Fiche de révision : Peuplement de la Polynésie orientale

Plan du Cours

  1. Arrêt des migrations Lapita
  2. Origines et société ancestrale
  3. Reprise des migrations polynésiennes
  4. Modèles de colonisation orientale
  5. Datations des archipels centraux
  6. Colonisation des archipels marginaux
  7. Contact polynésien sud-américain
  8. Peuplement de Aotearoa
  9. Enclaves polynésiennes occidentales
  10. Méthodes et synthèse du peuplement

1. Arrêt des migrations Lapita

★ À maîtriser

📌 Les migrations Lapita s’arrêtent en Polynésie occidentale, où l’adaptation aux ressources locales réduit progressivement les déplacements et les échanges entre îles.

  • La pirogue à balancier Lapita n’est pas conçue pour les très longues distances, alors que les îles orientales sont éloignées et isolées.

Compléments

  • À Samoa, les groupes Lapita doivent travailler le basalte, une roche différente de celles auxquelles ils étaient habitués.

  • Les raisons proposées pour l’arrêt des migrations Lapita — adaptation locale, difficulté à travailler de nouvelles roches et croyance qu’il n’y avait plus d’îles à découvrir — restent des hypothèses.

Astuce mémo

Adaptation locale → échanges réduits → traits culturels régionaux

2. Origines et société ancestrale

Notions clés & Définitions

  • Lapita-Only Model : R.Green, 1967 - Émergence in situ d’une culture proprement polynésienne après la période Lapita.

★ À maîtriser

  • R. Green propose en 1967 que Tonga-Samoa soit le berceau polynésien et nomme Hawaiki la terre d’origine évoquée par les traditions. - R.Green

  • Entre 500 av. n.è. et 900-1000 n.è., la Polynésie occidentale connaît une longue pause migratoire et la lente formation de la Société Polynésienne Ancestrale.

  • La Société Polynésienne Ancestrale voit se développer les langues polynésiennes ainsi que des innovations socio-politiques et religieuses qui fondent les cultures polynésiennes.

  • Les notions sociales et rituelles comprennent :

    • kainanga : groupe de descendants, base des clans
    • qariki : leader séculaire et rituel du groupe
    • mana : pouvoir ou force surnaturelle
    • tapu : restriction rituelle

Compléments

  • En 1961, lors du 10th Pacific Science Congress, R. Green et J. Davidson conduisent des fouilles en Polynésie occidentale et mettent au jour de nouvelles séquences archéologiques. - Polynesian Culture History Program

  • La reconstruction combine : (Kirsch and Green) : l’archéologie, l’anthropologie biologique, l’anthropologie culturelle, la linguistique historique, notamment les termes proto-polynésiens de la base POLLEX

  • La reconstruction linguistique relève l’apparition de 1 300 à 1 500 nouveaux mots, interprétés comme le reflet de développements et d’innovations culturels.

  • Les cérémonies de la Société Polynésienne Ancestrale se déroulent sur un site ouvert appelé malaqe, précurseur du complexe marae ultérieur.

3. Reprise des migrations polynésiennes

★ À maîtriser

  • À la fin de la longue pause migratoire, les Polynésiens développent les pahi, de grandes pirogues doubles qui rendent possibles des voyages plus longs.

  • La diffusion de la culture polynésienne dans toute la Polynésie orientale suit cette reprise des migrations.

Compléments

  • La reprise des migrations vers l’Est est associée à des hypothèses de pression démographique, de manque de nourriture et de changements environnementaux tels que sécheresse et famine.

Astuce mémo

Pause à l’Ouest → pahi → grandes migrations vers l’Est

4. Modèles de colonisation orientale

★ À maîtriser

📌 Le modèle discontinu, associé à Emory et Sinoto, propose que certains groupes d’îles soient peuplés avant une dispersion vers d’autres archipels, tandis que le modèle continu est associé à Kirch.

  • Emory et Sinoto reprennent le modèle discontinu en transférant le berceau de Raiatea aux Marquises, conçues comme centre de dispersion dans le triangle polynésien.

Compléments

  • P. Buck fonde l’idée d’un berceau à Raiatea sur les traditions orales et les généalogies ; cette représentation est décrite comme une construction mythique récente par Saura. - P.Buck Te Rangi Hiroa

  • R. C. Suggs mène à Nuku Hiva, aux Marquises, les premières fouilles stratigraphiques et datations radiocarbone de Polynésie française entre 1956 et 1958. - R.C. Suggs, 1956-1958

  • Les premières datations de Ha’atuatua indiquent une couche ancienne située à 150 av. n.è., ce qui contribue à considérer les Marquises comme les premières îles peuplées.

  • Les datations de Sinoto aux Marquises conduisent à proposer un peuplement des îles entre 300 et 600 apr. J.-C. - Y. Sinoto

  • La découverte d’artefacts similaires à Maupiti, Huahine et aux Marquises conduit à envisager une diffusion progressive entre ces régions, puis vers la Nouvelle-Zélande.

Astuce mémo

Sinoto disperse depuis les Marquises ; Kirch propose un modèle continu

5. Datations des archipels centraux

★ À maîtriser

  • Les nouvelles fouilles de Hane, à Ua Huka, situent la première installation entre 1150 et 1200 apr. J.-C. - Molle and Conte, 2014

  • Les nouvelles datations de Motu Paeao, à Maupiti, situent son occupation entre les XIIIe et XVe siècles et excluent son interprétation comme site de premier peuplement. - Anderson et Conte, 1999

  • Le site GS-1 à Paopao, sur Moorea, est daté de 1031 à 1210 apr. J.-C. et atteste une présence polynésienne aux XIe-XIIe siècles. - Kahn et Kirsch, 2000

  • Les plus anciennes traces anthropiques de l’île de Taravai, aux Gambier, sont datées de 950 à 1000 apr. J.-C. - Kirch, Conte, Molle, 2000 - 2010

Compléments

  • À Hane, la construction de maisons en bois et en pierre est interprétée comme un signe d’installation permanente.

  • Les nouvelles datations de Fa’ahia, à Huahine, indiquent une occupation entre les XIIe et XVe siècles, avec des patu en os de baleine. - Anderson et Conte, 2007

  • À Kitchen Cave, sur l’île de Kamaka, des installations pérennes sont attestées au XIIe siècle. - Kirch P., G. Molle, W. Sharp, E. Niespolo, 2021

  • Le site côtier d’Atiahara, à Tubuai, présente une séquence d’occupation en trois niveaux principaux datée de 1215 à 1390 apr. J.-C. - Hemann, 2015

6. Colonisation des archipels marginaux

★ À maîtriser

  • Les fouilles de Rapa Nui indiquent que les plus anciennes traces d’occupation humaine remontent environ à 1100-1200 apr. J.-C.

Compléments

  • À Hawaii, les traditions orales rapportent des voyages aller-retour depuis les Marquises et Tahiti, associés aux navigateurs Pa’ao, Kila et La’a-mai-Kahiki aux XIIe-XIIIe siècles.

  • Les artefacts du site Pu’ali’i, à South Point sur l’île d’Hawaii, datés de 1120 à 1280 apr. J.-C., sont considérés comme d’origine marquisienne par Emory et Sinoto. - K.P. Emory et Y. Sinoto

  • La tradition orale de Rapa Nui raconte que le roi Hotu Matua et sa flotte de pirogues arrivent de l’Ouest, peut-être de Mangareva, et débarquent à Anakena.

  • Les fouilles de Halava, à Molokai, attestent vers 1200 apr. J.-C. un four et une trace de maison de type fare pote’e.

7. Contact polynésien sud-américain

★ À maîtriser

  • Les arguments avancés comprennent : la présence de patate douce et de gourde en Polynésie, l’hypothèse de poulets polynésiens au Chili, des simulations informatiques de voyages, des comparaisons morphométriques des populations, des études génétiques des populations

  • La patate douce, kūmara (Ipomoea batatas), est le seul marqueur actuel retenu dans le cours pour le contact sud-américain.

  • Les datations des traces sont :

    • XIIIe-XIVe siècle à Nuku Hiva
    • 1290-1430 à Hawaii
    • 1430-1460 en Nouvelle-Zélande
    • 1448-1616 à Mangaia
    • 1510-1650 à Rapa Nui
  • Des travaux récents attestent une faible contribution amérindienne au génome polynésien.

Compléments

  • L’identification d’un ancien poulet polynésien au Chili est écartée : l’animal étudié est identifié comme un tinamou, et non comme un poulet. - Buhring et al., 2024

  • Les analyses génétiques de Roullier et al. (2013) proposent une origine de la patate douce en Équateur ou au nord du Pérou.

8. Peuplement de Aotearoa

★ À maîtriser

  • Une datation fiable d’un fragment d’os de moa du site de Wairau Bar situe sa présence entre 1288 et 1300 apr. J.-C. - Walter et al., 2009-2010

  • Les synthèses de peuplement situent l’installation dans les îles du Nord de Nouvelle-Zélande vers 1250-1275 apr. J.-C. et dans les îles du Sud vers 1280-1295 apr. J.-C. - Bunbury, 2022

  • Les migrations polynésiennes peuplent rapidement une vaste région du Pacifique oriental entre 1100 et 1300 apr. J.-C. grâce aux grandes pirogues doubles.

Compléments

  • La tradition orale maorie raconte que Kupe, navigateur originaire de Hawaiki-Raiatea, découvre accidentellement Aotearoa, retourne à Raiatea, puis qu’une flotte de sept pirogues part à l’origine des grandes tribus maories.

  • La culture matérielle ancienne de Wairau Bar ressemble fortement à celle de la Polynésie centre-orientale, notamment des îles de la Société et des Australes.

  • Les Polynésiens s’installent aussi dans des régions extrêmes autour de la Nouvelle-Zélande, avec une occupation d’Enderby Island datée de 1250 à 1320 et de Norfolk Island vers 1300 apr. J.-C.

9. Enclaves polynésiennes occidentales

★ À maîtriser

  • Les outliers polynésiens regroupent 18 sociétés situées en Mélanésie et en Micronésie, reconnues comme polynésiennes par leurs langues, leur culture matérielle et leurs caractéristiques socio-religieuses.

Compléments

  • Le peuplement des outliers est complexe et reflète des influences culturelles successives, ainsi que des mélanges ou remplacements de populations locales par des groupes polynésiens.

  • À Tikopia, un peuplement Lapita est attesté au Ier millénaire av. n.è., puis des changements vers 100 av. n.è. incluent l’importation de poteries du Vanuatu.

  • À Tikopia, les échanges céramiques prennent fin vers 1200 apr. J.-C., tandis que l’influence polynésienne sur la culture locale se poursuit entre 1200 et 1800 apr. J.-C. - Sir R. Firth / P.V. Kirch

  • À Tikopia, le marae reste en activité et le culte des ancêtres est pratiqué.

10. Méthodes et synthèse du peuplement

★ À maîtriser

  • L’isolement et l’installation de groupes insulaires favorisent la diversification des langues et des cultures polynésiennes.

  • L’approche mobilise :

    • l’archéologie
    • la linguistique
    • l’anthropologie
    • les traditions orales
    • la génétique

Compléments

  • Les migrations vers l’Est repartent de la Polynésie occidentale, puis atteignent les archipels orientaux et marginaux, tandis que des mouvements vers l’Ouest sont signalés entre 1200 et 1500 apr. J.-C.

Tableaux de synthèse

Modèles de colonisation orientale

ModèlePropositionRéférence
DiscontinuDes groupes d’îles sont peuplés avant la dispersionEmory et Sinoto
ContinuModèle de peuplement continuKirch

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Peuplement de la Polynésie orientale avec 27 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Après plusieurs générations sur des îles de Polynésie occidentale, un groupe Lapita maîtrise mieux les ressources locales et réduit ses échanges avec les îles voisines. Quelle évolution cette situation illustre-t-elle ?

2. Un groupe Lapita disposant d’une pirogue à balancier envisage de rejoindre des îles orientales très éloignées et isolées. Quel obstacle lié à son embarcation rend cette migration difficile ?

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Mémorisez les concepts clés de Peuplement de la Polynésie orientale avec 73 flashcards interactives.

Où les migrations Lapita s’arrêtent-elles ?

En Polynésie occidentale.

Qu’est-ce qui réduit les déplacements et les échanges entre les îles en Polynésie occidentale ?

L’adaptation aux ressources locales.

Pour quelles distances la pirogue à balancier Lapita n’est-elle pas conçue ?

Les très longues distances.

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