QCM : État et société (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Un État met en place une constitution, perçoit des impôts et s’appuie sur des administrations pour répondre aux besoins collectifs et aux intérêts des individus. Quelle caractéristique ces mesures illustrent-elles ?

L’usage de moyens spécifiques au service du bien commun et des intérêts individuels
La primauté de la cité sur les citoyens et leurs intérêts particuliers
La priorité donnée à la puissance publique sur toute demande individuelle
Le remplacement des institutions publiques par des associations privées

L’usage de moyens spécifiques au service du bien commun et des intérêts individuels

Explication

L’État moderne mobilise notamment une constitution, des impôts et des administrations pour servir le bien commun tout en répondant aux intérêts individuels. La « puissance publique » désigne ici une fonction, la « primauté de la cité » renvoie à la cité antique, et les « associations privées » ne sont pas les moyens spécifiques de l’État.

2. Une personne exerce une liberté individuelle d’une manière qui porte atteinte à l’intérêt général. Quelle exigence s’applique à l’État moderne dans cette situation ?

Garantir la liberté même lorsqu’elle nuit à l’intérêt général
Faire primer l’intérêt individuel sur toute exigence collective
Garantir la liberté tant qu’elle ne contrevient pas à l’intérêt général
Faire primer la cité sur l’individu comme dans l’Antiquité

Garantir la liberté tant qu’elle ne contrevient pas à l’intérêt général

Explication

L’État moderne garantit les libertés individuelles sous réserve qu’elles ne contreviennent pas à l’intérêt général. L’absence de limites et la primauté systématique de l’intérêt individuel méconnaissent cette réserve, tandis que la primauté de la cité caractérise la cité antique.

3. Des citoyens acceptent de respecter les lois au titre d’un engagement réciproque avec l’État, dont la légitimité repose sur leur consentement supposé. De quelle notion s’agit-il ?

Du pouvoir législatif exercé directement par le peuple
De la société civile formée d’associations privées
De la soumission unilatérale des citoyens à l’État
Du contrat social entre citoyens et État

Du contrat social entre citoyens et État

Explication

Le contrat social est un engagement mutuel à respecter les lois et légitime l’État par un consentement supposé. La société civile désigne des associations et institutions privées, la soumission unilatérale écarte la réciprocité, et le pouvoir législatif est une autre question que celle du fondement de la légitimité.

4. Un débat oppose deux conceptions de la finalité de l’État : l’une fait de la sécurité son but essentiel, l’autre y voit la condition permettant la liberté. Quelle attribution est correcte ?

Hobbes et Spinoza font de la sécurité le but essentiel de l’État
Hobbes et Spinoza font de la sécurité une condition de la liberté
Hobbes fait de la sécurité un but essentiel; Spinoza, une condition de la liberté
Hobbes fait de la sécurité une condition de la liberté; Spinoza, un but essentiel

Hobbes fait de la sécurité un but essentiel; Spinoza, une condition de la liberté

Explication

Dans le Léviathan, Hobbes présente la sécurité comme la finalité essentielle de l’État, tandis que Spinoza la considère comme une condition de la liberté. Inverser ces thèses, ou les attribuer toutes deux à un seul des deux penseurs, confond leurs conceptions.

5. Dans le réalisme politique de Machiavel, que doit faire un chef d’État pour conserver le pouvoir et servir l’État ?

Respecter les principes moraux et la sincérité, même lorsque cela fragilise le pouvoir.
Éviter toute forme de violence afin de préserver la stabilité et la confiance publique.
Faire primer les intérêts particuliers des citoyens sur la conservation de l’État.
S’adapter aux circonstances et à l’opinion, sans être tenu d’agir moralement ou sincèrement.

S’adapter aux circonstances et à l’opinion, sans être tenu d’agir moralement ou sincèrement.

Explication

Machiavel défend l’idée qu’un chef doit ajuster sa conduite aux circonstances et à l’opinion pour garder le pouvoir et servir l’État, sans obligation d’agir moralement ou sincèrement. L’obligation de préserver la moralité même au détriment du pouvoir relève d’une conception opposée au réalisme politique présenté ici.

6. Quelle caractéristique définit l’État de droit contemporain ?

Une autorité populaire sans critère juridique commun de justice
Une autorité légale et rationnelle encadrée par des pouvoirs séparés
Une autorité coutumière fondée sur l’unité des pouvoirs politiques
Une autorité économique guidée par les intérêts de la classe dominante

Une autorité légale et rationnelle encadrée par des pouvoirs séparés

Explication

L’État de droit contemporain se caractérise par une autorité légale et rationnelle, tandis que la séparation des pouvoirs contribue à son cadre démocratique. Une autorité coutumière concentrant les pouvoirs ne correspond pas à cette caractérisation.

7. Quel rôle l’indépendance de l’État à l’égard de la société joue-t-elle dans l’exercice de son pouvoir politique ?

Elle permet à l’État de remplacer les associations privées par des institutions publiques.
Elle impose à l’État de se conformer aux convictions religieuses majoritaires.
Elle contribue à garantir son impartialité, sans le soustraire aux réalités de la société qu’il organise.
Elle sert à préserver les monopoles d’État face aux échanges économiques libres.

Elle contribue à garantir son impartialité, sans le soustraire aux réalités de la société qu’il organise.

Explication

L’indépendance à l’égard de la société soutient l’impartialité de l’État, mais celui-ci ne peut ignorer la société dont il organise la vie politique. Le conformisme aux convictions religieuses majoritaires contredit cette exigence d’impartialité.

8. À quelle année David Thoreau refuse-t-il publiquement de payer ses impôts pour protester contre leur emploi en faveur de l’esclavagisme et de la guerre contre le Mexique ?

1837
1857
1867
1847

1847

Explication

Ce geste de désobéissance civile de Thoreau est situé en 1847. L’année 1857 est une date plausible pour une protestation du XIXe siècle, mais elle ne correspond pas à cet événement.

9. En quoi l’idéal du moins d’État possible et la contestation de l’État se distinguent-ils dans leur portée ?

Le premier cherche à renforcer les services publics, tandis que la seconde vise à remplacer les liens communautaires par des lois communes.
Le premier repose sur la désobéissance civique, tandis que la seconde vise à confier aux associations privées le pouvoir de législation.
Le premier préconise des services inspirés de l’entreprise, tandis que la seconde interroge aussi la réponse aux inégalités, aux injustices et au vivre-ensemble.
Le premier défend la sécurité comme finalité de l’État, tandis que la seconde porte sur la séparation des pouvoirs et la légalité.

Le premier préconise des services inspirés de l’entreprise, tandis que la seconde interroge aussi la réponse aux inégalités, aux injustices et au vivre-ensemble.

Explication

L’idéal du moins d’État possible propose de contester la légitimité étatique et de faire fonctionner ses services sur le modèle de l’entreprise. La contestation de l’État soulève plus largement la question de sa capacité à affronter la complexité du réel, les inégalités et les injustices, et à préserver le vivre-ensemble.

10. Quel philosophe grec est associé à l’idée que « l’homme est un animal politique » ?

Thomas Hobbes
Baruch Spinoza
Machiavel
Aristote

Aristote

Explication

Aristote affirme que l’homme est un animal politique, car la cité répond au sens essentiel de l’existence. Machiavel est plutôt associé au réalisme politique et à l’adaptation du chef aux circonstances.

11. Dans la logique du contrat social, quelle conséquence découle du renoncement simultané des citoyens à exercer individuellement leur pouvoir contre autrui ?

Chaque citoyen conserve le droit de punir lui-même les infractions d’autrui.
La sécurité devient une fin qui remplace la liberté dans l’organisation politique.
L’État peut assurer la coexistence en faisant respecter des règles communes.
Les lois perdent leur légitimité, car le pouvoir demeure partagé entre les citoyens.

L’État peut assurer la coexistence en faisant respecter des règles communes.

Explication

Le renoncement réciproque permet à l’État de faire respecter les lois communes et de protéger les citoyens les uns contre les autres. La possibilité pour chacun de punir individuellement autrui contredirait ce transfert collectif du pouvoir.

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Qu’est-ce que le contrat social ?

Un engagement mutuel fondé sur un consentement supposé, qui légitime l’État.

Selon quelle condition les citoyens renoncent-ils individuellement à exercer leur pouvoir contre autrui ?

À condition que tous y renoncent en même temps.

À partir de quel siècle les conceptions modernes de l’État se distinguent-elles de celles de la cité antique ?

À partir notamment du XVIe siècle.

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