Fiche de révision : Les fondements de la morale et de l’éthique

📋 Plan du Cours

  1. Morale, devoir et distinction obligation contrainte
  2. Origine des impératifs moraux et critères d’action
  3. Relativité des jugements moraux : absolu et relatif
  4. Origine des jugements moraux selon Epicure
  5. Valorisation de la vertu et lien au bonheur
  6. Intention et universalité des règles morales
  7. Impératif catégorique et dignité de la personne
  8. Limites du formalisme kantien et dilemmes
  9. Utilitarisme : calcul des plaisirs et sympathie
  10. Solutions utilitaristes et exceptions à la véracité
  11. Limites de l’utilitarisme et incertitude des conséquences
  12. Expériences de pensée et absence de certitudes morales

📖 1. Morale, devoir et distinction obligation contrainte

🔑 Notions clés & Définitions

  • Morale : La morale est un ensemble de règles qui indiquent ce que chacun doit faire ou éviter dans ses relations avec autrui.
  • Devoir : Le devoir est un impératif moral présenté comme un commandement à respecter nécessairement.
  • Obligation : L’obligation est un commandement jugé légitime, adressé à la raison et susceptible d’être accepté librement par volonté.
  • Contrainte : La contrainte est un impératif externe, dépourvu de légitimité, accompagné d’une menace qui pousse à obéir par peur.
  • Remords : Les remords sont un sentiment moral qui apparaît quand on ne respecte pas un devoir, même sans sanction légale.

📝 Points essentiels

  • Le devoir se formule comme un commandement moral, tandis que la question centrale est de savoir s’il relève d’une obligation ou d’une contrainte.
  • Obéir à une obligation ressemble à un choix réfléchi, car l’adhésion se fait par acte de volonté et non sous pression de force.
  • Une obligation est présentée comme légitime parce qu’elle s’adresse à la raison, ce qui permet une obéissance libre.
  • Une contrainte s’accompagne d’une menace et l’obéissance vient de la peur des conséquences, sans acte de volonté.
  • Les devoirs peuvent sembler non universels si les jugements varient selon les sociétés, mais l’intériorité de la conscience et les remords soutiennent l’idée d’un devoir-obligation.
  • Les exemples opposent « ne pas tuer » et « porter assistance » (obligation) à « faux-témoignage ou condamnation » (contrainte).

💡 Astuce mémo

Obligation = Raison + Volonté ; Contrainte = Menace + Peur.

📖 2. Origine des impératifs moraux et critères d’action

🔑 Notions clés & Définitions

  • Maxime fondamentale XXXVI : Maxime d’Épicure qui affirme que la justice n’existe pas indépendamment des conventions humaines et naît de l’organisation sociale.
  • Lettre à Ménécée : Texte d’Épicure où il présente la sensibilité comme faculté directrice pour évaluer les biens et les maux.
  • Sensibilité : Faculté affective qui sert de guide pour juger ce qui est bon ou mauvais à partir de la douleur et du bien-être.
  • Relativisme moral : Thèse selon laquelle il n’existe pas de devoirs universels, car les jugements moraux varient selon les sensibilités et l’utilité sociale.
  • Crime contre l’humanité : Qualification juridique apparue lors du procès de Nuremberg en 1945 pour désigner certains crimes graves contre des populations.

📝 Points essentiels

  • Les jugements moraux changent selon les époques et les lieux, ce qui montre une diversité des conceptions du juste et de l’injuste.
  • Épicure soutient que la justice n’est pas une réalité en soi mais une création sociale liée à l’utilité et à des conditions de vie sans offense.
  • La sensibilité oriente d’abord nos évaluations : la douleur fait juger une chose mauvaise et la recherche du bien-être fait juger une chose bonne.
  • Les sensibilités humaines diffèrent naturellement car elles sont façonnées par des expériences vécues différentes, ce qui entraîne des conceptions différentes du bien et du mal.
  • Les sociétés, composées d’individus variés, choisissent des règles pour organiser la vie commune et valorisent ou condamnent des comportements selon l’utilité collective.
  • La position d’Épicure est qualifiée de relativiste : pas de devoirs universels, et des jugements variables selon l’individu et selon l’utilité reconnue par la société.

💡 Astuce mémo

Douleur = mauvais, bien-être = bon ; donc morale = sensibilité + utilité sociale (pas universelle).

📖 3. Relativité des jugements moraux : absolu et relatif

🔑 Notions clés & Définitions

  • Relativisme moral : Position selon laquelle les jugements moraux varient selon les individus et selon les sociétés, sans devoirs universels.
  • Epicure : Philosophe dont la morale est présentée comme relativiste, car les devoirs ne sont pas universels et dépendent de l’utilité reconnue.
  • Vertu : Ensemble de qualités comme tempérance, sagesse, honnêteté, courage et justice, qui rend possible la vie heureuse.
  • Souverain bien : Bien suprême identifié au bonheur, au-dessus des autres biens, dont tout dépend dans la morale d’Epicure.
  • Kant : Philosophe qui soutient que les jugements moraux viennent de la raison et non de la sensibilité.

📝 Points essentiels

  • Chez Epicure, il n’existe pas de devoirs universels : la morale dépend de la sensibilité individuelle et de l’utilité reconnue collectivement.
  • Epicure valorise la vie vertueuse : elle exige une force d’âme et s’appuie sur des vertus comme tempérance, sagesse, honnêteté, courage et justice.
  • Le bonheur est le souverain bien : il est lié à la vertu, et on ne peut pas être heureux sans être vertueux.
  • La vertu est une condition de possibilité du bonheur, et le bonheur une condition de possibilité de la vertu : l’un rend l’autre possible.
  • Un relativiste devrait s’abstenir de juger les autres, mais les gens affirment souvent la relativité tout en condamnant sévèrement leurs concitoyens.
  • Si la morale était seulement relative au bien-être personnel, les remords seraient difficiles à expliquer, pourtant ils apparaissent quand on privilégie son intérêt au détriment d’autrui.

💡 Astuce mémo

Relatif = « chacun son utilité » ; Kant = « raison au-dessus du goût » ; Epicure = « bonheur = vertu ».

📖 4. Origine des jugements moraux selon Epicure

🔑 Notions clés & Définitions

  • Jugement moral : Jugement moral : appréciation d’un acte et de l’intention de l’agent, plutôt que simple calcul des effets produits.
  • Intention désintéressée : Intention désintéressée : disposition de l’agent visant le bien d’autrui, utilisée comme critère central pour juger la moralité.
  • Intention égoïste : Intention égoïste : disposition de l’agent cherchant son intérêt personnel, critère qui rend l’action moralement suspecte.
  • Raison universelle : Raison universelle : faculté qui permet de se représenter des règles communes et valables pour tous, servant de base à l’accord moral.
  • Contradiction pratique : Contradiction pratique : conflit entre ce que l’on veut pour soi (intérêt) et ce que l’on veut pour tous en tant qu’être raisonnable.

📝 Points essentiels

  • Dans un jugement moral, on évalue surtout l’intention (égoïste ou désintéressée) plutôt que le bien-être concret généré par l’action.
  • Un personnage peut être jugé moralement bon même si ses actes causent un mal, si l’intention reste désintéressée.
  • Un personnage peut être jugé immoral même s’il aide, si l’aide vise la réputation ou le plaisir personnel plutôt que le bien d’autrui.
  • La morale exige des règles qui dépassent l’égoïsme, car la raison vise des lois universelles reconnues par tous.
  • L’universalisation de l’égoïsme (vol, mensonge) rendrait toute collaboration impossible, ce qui montre la nécessité d’un devoir commun.
  • En morale, l’immoralité naît du désir d’une exception pour soi : on veut la vérité en général tout en mentant pour soi, ce qui crée une contradiction pratique.

💡 Astuce mémo

Intention d’abord : bon = désintéressé, mauvais = égoïste ; la raison veut des règles pour tous, donc l’exception personnelle = contradiction.

📖 5. Valorisation de la vertu et lien au bonheur

🔑 Notions clés & Définitions

  • Impératif catégorique : L’impératif catégorique est une exigence morale inconditionnelle formulée par la raison, valable pour tous et en toutes situations.
  • Remords : Les remords sont une expérience morale douloureuse ressentie après la transgression d’un devoir dicté par la raison.
  • Humanité : L’humanité désigne, chez Kant, tout être doué de raison à respecter comme une fin en soi, en tant que personne.
  • Personne : Une personne est un être conscient et rationnel, libre et irremplaçable, dont l’existence a une valeur absolue.
  • Chose : Une chose est un être dépourvu de conscience et de raison, remplaçable, dont la valeur est relative et peut être évaluée par un prix.

📝 Points essentiels

  • Le mensonge dans une fausse promesse est immoral car il suppose une exception pour soi tout en voulant, comme être raisonnable, la vérité pour tous.
  • La règle centrale de la moralité kantienne exige que la maxime de son action puisse devenir une loi universelle de la nature.
  • La conscience juge sévèrement nos actes comme un tribunal, ce qui explique l’apparition des remords en cas de violation.
  • Les remords sont décrits comme une « morsure » morale, et l’étymologie du mot renforce l’idée de torture intérieure.
  • La raison impose de respecter tout être doué de raison car la collaboration humaine suppose de reconnaître une valeur absolue aux autres.
  • Traiter l’humanité signifie traiter toute personne comme une fin et jamais seulement comme un moyen, ce qui fixe une limite à nos actions.

💡 Astuce mémo

Universel + tribunal → remords : si ta maxime ne tient pas pour tous, la raison te « mord».

📖 6. Intention et universalité des règles morales

🔑 Notions clés & Définitions

  • Respect de la personne : Devoir moral consistant à traiter tout être humain comme une personne, jamais comme un simple moyen ou une chose.
  • Impératif catégorique : Principe moral inconditionnel qui ordonne une action sans dépendre des circonstances ni des conséquences.
  • Morale formaliste : Qualification d’une morale qui ne prévoit aucune exception aux devoirs et traite la règle comme valable sans cas particulier.
  • Devoir de ne pas mentir : Obligation morale de dire la vérité, présentée comme un devoir formel envers chacun, indépendamment du dommage possible.
  • Conflit de devoirs : Situation où deux obligations morales s’opposent et exigent un choix, rendant impossible l’accomplissement simultané des deux.

📝 Points essentiels

  • Traiter une personne comme une chose est injuste et condamnable, notamment dans l’esclavage, la prostitution, la torture et la peine de mort.
  • Le respect dû à tout être humain ne se confond pas avec l’amour ou l’estime, et on peut haïr un criminel tout en le respectant comme personne.
  • Un procès équitable et l’interdiction de torturer illustrent le respect de la personne même envers un assassin.
  • La morale de Kant est dite formaliste car elle ne reconnaît aucune exception aux devoirs, présentés comme inconditionnels via l’impératif catégorique.
  • Benjamin Constant critique l’absolutisme en montrant qu’un devoir absolu de dire la vérité rendrait la société impossible dans des cas extrêmes.
  • L’exemple constantien vise une situation où dire la vérité à des assassins condamnerait la personne poursuivie à une mort certaine, donc où l’on ne voit plus de devoir de dire la vérité dans ce cas précis.

💡 Astuce mémo

Respect = personne (pas chose) ; Kant = règle sans exception ; Constant = cas extrême casse l’absolu ; conflit = deux devoirs qui s’affrontent.

📖 7. Impératif catégorique et dignité de la personne

🔑 Notions clés & Définitions

  • Impératif catégorique : Principe moral kantien qui commande l’action sans condition, comme une exigence valable pour tous.
  • Dignité de la personne : Valeur propre à chaque être humain qui interdit de le traiter comme un simple moyen.
  • Dilemme moral : Situation où plusieurs devoirs également légitimes entrent en conflit et rendent le choix difficile.
  • Apathie du spectateur : Phénomène où des témoins n’interviennent pas quand ils pensent que d’autres agiront.
  • Dilution de la responsabilité : Mécanisme par lequel la responsabilité perçue diminue quand le nombre de témoins augmente.

📝 Points essentiels

  • Kant considère qu’on doit accomplir tous les devoirs en conflit, même si l’option paraît irréaliste dans un cas concret.
  • La morale kantienne ne hiérarchise pas les devoirs : elle ne permet pas de trancher un dilemme en disant quel devoir prime.
  • Sartre soutient que la morale kantienne ne guide pas vraiment l’action dans les dilemmes, car les choix révèlent la valeur accordée aux devoirs.
  • Dans l’exemple de Sartre, un élève occupé par un conflit entre rejoindre les forces françaises et rester auprès d’une mère fragile ne peut pas être orienté par une loi morale universelle.
  • Les expériences de psychologie sociale (années 60-70) montrent que les circonstances et l’état mental influencent les choix.
  • Dans l’expérience de Milgram (1963), 63% des participants vont jusqu’à 450 volts malgré la dangerosité perçue et les cris simulés des « élèves ».

💡 Astuce mémo

Dilemme = « deux devoirs, pas de chef » : chez Kant on ne hiérarchise pas, chez Sartre le choix révèle la valeur que tu donnes aux devoirs.

📖 8. Limites du formalisme kantien et dilemmes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Apathie du spectateur : L’apathie du spectateur désigne la baisse de réaction quand plusieurs personnes sont témoins d’un malaise, car chacun pense que d’autres interviendront.
  • Dilution de la responsabilité : La dilution de la responsabilité correspond au fait que la responsabilité morale ressentie diminue quand le nombre de témoins augmente.
  • Conflits de devoirs : Les conflits de devoirs sont des situations où plusieurs obligations entrent en tension et exigent une hiérarchisation.
  • Conséquentialisme : Le conséquentialisme juge la valeur morale d’une action à partir de ses conséquences, plutôt que de l’intention seule.
  • Principe d’utilité : Le principe d’utilité affirme que l’action moralement correcte vise à maximiser le bien-être et à minimiser la souffrance.

📝 Points essentiels

  • Dans une situation collective, plus les témoins sont nombreux, moins ils réagissent, car chacun compte sur l’action des autres.
  • Quand les témoins sont peu nombreux, ils réagissent davantage car ils se sentent plus responsables de l’intervention.
  • Ces phénomènes servent d’argument contre l’idée qu’il existerait des devoirs à appliquer sans tenir compte du contexte et des effets.
  • Le cours en déduit qu’il existe des conflits de devoirs qui nécessitent une hiérarchisation.
  • La morale kantienne est critiquée comme exigeant trop de désintéressement, ce qui pose la question de la possibilité d’être totalement désintéressé.
  • Le projet utilitariste vise à synthétiser des positions et à dégager des règles collectives en intégrant une réflexion sur les conséquences, pour permettre une hiérarchisation des devoirs et la recherche du bien-être.

💡 Astuce mémo

Trop de témoins = « quelqu’un d’autre » agit ; peu de témoins = « c’est moi » responsable.

📖 9. Utilitarisme : calcul des plaisirs et sympathie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Utilitarisme : Doctrine morale qui juge la valeur d’une action à partir de ses conséquences, en visant le plus grand bonheur pour le plus grand nombre.
  • Calcul des plaisirs et des peines : Évaluation morale qui compare les plaisirs et les souffrances produits par une action, en tenant compte de leur intensité et de leur durée.
  • Extension des plaisirs et des peines : Principe utilitariste qui élargit l’évaluation au-delà de l’intérêt personnel pour inclure le bien-être des autres.
  • Sympathie : Sentiment qui relie aux autres, faisant souffrir avec eux et se réjouir avec eux, ce qui rapproche le bien personnel du bien collectif.
  • Conscience tranquille : État intérieur recherché par l’action morale, associé à l’absence de remords et à une satisfaction durable.

📝 Points essentiels

  • Tous les plaisirs ne se valent pas : certains sont plus fins et durables, et une satisfaction durable pèse davantage qu’un plaisir fugace.
  • Certaines souffrances doivent être acceptées si elles servent un bien-être durable, par exemple via un travail fructueux.
  • Le critère d’extension vise à éviter un calcul strictement égoïste en intégrant les effets sur autrui.
  • La sympathie fait que le bien-être personnel rejoint celui des autres, donc la réflexion morale doit être collective.
  • La bonne action est celle qui maximise l’intérêt du plus grand nombre et vise le plus grand bonheur pour le plus grand nombre.
  • Pour être heureux, on doit éviter de provoquer la douleur d’autrui, car cela revient à s’exposer à une souffrance et à des remords.

💡 Astuce mémo

Plaisirs durables + peines utiles → bonheur collectif (sympathie) ; maximiser le plus grand nombre, pas son seul intérêt.

📖 10. Solutions utilitaristes et exceptions à la véracité

🔑 Notions clés & Définitions

  • Utilitarisme : Doctrine morale qui juge la valeur d’une action à partir de ses conséquences, en cherchant celles qui produisent le plus de bien social.
  • Conflits de devoirs : Situations où plusieurs obligations morales s’opposent et doivent être départagées par une évaluation des conséquences.
  • Mensonge par humanité : Cas discuté où un mensonge est envisagé comme exception à la véracité pour éviter une douleur plus grande.
  • Morale kantienne : Approche morale centrée sur des devoirs inconditionnels liés au respect de la personne, indépendamment des conséquences.

📝 Points essentiels

  • L’utilitarisme règle les conflits de devoirs en comparant les valeurs respectives des actions via leurs conséquences.
  • Comme on ne connaît pas toutes les conséquences, il faut se limiter à celles qui sont les plus probables.
  • Mill traite le mensonge « par humanité » en distinguant la règle de vérité et des exceptions motivées par la réduction d’un mal plus grand.
  • Le devoir de dire vrai est présenté comme fondamental car il rend possible la confiance et stabilise les rapports sociaux.
  • L’exception utilitariste à la véracité est justifiée quand le mensonge évite une douleur ou un malheur plus important.
  • L’utilitarisme est dit plus souple que la morale kantienne car il admet que les circonstances pèsent fortement sur le choix moral.

💡 Astuce mémo

Conséquences d’abord : vérité = règle, mais exception si le mal évité est plus grand (probable, pas certain).

📖 11. Limites de l’utilitarisme et incertitude des conséquences

🔑 Notions clés & Définitions

  • Bonheur subjectif : Le bonheur est une expérience vécue de façon personnelle, ce qui rend sa définition morale difficile à stabiliser collectivement.
  • Impératif catégorique : L’impératif catégorique est un principe moral inconditionnel qui impose le respect de la personne, contrairement à l’utilitarisme.
  • Utilitarisme : L’utilitarisme juge la moralité d’une action à partir de ses conséquences, en visant la réduction globale de la souffrance et l’augmentation du bien-être.
  • Immunité collective : L’immunité collective désigne un état où la propagation d’une maladie est freinée grâce à une exposition préalable, pouvant impliquer des risques pour les plus fragiles.
  • Déontologisme : Le déontologisme évalue les actions à partir de devoirs universels et inconditionnels, indépendamment des conséquences.

📝 Points essentiels

  • L’utilitarisme ne s’appuie pas sur un impératif catégorique, ce qui ouvre la porte à des décisions justifiées par le bilan global plutôt que par le respect inconditionnel des personnes.
  • Le désaccord sur la définition du bonheur rend incertain l’accord moral sur ce qui doit être maximisé ou produit.
  • Poussée à ses dernières conséquences, une logique utilitariste peut autoriser le sacrifice d’une minorité si cela accroît le bien-être global.
  • L’exemple de l’immunité collective illustre le risque utilitariste : laisser se développer une maladie pour protéger la majorité peut entraîner la disparition des plus fragiles.
  • L’incertitude des conséquences apparaît dans le cas de juin 1944 : les alliés se demandent s’il faut bombarder Auschwitz, sachant que cela tuerait des juifs présents mais pourrait éviter des morts futures et manifester l
  • L’utilitarisme étend le champ moral aux animaux car la souffrance compte aussi pour eux, ce qui change les questions morales par rapport à des approches antérieures.

💡 Astuce mémo

Utilitarisme = « bilan total » ; Kant = « respect inconditionnel » ; quand les conséquences sont incertaines, le bilan devient fragile.

📖 12. Expériences de pensée et absence de certitudes morales

🔑 Notions clés & Définitions

  • Expérience de pensée : Expérience de pensée : démarche qui teste nos jugements moraux en soumettant des cas inhabituels à la réflexion.
  • Dilemme du tramway : Dilemme du tramway : expérience célèbre opposant deux situations où un même raisonnement pourrait sembler applicable.
  • Tramway qui tue : Tramway qui tue : autre nom du dilemme du tramway, centré sur la question de sacrifier une personne pour en sauver plusieurs.
  • Désaccord conséquentialiste : Conséquentialisme : approche où la décision dépend des conséquences, par exemple sauver le plus grand nombre.
  • Désaccord déontologiste : Déontologisme : approche où la décision dépend du caractère moral de l’acte lui-même, indépendamment du résultat.

📝 Points essentiels

  • Hauser (2007) a mené une enquête auprès de plusieurs milliers de personnes dans le monde sur des dilemmes de type tramway.
  • Dans le scénario 1, 5 ouvriers sont en danger et l’aiguilleur peut dévier le tramway vers une voie où 1 ouvrier travaille.
  • Dans le scénario 2, un observateur peut pousser une personne de forte corpulence pour arrêter le tramway visant 5 ouvriers.
  • 89% des participants acceptent la déviation du tramway dans le scénario 1, mais refusent de pousser le passant dans le scénario 2.
  • Les justifications sont incompatibles : ce qui rend acceptable le sacrifice dans le scénario 1 devrait aussi rendre acceptable le sacrifice dans le scénario 2, et inversement.
  • Ogien conclut que les individus ne sont pas exclusivement déontologistes ni exclusivement conséquentialistes, car les jugements moraux varient selon les circonstances et exigent une réflexion continue.

💡 Astuce mémo

Tramway : « dévier = calcul », « pousser = interdit » ; même logique attendue, réponses opposées.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1945Création de la notion de « crime contre l'humanité » lors du procès de Nuremberg
1785Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs
1789Bentham, Introduction aux principes de la morale et de la législation
1797Benjamin Constant souligne la difficulté d’un devoir absolu de dire la vérité
1866Dostoïevski, Crime et châtiment
1863Mill, L'utilitarisme
1963Expérience de Milgram
1970Meurtre de Kitty Genovese ; expérience de Darley et Latané
2007Enquête de Hauser sur le dilemme du tramway
2011Ogien, L'influence de l'odeur des croissants chauds sur la bonté humaine

📊 Tableaux de synthèse

Obligation vs contrainte

TermeLégitimitéMoteur de l’obéissance
ObligationCommandement adressé à la raisonObéissance libre par acte de volonté
ContrainteImpératif externe sans légitimitéObéissance par peur de la menace et des conséquences

Kant vs utilitarisme

DoctrineCritère moralTraitement des dilemmes/exceptions
Kant (déontologisme)Intention et loi universelle de la raison (impératif catégorique)Pas d’exception : difficulté à hiérarchiser les devoirs ; dilemmes non résolus
Utilitarisme (conséquentialisme)Conséquences : maximiser le plus grand bonheur pour le plus grand nombreHiérarchisation par le bilan des conséquences ; admet des exceptions (ex. mensonge par humanité)

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre obligation et contrainte : l’obligation vise la raison et l’adhésion volontaire, la contrainte repose sur une menace et la peur.
  2. Croire que la morale se réduit aux conséquences : chez Kant, on juge surtout l’intention (égoïste/désintéressée), pas le seul bienfait produit.
  3. Penser que le relativisme d’Epicure implique l’absence de remords : le cours explique que les remords apparaissent même sans sanction légale.
  4. Croire que Kant autorise à choisir le devoir « le plus important » : la morale kantienne ne hiérarchise pas et exige de remplir tous les devoirs en conflit.
  5. Interpréter l’impératif catégorique comme conditionnel : il est inconditionnel et formulé pour devenir loi universelle de la nature.
  6. Croire que l’utilitarisme cherche n’importe quel plaisir : le cours distingue qualité/durée et accepte certaines souffrances si elles servent un bien-être durable.
  7. Oublier l’incertitude des conséquences : l’utilitarisme parle de conséquences les plus probables, mais elles restent impossibles à déterminer avec certitude, ce qui fragilise le calcul.

✅ Checklist Examen

  1. Définir la morale, le devoir, l’obligation et la contrainte, puis expliquer la différence d’obéissance (raison/volonté vs menace/peur).
  2. Donner les exemples du cours pour distinguer obligation et contrainte : « ne pas tuer » / « porter assistance » vs « faux-témoignage ou condamnation ».
  3. Expliquer pourquoi la variation des jugements ne suffit pas à conclure que tout n’est que contrainte : rôle de l’intériorité et des remords.
  4. Présenter l’origine des jugements moraux chez Epicure : justice comme création sociale pour l’utilité, guidée par la sensibilité.
  5. Expliquer le relativisme moral d’Epicure : pas de devoirs universels, jugements variables selon sensibilité et utilité reconnue collectivement.
  6. Exposer la valorisation de la vertu chez Epicure : tempérance, sagesse, honnêteté, courage, justice ; lien bonheur (souverain bien) et vertu ; remords/peur de la découverte.
  7. Présenter la thèse de Kant : la raison formule les devoirs, l’intention est décisive (ex. Bovary/Clamence) et les conséquences ne suffisent pas.
  8. Formuler l’impératif catégorique et expliquer le rôle du tribunal de la raison : transgression → remords (« morsure »).
  9. Expliquer le respect de l’humanité chez Kant : personne vs chose, dignité, interdiction de traiter une personne comme un simple moyen.
  10. Exposer la critique de Benjamin Constant : devoir absolu de dire la vérité rendant la société impossible ; puis rappeler la réponse de Kant (devoir formel) et le problème de conflit de devoirs.
  11. Expliquer l’argument de Sartre : la morale kantienne ne guide pas vraiment l’action dans les dilemmes ; les choix révèlent la valeur accordée aux devoirs.
  12. Mobiliser les expériences (Milgram 1963 ; Darley et Latané 1970) pour montrer que circonstances et dilution/apathie du spectateur influencent les choix et rendent nécessaire une hiérarchisation.
  13. Définir l’utilitarisme comme conséquentialisme : maximiser le plus grand bonheur pour le plus grand nombre ; expliquer calcul des plaisirs (Bentham) et distinction qualité/durée (Mill).
  14. Expliquer l’extension des plaisirs et des peines et la sympathie : sortie de l’égoïsme et recherche d’une conscience tranquille (éviter la douleur d’autrui).

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Les fondements de la morale et de l’éthique avec 24 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quelle différence distingue le mieux une obligation d’une contrainte morale ?

2. Quel sentiment moral apparaît lorsqu’on ne respecte pas un devoir, même sans sanction légale ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Les fondements de la morale et de l’éthique avec 24 flashcards interactives.

Morale — définition ?

Ensemble de règles sur ce que chacun doit faire ou éviter.

Devoir — rôle ?

Impératif moral présenté comme un commandement nécessaire.

Obligation — légitimité ?

Commandement légitime adressé à la raison, accepté librement.

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