QCM : Peinture et représentation du réel (22 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Comment Étienne Souriau définit-il la représentation dans le *Vocabulaire d’esthétique* ?

Une présentation qui en double une autre et en offre l’apparence sensible
Une construction qui crée un espace profond à partir d’une surface
Un objet réel qui se substitue à l’image dans l’expérience du spectateur
Une imitation qui reproduit fidèlement toutes les propriétés d’un objet

Une présentation qui en double une autre et en offre l’apparence sensible

Explication

Pour Souriau, une représentation est une « présentation qui en double une autre », notamment sous la forme d’une perception ou d’une image offrant une apparence sensible. La copie exacte confond représentation et reproduction fidèle, l’espace profond relève d’un autre problème, et l’objet réel n’est pas l’image.

2. Que désigne la mimèsis lorsqu’un peintre représente un élément du monde réel ?

La fabrication matérielle d’un objet semblable au référent réel
L’imitation de l’apparence du réel par les moyens propres à la peinture
La transformation de la surface peinte en objet réel reconnaissable
La construction géométrique d’un espace vu depuis un point déterminé

L’imitation de l’apparence du réel par les moyens propres à la peinture

Explication

La mimèsis consiste à imiter l’apparence du réel en utilisant les moyens propres à la peinture. Fabriquer l’objet confond image et référent, tandis que la construction géométrique concerne la perspective et non la définition de la mimèsis.

3. Un visiteur reconnaît la pomme peinte dans *Ceci n’est pas une pomme* et affirme que l’image est donc la pomme elle-même. Quelle distinction permet de corriger son affirmation ?

L’image ressemble à la pomme, mais demeure une surface peinte distincte de l’objet
L’image devient la pomme réelle dès que le spectateur la reconnaît
Le référent réel est la surface peinte, tandis que la pomme est son apparence
L’inscription transforme la pomme représentée en objet tridimensionnel

L’image ressemble à la pomme, mais demeure une surface peinte distincte de l’objet

Explication

La ressemblance permet de reconnaître la pomme, mais l’image reste une surface peinte et ne se confond pas avec l’objet réel. Dire qu’elle devient l’objet confond ressemblance et identité, et l’inscription ne transforme pas la peinture en volume matériel.

4. Dans un récit inspiré du concours antique, des oiseaux sont trompés par des raisins peints, puis le peintre Zeuxis est trompé par un rideau peint. Qui a peint le rideau ?

Leon Battista Alberti
Zeuxis
Parrhasios
Pline l’Ancien

Parrhasios

Explication

Dans le récit rapporté par Pline l’Ancien, Zeuxis peint les raisins qui trompent les oiseaux et Parrhasios peint le rideau qui trompe Zeuxis. Attribuer le rideau à Zeuxis inverse les rôles, tandis que Pline est le rapporteur du récit, non l’un des peintres.

5. Dans le concours entre Zeuxis et Parrhasios, qu’est-ce qui fait de la tromperie du regard un critère de réussite artistique ?

La capacité à construire un point de fuite est considérée comme une preuve d’excellence
La capacité à raconter un épisode ancien est considérée comme une preuve d’excellence
La capacité à représenter un sujet connu est considérée comme une preuve d’excellence
La capacité à produire une illusion est considérée comme une preuve d’excellence

La capacité à produire une illusion est considérée comme une preuve d’excellence

Explication

Dans ce concours, l’aptitude à tromper le regard témoigne de l’excellence artistique. La simple reconnaissance du sujet et l’ancienneté du récit ne sont pas le critère mis en avant, et le point de fuite relève de la construction de l’espace en perspective.

6. À quoi Leon Battista Alberti compare-t-il la surface à peindre dans *De pictura* ?

À une scène réelle ouverte sur un espace matériel
À un miroir ouvert sur le visage du spectateur
À un point de fuite ouvert sur les lignes du tableau
À une fenêtre ouverte sur la scène représentée

À une fenêtre ouverte sur la scène représentée

Explication

Alberti compare la surface à peindre à une fenêtre par laquelle regarder l’« histoire », c’est-à-dire la scène représentée. Le miroir centré sur le spectateur, l’espace matériel et le point de fuite ne correspondent pas à cette comparaison.

7. Une peintre veut organiser son tableau selon un point de vue précis et faire correspondre l’espace représenté à la position du spectateur. Quel procédé répond à cette intention ?

La perspective linéaire
Le modelé par les variations de lumière et d’ombre
La diminution des figures sans organisation du point de vue
L’imitation de l’apparence sans construction spatiale

La perspective linéaire

Explication

La perspective linéaire organise la représentation selon un point de vue déterminé et met l’espace peint en relation avec la position du spectateur. Le modelé suggère le volume par la lumière et l’ombre, tandis que la seule diminution des figures ne décrit pas à elle seule cette organisation perspective.

8. Un artiste transforme ce qu’il observe pour représenter une perfection immatérielle que son esprit juge supérieure aux réalités particulières : quelle démarche adopte-t-il ?

L’ornementation
L’imitation fidèle
L’idéalisation
L’observation directe

L’idéalisation

Explication

L’idéalisation rend la représentation conforme à une perfection immatérielle conçue par l’esprit. L’imitation fidèle vise la ressemblance, l’ornementation ajoute des éléments décoratifs et l’observation directe ne suppose pas cette conception de la perfection.

9. Pour peindre une figure d’une beauté idéale, une peintre retient les yeux d’un modèle, la posture d’un autre et la chevelure d’un troisième, puis les réunit dans une figure conçue : quel procédé applique-t-elle ?

L’allongement des proportions d’un seul corps représenté
La création d’une figure sans emprunt aux corps réels
La copie exacte des traits d’un modèle unique
La sélection et la recomposition de qualités observées sur plusieurs corps

La sélection et la recomposition de qualités observées sur plusieurs corps

Explication

La beauté idéale de Zeuxis est construite en sélectionnant des qualités observées sur plusieurs corps réels puis en les recomposant. L’allongement transforme les proportions d’un corps, la copie fidèle conserve un seul modèle et l’invention sans référence au réel écarte les modèles observés.

10. Dans le récit de Cicéron sur la réalisation d’Hélène, combien de jeunes femmes Zeuxis choisit-il comme modèles ?

Six jeunes femmes
Quatre jeunes femmes
Cinq jeunes femmes
Trois jeunes femmes

Cinq jeunes femmes

Explication

Cicéron rapporte que Zeuxis choisit cinq jeunes femmes, car aucune ne réunissait seule toutes les qualités qu’il souhaitait donner à Hélène. Les nombres trois, quatre et six ne correspondent pas au récit.

11. Dans une œuvre, un peintre allonge le dos d’une figure et modifie ses proportions pour créer des courbes plus harmonieuses, sans chercher l’exactitude anatomique : quelle œuvre d’Ingres correspond à cette démarche ?

Le Radeau de la Méduse
Une étude anatomique fidèle
Zeuxis choisissant pour modèles les plus belles filles de Crotone
La Grande Odalisque

La Grande Odalisque

Explication

Dans La Grande Odalisque, Ingres allonge le dos et transforme les proportions pour privilégier la beauté de la ligne à l’exactitude anatomique. La toile de Vincent raconte le choix des modèles par Zeuxis, Le Radeau de la Méduse traite une catastrophe contemporaine et l’étude anatomique fidèle poursuit un objectif opposé.

12. Quel genre André Félibien place-t-il au sommet de la hiérarchie formulée en 1667, en raison des compétences nécessaires pour composer des actions et représenter les passions ?

Le portrait
La scène de genre
La peinture d’histoire
Le paysage

La peinture d’histoire

Explication

Félibien place la peinture d’histoire au sommet, car elle exige de composer des actions et de représenter figures, expressions et passions. Le portrait et le paysage occupent des rangs inférieurs, tandis que la scène de genre n’est pas explicitement nommée par Félibien.

13. Dans une classification académique simplifiée, quelle place occupe la peinture animalière par rapport au portrait, à la scène de genre et au paysage ?

Après le paysage et avant la nature morte
Avant la scène de genre et après le portrait
Après la scène de genre et avant le paysage
Avant le portrait et après la peinture d’histoire

Après la scène de genre et avant le paysage

Explication

L’ordre simplifié place la peinture animalière après la scène de genre et avant le paysage. La peinture animalière vient après le portrait et la scène de genre, mais avant le paysage et la nature morte.

14. Un peintre donne à un enterrement provincial un format monumental, représente des habitants ordinaires sans héros central et ne cherche pas à embellir leurs visages : quelle œuvre de Courbet correspond à ces choix ?

Un enterrement à Ornans
Le Radeau de la Méduse
Une scène de genre idéalisée
Le Déjeuner sur l’herbe

Un enterrement à Ornans

Explication

Dans Un enterrement à Ornans, Courbet donne une ampleur monumentale à un sujet provincial et montre des habitants ordinaires sans héros central ni embellissement des physionomies. Le Radeau de la Méduse évoque une catastrophe contemporaine, tandis que Le Déjeuner sur l’herbe met en scène une femme nue auprès d’hommes vêtus.

15. Une artiste peint la vie contemporaine et des scènes ordinaires sans les conformer aux idéaux conventionnels de beauté : à quel mouvement du XIXe siècle cette démarche correspond-elle ?

À la classification des genres
Au réalisme
À la peinture d’histoire
À l’idéalisation académique

Au réalisme

Explication

Le réalisme du XIXe siècle choisit des réalités contemporaines, notamment la vie ordinaire, et refuse leur idéalisation conventionnelle. L’idéalisation académique transforme le réel selon une perfection conçue, la classification des genres est un classement et la peinture d’histoire privilégie les grands sujets historiques, religieux ou mythologiques.

16. Un peintre veut rendre l’impression fugitive d’un paysage à un moment précis plutôt que d’en inventorier tous les détails. Quelle démarche correspond à l’impressionnisme ?

Analyser les objets depuis plusieurs points de vue recomposés
Fixer les détails du paysage dans une description exhaustive
Privilégier les effets changeants de la lumière et la perception du moment
Construire les volumes à partir de formes géométriques organisées

Privilégier les effets changeants de la lumière et la perception du moment

Explication

L’impressionnisme cherche à restituer les effets changeants de la lumière et la perception d’un moment, plutôt qu’une description exhaustive et fixée. L’inventaire détaillé relève de la démarche opposée, la géométrie renvoie à la construction des volumes et les points de vue multiples au cubisme.

17. Pour évoquer un port brumeux, une artiste emploie des touches peu détaillées, un soleil orangé, son reflet et des tonalités bleutées. Quel effet pictural ces choix visent-ils ?

Rendre l’expérience lumineuse du port par les rapports de couleurs
Décrire précisément les contours des bateaux et des installations
Rapprocher la table et le mur grâce à des aplats rouges
Construire les éléments du paysage comme des volumes géométriques

Rendre l’expérience lumineuse du port par les rapports de couleurs

Explication

Dans Impression, soleil levant, les touches peu détaillées et les rapports entre le soleil orangé, son reflet et les bleus rendent l’expérience lumineuse du port du Havre. La précision des contours s’oppose à ce choix, les aplats rouges caractérisent Matisse et la géométrisation des volumes renvoie à Cézanne.

18. Un peintre cherche à donner une structure spatiale cohérente à un paysage en construisant les volumes plutôt qu’en reproduisant seulement ses apparences. Quel conseil de Cézanne répond à cette démarche ?

Fragmenter les volumes en plans et en facettes depuis plusieurs points de vue
Rapprocher le mur et la table par la couleur et atténuer la profondeur
Traiter la nature par le cylindre, la sphère et le cône mis en perspective
Privilégier les effets changeants de la lumière et la perception d’un instant

Traiter la nature par le cylindre, la sphère et le cône mis en perspective

Explication

Cézanne recommande de traiter la nature par le cylindre, la sphère et le cône mis en perspective afin de construire les volumes et leur organisation spatiale. Les effets fugitifs relèvent de l’impressionnisme, l’aplatissement de l’espace de Matisse et la fragmentation en plans du cubisme.

19. Une œuvre montre un même objet à travers plusieurs plans et facettes recomposés, sans organiser l’espace depuis un point de vue unique. À quel principe cette démarche correspond-elle ?

À la construction cézannienne, qui structure les volumes par des formes géométriques
Au cubisme, qui analyse et recompose les volumes par plans et facettes
À la perspective linéaire, qui organise l’espace depuis un point de vue déterminé
À la planéité décorative, qui rapproche les surfaces par la couleur

Au cubisme, qui analyse et recompose les volumes par plans et facettes

Explication

Le cubisme remet en question le point de vue unique et analyse puis recompose les volumes à travers des plans et des facettes. La perspective linéaire organise au contraire l’espace depuis un point déterminé, les aplats de Matisse atténuent la profondeur et Cézanne emploie des formes géométriques pour construire les volumes.

20. Quelle idée Maurice Denis formule-t-il en 1890 sur ce qu’est un tableau avant son sujet ?

Une surface plane recouverte de couleurs assemblées selon un certain ordre
Une fenêtre transparente ordonnant les objets selon la perspective
Une expression répondant à une nécessité intérieure du spectateur
Un ensemble de formes sans référent clairement identifiable

Une surface plane recouverte de couleurs assemblées selon un certain ordre

Explication

Maurice Denis rappelle qu’avant son sujet, un tableau est une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. L’absence de référent caractérise l’abstraction, la nécessité intérieure est associée à Kandinsky et l’idée de fenêtre transparente ne correspond pas à cette définition de la réalité picturale.

21. Une œuvre associe des lignes et des taches colorées sans permettre d’identifier clairement un objet ou un paysage. Quelle catégorie décrit cette démarche ?

La définition matérielle du tableau comme surface plane ordonnée par les couleurs
La figuration, qui conserve un référent reconnaissable malgré sa simplification
La représentation descriptive, qui rend les objets identifiables par leurs contours
L’abstraction, qui fait des constituants plastiques des moyens directs d’expression

L’abstraction, qui fait des constituants plastiques des moyens directs d’expression

Explication

L’abstraction utilise directement des constituants plastiques, tels que les lignes et les taches colorées, sans décrire un référent clairement identifiable. Un paysage simplifié mais reconnaissable reste figuratif, la surface plane ordonnée renvoie à la formule de Denis et les contours descriptifs favorisent l’identification des objets.

22. Une artiste choisit ses formes et ses couleurs pour que le spectateur éprouve une résonance sensible et spirituelle, plutôt que pour décrire fidèlement un objet. Quelle conception de Kandinsky correspond à cette intention ?

Une peinture guidée par la nécessité intérieure, dont le contenu est éprouvé par le spectateur
Une peinture dont le contenu dépend d’une description fidèle des objets
Une peinture définie avant tout comme une surface plane aux couleurs ordonnées
Une peinture dont le contenu réside d’abord dans le sujet reconnaissable

Une peinture guidée par la nécessité intérieure, dont le contenu est éprouvé par le spectateur

Explication

Pour Kandinsky, la peinture répond à une nécessité intérieure et son contenu correspond à ce que le spectateur éprouve sous l’effet des couleurs et des formes. La priorité au sujet identifiable et la description fidèle mettent l’accent sur le référent, tandis que la surface plane aux couleurs ordonnées reprend la formule de Maurice Denis.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 46 flashcards sur Peinture et représentation du réel.

Comment Étienne Souriau définit-il la représentation dans le Vocabulaire d’esthétique ?

Une présentation qui en double une autre.

Qu’est-ce que la mimèsis en peinture ?

L’imitation de l’apparence du réel par les moyens propres à la peinture.

Dans Ceci n’est pas une pomme (1964), que distingue Magritte de l’objet réel ?

L’image peinte de la pomme.

Voir les flashcards →

Approfondir avec la fiche

Consultez la fiche de révision complète sur Peinture et représentation du réel.

Voir la fiche →

Cours similaires

Crée tes propres QCM

Importe ton cours et l'IA génère des QCM avec corrections en 30 secondes.

Générateur de QCM