Fiche de révision : Maîtrise des Temps et Structures du Récit

Plan du Cours

  1. Systèmes de temps du récit
  2. Confusions de conjugaison
  3. Accord du participe passé
  4. Phrase simple et phrase complexe
  5. Propositions et subordination
  6. Discours argumentatif
  7. Genre, type et tonalité

1. Systèmes de temps du récit

Notions clés & Définitions

  • Temps de base : Les temps de base sont ceux qui portent les événements de premier plan et font avancer l’action du récit.
  • Système du passé : Le système du passé regroupe les temps qui rattachent les événements au recul par rapport au moment de narration.
  • Système du présent : Le système du présent regroupe les temps où les événements sont reliés à l’énonciation comme s’ils restaient plus proches.
  • Temps du discours : Les temps du discours sont organisés autour du présent d’énonciation, avec des repères liés au moment où l’on parle.
  • Temps du récit : Les temps du récit sont organisés autour d’un passé de référence, coupé de l’énonciation du locuteur.

Points essentiels

  • Les temps sont organisés chronologiquement (avant, pendant, après) autour d’un temps de référence qui sert d’ancrage aux autres événements.
  • Le passé simple sert au premier plan avec des actions successives à limites nettes, tandis que l’imparfait décrit l’arrière-plan avec des faits sans limites, des habitudes, des simultanéités et des actions interrompues.
  • Le passé simple et le passé composé sont deux temps de base du récit, l’un relevant du système du passé (recul), l’autre du système du présent (proximité liée à l’auxiliaire au présent).
  • Dans le même texte, l’emploi simultané de passé simple et passé composé ne met pas en valeur l’action de la même manière : l’un donne davantage de distance, l’autre une impression de proximité.
  • Les temps organisés autour du présent utilisent le présent comme ancre et incluent typiquement passé composé et imparfait, ainsi que le futur dans ce cadre.
  • Les temps organisés autour du passé utilisent le passé simple comme ancre et incluent typiquement imparfait, plus-que-parfait, conditionnel présent et passé antérieur, avec une rupture par rapport à l’énonciation.

Astuce mémo

Passé simple = Premier plan (ça avance et s’enchaîne) ; Imparfait = Arrière-plan (ça dure, c’est interrompu).

2. Confusions de conjugaison

Notions clés & Définitions

  • Passé simple : Le passé simple est un temps du récit qui sert aux événements de premier plan et fait avancer l’action.
  • Imparfait : L’imparfait est un temps du récit qui sert à l’action d’arrière-plan et aux situations vues dans leur déroulement ou comme une habitude.
  • Passé composé : Le passé composé est un temps du système du présent qui sert aux actions proches du moment d’énonciation et dépend de l’auxiliaire au présent.

Points essentiels

  • Le passé simple sert à des actions successives au premier plan, tandis que l’imparfait sert aux actions simultanées, à la description et aux habitudes passées.
  • Le passé simple présente des faits avec une limite (début/fin), alors que l’imparfait exprime des faits sans limites et des actions pouvant être interrompues par un passé simple.
  • Dans un même texte, passé simple et passé composé ne donnent pas le même effet : passé simple recule l’action, alors que passé composé la rapproche en l’ancrant dans la mémoire du narrateur.
  • Le passé simple appartient au système du passé, le passé composé appartient au système du présent : l’auxiliaire du passé composé est au présent, ce qui crée l’effet de proximité.
  • Les temps organisés autour du présent (discours) sont ancrés dans l’énonciation, tandis que les temps organisés autour du passé (récit) sont “coupés” de cette énonciation.

Astuce mémo

PS = progression (successif) / IMP = intérieur (en déroulement ou habitude) ; PSA = ancre au présent (auxiliaire présent) vs PS passé = recul.

3. Accord du participe passé

Notions clés & Définitions

  • Participe passé : Le participe passé est une forme verbale qui peut s’employer soit avec un auxiliaire, soit comme un adjectif qualificatif.
  • Auxiliaire être : Avec l’auxiliaire être, le participe passé s’accorde avec le sujet du verbe.
  • Auxiliaire avoir : Avec l’auxiliaire avoir, l’accord du participe passé dépend de la présence d’un COD placé avant lui.
  • COD avant le verbe : Un COD placé avant le participe passé déclenche l’accord du participe passé avec ce COD.

Points essentiels

  • Pour fixer l’orthographe, écris le participe passé au masculin singulier, puis transforme-le au féminin pour trouver la terminaison correcte (ex. détruit/détruite).
  • Si le participe passé est adjectif qualificatif, il s’accorde avec le nom (ou pronom) qu’il qualifie.
  • Avec être, le participe passé s’accorde avec le sujet du verbe quelle que soit la position du COD.
  • Avec avoir, s’il n’y a pas de COD ou si le COD est après le verbe, le participe reste au masculin singulier.
  • Avec avoir, si le COD est placé avant le participe passé, le participe s’accorde avec ce COD, et non avec le sujet.
  • Répondre en suivant l’ordre méthode évite les confusions entre verbe, participe passé, sujet et COD.

Astuce mémo

Être = Sujet suit. Avoir = COD devant : COD avant → accord, COD après/absent → pas d’accord.

4. Phrase simple et phrase complexe

5. Propositions et subordination

Notions clés & Définitions

  • Proposition subordonnée : Une proposition dépend d’une proposition principale et ne peut pas être écrite seule sans changer le sens.
  • Subordonnant : Mot qui introduit une proposition subordonnée et indique la relation de sens avec la principale.
  • Subordonnée relative : Subordonnée introduite par un pronom relatif qui complète un nom (son antécédent) dans le groupe nominal.
  • Subordonnée complétive : Subordonnée introduite par que et équivalents qui complète le verbe de la principale (sujet, COD, COI ou attribut).

Points essentiels

  • Une phrase complexe contient plusieurs verbes conjugués, qui correspondent à autant de propositions.
  • Deux propositions juxtaposées sont séparées seulement par un signe de ponctuation, sans outil grammatical.
  • Deux propositions coordonnées sont reliées par une conjonction de coordination ou par un adverbe de liaison.
  • En subordination, une proposition principale dirige le sens et des subordonnées commencent par un subordonnant.
  • Les subordonnées relatives complètent un GN et leur pronom relatif renvoie à un antécédent.
  • Les subordonnées interrogatives indirectes et complétives n’ont jamais de point d’interrogation et servent de COD ou COI du verbe de la principale.

Astuce mémo

Relatif = Relie à un NOM (antécédent), Complétive/Interrogative indirecte = complète le VERBE (COD/COI).

6. Discours argumentatif

Notions clés & Définitions

  • Énonciateur : Instance qui produit le discours et cherche à défendre une opinion sur un thème.
  • Destinataire : Personne à qui le discours s’adresse et qu’on veut convaincre, toucher ou faire réagir.
  • Thèse : Opinion ou point de vue défendu par l’énonciateur sur le thème du texte.
  • Argument : Idée abstraite qui sert à prouver la thèse et à convaincre le destinataire.
  • Exemple : Fait concret qui illustre un argument pour le rendre plus clair et plus convaincant.

Points essentiels

  • Le but du discours argumentatif est de convaincre le destinataire en imposant une opinion, ce qui oblige à identifier clairement énonciateur et destinataire.
  • Pour être efficace, l’énonciateur doit anticiper la contre-argumentation du destinataire afin de répondre à ses objections ou de l’émouvoir.
  • Un discours argumentatif s’organise avec un thème, une thèse, des arguments pour prouver, puis des exemples pour illustrer et rendre l’ensemble plus persuasif.
  • Les marques de l’argumentation incluent souvent la 1re personne (je, ma, mon, moi), ainsi que des modalisateurs qui nuancent l’information donnée.
  • Les temps et connecteurs logiques servent à la cohérence: on utilise surtout les temps ancrés dans la situation d’énonciation et des liens logiques pour cause, conséquence, condition ou opposition.
  • En cas de dialogue avec deux positions opposées, on distingue thèse et antithèse (réfutation) pour éviter la confusion avec la figure de style « antithèse ».

Astuce mémo

Thèse + Arguments + Exemples : TAE, et on pense aussi à l’objection du destinataire (contre).

7. Genre, type et tonalité

Notions clés & Définitions

  • Genre du texte : Le genre du texte est sa forme générale, avec parfois des sous-genres, utilisée pour classer un écrit comme roman, théâtre ou poésie.
  • Type de discours : Le type de discours indique la manière dont le texte traite son contenu, comme narratif, descriptif, explicatif, argumentatif ou injonctif.
  • Tonalité du texte : La tonalité correspond à l’effet recherché ou produit sur le lecteur, comme comique, dramatique, pathétique, tragique ou lyrique.

Points essentiels

  • On ne doit pas confondre genre, type et tonalité car chacun répond à une question différente : forme, manière d’exprimer, effet produit.
  • Le genre se juge sur la forme globale du texte (roman, nouvelle, théâtre, poésie) et ses sous-genres existent à l’intérieur de chaque grand genre.
  • Un même texte peut combiner plusieurs types de discours, car il peut contenir narration, description, explication, argumentation ou injonctions selon les passages.
  • Les tonalités se repèrent en fonction de l’émotion ou du sentiment suscité (par exemple comique pour faire rire, pathétique pour émouvoir et inspirer la pitié, lyrique pour partager des sentiments intimes).
  • On peut nuancer une tonalité : l’ironie dit l’inverse de ce qu’on pense, et la satire se moque en caricaturant le sujet.
  • Pour classifier un texte, on associe forme → genre, intention → type, effet → tonalité afin d’éviter les confusions.

Astuce mémo

G-T-E : Genre = forme, Type = manière (discours), Effet = tonalité.

Repères chronologiques

DateÉvénement
XVIIème siècleRègles strictes du théâtre classique (écrit en vers, même lieu, une seule action, 24 heures max).
XIXème siècleLe romantisme transforme le théâtre : plusieurs lieux, longue durée, plusieurs intrigues.
2016Référence bibliographique indiquée pour les supports du cours (Passeurs de textes 3ème Le Robert 2016).

Tableaux de synthèse

Passé simple vs Imparfait (récit)

CritèrePassé simpleImparfait
RôleFait avancer l’actionNe fait pas directement avancer l’action
PlanPremier planArrière-plan
LimitesAction ayant des limites (début/fin)Faits sans limites
ValeurActions successives, souvent non simultanéesSimultanéités possibles, déroulement, répétition
Effet sur l’actionPeut interrompre une actionDécrit en cours et/ou interrompue par le passé simple (selon le contexte)

Passé simple vs Passé composé (systèmes)

CritèrePassé simplePassé composé
Système de tempsSystème du passé (recul)Système du présent (proximité via l’auxiliaire au présent)
DistanceActions mises à distance, plus lointainesActions présentes à la mémoire du narrateur, plus vivement ressenties
Ordre littéraire/oralRécit littéraire, plus soutenuRécit plus proche de l’oral, plus commun
Co-présence dans le même textePas le même effet que le passé composéPas le même effet que le passé simple

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre passé simple et imparfait: le PS avance l’action (premier plan) tandis que l’IM décrit/arrière-plan (déroulement, habitude, description).
  2. Croire que passé simple et passé composé “valent pareil” dans un même texte: l’un recule (PS), l’autre rapproche (PC, auxiliaire au présent).
  3. Se tromper d’accord au participe passé: avec avoir, c’est le COD placé avant qui déclenche l’accord (et non le sujet).
  4. Douter de l’accord avec être: avec être, le participe passé s’accorde toujours avec le sujet, quelle que soit la position du COD.
  5. Mélanger subordonnée relative et complétive: la relative complète un nom (pronom relatif/antécédent), la complétive complète un verbe (souvent introduite par que).
  6. Oublier que les interrogatives indirectes n’ont jamais de point d’interrogation: elles servent de COD/COI sans marque interrogative graphique.
  7. Prendre l’ironie pour une satire ou l’inverse: l’ironie dit le contraire de ce qu’on pense, la satire se moque en caricaturant.

Checklist Examen

  1. Identifier le temps de référence et classer les temps du récit : passé simple/ancrage au passé, imparfait/arrière-plan, et temps du discours ancrés dans l’énonciation.
  2. Savoir distinguer PS et IM selon le rôle (premier plan vs arrière-plan), les limites (début/fin vs sans limites) et la succession (PS) ou simultanéité/durée (IM).
  3. Choisir entre passé simple (recul) et passé composé (proximité liée à l’auxiliaire au présent) et expliquer l’effet quand les deux apparaissent ensemble.
  4. Réaliser l’accord du participe passé : reconnaître auxiliaire être/avoir, puis repérer COD placé avant pour décider l’accord.
  5. Décider si le participe passé est adjectif qualificatif (accord avec le nom/pronom qu’il qualifie) ou participe dans une forme verbale (règles d’auxiliaire).
  6. Appliquer la méthode de tri : forme de base au masculin singulier, vérifier nature (verbal vs adjectival), puis appliquer être ou avoir avec COD avant/après.
  7. Reconnaître les propositions dans une phrase complexe par le nombre de verbes conjugués (et noyaux comme infinitifs/participes à leur propre sujet).
  8. Distinguer juxtaposées vs coordonnées vs subordonnées : ponctuation seule (juxtaposition), conjonction/adverbe (coordination), subordonnant (subordination).
  9. Classer les subordonnées : relatives (pronom relatif + antécédent dans le GN), complétives/interrogatives indirectes (que ou mot interrogatif, sans point d’interrogation).
  10. Identifier les éléments du discours argumentatif : thème, thèse, arguments, exemples, et repérer énonciateur/destinataire et la contre-argumentation.
  11. Relier genre/type/tonalité : forme du texte (genre), intention/manière (type), effet/émotion (tonalité) sans les confondre.
  12. Pour le théâtre (si demandé dans l’épreuve) : distinguer répliques (tirade/monologue/aparté) et didascalies, et repérer actes/scènes (changement de scène à l’entrée ou sortie).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Maîtrise des Temps et Structures du Récit avec 14 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel temps du récit sert principalement à faire avancer l’action avec des événements successifs et nettement délimités ?

2. Dans un récit, quel système de temps est organisé autour d’un passé de référence, coupé de l’énonciation du locuteur ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Maîtrise des Temps et Structures du Récit avec 14 flashcards interactives.

Temps de base — définition ?

Temps principal qui porte les événements principaux.

Système du passé — rôle ?

Regroupe les temps rattachés au recul par rapport à la narration.

Système du présent — rôle ?

Regroupe les temps liés à l’énonciation comme si les événements restaient proches.

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