QCM : Les pouvoirs de la parole (17 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans un débat, aucune démonstration décisive n’est disponible, mais l’oratrice construit un argument à partir d’indices vraisemblables et choisit des mots adaptés. À quelle caractéristique de la rhétorique cette démarche correspond-elle ?

À une démonstration fondée sur une certitude logique
À un appel fondé sur la sensibilité des auditeurs
À une argumentation fondée sur le probable
À une persuasion fondée sur la moralité de l’oratrice

À une argumentation fondée sur le probable

Explication

La rhétorique recherche les mots appropriés et argumente sur des bases probables : elle est ainsi une science du probable. Une certitude logique relève de la preuve, l’appel à la sensibilité du pathos et la moralité de l’oratrice de l’éthos.

2. Une oratrice veut exposer clairement les arguments d’une proposition et les organiser pour que son auditoire les comprenne. Quel style correspond à cette fonction ?

Le style modéré, associé à placere
Le style sublime, associé à placere
Le style sublime, associé à movere
Le style simple, associé à docere

Le style simple, associé à docere

Explication

Docere désigne le style simple, qui instruit par l’explication et l’organisation des arguments. Le plaisir du langage relève de placere, tandis que l’émotion forte relève de movere ; associer le sublime à placere confond deux fonctions distinctes.

3. Une présentation affirme que Platon critique la rhétorique et qu’Aristote la définit comme l’art de bien parler. Quelle conclusion complète fidèlement ces deux attributions ?

Cicéron la définit comme l’art de bien parler
Cicéron critique la rhétorique
Aristote défend la rhétorique à la place de Cicéron
Cicéron défend la rhétorique

Cicéron défend la rhétorique

Explication

La conception attribuée à Cicéron est une défense de la rhétorique, ce qui complète correctement les positions de Platon et d’Aristote. La critique appartient à Platon, tandis que la définition comme art de bien parler est attribuée à Aristote.

4. Une personne exprime son point de vue personnel en s’adressant directement à un interlocuteur. Quelle notion décrit cette appropriation du langage ?

Le langage
Le symbole
La langue
La parole

La parole

Explication

La parole est l’appropriation subjective du langage : elle part de soi-même et s’adresse à quelqu’un. La langue désigne le système d’échange par les mots, le langage est le système général d’échange d’information, et un symbole n’est qu’un type de signe.

5. Après avoir défendu sa thèse, une oratrice répond aux objections de l’opposition, puis récapitule sa thèse en lui donnant de l’ampleur. Quelles étapes accomplit-elle, dans cet ordre ?

La narration, puis la péroraison.
La réfutation, puis l’exorde.
La confirmation, puis l’exorde.
La réfutation, puis la péroraison.

La réfutation, puis la péroraison.

Explication

La réfutation prend en compte les contre-arguments, puis la péroraison récapitule la thèse en lui donnant de l’ampleur. La confirmation défend la thèse, la narration remet les faits en contexte et l’exorde capte l’attention.

6. Lors d’une allocution, un orateur cherche à toucher les passions de son public et à provoquer des émotions intenses. Quelle fonction et quel style cela caractérise-t-il ?

Movere, dans le style modéré
Movere, dans le style sublime
Docere, dans le style simple
Placere, dans le style modéré

Movere, dans le style sublime

Explication

Movere est la fonction d’émouvoir : elle touche les passions et suscite des émotions fortes, ce qui caractérise le style sublime. Placere renvoie à l’agrément du discours, docere à l’instruction, et le style modéré est associé à placere.

7. Dans une préparation de discours, quelle série réunit les cinq parties de la rhétorique ?

Exorde, narration, confirmation, réfutation et péroraison.
Invention, dispositio, narration, memoria et actio.
Invention, dispositio, elocutio, memoria et actio.
Invention, elocutio, memoria, réfutation et péroraison.

Invention, dispositio, elocutio, memoria et actio.

Explication

Les cinq parties sont l’invention, la dispositio, l’elocutio, la memoria et l’actio. L’exorde et les autres termes de la deuxième série désignent les étapes du discours; narration, réfutation et péroraison ne remplacent pas les parties manquantes.

8. Un orateur défend une décision incertaine devant une assemblée. Quelle conduite correspond à l’idéal de Cicéron ?

Maîtriser les procédés rhétoriques sans mobiliser d’autres savoirs
Maîtriser la rhétorique sans manipuler, tout en pouvant recourir au probable
Manipuler les auditeurs pour rendre sa thèse plus convaincante
Fonder son discours sur le probable comme ressort central de l’argumentation

Maîtriser la rhétorique sans manipuler, tout en pouvant recourir au probable

Explication

Pour Cicéron, l’orateur accompli maîtrise la rhétorique, ne manipule pas et peut se servir du probable. Faire du probable le ressort central confond cet idéal avec la rhétorique aristotélicienne, tandis que la manipulation et la réduction à la seule technique contredisent la conception cicéronienne de l’orateur.

9. Dans une situation de communication, les signes employés sont tous des mots. Quel concept décrit le plus précisément ce système d’échange d’information ?

Le vocabulaire
Le langage
La langue
La parole

La langue

Explication

Lorsque les signes sont des mots, le système d’échange d’information est une langue. Le langage est plus large et inclut aussi les symboles et les gestes, tandis que la parole désigne l’appropriation subjective du langage et le vocabulaire l’ensemble des mots.

10. Quel portrait Cicéron donne-t-il de l’orateur idéal ?

Un spécialiste qui approfondit un savoir particulier de son époque.
Un technicien du discours qui se limite aux procédés rhétoriques.
Un meneur qui rassemble les foules sans réunir les savoirs.
Un homme libre qui rassemble les savoirs de son époque.

Un homme libre qui rassemble les savoirs de son époque.

Explication

Cicéron présente l’orateur comme un homme libre qui rassemble les savoirs de son époque. Le réduire aux techniques rhétoriques, à une spécialité unique ou à son rôle auprès des foules écarte cette conception.

11. Un jury doit se prononcer sur un événement dont les faits ne peuvent pas être établis par une démonstration logique. Quel mode de discours peut alors contribuer à argumenter ?

La démonstration, qui transforme le probable en certitude
La rhétorique, qui argumente en l’absence de certitude
Le pathos, qui établit les faits par l’émotion
La logique, qui établit les faits sans preuve disponible

La rhétorique, qui argumente en l’absence de certitude

Explication

La rhétorique intervient lorsqu’il n’y a pas de certitude et que les faits ne peuvent pas être établis par la logique. La logique et la démonstration exigent des preuves, tandis que le pathos fait appel aux émotions sans établir les faits.

12. Avant de défendre une thèse, un orateur met en avant son intégrité afin d’inspirer confiance et respect à son auditoire. Quel pilier de la rhétorique mobilise-t-il ?

Le pathos
Le logos
Le probable
L’éthos

L’éthos

Explication

L’éthos correspond à la crédibilité morale de l’orateur, qui doit inspirer respect et confiance. Le logos repose sur la logique et les preuves, le pathos sur les émotions des auditeurs, et le probable caractérise les bases de l’argumentation rhétorique.

13. Un discours vise à être agréable grâce à la beauté de son langage et à son rythme. Quelle fonction oratoire met-il en œuvre ?

Docere, dans le style simple
Docere, dans le style modéré
Placere, dans le style modéré
Movere, dans le style sublime

Placere, dans le style modéré

Explication

Placere correspond au style modéré et rend le discours agréable par la beauté du langage et le rythme. Docere vise l’instruction et movere l’émotion forte ; associer docere au style modéré confond la fonction avec le style d’une autre catégorie.

14. Un orateur mobilise des connaissances variées et adapte son langage pour convaincre : quelle conception de l’art oratoire cette démarche illustre-t-elle ?

L’art de convaincre en conservant un registre de langage unique.
L’art de maîtriser les procédés rhétoriques sans mobiliser d’autres savoirs.
L’art d’émouvoir les foules sans adapter les niveaux de langage.
L’art d’être formé à tout et de mettre la rhétorique en action pour convaincre.

L’art d’être formé à tout et de mettre la rhétorique en action pour convaincre.

Explication

L’art oratoire associe une formation large à la mise en action de la rhétorique pour convaincre en maniant différents niveaux de culture et de langage. La maîtrise technique seule, l’émotion seule ou un registre unique ne rendent pas compte de cette définition.

15. Quelle définition Aristote donne-t-il de la rhétorique ?

La faculté de démontrer chaque fait par une preuve logique
La faculté de discerner dans chaque cas ce qui est propre à persuader
La faculté de susciter chez l’auditeur les émotions les plus fortes
La faculté d’inspirer confiance par la moralité de l’orateur

La faculté de discerner dans chaque cas ce qui est propre à persuader

Explication

Pour Aristote, la rhétorique consiste à discerner, dans chaque situation, ce qui peut persuader. La démonstration logique relève du logos, l’appel aux émotions du pathos et la crédibilité morale de l’éthos.

16. Dans un débat sur la rhétorique, quelle synthèse attribue correctement leurs conceptions à Platon, Aristote et Cicéron ?

Platon la définit comme l’art de bien parler, Aristote la critique et Cicéron la défend
Platon la critique, Aristote la défend et Cicéron la définit comme l’art de bien parler
Platon la critique, Aristote la définit comme l’art de bien parler et Cicéron la défend
Platon la défend, Aristote la critique et Cicéron la définit comme l’art de bien parler

Platon la critique, Aristote la définit comme l’art de bien parler et Cicéron la défend

Explication

Platon critique la rhétorique, Aristote la présente comme l’art de bien parler et Cicéron la défend. La défendre n’est pas la critiquer, et la définition de l’art de bien parler est associée à Aristote, non à Cicéron.

17. Un animal transmet une information par des gestes et des signaux qui ne sont pas des mots. Quel concept désigne ce système d’échange ?

Le vocabulaire
La langue
Le langage
La parole

Le langage

Explication

Le langage est un système d’échange d’information qui peut mobiliser des symboles, des mots ou des gestes et existe aussi chez les animaux. La langue renvoie à l’échange par les mots, la parole à une appropriation subjective du langage, et le vocabulaire à l’ensemble des mots.

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Qu’est-ce que le langage ?

Un système d’échange d’information utilisant la langue, les symboles, les mots et les gestes.

Chez quels êtres le langage existe-t-il également ?

Chez les animaux.

Qu’est-ce que la langue ?

Un système d’échange d’information par les mots lorsque les signes sont des mots.

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