QCM : Les traites négrières et leurs mémoires (23 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Que montre le reportage de Joseph Kessel publié en une du journal Le Matin en 1930 ?

La traite négrière se poursuivait encore dans certaines régions d’Afrique.
La traite négrière concernait alors principalement les ports européens.
La traite négrière avait été remplacée par un système de migrations volontaires.
La traite négrière avait disparu des sociétés africaines depuis plusieurs décennies.

La traite négrière se poursuivait encore dans certaines régions d’Afrique.

Explication

Le reportage de Joseph Kessel montre qu’en 1930, la traite négrière était encore pratiquée dans le confin de l’Afrique noire. L’idée d’une pratique disparue depuis longtemps est donc contredite par cette enquête contemporaine.

2. Comment Kessel caractérise-t-il les personnes conduites vers l’Arabie Saoudite et le Yémen ?

Comme des travailleurs libres recrutés volontairement.
Comme des commerçants voyageant avec leurs familles.
Comme des captifs épuisés et enchaînés.
Comme des migrants protégés par des contrats de travail.

Comme des captifs épuisés et enchaînés.

Explication

Kessel décrit des hommes, des femmes et des enfants épuisés et enchaînés, dont certains sont conduits vers l’Arabie Saoudite et le Yémen. Les présenter comme des travailleurs libres ou des migrants ordinaires ignore leur statut de captifs.

3. Quelle limite caractérise souvent les discours de l’UNESCO lors de la Journée mondiale de commémoration de l’esclavage ?

Ils se concentrent surtout sur les migrations économiques contemporaines.
Ils privilégient principalement la traite pratiquée dans l’Afrique intérieure.
Ils mettent surtout en avant la traite transatlantique.
Ils accordent une place comparable aux traites transatlantique et orientale.

Ils mettent surtout en avant la traite transatlantique.

Explication

Les discours commémoratifs de l’UNESCO présentent surtout la traite transatlantique et omettent souvent la traite vers le monde arabe. La commémoration ne signifie donc pas que toutes les traites sont reconnues de manière équivalente.

4. Quelle distinction oppose la traite transatlantique à la traite orientale ?

La première est documentée comme violente, tandis que la seconde est présentée comme pacifique.
La première concerne le travail libre, tandis que la seconde concerne l’esclavage.
Elles désignent deux étapes successives d’un même trajet vers les Amériques.
Elles correspondent à deux formes distinctes de traite négrière vers des espaces différents.

Elles correspondent à deux formes distinctes de traite négrière vers des espaces différents.

Explication

La traite transatlantique se dirige vers les Amériques, tandis que la traite orientale se dirige vers le monde arabo-musulman, et toutes deux sont décrites comme brutales et déshumanisantes. Les opposer selon le degré de violence ou la liberté des personnes déportées est contraire à cette distinction.

5. Quel ordre de grandeur correspond aux personnes noires déportées vers les Amériques par des Européens pendant plus de trois siècles et demi ?

Environ 2 millions de personnes.
Environ 12 millions de personnes.
Environ 40 millions de personnes.
Environ 25 millions de personnes.

Environ 12 millions de personnes.

Explication

La traite transatlantique a entraîné la déportation d’environ 12 millions de Noirs vers les Amériques sur plus de trois siècles et demi. Ce chiffre concerne la traite transatlantique et ne doit pas être attribué à la traite orientale.

6. Sur quelle logique idéologique et économique repose la traite transatlantique ?

Sur une hiérarchie religieuse limitée aux échanges entre royaumes africains.
Sur un système commercial fondé principalement sur des migrations choisies.
Sur un racisme déshumanisant intégré à une vaste industrie esclavagiste.
Sur une différence sociale temporaire liée à des contrats de travail européens.

Sur un racisme déshumanisant intégré à une vaste industrie esclavagiste.

Explication

La traite transatlantique repose sur un racisme qui présente les Noirs comme des sous-hommes et s’inscrit dans une industrie esclavagiste de grande ampleur. La réduire à une simple différence de statut social ne rend pas compte de cette déshumanisation idéologique et économique.

7. Selon les estimations citées, combien de personnes ont été déportées vers le monde arabo-musulman entre le VIIe et le XXe siècle ?

Entre 15 et 17 millions
Entre 5 et 7 millions
Entre 8 et 10 millions
Entre 25 et 30 millions

Entre 15 et 17 millions

Explication

Les études citées estiment que la déportation vers le monde arabo-musulman a concerné entre 15 et 17 millions de personnes sur cette période. Une estimation inférieure à 10 millions sous-évalue donc l’ampleur de cette traite.

8. Quels facteurs ont favorisé la capture d’hommes dans le cadre de la traite orientale ?

Les conquêtes musulmanes et les besoins de main-d’œuvre
La fermeture des marchés et la baisse des activités militaires
Les échanges diplomatiques et la pénurie de navires
Les famines européennes et l’essor des manufactures

Les conquêtes musulmanes et les besoins de main-d’œuvre

Explication

Les conquêtes musulmanes et la pénurie de main-d’œuvre ont favorisé la capture d’hommes destinés à plusieurs fonctions. Ils pouvaient travailler dans les chantiers, les activités productives, l’armée ou le service domestique, et pas uniquement dans les demeures.

9. Quelle position le Coran adopte-t-il à l’égard de l’esclavage ?

Il le tolère dans les palais mais refuse les travaux productifs
Il le réserve aux militaires sans définir leur condition juridique
Il l’interdit en condamnant toute inégalité sociale
Il l’autorise et en encadre le statut sans supprimer l’inégalité

Il l’autorise et en encadre le statut sans supprimer l’inégalité

Explication

Le Coran recommande de ne pas être trop dur avec les esclaves, tout en autorisant l’esclavage et en réglementant leur statut. Cet encadrement ne constitue donc pas une abolition de l’institution.

10. Quelle règle de principe concernant la réduction en esclavage est associée à l’islam, et comment est-elle appliquée dans les sociétés tournées vers l’Afrique ?

Elle interdit toute capture, mais elle est remplacée par un impôt africain
Elle concerne les prisonniers de guerre, mais elle disparaît en Arabie
Elle vise les non-musulmans, mais elle est contournée en Afrique
Elle vise les musulmans, mais elle est renforcée au Maghreb

Elle vise les non-musulmans, mais elle est contournée en Afrique

Explication

En principe, l’islam n’autorise à réduire en esclavage que les non-musulmans, mais cette règle est contournée lorsque les sociétés musulmanes se tournent vers l’Afrique. La confusion vient d’une application supposée cohérente de la règle, alors que le fait étudié souligne précisément son contournement.

11. Quel enchaînement décrit correctement le parcours des captifs dans les routes africaines de la traite ?

Vente, capture, transport par caravane ou par mer, puis raid
Achat sur un marché, capture, traversée du Sahara, puis libération
Capture lors de raids ou de guerres, transport, puis vente
Transport maritime, achat local, guerre, puis revente saharienne

Capture lors de raids ou de guerres, transport, puis vente

Explication

Les captifs sont d’abord pris lors de raids ou de guerres, puis conduits par caravanes à travers le Sahara ou transportés par mer avant d’être vendus. La vente ne précède donc pas la capture.

12. Quelle était la durée habituelle de la traversée du Sahara pour les captifs, et quelle proportion d’entre eux pouvait mourir pendant ce trajet ?

De quatre à six mois, avec 40 à 50 % de morts
D’un à trois mois, avec 20 à 30 % de morts
D’un à deux ans, avec 60 à 70 % de morts
De quelques jours à deux semaines, avec 5 à 10 % de morts

D’un à trois mois, avec 20 à 30 % de morts

Explication

La traversée du Sahara vers le Maghreb ou le bassin du Nil durait d’un à trois mois et entraînait la mort de 20 à 30 % des captifs. Les autres durées et taux proposés ne correspondent pas aux données fournies.

13. Quelle conséquence les opérations de castration entraînaient-elles fréquemment chez certains enfants captifs ?

Une mortalité estimée entre 70 et 80 %
Une mortalité estimée entre 30 et 40 %
Une mortalité estimée entre 50 et 60 %
Une mortalité estimée entre 10 et 20 %

Une mortalité estimée entre 70 et 80 %

Explication

Les opérations de castration pratiquées sur certains enfants captifs provoquaient la mort de 70 à 80 % d’entre eux. Un taux inférieur à 60 % minimiserait fortement la mortalité associée à ces pratiques.

14. Quel rôle Zanzibar joue-t-elle principalement dans le commerce d’esclaves de l’océan Indien depuis le XVIIIe siècle ?

Un port principalement consacré au recrutement de travailleurs libres asiatiques
Un territoire consacré à la mémoire du commerce transatlantique des captifs
Un marché local destiné à la redistribution des captifs dans l’intérieur africain
Un centre de transit où les captifs sont regroupés avant leur déportation

Un centre de transit où les captifs sont regroupés avant leur déportation

Explication

Depuis le XVIIIe siècle, Zanzibar sert de plaque tournante au commerce d’esclaves dans l’océan Indien, avec environ 15 000 captifs parqués chaque année avant leur déportation. L’association prioritaire avec la mémoire transatlantique renvoie plutôt à Gorée.

15. Quelle situation caractérise les plantations de clous de girofle de Zanzibar vers 1830 ?

Elles reposent principalement sur des travailleurs libres venus des ports voisins
Elles emploient environ 100 000 esclaves et connaissent une forte mortalité
Elles emploient environ 15 000 esclaves et connaissent une mortalité limitée
Elles présentent une mortalité nettement inférieure à celle des plantations américaines

Elles emploient environ 100 000 esclaves et connaissent une forte mortalité

Explication

Vers 1830, environ 100 000 esclaves travaillent dans les plantations de clous de girofle de Zanzibar, où la mortalité est comparable à celle des plantations américaines. L’idée d’une exploitation moins meurtrière à Zanzibar constitue donc une confusion.

16. Quelle distinction décrit correctement une société à esclaves par rapport à une société esclavagiste ?

La première repose sur des plantations exportatrices, tandis que la seconde concerne des sociétés dépourvues de hiérarchies sociales
La première interdit les activités serviles, tandis que la seconde organise la production autour de travailleurs juridiquement libres
La première fonde l’essentiel de sa production sur les esclaves, tandis que la seconde les inclut parmi ses groupes sociaux
La première intègre les esclaves parmi ses groupes sociaux, tandis que la seconde fonde l’essentiel de sa production sur leur travail

La première intègre les esclaves parmi ses groupes sociaux, tandis que la seconde fonde l’essentiel de sa production sur leur travail

Explication

Une société à esclaves compte les esclaves parmi ses groupes sociaux, alors qu’une société esclavagiste dépend largement de la main-d’œuvre servile pour produire. Ces notions ne se distinguent donc pas par le type de plantation ou par le statut juridique des travailleurs libres.

17. Comment certains acteurs africains participent-ils directement au commerce des esclaves ?

Des commerçants européens capturent eux-mêmes les populations de l’intérieur sans intermédiaires africains
Des souverains africains accueillent des captifs libérés afin de supprimer les marchés régionaux
Des communautés rurales échangent des marchandises contre des travailleurs libres destinés aux plantations
Des marchands et des chefs de guerre capturent des personnes puis les revendent à des Arabes et à des Européens

Des marchands et des chefs de guerre capturent des personnes puis les revendent à des Arabes et à des Européens

Explication

Des marchands et des chefs de guerre africains capturent des personnes à l’intérieur du continent et les revendent à des acheteurs arabes ou européens. Cela nuance l’idée d’un commerce organisé sans participation d’acteurs africains.

18. Quelles pratiques constituent les principales sources de l’esclavage intra-africain ?

Les guerres, les enlèvements et la vente de personnes par des chefs pour rembourser des dettes
Les conversions religieuses, les famines et l’imposition de corvées administratives
Les migrations volontaires, les échanges matrimoniaux et le recrutement de travailleurs salariés
Les rivalités commerciales, les héritages familiaux et l’expansion de l’artisanat urbain

Les guerres, les enlèvements et la vente de personnes par des chefs pour rembourser des dettes

Explication

Les guerres, les enlèvements et la vente de personnes par des chefs pour régler des dettes figurent parmi les principales sources de l’esclavage intra-africain. Les migrations volontaires et le salariat ne décrivent pas ces mécanismes de capture et de vente.

19. À partir de quelle période la demande européenne amplifie-t-elle l’esclavage interne en Afrique et favorise-t-elle certains royaumes ?

À partir du XVIIe siècle, lorsque les États européens abandonnent les échanges maritimes avec l’Afrique
À partir du XIXe siècle, lorsque les plantations africaines remplacent les marchés atlantiques
À partir du XIIe siècle, lorsque les royaumes organisent des migrations agricoles vers les côtes
À partir du XVe siècle, lorsque des royaumes développent des guerres destinées à fournir des captifs

À partir du XVe siècle, lorsque des royaumes développent des guerres destinées à fournir des captifs

Explication

À partir du XVe siècle, la demande européenne accroît l’esclavage interne et permet à certains royaumes de prospérer grâce aux guerres menées pour fournir des captifs. Le phénomène ne commence donc pas avec les transformations du XIXe siècle.

20. Quels facteurs contribuent à l’abolition de l’esclavage d’origine européenne dans les Antilles au XIXe siècle ?

La fermeture des ports coloniaux et l’interdiction des migrations africaines
Le mouvement des Lumières et les mobilisations abolitionnistes
La disparition spontanée des plantations et la baisse des échanges maritimes
La conversion générale des propriétaires et la suppression des cultures tropicales

Le mouvement des Lumières et les mobilisations abolitionnistes

Explication

Les idées des Lumières et les mobilisations abolitionnistes conduisent au XIXe siècle à l’abolition de l’esclavage d’origine européenne dans les Antilles. Cette évolution résulte donc d’actions et de débats politiques plutôt que d’une disparition spontanée.

21. Quelle caractéristique décrit l’abolition de l’esclavage dans plusieurs pays musulmans et en Afrique noire ?

Elle est organisée par les communautés serviles dans le cadre d’une réforme politique entièrement autonome
Elle accompagne des mouvements abolitionnistes locaux qui refusent toute intervention des puissances étrangères
Elle résulte principalement de débats internes unanimes portant sur la modernisation et la mémoire de l’esclavage
Elle est largement imposée de l’extérieur et ne procède pas toujours d’un débat interne sur la modernisation et la mémoire de l’esclavage

Elle est largement imposée de l’extérieur et ne procède pas toujours d’un débat interne sur la modernisation et la mémoire de l’esclavage

Explication

Dans plusieurs pays musulmans et en Afrique noire, l’abolition est largement imposée de l’extérieur et ne découle pas toujours d’un débat interne sur la modernisation et la mémoire de l’esclavage. La formulation d’un débat interne systématique ne correspond donc pas à cette distinction.

22. À quelles résistances l’UNESCO se heurte-t-elle lorsqu’elle cherche à faire reconnaître les traites africaines et arabes ?

À des désaccords entre chercheurs sur les routes commerciales concernées
À des contestations portant sur la conservation des archives européennes
À des oppositions d’États, de responsables politiques et de sociétés civiles
À des critiques liées au coût des commémorations internationales

À des oppositions d’États, de responsables politiques et de sociétés civiles

Explication

La reconnaissance des traites africaines et arabes rencontre des résistances provenant de plusieurs acteurs politiques et sociaux. Cette situation se distingue de la mémoire davantage consensuelle de la traite transatlantique, et ne relève pas principalement de questions archivistiques ou financières.

23. Quel déséquilibre caractérise souvent les récits nationaux consacrés aux traites et à la colonisation ?

Ils mettent en avant la culpabilité occidentale, tandis que les responsabilités arabes et africaines sont moins abordées.
Ils privilégient les expériences des sociétés colonisées, sans traiter principalement la question des responsabilités.
Ils présentent les traites comme un phénomène partagé, avec une attention comparable à chaque responsabilité.
Ils insistent sur les responsabilités africaines, tandis que la colonisation européenne est peu étudiée.

Ils mettent en avant la culpabilité occidentale, tandis que les responsabilités arabes et africaines sont moins abordées.

Explication

Les récits nationaux soulignent fréquemment la culpabilité occidentale et la colonisation, alors que les responsabilités arabes et africaines sont moins présentes. L’idée d’un traitement équilibré de toutes les responsabilités ne correspond donc pas au déséquilibre décrit.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 53 flashcards sur Les traites négrières et leurs mémoires.

En quelle année Le Matin publie-t-il le reportage de Joseph Kessel ?

En 1930.

Que décrit Joseph Kessel dans son reportage sur la traite négrière ?

Des caravanes d’hommes, femmes et enfants épuisés et enchaînés.

Vers quels pays certains captifs sont-ils conduits selon Kessel ?

Vers l’Arabie Saoudite et le Yémen.

Voir les flashcards →

Approfondir avec la fiche

Consultez la fiche de révision complète sur Les traites négrières et leurs mémoires.

Voir la fiche →

Cours similaires

Crée tes propres QCM

Importe ton cours et l'IA génère des QCM avec corrections en 30 secondes.

Générateur de QCM