★ À maîtriser
📌 Dans Ancient Voyagers in Polynesia (1957), Andrew Sharp défend l’hypothèse de découvertes accidentelles, en s’appuyant sur le récit de Cook d’une dérive de Tahitiens jusqu’à Atiu, aux îles Cook.
📌 L’expédition Kon-Tiki est réfutée comme explication de l’origine sud-américaine des Polynésiens, mais constitue une première expérimentation maritime et soutient l’hypothèse de transferts de l’Amérique du Sud vers la Polynésie, notamment de la patate douce.
Compléments
La rencontre entre James Cook et les Hawaïens a lieu en 1779 et nourrit la remise en question occidentale des techniques de navigation autochtones.
L’expédition Kon-Tiki de Thor Heyerdahl relie Callao, au Pérou, à Raroia, dans les Tuamotu, en 1947 sur un radeau de balsa et de bambou.
Dérive accidentelle chez Sharp, expérimentation maritime chez ses critiques.
★ À maîtriser
Les récits occidentaux, les témoignages et les iconographies documentent les formes, caractéristiques, tailles et matériaux des anciennes pirogues.
Les vestiges de pirogues sont rares parce que le bois est périssable, mais des fragments ont été préservés dans les zones humides de Huahine, de Nouvelle-Zélande et d’Hawaï.
Compléments
L’amiral Pâris (1806-1893), officier de la marine française, membre de l’Académie des sciences et directeur du musée maritime du Trocadéro, publie Essai sur la construction navale des peuples extra-européens en 1843.
Les modèles ethnographiques de pirogues sont des maquettes réduites conçues pour être exactes.
Les pirogues de loisirs et de pêche ont continué à être construites par la population jusque dans les années 1920, tandis que les grandes pirogues avaient cessé d’être construites un peu plus tôt.
Une portion de pirogue datant d’environ 1400 a été découverte à Anaweka, en Nouvelle-Zélande, en 2012 et étudiée en 2014 par Johns ; elle porte une gravure de tortue interprétée comme un tapa’o protecteur.
Le bois se dégrade → les vestiges sont rares, sauf en milieu humide.
★ À maîtriser
📌 Les pirogues à balancier, appelées va’a ou vaka, ont une proue projetée vers l’avant, une coque en U sans membrures et un ou deux balanciers.
📌 Les pahi ont deux coques en V avec membrures, des proues et poupes projetées et symétriques, ainsi qu’une plateforme centrale pouvant abriter l’équipage.
Compléments
Les petites pirogues à balancier peuvent être creusées dans une seule pièce de bois, tandis que les coques plus grandes sont assemblées avec des planches cousues.
Les va’a à balancier ont généralement un seul mât, des dimensions modestes et servent à des trajets courts ainsi qu’à la pêche dans le lagon ou au large proche.
Les pahi ont généralement deux mâts, mesurent 15 à 25 m et peuvent atteindre 30 m selon Cook.
À Tonga, des pahi pouvaient transporter 30 à 100 personnes et mesurer environ 20 à 30 m.
Le va’a privilégie une coque et un balancier ; le pahi associe deux coques et une plateforme.
Les pirogues cérémonielles reliaient les îles et transportaient notamment des tahu’a ou des Arioi lors de déplacements rituels entre marae.
Les échanges entre îles isolées et les conditions des atolls bas, notamment les bancs de sable et les coraux, ont conduit les Pa’umotu à adapter leurs pirogues, notamment en construisant des modèles larges.
Sur les atolls bas, certains abris sont surélevés entre les deux balanciers afin d’éviter de toucher les coraux.
La wakataua maorie est une pirogue de guerre néo-zélandaise basse et longue, dotée de nombreux rameurs et richement décorée et sculptée.
La va’a tira de Maupiti est une pirogue spécialisée dans la pêche au thon.
À Mangareva, où les sols pauvres et le manque de bois limitaient les va’a, des radeaux de roseaux étaient utilisés ; dans la vallée de Papenoo, de grands radeaux servaient aux déplacements aller-retour sur la rivière, notamment pendant les récoltes.
★ À maîtriser
La construction d’une pirogue polynésienne est un travail sacré encadré par un tahu’a va’a, spécialiste des choix du bois, des outils, des fibres et des ligatures.
🔄 La coque en planches cousues est assemblée en plusieurs étapes :
Compléments
À Tahiti, les fare va’a sont de grands hangars destinés aux pirogues.
Les traverses et les balanciers étaient ligaturés, et les femmes préparaient des voiles tressées en pandanus.
Les grandes pirogues de voyage pouvaient comporter un foyer sous un abri central pour chauffer et préparer les aliments, manger et conserver la chaleur la nuit.
Les ancres en pierre ou en corail comportent un trou permettant d’attacher une corde et d’amarrer la pirogue sans dériver.
Des figures de proue en tiki, placées aux extrémités de la proue et munies d’une projection de bois derrière elles, étaient associées à la protection des dieux et des ancêtres.
Planches percées → cousues et étanchéifiées → finies et gréées.
★ À maîtriser
La navigation hauturière doit résoudre trois problèmes :
Le maître navigateur évalue constamment la dérive due au vent, à la houle et aux courants afin de la compenser et de garder le cap.
La présence d’une île peut être signalée par plusieurs indices :
Compléments
Les cartes de navigation micronésiennes, ou stick charts, sont construites avec des baguettes auxquelles sont attachés des cailloux, des coquillages ou du corail pour représenter des îles et des motu.
Comme les étoiles se déplacent au cours de la nuit, le navigateur en choisit une autre tout en maintenant la même direction ; cette série de guides est appelée arei’a.
Les rua sont des empreintes virtuelles des chemins d’étoiles, larges d’environ 350 à 450 km et situées à une latitude proche ; ces travaux sont associés à J.-C. Teriierooiterai.
Les navigateurs connaissent les vents et courants régionaux, leurs variations et leurs inversions pendant les périodes El Niño.
Fixer le cap → compenser la dérive → repérer et approcher l’île.
★ À maîtriser
Compléments
La navigation traditionnelle est revitalisée par les courses de va’a à Tahiti, les expérimentations maritimes et le développement d’écoles de navigation traditionnelle.
O Tahiti Nui Freedom relie Tahiti à la Chine en 2010, tandis que Faafaite relie Tahiti à Hawaï en 2010.
Va’a à balancier et pahi
| Caractéristique | Va’a à balancier | Pahi |
|---|---|---|
| Coque | Une coque en U, sans membrures | Deux coques en V avec membrures |
| Configuration | Un ou deux balanciers | Plateforme centrale avec abri |
| Mâts | Généralement un | Généralement deux |
| Usage et taille | Dimensions modestes, trajets courts et pêche | 15 à 25 m généralement ; voyages, guerre et cérémonies |
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1. Quelle explication Andrew Sharp défend-il dans son ouvrage de 1957 pour rendre compte de la découverte des îles polynésiennes ?
2. Une équipe étudie des simulations informatiques et mène des essais en mer pour vérifier si les îles polynésiennes pouvaient être atteintes par des voyages planifiés. Quelle conclusion ces démarches contribuent-elles à remettre en question ?
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Quelle hypothèse Andrew Sharp défend-il dans *Ancient Voyagers in Polynesia* (1957) ?
L’hypothèse de découvertes accidentelles.
Que documentent les récits occidentaux, les témoignages et les iconographies sur les anciennes pirogues ?
Leurs formes, caractéristiques, tailles et matériaux.
En quelle année James Cook rencontre-t-il les Hawaïens ?
En 1779.
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