Fiche de révision : Peste et choléra

Plan du Cours

  1. Peste bactérienne et formes antiques
  2. Pandémies de Justinien et peste noire
  3. Troisième pandémie et transmission
  4. Diagnostic, traitement et prévention de la peste
  5. Généralités sur le choléra
  6. Pandémies et choléra en France
  7. Les traitements du choléra
  8. Vers l’élimination du choléra
  9. Représentations et exclusion des lépreux
  10. Lèpre : actions et découvertes
  11. Variole : formes et diffusion
  12. Variolisation contre la variole
  13. Résistances et diffusion de l’inoculation
  14. Vaccination sous Napoléon
  15. Vaccins contre le charbon et la rage

Repères chronologiques

  1. 541Une épidémie de peste apparaît dans le port de Péluse, puis atteint Alexandrie.
  2. 542La peste atteint Constantinople, où la létalité est de 50 à 60 %.
  3. 14 février 1349900 juifs sont brûlés vifs à Strasbourg lors d’un pogrom.
  4. 1720Le mur de la peste est édifié pour protéger le Comtat Venaissin de la peste de Marseille.
  5. 25 mai 1720Le Grand Saint Antoine rapporte la peste du Levant à Marseille.
  6. 1855John Snow montre le rôle de l’eau dans la transmission du choléra.
  7. 20 juin 1894Alexandre Yersin isole le bacille de la peste à Hong Kong en l’observant dans les bubons de cadavres de pestiférés.
  8. 1898À Karachi, Paul-Louis Simond démontre que la puce transmet la peste du rat au rat puis du rat à l’humain, conduisant à préconiser dératisation et désinsectisation.
  9. 1925Félix d’Hérelle rapporte la guérison de quatre malades de la peste à Alexandrie par phagothérapie au bactériophage lytique.
  10. 1932Girard et Robic, médecins des troupes coloniales à l’Institut Pasteur de Madagascar, mettent au point le premier vaccin atténué contre la peste et se l’inoculent pour en démontrer l’innocuité.

1. Peste bactérienne et formes antiques

Notions clés & Définitions

  • Peste : Zoonose bactérienne due à Yersinia pestis, un bacille Gram négatif de la famille des entérobactéries.
  • Zoonose : Maladie dont les agents pathogènes, notamment les bactéries, les virus et les parasites, se transmettent de l’animal à l’humain et inversement.
  • Loimos : Loimos en grec et pestis en latin désignent un fléau, une calamité ou une épidémie mortelle.

★ À maîtriser

  • La transmission de la peste passe des rongeurs sauvages contaminés aux rongeurs péridomestiques, puis aux humains, par l’intermédiaire de puces.

  • La peste bubonique commence après une piqûre de puce, avec une incubation de quelques jours, puis un syndrome infectieux sévère avec fièvre et altération de l’état général, une adénopathie au territoire de la piqûre et une suppuration du bubon, avant une évolution vers la septicémie.

Compléments

  • La peste bubonique est mortelle dans 30 à 60 % des cas ou guérit après une longue convalescence.

📌 La dissémination hématogène de la peste bubonique peut conduire à une peste pulmonaire secondaire à une septicémie, tandis que la transmission par voie orale est également associée à la peste pulmonaire.

  • Rufus d’Éphèse (80-150 après J.-C.) a donné la première description évoquant la peste, qu’il caractérisait comme bubonique, souvent mortelle et épidémique. - Rufus d'Ephèse

  • Thucydide décrit une épidémie de 430 à 426 av. J.-C. en Éthiopie, en Égypte, en Libye et en Grèce, avec une létalité de 25 % à Athènes et la mort de Périclès ; elle pourrait avoir été le typhus.

  • La peste antonine, décrite par Galien de 165 à 180, sévit en Mésopotamie, en Égypte et dans l’Empire romain, avec une létalité de 30 à 50 % à Rome et la mort de Lucius Verus ; elle pourrait avoir été la variole.

2. Pandémies de Justinien et peste noire

★ À maîtriser

  • La peste de Justinien se diffuse par voie maritime et connaît environ 20 vagues épidémiques en deux siècles.

  • La peste noire de 1347 à 1351 fait, selon les estimations des recherches actuelles, 52 millions de morts, soit 65 % de la population européenne.

Compléments

  • La peste de Justinien entraîne la disparition d’un tiers à la moitié des populations urbaines et contribue au déclin de l’Empire byzantin.

  • Le terme « peste noire » est apocryphe et date de 1850, tandis que le mot « peste » apparaît au XVe siècle.

  • La peste noire entraîne pendant plusieurs siècles de lourdes conséquences démographiques et socio-économiques, ainsi que la chute des dynasties Yuan en Chine et des empires khmer et byzantin.

  • L’origine supposée de la peste noire est le siège de Caffa commencé en 1343, lorsque l’armée mongole de Djanibeg, de la Horde d’or, assiège pour la première fois ce comptoir génois au sud de la Crimée.

  • Lors du siège de Caffa, une épidémie ravage l’armée mongole, dont les assaillants projettent des cadavres de pestiférés par-dessus les murailles ; l’épidémie se développe chez les Génois, qui abandonnent la ville.

  • La peste noire se propage par voie maritime depuis Caffa vers les ports de :

    • Constantinople
    • Messine
    • Gênes
    • Venise
    • la Grèce
    • l’Égypte
    • la Palestine
    • le Maghreb
  • La peste de Marseille fait 30 000 à 50 000 morts, près de la moitié de la population, et son extension à la Provence et au Gévaudan porte le bilan à 90 000 à 120 000 morts.

  • Le confinement de Marseille dure 27 mois et la cité ne rouvre complètement qu’après quatre ans.

  • La formule « cito, longe, tarde », attribuée à Hippocrate, conseille en temps d’épidémie de fuir le plus tôt et le plus loin possible, puis de revenir le plus tard possible.

  • Les réactions à la peste noire comprennent : les pratiques pénitentielles, les processions de flagellants, la recherche de boucs émissaires sous forme de pogroms

3. Troisième pandémie et transmission

Notions clés & Définitions

  • Réservoir endogé : Conservation de Yersinia pestis plusieurs années dans la terre avant sa transmission aux rongeurs.

★ À maîtriser

  • La troisième pandémie, aussi appelée peste de Chine, de Mandchourie ou de Hong-Kong, apparaît dans la province chinoise du Yunnan.

  • La troisième pandémie fait 12 millions de morts dans le monde, dont plus de la moitié en Inde.

  • Entre 2010 et 2015, la peste humaine a causé 3 248 cas et 584 décès, dont 90 % en Afrique, notamment à Madagascar, en RDC, en Ouganda et en Tanzanie.

  • L’enzootie pesteuse progresse, avec des foyers dans 33 pays et une tendance à l’extension géographique.

Compléments

  • Les principaux foyers de la troisième pandémie sont le Yunnan en 1855, Hong Kong en 1894, Bombay en 1896, Tamatave en 1898, Porto et Alexandrie en 1899, puis San Francisco, Brisbane, Rio de Janeiro et Sydney en 1900.

  • Partie de Chine, la troisième pandémie s’étend à Guangzhou et Hong Kong en 1899, puis se propage par voie maritime à Bombay, Calcutta, Cape Town et San Francisco.

  • Shibasaburo Kitasato, élève de Koch, recherche le microbe dans le sang sans succès.

  • Un sérum antipesteux est préparé sur cheval à l’Institut Pasteur de Paris.

  • À Hong Kong, Yersin isole aussi le bacille dans les cadavres de rats morts de la peste, sans expliquer alors la transmission à l’humain.

  • À Bombay en 1897, Paul-Louis Simond observe que l’épidémie des rats précède celle des habitants et que le contact direct avec un rat mort de la peste peut contaminer l’humain, tandis que des rats morts dans une maison suffisent à la rendre dangereuse durablement.

  • Les puces vectrices entre rongeurs infectés et humains comprennent Xenopsylla cheopis pour le rat et Xenopsylla buxtoni pour le mérion, et sont associées à des cas sporadiques de peste bubonique.

  • La transmission interhumaine de la peste bubonique est d’abord assurée par la puce Pulex irritans, puis secondairement par le pou du corps Pediculus corporis, et entraîne des épidémies.

  • De 1947 à 1963, Marcel Baltazard enquête sur un foyer de peste des hauts plateaux du Kurdistan, où il observe des mérions et des gerbilles semi-résistants, mais pas de rats.

4. Diagnostic, traitement et prévention de la peste

★ À maîtriser

  • Le diagnostic bactériologique classique de la peste repose sur la culture de sang, de crachats ou de liquide d’aspiration bronchique, ou de pus de bubon, sur milieux ordinaires à 28–30 °C pendant 48 heures.

  • Le test rapide d’orientation diagnostique de la peste détecte l’antigène capsulaire F1 par immunochromatographie en 10 minutes.

  • La pénicilline est inefficace contre la peste.

  • Les sulfamides se sont révélés efficaces contre la peste en 1937 lorsqu’ils sont utilisés très précocement, dans les 24 heures suivant les premiers symptômes, pendant 10 jours.

  • Le bilan officiel de l’épidémie de peste en Corse en 1945 est de 13 cas, dont 10 décès.

Compléments

  • La détection du génome de Yersinia pestis par PCR repose sur l’amplification des gènes de virulence.

📌 Un scénario de guerre biologique peut disperser des aérosols pour provoquer une peste pulmonaire ou des puces infectées pour provoquer une peste bubonique.

  • L’Unité 731 de l’armée impériale japonaise, centre de recherche sur les armes bactériologiques actif de 1932 à 1945, a testé le bacille de la peste sur des dizaines de milliers de prisonniers de guerre en 1933-1934 sous la direction de Shiro Ishii, causant plusieurs milliers de morts chinois et russes.

  • Les sérums antipesteux préparés sur cheval par Yersin et Roux à l’Institut Pasteur de Paris ont donné des résultats inconstants.

  • Les antibiotiques mentionnés contre la peste sont les aminosides, dont la streptomycine utilisée depuis 1944 et la gentamicine, ainsi que les fluoroquinolones, les cyclines, le chloramphénicol et le triméthoprime-sulfaméthoxazole pour la forme bubonique.

  • La prophylaxie post-exposition de la peste repose sur la ciprofloxacine ou la doxycycline.

  • La quarantaine des navires contre la peste était pratiquée notamment au lazaret de l’île de Pomègues, dans la rade de Marseille.

  • De 1935 à 1959, près d’un tiers de la population malgache est vacciné contre la peste.

5. Généralités sur le choléra

Notions clés & Définitions

  • Choléra : Infection bactérienne extrêmement contagieuse, strictement adaptée à l’être humain, qui provoque une diarrhée aiguë aqueuse à caractère épidémique après ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par Vibrio cholerae.

★ À maîtriser

  • Sans traitement, la mortalité du choléra peut atteindre 50 %, et une déshydratation grave peut entraîner la mort en quelques heures.

  • Le choléra peut provoquer des vomissements en jets et une diarrhée aqueuse intense pouvant atteindre 15 à 20 litres par jour.

Compléments

  • Le choléra est une maladie à déclaration obligatoire en France et relève du Règlement sanitaire international de 2005, qui invite chaque État à notifier à l’OMS tout événement sur son territoire pouvant constituer une urgence de santé publique de portée internationale.

  • La dose infectieuse du choléra est relativement élevée, autour de 10⁵ bactéries.

  • En l’absence de traitement, plus de 50 % des cas peuvent mourir en quelques heures par collapsus cardiovasculaire.

  • Moins de 10 % des patients présentent un choléra typique avec des signes de déshydratation modérée ou grave.

  • Les signes du choléra comprennent :

    • une déshydratation
    • des diarrhées aqueuses profuses en eau de riz
    • des vomissements
    • un signe du pli
    • une cyanose du visage
    • des yeux excavés
    • des crampes musculaires
    • une léthargie
    • une tachycardie
  • Hippocrate (460-377 av. J.-C.) est associé à l’origine du nom « choléra », qui signifie « écoulement de bile ».

  • La dissémination globale du choléra commence en 1817 et est associée au développement du commerce maritime.

6. Pandémies et choléra en France

★ À maîtriser

  • Les six premières pandémies de choléra se déroulent :

    • en 1817-1823 en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique de l’Est
    • en 1826-1837 sur tous les continents
    • en 1841-1859 avec la propulsion à vapeur des bateaux et des chemins de fer
    • en 1863-1875 avec l’ouverture du canal de Suez en 1869
    • en 1881-1896
    • en 1899-1921 en Asie, au Moyen-Orient et en Europe de l’Est
  • L’épidémie de choléra de 1832 fait environ 100 000 victimes en France, dont 19 000 en six mois à Paris, alors peuplée d’environ 785 000 habitants ; Marseille n’est pas touchée par cette épidémie en 1832.

  • En 1832, les pouvoirs publics répondent au choléra par des mesures de salubrité publique, des conseils d’hygiène individuels et collectifs, la surveillance des déplacements, le confinement, des interdictions et des amendes, ainsi que par des bureaux sanitaires de quartier et des campagnes encourageant les soins à l’hôpital.

  • Les réactions de doute comprennent : la satire politique et sociale des caricaturistes, la minimisation du danger par le monde médical, l’accusation d’intoxication gouvernementale, la plaisanterie de la population face à l’épidémie

  • La peur accentue les inégalités sociales et les accusations mutuelles, nourrit la crainte d’un complot et provoque des accusations d’empoisonnement des puits par le gouvernement.

Compléments

  • En 1884, Robert Koch isole et décrit le bacille du choléra.

  • La mise en évidence du rôle du pèlerinage à La Mecque est associée à la quatrième pandémie de choléra, de 1863 à 1875.

  • Au printemps 1832, le choléra arrive en France depuis l’Angleterre.

  • Les bulletins épidémiologiques publient des décomptes précis des morts et de la surmortalité.

  • La Monarchie de juillet propose de remettre une médaille aux soignants, mais cette proposition suscite un grand mouvement de refus.

  • Lors de l’épidémie de 1832, Casimir Perier, président du Conseil et ministre de l’Intérieur, renforce les contrôles sanitaires, puis meurt du choléra après avoir visité des malades à l’Hôtel-Dieu de Paris.

  • La peur entraîne : le massacre de mendiants soupçonnés de propager la maladie, la fuite hors de Paris avec un marasme économique, le refus des soins hospitaliers, des émeutes et des manifestations contre le corps médical, des processions et une exaltation du sentiment religieux

Astuce mémo

D’abord la plaisanterie, puis la peur

7. Les traitements du choléra

★ À maîtriser

📌 Avant l’établissement de la théorie microbienne, les médecins débattent pour savoir si le choléra relève de la contagion ou de l’infection, tandis que la théorie des miasmes reste présente.

  • Les traitements du choléra sont fondés sur les symptômes cliniques, car sa cause n’est pas connue.

Compléments

  • La déshydratation est traitée par l’hydropathie.

  • La cyanose conduit à réchauffer les patients par des frictions censées faire circuler le sang.

  • La mauvaise circulation sanguine est traitée par des saignées destinées à purifier le sang.

8. Vers l’élimination du choléra

★ À maîtriser

  • En 1854, John Snow démontre le rôle de l’eau dans le choléra à partir de la fontaine de Broad Street, dans le quartier de Soho à Londres.

  • En 1854, Eugène Belgrand crée à Paris un réseau d’égouts, de canalisations et d’approvisionnement en eau propre.

  • Les statistiques de l’épidémie de 1832 révèlent la géographie de la maladie et le lien entre la misère et la mort.

  • En 1854, l’anatomiste italien Filippo Pacini observe et décrit le bacille du choléra en étudiant les intestins de patients morts de la maladie.

  • En 1884, Robert Koch isole Vibrio cholerae à Calcutta, quelques mois après l’échec de l’équipe de Pasteur.

Compléments

  • Le réseau d’égouts parisien passe de 14 km en 1833 à 1214 km en 1911.

  • Le baron Georges-Eugène Haussmann rénove Paris entre 1852 et 1870.

  • Le Dr Louis Villermé reconnaît que le manque d’hygiène et le surpeuplement favorisent la propagation des miasmes.

📌 La loi de 1850 reconnaît le principe d’insalubrité et incite à des mesures d’aménagement, notamment à la démolition de taudis anciens.

  • Filippo Pacini publie « Observations microscopiques et déductions pathologiques sur le choléra asiatique », où il décrit le bacille comme cause de la maladie et démontre son rôle d’agent pathogène.

  • Les travaux de Filippo Pacini ne sont pas reconnus et sont oubliés, car la théorie des miasmes domine alors.

  • En 1883, Pasteur missionne une équipe en Égypte pour tenter d’isoler l’agent du choléra, en concurrence avec Koch.

  • Robert Koch découvre également la tuberculose et reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1905.

Astuce mémo

Assainissement → eau plus propre et évacuation des eaux usées

9. Représentations et exclusion des lépreux

Notions clés & Définitions

  • Rois thaumaturges : Souverains auxquels est attribué un caractère surnaturel et un pouvoir miraculeux, particulièrement en France et en Angleterre.

★ À maîtriser

  • La cérémonie d'exclusion conduisait le lépreux en procession à l'église pour un office des morts, puis au cimetière pour un rite symbolique, et enfin à la léproserie, où on lui lisait les règles et interdits à respecter.

Compléments

  • Dans la Bible, la tsara'ath est présentée comme une marque du courroux divin.

  • Dans le récit biblique, Lazare demande à Jésus de le rendre pur, et le terme « lazarets » est associé à son nom.

  • Le toucher des écrouelles est le plus célèbre des pouvoirs miraculeux prêtés aux rois de France et d'Angleterre.

  • Lors de l'examen d'un suspect de lèpre, on pouvait le saigner et jeter son sang dans une bassine d'eau : si le sang gardait sa couleur vermeille, la personne était déclarée saine ; sinon, elle était déclarée lépreuse.

  • Le juge ecclésiastique rendait la sentence d'exclusion, tandis que les experts rédigeaient un rapport sur les examens pratiqués et leur résultat positif ou négatif.

  • Le lépreux recevait les objets suivants :

    • un chapeau ou une capuche noire
    • une crécelle ou une cliquette
    • un gobelet
    • une panetière
    • une cuillère
    • un baril
    • un couteau

📌 Le lépreux devait agiter sa crécelle ou sa cliquette de jour tous les dix pas et constamment la nuit pour avertir la population de son approche.

Astuce mémo

Le lépreux est exclu par la société ; le roi est crédité d’un pouvoir guérisseur

10. Lèpre : actions et découvertes

★ À maîtriser

  • En 1873, à Bergen en Norvège, Gerhard Armauer Hansen (1841-1912) a mis en évidence Mycobacterium leprae, appelé « bacille de Hansen » ou associé à l'appellation « maladie de Hansen ».

  • La dapsone (4,4'-diaminodiphényl sulfone) et la clofazimine (Lamprène) sont bactériostatiques, tandis que la rifampicine est un antibiotique.

Compléments

  • Émile Marchoux (1862-1943) a démontré l'importance de l'effraction de la peau dans la transmission de la lèpre.

  • Émile Marchoux préconisait d'isoler les malades non contagieux dans des villages spécifiques sous contrôle médical.

  • Mycobacterium leprae présente une proximité avec Mycobacterium tuberculosis.

  • Le tatou à neuf bandes (Dasypus novemcinctus) s'est révélé très sensible expérimentalement à Mycobacterium leprae en 1970.

  • Des lésions de type lépreux ont été observées chez un chimpanzé (Pan troglodytes) en captivité en 1971, et l'infection à Mycobacterium leprae a été confirmée chez des chimpanzés sauvages en Guinée-Bissau et en Côte d'Ivoire.

  • Le thalidomide a été prescrit entre 1950 et 1960 comme sédatif et antinauséeux, notamment chez les femmes enceintes, puis son retrait a commencé en 1961 après la découverte de son effet d'arrêt du développement des membres chez l'embryon.

11. Variole : formes et diffusion

★ À maîtriser

  • La variole est une maladie contagieuse causée par un virus du genre Orthopoxvirus.

  • Les survivants de la variole sont immunisés définitivement.

  • La forme majeure de la variole a une létalité de 15 à 30 %, une incubation de 10 à 12 jours et une éruption centrifuge qui passe par des stades maculo-papuleux, vésiculeux, pustuleux puis cicatriciels.

Compléments

  • La forme sévère hémorragique de la variole, rare, entraîne la mort en cinq à six jours.

  • La forme sévère maligne de la variole se caractérise par la confluence des lésions cutanées et une létalité de 90 %.

  • La forme mineure de la variole, appelée alastrim à la fin du XIXe siècle, avait une létalité inférieure à 1 %.

  • Des cicatrices de variole ont été relevées sur des momies égyptiennes datant de 3000 av. J.-C., tandis que des traces de la maladie sont signalées en Inde vers 1000 av. J.-C. et en Chine en 49 après J.-C.

  • En 910, le médecin perse Abu Bakr Mohammad Ibn Zakaryia al-Razi, dit Rhazes (865-925/35), a différencié cliniquement la rougeole et la variole.

  • Vers 1000, la variole s'était établie sur le littoral méditerranéen, et les croisades ont amplifié sa diffusion.

  • La variole pouvait laisser des séquelles telles qu'un visage grêlé ou la cécité, et elle a causé la mort de plusieurs souverains européens.

12. Variolisation contre la variole

Notions clés & Définitions

  • Variolisation : Inoculation d'une variole bénigne à une personne afin de la protéger contre une forme grave de la maladie.

★ À maîtriser

  • Lady Mary Wortley Montague (1689-1762) a introduit l'inoculation dans l'aristocratie anglaise.

Compléments

  • La variolisation naturelle consistait à mettre une personne en présence de sujets atteints d'une forme bénigne, ou à utiliser des vêtements portés par un malade.

  • En Chine, dès le Xe siècle, la variolisation nasale consistait à sécher et pulvériser des croûtes de pustules, puis à les souffler dans le nez au moyen d'un tube.

  • Après une variolisation nasale, les cas favorables présentaient deux à trois jours de fièvre au bout d'une semaine et quelques boutons, tandis que les cas défavorables pouvaient évoluer vers la variole et une mortalité de 5 %.

  • 🔄 Les étapes de son expérience furent :

    1. Elle contracte la variole en 1717.
    2. Elle découvre la variolisation en 1718 et fait inoculer son fils de six ans.
    3. De retour à Londres en 1721, elle fait inoculer sa fille de trois ans pendant une épidémie.
  • L'intérêt de la famille royale anglaise a conduit à l'inoculation de princesses et d'autres personnes de la haute société.

13. Résistances et diffusion de l’inoculation

★ À maîtriser

  • Le 14 mai 1796, Jenner inocule par voie intradermique la vaccine à James Phipps, âgé de 8 ans, puis le variolise le 1er juillet 1796 ; l’absence d’effet montre que l’enfant est protégé par immunité croisée.

  • En 1804, Michele Troja et Gennaro Galbiati mettent au point la production de vaccine animale en transmettant la vaccine à une génisse, puis en recueillant par grattage le fluide des pustules, appelé « pulpe vaccinale ».

  • Théodore Tronchin introduit l’inoculation dans la France des Lumières en 1756, après l’avoir pratiquée sur son fils en 1748 et favorisée à Genève à partir de 1750.

Compléments

  • La variolisation de bras à bras a un faible rendement et comporte un risque de contamination par la syphilis, appelée alors « grande vérole ».

  • La vaccine animale est plus efficace, constitue une source facile à renouveler et met fin aux cas de contamination ; la méthode se répand dans les années 1860.

  • En 1722, sept condamnés à mort de la prison de Newgate sont variolisés en Angleterre, puis la variolisation est appliquée aux petits Londoniens et aux filles de George Ier, Amélia et Carolina.

  • En 1759, Théodore Tronchin rédige l’article « Inoculation » dans l’Encyclopédie.

  • Les opposants à l’inoculation invoquent la volonté de Dieu, l’aggravation de l’épidémie et la suffisance de la quarantaine.

  • Le Parlement de Paris interdit en 1763 les inoculations urbaines hors d’enceintes spécialement affectées, puis la pratique est jugée admissible en 1768.

  • En 1774, Louis Odier étudie la mortalité à Londres depuis 1661 et démontre les progrès importants liés à la variolisation ; la controverse s’éteint.

14. Vaccination sous Napoléon

★ À maîtriser

  • Le 11 mai 1800, le Comité central de vaccine, présidé par Joseph-Ignace Guillotin, est créé.

  • La variole recule de 75 % depuis 1789 sous le gouvernement napoléonien.

  • Les conditions théoriques d’éradication sont :

    • Absence de réservoir animal
    • Virus génétiquement stable et peu enclin à muter
    • Peu de formes pauci- ou asymptomatiques de la maladie
    • Vaccin stable et facile à administrer en campagne de masse
    • Immunogénicité solide et durable
  • La variole réunit les conditions favorables à l’éradication : son réservoir est strictement humain, son virus à ADN possède un domaine codant les protéines de structure, son éruption typique est facile à repérer et les anticorps neutralisants persistent longtemps.

  • La variole est la seule maladie éradiquée à ce jour, depuis 1977.

  • La révolution pasteurienne repose sur deux concepts fondamentaux : l’immunité post-infectieuse et l’atténuation de la virulence.

  • 🔄 L’observation du choléra des poules se déroule ainsi :

    1. Des cultures de Pasteurella multocida restent non repiquées pendant trois semaines
    2. Des poules reçoivent les souches vieillies
    3. Les poules résistent ensuite à l’inoculation de cultures fraîches

Compléments

  • Le 4 avril 1804, Napoléon fonde la Société pour l’extinction de la petite vérole par la propagation de la vaccine.

  • De mai 1805 à 1813, Guillotin et Parmentier promeuvent la vaccination des civils avec le soutien de l’Église catholique, tandis que Dominique Larrey contribue à la vaccination des soldats de la Grande Armée.

  • Le 11 mai 1811, Napoléon fait vacciner son fils, le Roi de Rome, par Henri Husson.

  • Le nombre annuel de vaccinations passe de 150 000 en 1806 à 750 000 en 1812.

  • Le nombre annuel de décès par variole passe de 50 000 à 80 000 cas à 2 000 cas durant la période napoléonienne.

  • Le lyophilisat Ped-o-jet est abandonné au profit de la multiponcture à l’aiguille bifurquée.

  • Des souches de variole sont conservées dans des laboratoires aux États-Unis et en Russie.

15. Vaccins contre le charbon et la rage

★ À maîtriser

  • 🔄 L’expérience publique de Pouilly-le-Fort suit ce protocole :

    1. 25 moutons A reçoivent deux inoculations de souches atténuées à 12 à 15 jours d’intervalle
    2. 25 moutons B ne reçoivent pas de souches atténuées, avec 10 témoins
    3. Deux semaines plus tard, tous reçoivent une souche virulente
    4. Les 25 moutons A survivent et les 25 moutons B meurent
  • Entre le 6 et le 16 juillet 1885, Joseph Meister, âgé de 9 ans et mordu 14 fois par un chien enragé, reçoit 13 injections de Jacques-Joseph Grancher et survit.

Compléments

  • Davaine observe le bacille du charbon dans le sang de moutons morts en 1850, puis Koch isole Bacillus anthracis en culture en 1876.

  • À Pouilly-le-Fort, Roux et Chamberland atténuent Bacillus anthracis par la chaleur et le bichromate de potassium.

  • Au congrès de Londres de 1881, Pasteur propose le terme « vaccination » en l’honneur de Jenner.

  • Le vaccin contre la rage est préparé à partir de moelles épinières de lapins infectés, puis atténué par dessiccation et courant d’oxygène.

  • La rage déclarée est constamment mortelle, et son virus ne sera identifié qu’en 1931.

  • En septembre 1885, Jean-Baptiste Jupille, âgé de 15 ans et mordu par un chien enragé, est le deuxième vacciné avec succès.

  • Le 13 mars 1886, 19 Russes de Smolensk gravement mordus sont envoyés à Paris ; 15 sont vaccinés avec succès et Alexandre III fait un don de 300 000 francs.

  • Après un an, le bilan est de 10 échecs parmi 1 726 patients traités, soit 0,58 %.

  • Le 1er mars 1886, Pasteur présente ses résultats à l’Académie des sciences et lance une souscription internationale de 2 000 000 francs pour créer un établissement vaccinal contre la rage.

  • Le 14 novembre 1888, l’Institut Pasteur est officiellement inauguré par le président Sadi Carnot.

  • Les jalons du XIXe siècle sont :

    • Variole en 1798
    • Rage en 1885
    • Fièvre typhoïde et choléra en 1896
  • Les jalons vaccinaux du XXe siècle sont :

    • Anatoxine diphtérique en 1923
    • Anatoxine tétanique et coqueluche en 1926
    • BCG en 1927
    • Fièvre jaune en 1935
    • Grippe en 1945
    • Poliomyélite en 1955
    • Rougeole en 1963
    • Oreillons en 1967
    • Rubéole en 1969
    • Infections invasives à pneumocoque par vaccin polysaccharidique en 1977
  • Les jalons vaccinaux du XXIe siècle sont :

    • Infections invasives à pneumocoque par vaccin conjugué en 2000
    • Zona en 2005
    • Infections invasives à méningocoque A, C, Y et W135 par vaccin conjugué en 2005
    • Papillomavirus en 2006–2007
    • Infections invasives à méningocoque B en 2013
    • SARS-CoV-2 en 2020

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Peste et choléra avec 47 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel agent est responsable de la peste, et à quelle catégorie bactérienne appartient-il ?

2. Dans une région où la peste circule, des puces infestent d’abord des rongeurs sauvages contaminés, puis des rongeurs vivant près des habitations. Quel trajet de transmission peut ensuite exposer les humains ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Peste et choléra avec 97 flashcards interactives.

Quelle bactérie cause la peste ?

Yersinia pestis, un bacille Gram négatif de la famille des entérobactéries.

Comment la peste passe-t-elle des rongeurs aux humains ?

Par des puces, des rongeurs sauvages contaminés aux rongeurs péridomestiques, puis aux humains.

Quelle évolution grave peut suivre la peste bubonique ?

Une septicémie.

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