QCM : Petite histoire de la rhétorique (18 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans quel contexte historique la rhétorique est-elle née ?

À la Renaissance, dans les cours princières italiennes
Au Ve siècle av. J.-C., dans les cités démocratiques grecques
Au Moyen Âge, dans les universités chrétiennes européennes
Au IVe siècle apr. J.-C., dans les écoles impériales romaines

Au Ve siècle av. J.-C., dans les cités démocratiques grecques

Explication

La rhétorique apparaît au Ve siècle av. J.-C. dans les cités démocratiques grecques, notamment à Athènes, où les citoyens doivent défendre publiquement leurs avis. La rhétorique scolaire médiévale correspond à une discipline enseignée dans un contexte différent.

2. Quelle conception de la rhétorique distingue les Sophistes d’Isocrate ?

Les Sophistes recherchent la vérité démontrée, tandis qu’Isocrate valorise la victoire obtenue par la parole.
Les Sophistes enseignent une formation morale, tandis qu’Isocrate réduit la rhétorique à des techniques d’influence.
Les Sophistes privilégient l’efficacité du discours, tandis qu’Isocrate l’associe à une éducation morale du citoyen.
Les Sophistes réservent la parole aux tribunaux, tandis qu’Isocrate la destine aux cérémonies publiques.

Les Sophistes privilégient l’efficacité du discours, tandis qu’Isocrate l’associe à une éducation morale du citoyen.

Explication

Les Sophistes, notamment Protagoras et Gorgias, mettent l’accent sur l’efficacité persuasive plutôt que sur la vérité, alors qu’Isocrate relie la rhétorique à la formation complète et à la responsabilité morale du citoyen. L’idée d’une recherche systématique de la vérité ne correspond donc pas à la position des Sophistes.

3. Quelle opposition caractérise les conceptions de Platon et d’Aristote concernant la rhétorique ?

Platon la critique comme une flatterie des passions, tandis qu’Aristote l’étudie comme une science du discours persuasif.
Platon la réserve aux tribunaux, tandis qu’Aristote la considère comme une pratique adaptée aux cérémonies.
Platon la définit comme une science du discours persuasif, tandis qu’Aristote la condamne comme une flatterie des passions.
Platon la rattache à l’éducation civique, tandis qu’Aristote la limite à l’expression des émotions collectives.

Platon la critique comme une flatterie des passions, tandis qu’Aristote l’étudie comme une science du discours persuasif.

Explication

Platon reproche à la rhétorique de flatter les passions au lieu de rechercher le vrai, tandis qu’Aristote l’analyse comme une science du discours persuasif. La conception aristotélicienne ne se réduit donc pas à l’expression émotionnelle.

4. Quelle association entre genre de la parole publique, contexte et temporalité est correcte ?

Le délibératif établit des lois religieuses, le judiciaire conseille l’assemblée et l’épidictique examine les responsabilités juridiques.
Le délibératif juge le passé au tribunal, le judiciaire décide de l’avenir à l’assemblée et l’épidictique expose des preuves scientifiques.
Le délibératif célèbre une personne lors d’une cérémonie, le judiciaire décide de l’avenir et l’épidictique tranche un conflit ancien.
Le délibératif décide de l’avenir à l’assemblée, le judiciaire juge le passé au tribunal et l’épidictique loue ou blâme lors d’une cérémonie.

Le délibératif décide de l’avenir à l’assemblée, le judiciaire juge le passé au tribunal et l’épidictique loue ou blâme lors d’une cérémonie.

Explication

Le genre délibératif porte sur une décision à venir, le genre judiciaire examine des faits passés et le genre épidictique sert à louer ou blâmer dans un cadre cérémoniel. Confondre le délibératif et le judiciaire revient donc à inverser leur rapport au temps.

5. Un orateur cherche à convaincre une assemblée d’adopter une politique pour les années suivantes : quel genre de parole utilise-t-il ?

Le genre judiciaire, car il établit la responsabilité liée à des faits passés
Le genre épidictique, car il célèbre les valeurs de la communauté
Le genre délibératif, car il vise une décision concernant l’avenir
Le genre cérémoniel, car il organise une louange publique officielle

Le genre délibératif, car il vise une décision concernant l’avenir

Explication

Le genre délibératif est pratiqué à l’assemblée pour orienter une décision future. Le genre judiciaire concerne plutôt le jugement du passé, tandis que la louange relève de l’épidictique.

6. Quel élément caractérise principalement le logos dans un discours ?

Un raisonnement structuré par des arguments, des preuves, des exemples et un plan clair
Une présentation de la crédibilité, de la sincérité et de l’autorité de l’orateur
Une mise en scène cérémonielle destinée à louer une personne ou à blâmer un groupe
Une évocation de la peur, de la compassion ou de l’enthousiasme chez l’auditoire

Un raisonnement structuré par des arguments, des preuves, des exemples et un plan clair

Explication

Le logos désigne l’appui logique du discours, construit à partir d’arguments, de preuves, d’exemples et d’une organisation claire. L’appel à la peur ou à la compassion relève plutôt du pathos.

7. Un discours raconte le parcours d’une victime afin de susciter la compassion du public : quel pilier mobilise-t-il principalement ?

L’ethos, parce qu’il établit l’autorité personnelle de l’orateur
Le pathos, parce qu’il agit sur les émotions de l’auditoire
Le logos, parce qu’il organise des preuves dans un raisonnement cohérent
Le délibératif, parce qu’il propose une décision portant sur l’avenir

Le pathos, parce qu’il agit sur les émotions de l’auditoire

Explication

Le pathos correspond à l’appel aux émotions, comme la compassion, la peur ou l’enthousiasme, afin d’émouvoir l’auditoire. Le logos concerne la logique et l’ethos l’image crédible de l’orateur, tandis que le délibératif est un genre de parole publique.

8. Sur quoi repose principalement l’ethos d’un orateur ?

Sur ses arguments, ses preuves et son plan, qui structurent le raisonnement
Sur la peur, la compassion et l’enthousiasme, qui émeuvent l’auditoire
Sur sa crédibilité, sa sincérité et son autorité, qui inspirent confiance
Sur la décision collective recherchée dans une assemblée tournée vers l’avenir

Sur sa crédibilité, sa sincérité et son autorité, qui inspirent confiance

Explication

L’ethos désigne l’image de l’orateur et la confiance qu’il inspire grâce à sa crédibilité, sa sincérité et son autorité. Les arguments et les preuves relèvent du logos, tandis que les émotions appartiennent au pathos.

9. Quelle étape du travail rhétorique consiste à organiser les idées et les arguments dans un ordre cohérent ?

L’actio
La dispositio
L’inventio
L’elocutio

La dispositio

Explication

La dispositio ordonne les idées et les arguments afin de structurer le discours. L’elocutio concerne plutôt le choix des mots et des figures, ce qui constitue une confusion fréquente.

10. Dans le plan classique du discours, quelle partie répond aux objections de l’adversaire ?

La péroraison
La narration
La confirmation
La réfutation

La réfutation

Explication

La réfutation est consacrée aux réponses apportées aux objections ou aux arguments adverses. La confirmation vise quant à elle à établir la thèse au moyen de preuves.

11. À quelle période et dans quel espace la rhétorique prend-elle naissance avec les Sophistes, Platon et Aristote ?

Au XVIIIe siècle, en France
Au Moyen Âge, dans les monastères
Au Ve siècle av. J.-C., en Grèce
Au Ier siècle apr. J.-C., à Rome

Au Ve siècle av. J.-C., en Grèce

Explication

La naissance de la rhétorique est située au Ve siècle avant Jésus-Christ en Grèce, avec les Sophistes, Platon et Aristote. Rome et le Moyen Âge correspondent à des étapes ultérieures de son évolution.

12. Quelle opposition caractérise le rôle de la rhétorique à Rome et au Moyen Âge ?

Rome l’associe à la poésie, tandis que le Moyen Âge la limite aux échanges commerciaux.
Rome la réserve au théâtre, tandis que le Moyen Âge la consacre aux débats militaires.
Rome la rattache aux monastères, tandis que le Moyen Âge la met au service de la République.
Rome la lie à la vie civique, tandis que le Moyen Âge l’intègre à l’enseignement et à la prédication.

Rome la lie à la vie civique, tandis que le Moyen Âge l’intègre à l’enseignement et à la prédication.

Explication

À Rome, la rhétorique forme un citoyen cultivé engagé dans la vie publique et au service de la République. Au Moyen Âge, elle devient une discipline scolaire du trivium, liée notamment à la prédication chrétienne et au raisonnement scolastique.

13. Quelle conception de l’orateur Quintilien défend-il dans l’Institutio oratoire ?

Un technicien habile qui évite les engagements moraux
Un homme de bien qui parle bien
Un écrivain savant qui maîtrise les figures sans agir sur son auditoire
Un débatteur public qui privilégie la victoire sur la vérité

Un homme de bien qui parle bien

Explication

Quintilien subordonne la maîtrise technique de l’éloquence à la valeur morale de l’orateur, défini comme un homme de bien qui parle bien. Cette conception distingue l’éloquence véritable d’une simple habileté persuasive détachée de l’éthique.

14. Comment les procédés rhétoriques antiques se manifestent-ils dans les pratiques numériques actuelles ?

Ils restent réservés aux discours longs prononcés devant des assemblées publiques.
Ils sont remplacés par des échanges dépourvus de logos, de pathos et d’ethos.
Ils sont adaptés aux formats courts des médias, de la publicité et des réseaux sociaux.
Ils s’appliquent principalement aux textes scolaires et aux traités philosophiques.

Ils sont adaptés aux formats courts des médias, de la publicité et des réseaux sociaux.

Explication

Les discours politiques, les médias, la publicité et les réseaux sociaux reprennent les mécanismes antiques en les comprimant dans des formats courts. La rhétorique numérique ne les abandonne donc pas : elle les adapte à de nouveaux supports et à de nouvelles contraintes.

15. Quel procédé caractérise principalement le slogan « Just do it » ?

La répétition rythmée d’une formule destinée à émouvoir une foule
La présentation détaillée de preuves destinées à démontrer une proposition
L’association d’une peur collective avec une évidence logique
L’emploi d’un impératif bref qui incite directement à agir

L’emploi d’un impératif bref qui incite directement à agir

Explication

« Just do it » repose sur un impératif et sur une formulation très brève, ce qui produit une incitation directe à l’action. L’association entre peur et évidence logique caractérise plutôt le slogan « Il n’y a pas de planète B ».

16. Quelle distinction décrit correctement la différence entre convaincre et persuader ?

Convaincre cherche à provoquer une réaction affective, tandis que persuader cherche à démontrer une proposition.
Convaincre mobilise l’émotion et l’image de soi, tandis que persuader mobilise la raison et les preuves.
Convaincre mobilise la raison et les preuves, tandis que persuader mobilise l’émotion et l’image de soi.
Convaincre repose sur l’autorité de l’orateur, tandis que persuader repose sur la vérification des faits.

Convaincre mobilise la raison et les preuves, tandis que persuader mobilise l’émotion et l’image de soi.

Explication

Convaincre vise l’adhésion au moyen d’arguments rationnels et de preuves, alors que persuader s’adresse davantage aux émotions et à l’image que l’on a de soi. La confusion fréquente consiste à inverser ces deux démarches.

17. Quelle critique associe correctement chacun des trois penseurs à sa réflexion sur la rhétorique ?

Platon défend la flatterie des passions, Rousseau valorise l’authenticité, et Diderot rejette toute forme de persuasion.
Platon dénonce la flatterie des passions, Rousseau l’artifice, et Diderot questionne l’authenticité d’une émotion jouée.
Platon dénonce l’artifice, Rousseau questionne l’émotion jouée, et Diderot critique la recherche de la vérité.
Platon questionne l’émotion jouée, Rousseau dénonce la flatterie des passions, et Diderot défend l’artifice oratoire.

Platon dénonce la flatterie des passions, Rousseau l’artifice, et Diderot questionne l’authenticité d’une émotion jouée.

Explication

Platon reproche à la rhétorique de flatter les passions, Rousseau l’accuse d’artifice, et Diderot examine la sincérité d’une émotion jouée par l’orateur. Il ne faut donc pas attribuer à Platon l’interrogation spécifiquement portée sur l’émotion feinte.

18. Lorsqu’on évalue un discours rhétorique, quelle question critique faut-il principalement poser ?

Le discours présente-t-il une émotion forte ou développe-t-il une démonstration particulièrement longue ?
Le discours emploie-t-il un vocabulaire technique ou s’adresse-t-il à un public spécialisé ?
Le discours défend-il une opinion populaire ou adopte-t-il une position soutenue par les institutions ?
Le discours éclaire-t-il par la vérité ou cherche-t-il à influencer par la séduction ?

Le discours éclaire-t-il par la vérité ou cherche-t-il à influencer par la séduction ?

Explication

L’enjeu critique central consiste à distinguer un discours qui rend le vrai plus clair d’un discours qui vise surtout l’influence par la séduction. La longueur, le registre de vocabulaire ou la popularité d’une opinion ne permettent pas à eux seuls de trancher cette question.

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À quelle époque et où naît la rhétorique grecque ?

Au Ve siècle av. J.-C. dans les cités démocratiques grecques.

Quel est le point commun des Sophistes Protagoras et Gorgias sur le discours ?

Ils privilégient l’efficacité du discours sur la vérité.

Comment Isocrate conçoit-il la rhétorique ?

Comme une éducation complète du citoyen liée à une responsabilité morale.

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