QCM : Patrimoine et enjeux géopolitiques (16 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel argument central avancent les partisans de la restitution des marbres du Parthénon ?

La restitution permettrait de partager les fragments entre plusieurs pays afin de représenter les différentes périodes de leur conservation.
La restitution permettrait de réunir la frise dans son contexte d’origine et de reconnaître au peuple grec la gestion de ses symboles historiques sur son territoire.
La restitution permettrait de reconstituer la frise dans un musée grec, sans tenir compte de son lien avec le temple d’origine.
La restitution permettrait de préserver les marbres dans un musée étranger et de confier leur interprétation aux institutions internationales.

La restitution permettrait de réunir la frise dans son contexte d’origine et de reconnaître au peuple grec la gestion de ses symboles historiques sur son territoire.

Explication

Les partisans de la restitution invoquent la reconstitution de la frise dans son contexte d’origine, l’intégrité culturelle et le droit du peuple grec à gérer sur son territoire les symboles de son histoire. Une présentation dans un musée grec qui négligerait le lien avec le contexte d’origine ne reprend qu’une partie de cet argument.

2. Quelle initiative Louis-Philippe prend-il à Versailles en 1837 ?

Il y transforme la galerie des Batailles en résidence de la monarchie.
Il y installe les députés républicains pour faire face à la Commune de Paris.
Il y inaugure une salle consacrée aux événements de la Révolution et à Valmy.
Il y crée un musée destiné à célébrer les gloires de la nation.

Il y crée un musée destiné à célébrer les gloires de la nation.

Explication

En 1837, Louis-Philippe crée à Versailles un musée célébrant les gloires de la nation. L’installation des députés de la IIIe République à Versailles intervient plus tard, en 1871, dans un contexte différent.

3. Pourquoi les projets des Tours Duo et de la tour Triangle suscitent-ils des désaccords à Paris ?

Ils opposent la limitation de la hauteur des immeubles aux demandes de construction de monuments et d’égouts.
Ils opposent les ambitions de modernisation et de développement métropolitain aux critiques portant sur l’harmonie architecturale.
Ils opposent la préservation des habitats vétustes aux projets de création de nouveaux axes de circulation.
Ils opposent les besoins d’assainissement des quartiers centraux aux critiques portant sur l’augmentation des espaces verts.

Ils opposent les ambitions de modernisation et de développement métropolitain aux critiques portant sur l’harmonie architecturale.

Explication

Les projets de tours mettent en tension les objectifs de modernisation et de développement métropolitain avec les critiques d’associations patrimoniales et de Parisiens sur l’harmonie architecturale. Les enjeux d’assainissement et de circulation renvoient plutôt aux transformations haussmanniennes.

4. Un visiteur veut comparer les victoires militaires de Clovis à Bonaparte et les événements révolutionnaires de Valmy et Jemappes. Quels espaces de Versailles répondent à ces deux intérêts ?

La salle 1792 pour les victoires, et la galerie des Batailles pour les événements révolutionnaires.
La galerie des Batailles pour les deux thèmes, car elle rassemble toute l’histoire nationale.
La salle 1792 pour les deux thèmes, car elle présente l’histoire militaire de la France.
La galerie des Batailles pour les victoires, et la salle 1792 pour les événements révolutionnaires.

La galerie des Batailles pour les victoires, et la salle 1792 pour les événements révolutionnaires.

Explication

La galerie des Batailles célèbre les victoires militaires de Clovis à Bonaparte, tandis que la salle 1792 rappelle notamment Valmy et Jemappes. L’attribution inverse confond les fonctions historiques distinctes des deux espaces.

5. Quelle caractéristique décrit correctement la frise du Parthénon ?

Une sculpture en ronde-bosse liée aux Panathénées et attribuée à Phidias, longue de 160 m et haute de 1 m
Un bas-relief de pierre représentant la mythologie grecque, attribué à Phidias et long de 160 m et haut de 10 m
Un bas-relief de pierre lié aux Panathénées et attribué à Phidias, long de 160 m et haut de 1 m
Un bas-relief de pierre consacré aux Panathénées et attribué à Praxitèle, long de 160 m et haut de 1 m

Un bas-relief de pierre lié aux Panathénées et attribué à Phidias, long de 160 m et haut de 1 m

Explication

La frise est un bas-relief de pierre représentant la mythologie grecque, associé aux célébrations des Panathénées et attribué à Phidias ; elle mesure 160 m sur 1 m. La ronde-bosse désigne une sculpture en trois dimensions, et non un relief sculpté sur un support.

6. À quel moment la notion de patrimoine comme ensemble de biens collectifs et partagés se construit-elle en France ?

Pendant la Révolution française, parallèlement à l’émergence de l’idée de nation.
Au XIXe siècle, lorsque le patrimoine national se concentre sur l’architecture et l’art.
À la Renaissance, avec la constitution de collections privées dans des cabinets de curiosités.
Au Moyen Âge, lorsque les rois et l’Église protègent des objets sacrés.

Pendant la Révolution française, parallèlement à l’émergence de l’idée de nation.

Explication

En France, le patrimoine comme bien collectif et partagé se construit pendant la Révolution française, en même temps que l’idée de nation. Les collections de la Renaissance sont privées et précèdent cette conception commune.

7. Quel objectif caractérise l’inventaire des biens du clergé et de la noblesse ordonné en 1790 ?

Créer un inventaire général des monuments et des richesses artistiques du pays.
Protéger les regalia et les reliques au titre de leur caractère sacré.
Recenser ces biens pour des motifs financiers et pour reconnaître leur valeur historique et artistique.
Constituer des collections privées destinées à enrichir les cabinets de curiosités.

Recenser ces biens pour des motifs financiers et pour reconnaître leur valeur historique et artistique.

Explication

En 1790, l’Assemblée constituante ordonne l’inventaire de ces biens pour des raisons financières et en raison de leur valeur historique et artistique. L’inventaire général des monuments et des richesses artistiques est lancé bien plus tard, en 1964.

8. Un propriétaire veut transformer de manière notable un bâtiment situé dans un site classé : quelle démarche s’applique ?

Obtenir une autorisation ministérielle ou préfectorale spécifique avant les travaux.
Déclarer les travaux et consulter au préalable l’administration ou l’Architecte des Bâtiments de France.
Demander un avis patrimonial, sans solliciter d’autorisation particulière pour la transformation.
Informer la mairie après le début des travaux, puis attendre une éventuelle inspection.

Obtenir une autorisation ministérielle ou préfectorale spécifique avant les travaux.

Explication

Une transformation notable dans un site classé nécessite une autorisation ministérielle ou préfectorale spécifique, et les constructions nouvelles y sont généralement interdites. La déclaration suivie d’une consultation préalable correspond au régime du site inscrit, non à celui du site classé.

9. Dans quel contexte C. Elgin récupère-t-il les marbres du Parthénon entre 1801 et 1802 ?

Pendant l’occupation ottomane de la Grèce, au moyen d’un firman dont la légitimité est contestée.
Après la libération de la Grèce, grâce à un accord dont la légitimité est reconnue par les deux pays.
Sous l’administration française d’Athènes, au moyen d’un firman dont la légitimité est reconnue.
Pendant l’occupation britannique de la Grèce, en vertu d’un traité dont la validité est contestée.

Pendant l’occupation ottomane de la Grèce, au moyen d’un firman dont la légitimité est contestée.

Explication

C. Elgin récupère les marbres entre 1801 et 1802 pendant l’occupation ottomane, en s’appuyant sur un firman dont la légitimité est contestée. Le contexte n’est pas celui d’une occupation britannique de la Grèce.

10. Quel élément caractérise un bien relevant du patrimoine ?

Il est conservé en raison de sa valeur particulière et peut être transmis.
Il est utilisé pour répondre à un besoin immédiat, sans valeur particulière.
Il est acquis récemment et perd son intérêt dès qu’il change de propriétaire.
Il appartient nécessairement à une institution publique et reste à son usage.

Il est conservé en raison de sa valeur particulière et peut être transmis.

Explication

Un bien patrimonial peut être matériel ou immatériel, individuel ou collectif, hérité ou acquis, et il est conservé en vue de sa transmission en raison de sa valeur particulière. La propriété publique n’est pas une condition, puisque le patrimoine peut aussi être individuel.

11. Lorsqu’un lieu est patrimonialisé, quel rôle social cette démarche cherche-t-elle à remplir ?

Réserver la gestion du symbole aux spécialistes afin de garantir une interprétation uniforme.
Remplacer les usages collectifs du lieu par une conservation destinée aux générations futures.
Mettre en valeur l’histoire d’un groupe en limitant la fréquentation des visiteurs extérieurs.
Réunir la société autour d’un symbole commun et permettre sa transmission ainsi que l’accès de tous.

Réunir la société autour d’un symbole commun et permettre sa transmission ainsi que l’accès de tous.

Explication

La patrimonialisation cherche à rassembler la société autour d’un symbole commun, tout en permettant sa transmission et l’accès à tous. Confier l’interprétation aux seuls spécialistes ne correspond pas à cette ambition d’accès partagé.

12. Quel objectif la convention de l’UNESCO adoptée en 1972 poursuit-elle ?

Préserver les monuments historiques reconnus comme emblématiques par les populations locales.
Favoriser l’ouverture de musées consacrés aux traditions nationales dans les pays signataires.
Protéger les biens culturels et naturels présentant un intérêt unique pour l’héritage commun de l’humanité.
Encadrer la restitution des biens culturels déplacés pendant les périodes d’occupation étrangère.

Protéger les biens culturels et naturels présentant un intérêt unique pour l’héritage commun de l’humanité.

Explication

La convention de 1972 vise à protéger les biens culturels et naturels qui présentent un intérêt unique pour l’héritage commun de l’humanité. L’encadrement des restitutions relève d’un autre débat patrimonial et ne définit pas cet objectif général.

13. Quel bilan décrit le mieux les travaux d’Haussmann sous le Second Empire ?

Ils remplacent les espaces verts et les nouveaux axes par des logements denses, tout en maintenant l’habitat vétuste du centre.
Ils modernisent les quartiers centraux par de nouveaux axes et immeubles, mais écartent les monuments et les équipements d’assainissement.
Ils préservent l’habitat ancien du centre et concentrent les aménagements sur les égouts et les espaces verts périphériques.
Ils créent de nouveaux axes, monuments, espaces verts et immeubles, développent les égouts et l’hygiène, tout en détruisant l’habitat vétuste du centre.

Ils créent de nouveaux axes, monuments, espaces verts et immeubles, développent les égouts et l’hygiène, tout en détruisant l’habitat vétuste du centre.

Explication

Les travaux haussmanniens associent de nouveaux axes, monuments, espaces verts et immeubles à des égouts et à une amélioration de l’hygiène, au prix de la destruction d’habitats vétustes du centre. L’idée que ces travaux auraient préservé cet habitat contredit précisément l’un de leurs effets.

14. Une politique patrimoniale inclut désormais des langues, des savoir-faire, des sites naturels et des ouvrages contemporains : que révèle cette évolution ?

Les biens d’intérêt patrimonial sont maintenant définis par leur seule valeur architecturale.
La protection patrimoniale concerne désormais principalement les collections privées.
Le patrimoine est désormais limité aux éléments immatériels transmis par les habitants.
La notion de patrimoine s’est étendue au-delà des monuments anciens et des œuvres d’art.

La notion de patrimoine s’est étendue au-delà des monuments anciens et des œuvres d’art.

Explication

La notion de patrimoine s’est élargie à des biens industriels, des villages et quartiers anciens, à la nature, à l’architecture contemporaine et aux éléments immatériels. Cette diversité contredit l’idée que le patrimoine serait limité aux seuls éléments immatériels.

15. Pourquoi le patrimoine contribue-t-il à l’identité collective d’un groupe ?

Parce qu’il garantit que les membres du groupe partagent les mêmes souvenirs personnels.
Parce qu’il garde des traces de son histoire et nourrit une mémoire partagée.
Parce qu’il rassemble les biens ayant la plus grande valeur marchande du groupe.
Parce qu’il témoigne principalement des choix artistiques de ses dirigeants actuels.

Parce qu’il garde des traces de son histoire et nourrit une mémoire partagée.

Explication

Le patrimoine constitue une trace de l’histoire et sert de support à la mémoire collective, ce qui lui donne une dimension identitaire. Une valeur marchande élevée ne suffit pas à expliquer ce rôle mémoriel.

16. Quels biens composent surtout le patrimoine national au XIXe siècle et jusqu’au début du XXe siècle ?

Des sites naturels, des biens industriels et des ouvrages contemporains.
Des traditions collectives, des quartiers anciens et des paysages protégés.
Des biens immobiliers de grande valeur architecturale et des œuvres d’art.
Des villages anciens, des langues régionales et des savoir-faire artisanaux.

Des biens immobiliers de grande valeur architecturale et des œuvres d’art.

Explication

Durant cette période, le patrimoine national comprend surtout des biens immobiliers remarquables par leur architecture et des œuvres d’art. Les villages, les traditions et les savoir-faire illustrent plutôt l’élargissement ultérieur de la notion.

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Qu’est-ce que le patrimoine ?

L’ensemble de biens matériels ou immatériels, individuels ou collectifs, hérités ou acquis et conservés pour être transmis en raison de leur valeur particulière.

Pourquoi le patrimoine possède-t-il une dimension identitaire ?

Parce qu’il constitue une trace de l’histoire et un support de mémoire collective.

Quand la notion française de patrimoine collectif se construit-elle ?

Pendant la Révolution française, en même temps que l’idée de nation.

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