Fiche de révision : Méthode de l’analyse harmonique

Plan du Cours

  1. Enjeux et histoire de l’analyse harmonique
  2. Accords et chiffrages harmoniques
  3. Fonctions et grammaire tonales
  4. Notes mélodiques étrangères
  5. Altérations et accords particuliers
  6. Dominantes secondaires et modulation
  7. Repérage et hiérarchie des cadences
  8. Typologie des cadences
  9. Ambiguïtés dans l’analyse cadentielle

1. Enjeux et histoire de l’analyse harmonique

★ À maîtriser

  • L’analyse harmonique consiste à identifier les accords et à comprendre leurs relations au sein de la tonalité.

Compléments

  • Le chiffrage des accords, associé à l’écoute de l’extrait ou à son exécution au clavier, développe la finesse de l’écoute harmonique.

  • La compréhension de l’harmonie et de la tonalité a varié au cours de l’histoire et intègre des données théoriques d’origines diverses.

  • Hugo Riemann formalise la notion de dominante secondaire à la fin du 19e siècle, après son apparition chez certains théoriciens au cours de ce siècle.

Astuce mémo

Chiffrer et écouter les accords → affiner l’oreille harmonique.

2. Accords et chiffrages harmoniques

Notions clés & Définitions

  • Accord : Empilement de tierces au-dessus d’une note génératrice appelée fondamentale.
  • Chiffrage intervallique : Indication, en chiffres arabes, des intervalles entre la basse et les autres notes de l’accord.

★ À maîtriser

📌 Un accord est à l’état fondamental lorsqu’il est réductible à une pile de tierces, tandis qu’il est renversé lorsque sa basse n’est pas sa fondamentale.

Compléments

  • Le chiffrage +4, correspondant au troisième renversement de l’accord de septième de dominante, abrège le chiffrage complet 6/4/2 ; le signe + indique la sensible dans la tradition française.

  • Le chiffrage intervallique renseigne sur la composition de l’accord, mais ne décrit pas sa disposition.

  • L’accord do-mi-sol à l’état fondamental reçoit le chiffrage intervallique 5/3, souvent simplifié en 5.

Astuce mémo

La basse décrit les intervalles ; le romain situe l’accord dans la tonalité.

3. Fonctions et grammaire tonales

Notions clés & Définitions

  • Accords relatifs : Accords qui possèdent deux notes communes avec une triade et peuvent représenter sa fonction tonale.

★ À maîtriser

📌 La tonique est une fonction de repos qui seule procure un posé stable, tandis que la dominante et la sous-dominante sont des fonctions de tension dont le posé est instable.

📌 Les fonctions tonales peuvent se succéder dans tous les sens, mais la relation de dominante vers sous-dominante est la seule indiquée comme non fréquente.

  • Le chiffrage des fondamentales en chiffres romains situe l’accord dans la tonalité et met en évidence la grammaire tonale.
  • Les degrés principaux des fonctions tonales sont :
    • I pour la tonique
    • IV pour la sous-dominante
    • V pour la dominante

Compléments

  • Le cycle fonctionnel suit la succession tonique–sous-dominante–dominante–tonique, et ses fonctions peuvent être incarnées par des degrés principaux ou relatifs.

Astuce mémo

Tonique → sous-dominante → dominante → tonique.

4. Notes mélodiques étrangères

Notions clés & Définitions

  • Retard : Note d’un premier accord qui se prolonge dans l’accord suivant, créant une dissonance avant sa résolution sur une note réelle.

★ À maîtriser

📌 Les notes réelles appartiennent aux accords, tandis que les notes étrangères n’appartiennent pas à l’accord du cadre harmonique.

  • Les principales notes mélodiques étrangères sont :
    • la note de passage
    • le retard
    • l’appoggiature
    • la broderie
    • l’anticipation

Compléments

📌 La broderie décrit un mouvement autour d’une note réelle, tandis que l’appoggiature se résout conjointement sur la note réelle à laquelle elle s’applique et reçoit un poids d’exécution plus fort.

  • 🔄 Le retard se déroule en trois temps :
    1. Une note réelle prépare le retard.
    2. Le retard crée une dissonance.
    3. La résolution ramène à une note réelle.

5. Altérations et accords particuliers

Notions clés & Définitions

  • Sixte napolitaine : Accord construit sur le deuxième degré abaissé en mineur (♭II) et présenté au premier renversement.
  • Tierce picarde : Majorisation d’un accord cadentiel de tonique en mineur.

Points essentiels

  • Une tonalité n’est pas limitée à son matériau diatonique et peut intégrer des sons chromatiques.

Astuce mémo

La sixte napolitaine abaisse II ; la tierce picarde majorise la tonique mineure.

6. Dominantes secondaires et modulation

Notions clés & Définitions

  • Dominante secondaire : Dominante d’un accord autre que la tonique.
  • Modulation : Établissement d’un centre tonal secondaire qui peut concurrencer provisoirement la tonalité principale et contribuer fortement à la forme.

★ À maîtriser

📌 La notation monotonale assimile une dominante secondaire à un degré majorisé de la tonalité principale, tandis que la notation V/X indique directement l’accord visé.

Compléments

📌 En notation monotonale, le degré de la dominante secondaire s’écrit en chiffre romain majuscule pour signaler son mode majeur.

  • La dominante secondaire se chiffre généralement V/X–X, par exemple V/V–V ou V/ii–ii.

  • En notation monotonale majeure, les équivalences présentées sont :

    • V/IV = I
    • V/V = II
    • V/vi = III
    • V/ii = VI
    • V/iii = VII
  • La plupart des modulations reposent sur des accords pivots, qui jouent des rôles ou fonctions différents dans les tonalités concernées.

Astuce mémo

Un accord pivot est une porte commune entre deux tonalités.

7. Repérage et hiérarchie des cadences

Notions clés & Définitions

  • Cadence structurelle : Cadence qui délimite les niveaux supérieurs de la forme musicale, notamment une section ou une partie.

★ À maîtriser

📌 Une cadence n’est pas une simple progression harmonique : son identification tient compte de son emplacement formel, de l’effet auditif d’achèvement et de critères harmoniques et mélodiques.

  • Une cadence se place généralement à la fin d’une unité phraséologique, d’une section ou d’une partie et produit une sensation auditive d’achèvement.

Compléments

📌 Le plein achèvement mélodique requiert que la voix supérieure arrive sur la tonique par le mouvement sensible-tonique 7–1 ou par 2–1.

  • Les cadences peuvent se situer à plusieurs niveaux hiérarchiques, de la sous-unité phraséologique à la pièce entière.

Astuce mémo

Convergence d’indices harmoniques, mélodiques et formels → identification d’une cadence.

8. Typologie des cadences

Notions clés & Définitions

  • Cadence parfaite : Posé stable en fin d’unité phraséologique ou de section, produit par V–I à l’état fondamental, préparé par une fonction sous-dominante ou pré-dominante et accompagné en basse d’une quinte descendante ou d’une quarte ascendante et en soprano de 7–1 ou 2–1.
  • Cadence parfaite non conclusive : V–I à l’état fondamental après une préparation sous-dominante, mais le soprano aboutit généralement sur 3 ou, plus rarement, sur 5, produisant un posé instable.
  • Cadence imparfaite : Posé instable ou imparfaitement stable en fin d’unité phraséologique, produit par V–I avec l’un des deux accords renversé ; le cas le plus fréquent est V–I6.
  • Demi-cadence : Posé instable en fin d’unité phraséologique ou de section qui aboutit sur V, parfois orné d’un 6/4 de cadence, et dont la basse monte souvent conjointement vers V.
  • Cadence plagale : Posé stable sur I, précédé d’un accord de fonction sous-dominante, le plus souvent IV à l’état fondamental.
  • Cadence rompue : Posé instable sur VI ou un autre degré contenant 1, là où une cadence parfaite était attendue.

Astuce mémo

État fondamental : cadence parfaite ; accord renversé : cadence imparfaite.

9. Ambiguïtés dans l’analyse cadentielle

Points essentiels

📌 Une demi-cadence peut être confondue avec une cadence parfaite ou non conclusive élidée.

📌 Une cadence parfaite dans la tonalité de la dominante peut produire un effet de demi-cadence si elle intervient près du début et est peu préparée tonalement, même si ses critères techniques sont réunis.

  • Une cadence parfaite ou non conclusive peut être élidée lorsque son posé final sur I est également le début de l’unité suivante.

Tableaux de synthèse

Fonctions tonales et degrés

FonctionDegré principalReprésentants secondaires
ToniqueIVI, III
Sous-dominanteIVII, VI
DominanteVIII, [vii]

Cadences et aboutissements

CadenceAboutissementCaractéristique distinctive
ParfaiteIV–I à l’état fondamental et posé stable
PlagaleIPrécédée d’un accord de fonction sous-dominante
Parfaite non conclusiveISoprano généralement sur 3, posé instable
ImparfaiteIV–I avec au moins un accord renversé
Demi-cadenceVPosé instable sur la dominante
RompueVI ou autre degré contenant 1Aboutissement inattendu à la place de I

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1. Quel est l’objectif central de l’analyse harmonique ?

2. Quel théoricien formalise la notion de dominante secondaire à la fin du XIXe siècle ?

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Que consiste à faire l’analyse harmonique ?

Identifier les accords et comprendre leurs relations au sein de la tonalité.

Qu’est-ce qu’un accord en harmonie ?

Un empilement de tierces au-dessus d’une fondamentale.

Qu’est-ce qui distingue l’état fondamental du renversement d’un accord ?

À l’état fondamental, l’accord est réductible à une pile de tierces ; renversé, sa basse n’est pas sa fondamentale.

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