Mythe de Prométhée (Platon, Protagoras) : Récit selon lequel les humains ont été oubliés dans la distribution des capacités par les dieux. Prométhée vole aux dieux des capacités techniques pour les donner aux humains, mais cela ne suffit pas à fonder une cité. Hermès distribue ensuite les capacités politiques, identiques et indistinctes à tous, sans distinction. La cité ne naît pas d’un simple échange économique, mais du lien d’amitié et du politique entre citoyens.
Distribution des capacités : Processus par lequel les capacités techniques et politiques sont attribuées aux humains par les dieux. La capacité technique (Prométhée) est différente pour chacun, tandis que la capacité politique (Hermès) est identique pour tous.
Lien social dans la cité : La véritable origine de la cité ne réside pas dans l’échange économique ou la possession de biens, mais dans le lien d’amitié, le politique, qui unit les citoyens. La cité naît donc du lien social, du rapport entre les individus, et non d’un simple échange économique.
La mythologie de Prométhée illustre que la distribution des capacités techniques et politiques n’est pas naturelle ni automatique. Prométhée vole les capacités techniques pour les donner aux humains, mais cela ne suffit pas à créer une société ou une cité.
Hermès distribue les capacités politiques de manière uniforme, ce qui montre que la capacité politique n’est pas liée à la technique mais à la relation entre citoyens.
La cité ne se fonde pas sur l’échange de biens ou de services, mais sur le lien d’amitié et le politique, soulignant l’importance du lien social dans la cohésion de la communauté.
La conception grecque, selon Dominique Méda, met en avant que la véritable fondation de la cité repose sur le lien social, et non sur l’économie ou la possession matérielle.
Le mythe de Prométhée montre que la cité naît du lien social et du politique, et non simplement de la distribution des capacités techniques ou économiques. La véritable cohésion sociale repose sur l’amitié et la relation entre citoyens.
Distribution des capacités : Concept illustré par le mythe raconté dans le Protagoras de Platon, où les capacités humaines (techniques, politiques, etc.) sont réparties par des divinités pour constituer la cité. La distribution des capacités ne se limite pas à l’échange de biens, mais repose sur le lien d’amitié et le politique, qui sont essentiels à la naissance de la cité (voir aussi lien social).
Échange économique : Selon Aristote, il existe deux branches de l’art d’acquérir des richesses :
Lien social : La cité ne naît pas uniquement de l’échange de biens ou services, mais du lien d’amitié, du politique, qui unit les citoyens. La solidarité et la communauté sont fondamentales dans la constitution de la société.
La distribution des capacités, selon le mythe et la pensée antique, repose sur le lien social et politique, et non seulement sur l’échange économique, soulignant que la cité se construit par l’amitié et la solidarité plutôt que par la seule accumulation de richesses.
Le lien social : Il désigne la relation, l’amitié, ou la solidarité qui unit les citoyens au sein d’une communauté. Selon la philosophie du DD Dominique Méda, ce lien social est essentiel pour la naissance de la cité, dépassant la simple économie ou échange de biens et services.
La cité comme produit du lien social : La cité ne naît pas uniquement de l’échange économique ou des capacités techniques distribuées par les dieux (mythe de Prométhée), mais surtout du lien d’amitié, du politique, qui unit les citoyens. La cité est donc le résultat d’un lien social fort, basé sur des relations humaines et politiques, et non sur des échanges matériels.
La cité naît principalement du lien social, basé sur l’amitié et la relation politique entre citoyens, plutôt que sur l’échange économique ou la distribution de capacités techniques. Ce lien social est fondamental pour l’existence et la cohésion de la communauté.
Branches de l'art d'acquérir (Aristote) : Deux modes distincts d'acquisition des richesses.
Économie : Selon Aristote, c’est l’art naturel d’acquérir des ressources pour assurer la survie.
Chrématistique : Mode d’acquisition non naturel, associé à la recherche de richesse infinie, considéré comme problématique.
Les branches de l’art d’acquérir, selon Aristote, distinguent deux modes : l’économie, naturelle et limitée à la subsistance, et la chrématistique, non naturelle et illimitée, cette dernière étant critiquée pour ses excès. La cité naît du lien politique, non de l’échange économique.
La critique de la chrématistique souligne son caractère non naturel et son opposition à l’économie qui doit servir la communauté, en rejetant la recherche infinie de richesse et en valorisant le travail comme activité créatrice et transformative.
Travail : Selon le contenu source, en Grèce antique, le travail n’est pas considéré comme une activité valorisée ou créatrice. Il n’est pas vu comme un moyen de transformer le monde ou d’ajouter de la valeur, mais plutôt comme une tâche ou une activité sans prestige, souvent associée à la servitude. Le travailleur n’est pas considéré comme un créateur, mais comme un simple exécuteur d’idées ou de modèles préexistants, sans invention ni innovation (absence de la notion de création ou de transformation).
Activités et métiers dans l’Antiquité : La société grecque distingue des activités, des métiers, des tâches, mais ne valorise pas le travail en tant que tel. L’artisan, par exemple, n’est pas un citoyen, il ne crée pas mais copie ou descend des idées dans une matière, sans véritable invention ou transformation. La nature est vue comme une physis, intégrée à l’humain, sans séparation sujet/objet ni notion de progrès ou de création du Monde.
Dans l’Antiquité grecque, le travail n’est pas valorisé en tant qu’activité créatrice ou source de progrès, mais considéré comme une tâche subalterne, sans lien avec la transformation ou l’innovation. La société privilégie le lien politique et d’amitié comme fondement de la cité.
Nature comme physis : La nature est considérée comme une réalité intrinsèque, une force ou une substance fondamentale qui constitue le monde, sans distinction entre sujet et objet. Elle n’est pas séparée de l’humain, elle fait partie intégrante de l’être.
Absence de séparation sujet/objet : Il n’existe pas de distinction claire entre le sujet qui pense et l’objet qui est pensé. La nature et l’humain ne sont pas séparés, ils forment un tout indissociable, sans hiérarchie ni dualité.
Pas de progrès ni de création du Monde : La conception de la nature ne prévoit pas de mouvement de progrès ou de transformation créatrice du Monde. La nature fonctionne selon des cycles et des répétitions, sans évolution vers un état supérieur ou une création nouvelle.
La conception de la nature dans cette perspective est celle d’un tout indissociable, sans hiérarchie ni mouvement de progrès, où l’humain fait partie intégrante de la physis, sans séparation sujet/objet ni création du Monde.
Scolastique : Approche philosophique basée sur la théologie, qui cherche à concilier foi chrétienne et raison. Elle repose sur une succession de raisonnements formels et s’appuie sur l’autorité incontestée des penseurs anciens, notamment Aristote (exemples : Thomas d’Aquin, 13ème siècle). La scolastique privilégie la synthèse entre foi et raison pour expliquer la doctrine chrétienne.
Théologie : Discipline qui étudie la foi chrétienne, ses dogmes et ses doctrines. Elle sert de fondement à la scolastique, en fournissant un cadre doctrinal et une autorité pour la réflexion philosophique. La théologie est la source principale de légitimité dans cette approche.
Raison : Capacité humaine de penser, d’analyser et de déduire des vérités. En scolastique, la raison est utilisée pour comprendre et expliquer la foi, tout en respectant l’autorité divine et des textes sacrés. La raison doit s’harmoniser avec la foi, mais peut aussi la critiquer dans certains cas.
Autorité d'Aristote : Reconnaissance de la philosophie d’Aristote comme une référence incontestée dans la scolastique. Ses œuvres sont intégrées dans la pensée chrétienne, notamment par Thomas d’Aquin, pour structurer la connaissance et la théologie. Aristote fournit un cadre rationnel pour interpréter la foi chrétienne.
La scolastique est une méthode philosophique qui cherche à harmoniser foi chrétienne et raison, en s’appuyant sur l’autorité d’Aristote pour structurer la connaissance théologique et philosophique.
Rationalisme moderne : Courant philosophique fondé par Descartes qui privilégie la raison comme seule source fiable de connaissance, en partant de principes évidents pour déduire des conclusions par raisonnement logique. Il remet en cause l’autorité et l’opinion, et cherche à reconstruire la connaissance à partir de principes fermement établis. La modernité y est associée à la confiance dans la raison, la science, le progrès et la maîtrise de la nature.
Descartes : Philosophe considéré comme le fondateur du rationalisme moderne. Il propose une méthode de doute systématique pour atteindre des certitudes indubitables, en partant de principes évidents. Son œuvre majeure inclut la remise en cause du monde puis la reconstruction de la connaissance par la raison.
Cogito, ergo sum : Principe fondamental de Descartes signifiant « Je pense, donc je suis ». C’est la première certitude indubitable à partir de laquelle il construit toute la connaissance. Ce principe affirme que l’existence du sujet pensant est la première vérité certaine et la base du savoir.
Le rationalisme moderne, avec Descartes, établit que la certitude commence par la conscience de sa propre pensée, et que la raison doit guider la reconstruction du savoir en rejetant l’autorité et l’opinion.
Descartes : Philosophe du rationalisme moderne, connu pour avoir fondé une nouvelle approche de la philosophie basée sur la raison et la remise en cause des autorités traditionnelles, notamment dans le contexte de la critique de la scolastique.
Séparation esprit/matière : Principe selon lequel l’esprit (ou âme) et la matière (ou corps) sont deux substances distinctes. L’esprit est une substance pensante, immatérielle, tandis que la matière est une substance étendue, matérielle.
Substance pensante : Concept selon lequel l’esprit ou l’âme est une substance qui pense, distincte du corps, et dont l’existence peut être assurée par le cogito ("je pense, donc je suis").
Modernité : Phénomène culturel et intellectuel caractérisé par la mise en avant de la raison, du progrès, de la science et de la rationalisation. Elle implique une transformation de la conception du monde, notamment par la remise en cause des visions traditionnelles et la valorisation de la connaissance rationnelle.
Raison et progrès : La raison est l'outil principal pour connaître les causes, découvrir les lois de l’univers, et guider l’action humaine. Le progrès désigne l’idée que la connaissance et la maîtrise de la nature peuvent s’améliorer continuellement, conduisant à une transformation de la société et du monde.
Transformation de la nature : La conception selon laquelle la nature n’est plus une entité passive ou sacrée, mais une étendue vide, totalement connaissable et à dominer. La nature devient un objet à transformer selon la volonté humaine, à travers la science et la technique, dans une optique de maîtrise et de progrès.
La modernité repose sur la valorisation de la raison et du progrès, qui conduisent à une transformation de la nature en un espace à connaître, dominer et transformer selon la volonté humaine.
Conception occidentale de la nature : Vision selon laquelle la nature est une étendue vide, totalement connaissable et à dominer, à transformer. Elle est réduite à la matière et à l’étendue, sans séparation entre sujet et objet, sans progrès ni création du Monde (Descartes, 17ème ; modernité). La nature est perçue comme une ressource à exploiter, en opposition à une vision de la nature comme physis, partie intégrante de l’humain (voir section 7).
Dualité nature/culture : Représentation selon laquelle la nature et la culture sont deux domaines séparés. La nature est considérée comme une réalité extérieure, immuable et connaissable, tandis que la culture concerne l’humain, ses activités et ses créations. Cette dualité est absente dans certaines sociétés, notamment en Amérique du Sud ou en Océanie (Descola, 2005).
Relativité des représentations : Idée que la manière dont une société conçoit la nature varie selon ses cosmologies et ses sociétés. La séparation entre humains et non-humains n’est pas universelle, et l’Occident ne détient pas la seule façon de percevoir la nature. La société occidentale moderne se distingue par cette conception dualiste, mais ce n’est pas une norme universelle (Descola, 2005).
La conception occidentale de la nature repose sur une vision dualiste, où la nature est une étendue à connaître et à transformer, séparée de l’humain, ce qui contraste avec d’autres visions cosmologiques dans le monde.
| Thème | Notions clés | Approche / Concept | Auteur / Référence | Points importants |
|---|---|---|---|---|
| Mythe de Prométhée | Distribution des capacités | Capacité technique (Prométhée) vs capacité politique (Hermès) | Platon, Protagoras | La cité naît du lien social et politique, non de l’échange économique ou de la possession matérielle |
| Distribution des capacités | Échange économique | L’économie (naturelle) vs chrématistique (non naturelle) | Aristote | La cité se construit par le lien social, pas uniquement par la richesse ou la technique |
| Rôle du lien social | Fondation de la cité | La cité repose sur l’amitié et la solidarité, pas seulement sur la technique ou l’économie | Dominique Méda | La cohésion sociale prime sur la simple possession matérielle |
| Branches de l’art d’acquérir | Modes d’acquisition | Économie (subsistance) vs chrématistique (accumulation) | Aristote | La richesse doit servir la communauté, pas l’enrichissement sans limite |
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1. Qui a formulé la version du mythe de Prométhée dans laquelle la distribution des capacités techniques et politiques est mise en avant comme origine de la cité ?
2. Que signifie la notion de 'distribution des capacités' dans le contexte du mythe de Prométhée et Hermès ?
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Mythe de Prométhée — définition ?
Récit sur la distribution des capacités par les dieux.
Distribution des capacités — rôle ?
Attribuer capacités techniques et politiques aux humains.
Lien social — fonction ?
Unir les citoyens par amitié et politique.
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