★ À maîtriser
📌 Dans Ceci n’est pas une pomme (1964), Magritte oppose l’image peinte de la pomme à l’objet réel : la ressemblance peut faire reconnaître l’objet, mais l’image reste une surface peinte.
Compléments
Aristote affirme dans la Poétique, chapitre IV, que « le fait d’imiter est inhérent à la nature humaine dès l’enfance » et associe l’imitation à l’apprentissage et au plaisir de reconnaître ce qui est représenté.
Dans Ceci n’est pas une pomme, l’inscription rompt l’illusion, attire l’attention sur la bidimensionnalité du support et rappelle que la peinture est une surface matérielle.
L’image ressemble au référent, mais n’est jamais le référent
★ À maîtriser
Dans le récit rapporté par Pline l’Ancien au Ier siècle après J.-C., les raisins peints par Zeuxis trompent les oiseaux, tandis que le rideau peint par Parrhasios trompe Zeuxis lui-même. - Histoire naturelle
Dans le concours de Zeuxis et Parrhasios, la capacité à faire illusion devient une preuve d’excellence artistique.
Dans De pictura (1435), Leon Battista Alberti compare la surface à peindre à une « fenêtre ouverte par laquelle on puisse regarder l’histoire », c’est-à-dire la scène représentée.
La perspective linéaire organise la représentation selon un point de vue déterminé et relie l’espace peint à la position du spectateur.
Compléments
Dans Donut (1995), Ralph Goings travaille à partir de photographies, qui constituent une première représentation du réel.
Dans Pensées, Pascal s’interroge sur la vanité de la peinture qui attire l’admiration par la ressemblance de choses dont les originaux ne sont pas admirés.
Dans La Flagellation du Christ de Piero della Francesca, les lignes du dallage et de l’architecture convergent vers un point de fuite, et la diminution des figures suggère l’éloignement.
★ À maîtriser
Dans le récit rapporté par Cicéron dans De l’invention, livre II, Zeuxis choisit cinq jeunes femmes comme modèles pour peindre Hélène, car aucune ne réunit seule toutes les qualités souhaitées.
Dans La Grande Odalisque (1814), Ingres allonge le dos et transforme les proportions afin de privilégier la beauté de la ligne plutôt que l’exactitude anatomique.
Pour construire la beauté idéale d’Hélène, Zeuxis sélectionne des qualités observées dans plusieurs corps réels et les recombine en une figure conçue.
Compléments
📌 Chez Ingres, la vraisemblance de l’ensemble dissimule des écarts au réel : le corps paraît crédible tout en étant anatomiquement impossible.
Zeuxis synthétise plusieurs modèles ; Ingres déforme un seul corps
★ À maîtriser
André Félibien formule en 1667 une hiérarchie des genres qui place la peinture d’histoire au sommet, car elle exige de composer des actions et de représenter figures, expressions et passions.
La classification académique simplifiée distingue, du plus valorisé au moins valorisé :
Dans Un enterrement à Ornans (1849–1850), Courbet donne à un enterrement provincial un format monumental associé à la peinture d’histoire et représente des habitants ordinaires sans héros central ni embellissement des physionomies.
Présenté au Salon des refusés de 1863 après son refus au Salon officiel, Le Déjeuner sur l’herbe de Manet provoque un scandale moral et esthétique en représentant une femme nue auprès d’hommes vêtus à la mode contemporaine, sans prétexte mythologique.
Dans Le Radeau de la Méduse (1818–1819), Géricault donne à une catastrophe contemporaine l’ampleur d’une peinture d’histoire et fait entrer la souffrance de victimes contemporaines dans la grande peinture.
Compléments
Pour préparer son tableau, Géricault : rencontre des survivants, fait réaliser une maquette du radeau, étudie des corps dans les morgues et les hôpitaux
Dans sa Lettre aux jeunes artistes de Paris (1861), Courbet affirme que « la peinture est un art essentiellement concret » et lui assigne la représentation des choses réelles et existantes.
Dans Les Chaussures (1886), Van Gogh accorde une présence expressive à des souliers usés, sujet trivial dont l’usure peut évoquer le travail, la fatigue ou la précarité sans établir l’identité ni la situation sociale de leur propriétaire.
★ À maîtriser
Dans sa lettre à Émile Bernard du 15 avril 1904, Cézanne recommande de « traiter la nature par le cylindre, la sphère, le cône, le tout mis en perspective » afin de construire les volumes et leur organisation spatiale.
Dans La Desserte rouge (1908), Matisse rapproche visuellement la table et le mur par le rouge et les arabesques, tandis que les aplats atténuent la profondeur.
Dans Impression, soleil levant (1872), Monet utilise des touches peu détaillées et des rapports de couleurs entre le soleil orangé, son reflet et les tonalités bleutées pour rendre l’expérience lumineuse du port du Havre.
Compléments
Dans La Montagne Sainte-Victoire au grand pin (vers 1887), Cézanne utilise les touches colorées pour construire les masses et articuler les plans, la couleur contribuant au volume et à la profondeur.
Dans Notes d’un peintre (1908), Matisse affirme que sa recherche principale est l’expression, qui réside dans l’ensemble de la composition.
Dans le Portrait d’Ambroise Vollard (1910), Picasso fragmente les contours et imbrique la figure dans son environnement ; le visage reste partiellement reconnaissable et doit être reconstruit à partir d’indices.
★ À maîtriser
En 1890, Maurice Denis rappelle qu’un tableau est, avant son sujet, « une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées ».
Kandinsky cherche une peinture répondant à une « nécessité intérieure » et affirme que le contenu est ce que le spectateur éprouve sous l’effet des couleurs et des formes.
Compléments
📌 L’aquarelle Sans titre, dite Première aquarelle abstraite, traditionnellement datée de 1910, est cataloguée 1913 par le Centre Pompidou ; elle est emblématique des débuts de l’abstraction plutôt que considérée comme la première œuvre abstraite incontestable.
Dans le récit de Kandinsky, la découverte d’un de ses tableaux posé sur le côté lui fait éprouver la force expressive des formes et des couleurs avant de reconnaître le sujet.
Dans Le Talisman (1888), Paul Sérusier simplifie le sous-bois en surfaces colorées et éloigne les couleurs de la fidélité descriptive tout en conservant un lien avec le paysage reconnaissable.
| Démarche | Opération | Résultat |
|---|---|---|
| Zeuxis | Sélectionne et combine plusieurs modèles | Beauté idéale synthétisée |
| Ingres | Transforme les proportions du corps | Beauté de la ligne privilégiée |
| Artiste | Référent | Moyen pictural |
|---|---|---|
| Monet | Paysage identifiable | Lumière et impression fugitive |
| Cézanne | Paysage observé | Couleur et volumes construits |
| Matisse | Scène figurative | Couleur expressive et aplats |
| Picasso | Figure partiellement reconnaissable | Plans et facettes recomposés |
| Kandinsky | Référent non identifiable | Formes et couleurs expressives |
Teste tes connaissances sur Peinture et représentation du réel avec 22 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Comment Étienne Souriau définit-il la représentation dans le *Vocabulaire d’esthétique* ?
2. Que désigne la mimèsis lorsqu’un peintre représente un élément du monde réel ?
Mémorisez les concepts clés de Peinture et représentation du réel avec 46 flashcards interactives.
Comment Étienne Souriau définit-il la représentation dans le Vocabulaire d’esthétique ?
Une présentation qui en double une autre.
Qu’est-ce que la mimèsis en peinture ?
L’imitation de l’apparence du réel par les moyens propres à la peinture.
Dans Ceci n’est pas une pomme (1964), que distingue Magritte de l’objet réel ?
L’image peinte de la pomme.
Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.
Générateur de fiches