★ À maîtriser
📌 Le signifiant est la face matérielle du mot, faite de sons et de lettres, tandis que le signifié est sa face immatérielle, porteuse du sens.
Compléments
Stéphane Mallarmé juge que les mots sont mal assortis à leurs référents et illustre ce décalage en opposant le timbre clair de « nuit » au timbre sombre de « jour ».
Baudelaire compare le maniement savant d’une langue à une « espèce de sorcellerie évocatoire », capable de créer un monde.
Le mot « poésie » vient du grec poiein, qui signifie « faire, créer ».
Le mot courant désigne ; le mot poétique rapproche forme et sens.
★ À maîtriser
À propos du sonnet, Baudelaire écrit que « parce que la forme est contraignante, l’idée jaillit plus intense ».
La brièveté des formes et le moule métrique conduisent la poésie à privilégier l’intensité plutôt que la longueur, notamment grâce à la métonymie.
Les figures d’analogie privilégiées sont :
Compléments
Dans l’expression « la pâle mort », la métonymie désigne la mort qui rend pâle.
Les mots placés à la rime sont mis en relation, et leur rapprochement peut créer du sens, comme « tyrannique » et « république » chez La Fontaine.
Les anaphores, les parallélismes et les chiasmes mettent des éléments en relief, et la césure de l’alexandrin peut renforcer une antithèse.
La contrainte formelle → l’idée jaillit plus intense.
★ À maîtriser
Compléments
Après les échecs des révolutions de 1830 et de 1848, certains romantiques se replient sur le « je » et ses souffrances, tandis que Victor Hugo prolonge son action politique dans Les Châtiments, paru en 1852.
Charles Baudelaire explore le symbole dans « Correspondances », tandis que Stéphane Mallarmé s’engage dans une poésie plus hermétique.
Le symbolisme recherche les harmonies musicales, notamment chez Paul Verlaine, et un langage inédit qui peut laisser le « je » s’effacer, comme chez Arthur Rimbaud.
★ À maîtriser
Les poètes du XIXe siècle reprennent l’ode et la ballade médiévales, s’inspirent de la chanson et retravaillent aussi le sonnet.
Victor Hugo prône la libération du vers en rompant la cadence régulière de l’alexandrin par le trimètre romantique et les enjambements.
Aloysius Bertrand innove avec Gaspard de la nuit, poème en prose paru en 1842, puis Baudelaire et Rimbaud explorent également cette forme.
Compléments
Le vers classique se libère : Hugo bouscule l’alexandrin, puis le poème en prose s’impose.
★ À maîtriser
Guillaume Apollinaire et Blaise Cendrars conservent les thèmes lyriques tout en introduisant la ville et le quotidien prosaïque dans la poésie nouvelle.
L’esprit nouveau expérimente l’absence de ponctuation, le vers libre et le calligramme, sous l’influence notamment des transformations de la peinture et du cubisme.
Le surréalisme prend le rêve pour modèle d’écriture, avec l’association d’idées, les images et les contradictions, et conçoit l’acte poétique comme révolutionnaire.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, des poètes s’engagent dans la Résistance ; « L’honneur des poètes », anthologie publiée clandestinement en 1943, célèbre la résistance par les mots.
Compléments
Pour Apollinaire, la surprise est le « ressort de la poésie nouvelle ».
Dans la poésie de la première moitié du XXe siècle, Paul Claudel adopte le verset, tandis que Jacques Prévert emploie dans Paroles, paru en 1945, un ton léger et une langue populaire proche de la chanson.
★ À maîtriser
Compléments
Cent mille milliards de poèmes de Raymond Queneau rassemble 12 sonnets dont les 14 vers découpés peuvent se combiner entre eux.
Les poètes contemporains développent des poèmes graphiques, suppriment parfois la ponctuation et jouent à confondre prose et poésie, notamment par le poème en prose.
Henri Michaux mêle écriture et dessin sous l’influence de la mescaline, tandis que Bernard Noël associe expérience intérieure, expérience du corps et prise de position politique dans une écriture sans lyrisme.
La forme fixe règle vers et strophes ; la forme libre s’affranchit de ces contraintes.
★ À maîtriser
Les mètres et strophes fréquents sont :
La ballade comprend trois strophes et un envoi d’une demi-strophe, l’ode est un poème lyrique chanté à l’origine qui alterne trois strophes, et le sonnet comprend deux quatrains et deux tercets.
À partir du milieu du XIXe siècle, le poème en prose joue sur les sonorités, les rythmes et les images sans contraintes de vers, tandis que le calligramme dispose les lettres pour représenter son sujet sur la page.
Les schémas de rimes sont :
L’allitération répète des sons consonantiques ailleurs qu’à la rime, tandis que l’assonance répète des sons vocaliques.
La césure est la coupe principale du vers et, dans l’alexandrin, la coupe 6//6 est dite à l’hémistiche ; les coupes sont des rythmes secondaires.
L’enjambement fait courir la phrase sur deux vers, le rejet place dans le vers suivant une partie du groupe syntaxique, et le contre-rejet place cette partie brève à la fin du vers avant la suite au vers suivant.
Compléments
📌 Le e caduc ne se prononce ni en fin de vers ni devant une voyelle, mais se prononce et se compte devant une consonne ou un h aspiré.
📌 La synérèse prononce certains sons en une seule syllabe, tandis que la diérèse les prononce en deux syllabes.
★ À maîtriser
L’analyse d’un poème commence par l’identification de sa forme, cerne ensuite le propos du poète et s’affine enfin par l’étude de la musicalité, des images et des jeux de langage.
L’analyse formelle examine la disposition sur la page, les strophes et la forme fixe, les rimes, le mètre, les césures et les enjambements, en les reliant au sens et aux mouvements littéraires.
La poésie peut être lyrique, élégiaque lorsqu’elle exprime le malheur, épique, didactique, satirique ou burlesque ; elle est engagée lorsqu’elle défend une cause ou une opinion, participe à un débat ou incite à l’action.
Les images poétiques, les connotations et la polysémie des mots peuvent multiplier les sens du poème et faire percevoir une atmosphère.
Compléments
Dans un sonnet, les quatrains ont souvent un contenu plus abstrait que les tercets, qui jouent un rôle illustratif, et le dernier vers peut donner la clé du poème.
L’étude du propos repère l’énonciation, le destinataire, les repères temporels et spatiaux, ainsi que les thèmes, sans supposer qu’un thème soit interdit à la poésie.
L’analyse de la musicalité examine les échos entre les mots à la rime, les allitérations et les assonances, ainsi que les rimes internes et les alexandrins cachés dans les poèmes en prose.
Repérer la forme, cerner le propos, puis affiner la lecture.
Mouvements poétiques du XIXe siècle
| Mouvement | Rapport au sens | Orientation |
|---|---|---|
| Romantisme | Expression lyrique des sentiments | Amour, temps, nature et parfois engagement politique |
| Parnasse | La forme prime sur le sens | Beauté impersonnelle, Art pour l’Art |
| Symbolisme | Sens suggéré par des images et symboles | Mystère à déchiffrer, musicalité et langage inédit |
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Quelle est la face matérielle du mot, faite de sons et de lettres ?
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