cet exemple pose-t-il à la morale kantienne ?

La durée légale du travail semble entrer en conflit avec la protection des personnes recherchées
Le devoir de perfection envers soi-même semble interdire de protéger les personnes recherchées
Le devoir social ordinaire semble imposer de dépasser les limites d’un comportement héroïque
L’interdiction universalisée du mensonge semble entrer en conflit avec le devoir de tromper la Gestapo

L’interdiction universalisée du mensonge semble entrer en conflit avec le devoir de tromper la Gestapo

Explication

L’exemple met à l’épreuve l’application d’une interdiction universalisée du mensonge face au devoir de tromper la Gestapo pour protéger des personnes traquées. La durée du travail concerne les limites légales du devoir social, tandis que la perfection de soi n’est pas le problème posé ici.

11. Une personne met sa vie en danger pour sauver des inconnus, tandis qu’une autre accepte des privations et des persécutions au service de sa foi. En quoi leurs conduites dépassent-elles le devoir ordinaire ?

Elles appliquent les obligations sociales communes sans les dépasser.
Elles visent d’abord à obtenir une reconnaissance ou un avantage personnel.
Elles vont au-delà de ce qui est demandé à chacun envers sa patrie ou sa religion.
Elles consistent toutes deux à endurer des persécutions pour sa religion.

Elles vont au-delà de ce qui est demandé à chacun envers sa patrie ou sa religion.

Explication

Le héros risque sa vie pour autrui et le saint accepte privations et persécutions : leurs actes excèdent le devoir ordinairement demandé. L’application des règles communes confond dépassement et conformité, les persécutions religieuses ne caractérisent pas les deux figures, et la recherche d’un avantage personnel ne correspond pas à cet idéal.

12. Dans quel ouvrage et en quelle année Bergson affirme-t-il que l’existence des saints et des grands hommes de bien constitue un appel qui entraîne les autres ?

Dans L’Évolution créatrice, en 1907.
Dans L’Essai sur les données immédiates de la conscience, en 1889.
Dans Les Deux Sources de la Morale et de la Religion, en 1932.
Dans Matière et mémoire, en 1896.

Dans Les Deux Sources de la Morale et de la Religion, en 1932.

Explication

Bergson développe cette idée dans Les Deux Sources de la Morale et de la Religion, paru en 1932. L’Évolution créatrice, l’Essai sur les données immédiates de la conscience et Matière et mémoire sont d’autres œuvres, mais ne correspondent pas à cette attribution.

13. Pour expliquer les deux sources de la morale et de la religion, quelle comparaison Bergson mobilise-t-il ?

Elles se distinguent comme l’intelligence de l’instinct animal.
Elles se distinguent comme l’élan de la pression sociale qui le freine.
Elles se distinguent comme le mouvement du repos, ou l’élan de sa retombée.
Elles se distinguent comme le repos du mouvement, ou l’élan de sa retombée.

Elles se distinguent comme le mouvement du repos, ou l’élan de sa retombée.

Explication

Bergson compare les deux sources au mouvement et au repos, ainsi qu’à l’élan et à sa retombée. Inverser mouvement et repos renverse la comparaison ; réduire l’élan à une pression sociale ou substituer intelligence et instinct ne restitue pas cette distinction.

14. Une communauté maintient des règles et une pression collective qui soutiennent sa cohésion et organisent son fonctionnement. À quelle notion bergsonienne cela correspond-il ?

À la morale sociale, système de forces et de contre-forces.
Au génie moral, mouvement qui remet en cause l’équilibre social.
À la religion statique, organe qui limite les possibilités de l’intelligence.
À la morale ouverte, création de possibilités nouvelles pour la conscience.

À la morale sociale, système de forces et de contre-forces.

Explication

La morale sociale est un système de forces et de contre-forces qui contribue au fonctionnement du corps social et prépare des sociétés closes. La morale ouverte crée de nouvelles possibilités, tandis que la religion statique et le génie moral désignent d’autres notions.

15. Dans une société, une croyance apaise l’angoisse devant la mort et contribue à limiter les possibilités de l’intelligence au bénéfice de l’ordre collectif. Quelle notion décrit ce rôle chez Bergson ?

Le génie moral, création de nouveauté qui remet en cause l’équilibre social.
La morale ouverte, mouvement qui renouvelle la conscience humaine.
La religion statique, organe apparemment indispensable au fonctionnement social.
La morale sociale, système de forces et de contre-forces du corps social.

La religion statique, organe apparemment indispensable au fonctionnement social.

Explication

La religion statique est présentée comme un organe apparemment indispensable au fonctionnement social, limitant l’intelligence dans l’intérêt de la société ; elle peut aussi apaiser l’angoisse devant la mort. La morale sociale désigne un système de forces, tandis que morale ouverte et génie moral renvoient au dépassement et à la nouveauté.

16. Une démarche morale reprend une morale close, en renouvelle le sens et fait apparaître des possibilités inédites pour la conscience humaine. Comment Bergson la caractériserait-il ?

Comme une morale sociale qui maintient la cohésion par des règles communes.
Comme une morale ouverte qui dépasse la morale close et invente de nouvelles possibilités.
Comme une religion statique qui limite l’intelligence dans l’intérêt collectif.
Comme une croyance qui soutient l’optimisme face aux projets de longue haleine.

Comme une morale ouverte qui dépasse la morale close et invente de nouvelles possibilités.

Explication

La morale ouverte dépasse la morale close en renouvelant sa signification et en inventant de nouvelles possibilités pour la conscience humaine. Le maintien des règles relève de la morale sociale, la limitation de l’intelligence de la religion statique, et l’apaisement ou l’optimisme de certains effets de la religion statique.

17. Comment appelle-t-on le fait d’accomplir davantage que ce que le devoir exige ?

L’idéal inaccessible
La surérogation
L’obligation morale
Le respect du devoir

La surérogation

Explication

La surérogation désigne l’accomplissement d’actes qui vont au-delà du devoir. Le respect du devoir dans ses limites ne le dépasse pas, tandis qu’une obligation imposée par autrui et un idéal inaccessible désignent d’autres notions.

18. Une personne défend un idéal moral qui exige un engagement sans limites, tandis qu’une autre soutient qu’il faut accomplir son devoir en respectant ses limites. Quelle distinction oppose leurs positions ?

L’une refuse toute obligation, l’autre exige un devoir illimité
L’une vise un devoir illimité, l’autre un devoir respecté dans ses limites
L’une respecte les limites du devoir, l’autre écarte tout idéal moral
L’une dépasse son devoir, l’autre considère l’idéal comme inaccessible

L’une vise un devoir illimité, l’autre un devoir respecté dans ses limites

Explication

L’idéal moral du devoir illimité se distingue de la position plus réaliste qui consiste à respecter le devoir dans ses limites. Accomplir plus que son devoir relève de la surérogation, et respecter des limites n’équivaut pas à rejeter toute obligation.

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Qu’est-ce que la morale ?

Un ensemble de règles de conduite et de valeurs associé à une représentation du bien et du mal.

Qu’est-ce qu’un devoir ?

Une obligation qui incombe à une conscience libre.

Dans quelle œuvre Kant distingue-t-il conformité au devoir et moralité ?

Dans *Fondements de la Métaphysique des Mœurs*.

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