QCM : Poésie et versification (26 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle distinction oppose le signifiant au signifié dans un mot ?

Le signifiant est l’objet désigné, tandis que le signifié est la forme sonore du mot.
Le signifiant est sa face matérielle, tandis que le signifié est sa face porteuse de sens.
Le signifiant est la fonction grammaticale, tandis que le signifié est la forme écrite du mot.
Le signifiant est le sens du mot, tandis que le signifié est son référent concret.

Le signifiant est sa face matérielle, tandis que le signifié est sa face porteuse de sens.

Explication

Le signifiant désigne la face matérielle du mot, composée de sons et de lettres, et le signifié sa face immatérielle liée au sens. Une confusion fréquente consiste à prendre le référent, c’est-à-dire l’objet désigné, pour le signifiant.

2. Quel objectif caractérise le travail poétique sur les mots ?

Fixer leur sens ordinaire afin de préserver les usages de la langue.
Séparer leur forme de leur sens afin de décrire fidèlement le monde.
Rapprocher leur forme et leur sens afin de réinventer le monde.
Remplacer leur sens par leur sonorité afin d’effacer le monde réel.

Rapprocher leur forme et leur sens afin de réinventer le monde.

Explication

La poésie travaille les mots pour rapprocher leur forme et leur sens et ainsi réinventer le monde. La séparation de la forme et du sens ne correspond pas à cette recherche de rapprochement.

3. Quel contraste sonore Mallarmé mobilise-t-il pour illustrer le décalage entre les mots et leurs référents ?

La sonorité dure de « nuit » et la sonorité douce de « jour ».
La sonorité douce de « nuit » et la sonorité dure de « jour ».
Le timbre clair de « nuit » et le timbre sombre de « jour ».
Le timbre sombre de « nuit » et le timbre clair de « jour ».

Le timbre clair de « nuit » et le timbre sombre de « jour ».

Explication

Mallarmé souligne le décalage entre les mots et leurs référents en opposant le timbre clair de « nuit » au timbre sombre de « jour ». L’inversion de ces deux associations sonores ne restitue pas son exemple.

4. Quelle relation Baudelaire établit-il entre la contrainte du sonnet et l’intensité de l’idée ?

La contrainte formelle fait jaillir l’idée avec davantage d’intensité.
La contrainte formelle allonge l’idée en multipliant les explications.
La liberté formelle rend l’idée plus intense en supprimant les règles.
La contrainte formelle atténue l’idée en limitant son développement.

La contrainte formelle fait jaillir l’idée avec davantage d’intensité.

Explication

Baudelaire affirme que la forme contraignante du sonnet fait jaillir l’idée plus intensément. L’idée n’est donc pas présentée comme atténuée par la limite imposée à la forme.

5. Dans une forme brève et métrique, quel effet la métonymie peut-elle produire ?

Elle développe une idée en ajoutant des détails et en prolongeant le propos.
Elle détache une idée de son contexte et privilégie la longueur du poème.
Elle transforme une idée en explication explicite et enchaîne les arguments.
Elle condense une idée et favorise l’intensité plutôt que le développement long.

Elle condense une idée et favorise l’intensité plutôt que le développement long.

Explication

La brièveté et le moule métrique favorisent l’intensité, notamment parce que la métonymie permet de condenser une idée. L’allongement du propos relève au contraire d’un développement plus étendu.

6. Comment la poésie privilégie-t-elle généralement la transmission d’une idée ?

Elle la résume par des termes techniques et des affirmations littérales.
Elle l’explique directement par des définitions et des raisonnements détaillés.
Elle la suggère par des figures d’analogie comme la métaphore et la personnification.
Elle la démontre par des exemples factuels et des descriptions exhaustives.

Elle la suggère par des figures d’analogie comme la métaphore et la personnification.

Explication

La poésie tend à suggérer plutôt qu’à expliquer et s’appuie notamment sur la comparaison, la métaphore, l’allégorie et la personnification. Une démonstration factuelle et exhaustive correspond davantage à une démarche explicative.

7. Quelle œuvre marque le début de la poésie romantique française en 1820 ?

Les Méditations poétiques d’Alphonse de Lamartine.
Les Châtiments de Victor Hugo.
Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire.
Poésies de Stéphane Mallarmé.

Les Méditations poétiques d’Alphonse de Lamartine.

Explication

Les Méditations poétiques de Lamartine, parues en 1820, marquent le début de la poésie romantique. Les Châtiments de Hugo paraissent plus tard et relèvent notamment de son prolongement de l’action politique.

8. Quelle ambition définit le mouvement parnassien ?

Rechercher une poésie engagée où l’efficacité politique prime sur la beauté.
Rechercher une poésie suggestive où les symboles font émerger un sens caché.
Rechercher une poésie impersonnelle où la beauté formelle prime sur l’utilité.
Rechercher une poésie personnelle où l’expression des souffrances prime sur la forme.

Rechercher une poésie impersonnelle où la beauté formelle prime sur l’utilité.

Explication

Le Parnasse défend une poésie impersonnelle, tournée vers le Beau et l’Art pour l’Art, où la forme l’emporte sur l’utilité. La suggestion d’un sens caché par des symboles caractérise plutôt le symbolisme.

9. Comment le symbolisme fait-il accéder le lecteur au sens du poème ?

Il énonce un sens immédiat au moyen d’explications et de descriptions.
Il privilégie la beauté formelle au moyen d’une poésie impersonnelle.
Il suggère un sens à déchiffrer au moyen d’images et de symboles.
Il expose une réalité sociale au moyen de détails naturalistes précis.

Il suggère un sens à déchiffrer au moyen d’images et de symboles.

Explication

Le symbolisme s’oppose au naturalisme et fait émerger un sens qui n’est pas donné d’emblée, grâce à des images et à des symboles. La primauté de la beauté formelle dans une poésie impersonnelle renvoie plutôt au Parnasse.

10. Quelles formes les poètes du XIXe siècle reprennent-ils ou retravaillent-ils dans leur poésie ?

L’ode et la ballade médiévales, la chanson et le sonnet
L’élégie antique, le lai courtois et l’épopée en prose
Le madrigal et la tragédie classique, sans forme lyrique
Le rondeau médiéval, le haïku et le théâtre en vers

L’ode et la ballade médiévales, la chanson et le sonnet

Explication

Les poètes du XIXe siècle reprennent l’ode et la ballade médiévales, s’inspirent de la chanson et retravaillent le sonnet. L’élégie antique et l’épopée en prose ne résument pas les formes citées pour cette période.

11. Comment Victor Hugo contribue-t-il à libérer le vers dans sa poésie ?

Il maintient la césure régulière de l’alexandrin et évite les enjambements.
Il rompt la cadence régulière de l’alexandrin par le trimètre romantique et les enjambements.
Il privilégie les vers impairs et les strophes chantées pour conserver une cadence fixe.
Il remplace l’alexandrin par des poèmes en prose sans rythme métrique.

Il rompt la cadence régulière de l’alexandrin par le trimètre romantique et les enjambements.

Explication

Victor Hugo libère le vers en rompant la cadence régulière de l’alexandrin, notamment grâce au trimètre romantique et aux enjambements. Le maintien de la césure régulière en 6/6 correspond plutôt à la cadence classique que cette démarche remet en question.

12. Quelle innovation Aloysius Bertrand apporte-t-il avec Gaspard de la nuit ?

Il explore le poème en prose, forme ensuite également travaillée par Baudelaire et Rimbaud.
Il invente le vers libre, forme ensuite reprise par Hugo et Verlaine.
Il transforme la ballade médiévale en chanson, forme ensuite développée par les symbolistes.
Il rétablit le sonnet régulier, forme ensuite abandonnée par Baudelaire et Rimbaud.

Il explore le poème en prose, forme ensuite également travaillée par Baudelaire et Rimbaud.

Explication

Avec Gaspard de la nuit, paru en 1842, Aloysius Bertrand innove en explorant le poème en prose, que Baudelaire et Rimbaud travailleront également. L’innovation mentionnée concerne la prose poétique, et non l’invention du vers libre.

13. Quelle évolution Guillaume Apollinaire et Blaise Cendrars apportent-ils aux thèmes de la poésie nouvelle ?

Ils privilégient les thèmes religieux en excluant les réalités de la vie urbaine.
Ils conservent les thèmes lyriques tout en intégrant la ville et le quotidien prosaïque.
Ils remplacent le quotidien par des sujets héroïques issus de l’épopée classique.
Ils écartent les thèmes lyriques au profit des seuls paysages ruraux et mythologiques.

Ils conservent les thèmes lyriques tout en intégrant la ville et le quotidien prosaïque.

Explication

Apollinaire et Cendrars maintiennent les thèmes lyriques tout en faisant entrer la ville et le quotidien prosaïque dans la poésie nouvelle. L’idée qu’ils abandonnent le lyrisme au profit de paysages ruraux contredit ce mélange de thèmes.

14. Quelle combinaison de procédés caractérise l’esprit nouveau en poésie ?

Le retour aux formes médiévales, la prose narrative et l’alexandrin, sous l’influence de la chanson populaire.
L’absence de ponctuation, le vers libre et le calligramme, dans un contexte marqué par la peinture et le cubisme.
La rime régulière, l’alexandrin classique et la ponctuation abondante, dans un contexte marqué par le théâtre.
La métrique fixe, le sonnet traditionnel et les strophes symétriques, sous l’influence de la tragédie classique.

L’absence de ponctuation, le vers libre et le calligramme, dans un contexte marqué par la peinture et le cubisme.

Explication

L’esprit nouveau expérimente l’absence de ponctuation, le vers libre et le calligramme, notamment sous l’influence des transformations de la peinture et du cubisme. La métrique fixe et les formes symétriques évoquent plutôt une poésie attachée aux cadres traditionnels.

15. Un poète compose en associant librement des idées, des images et des contradictions à partir du rêve ; quelle conception surréaliste cela illustre-t-il ?

Le rêve sert de modèle d’écriture et l’acte poétique est conçu comme révolutionnaire.
Le rêve est écarté au profit d’une description rationnelle et l’acte poétique vise l’ordre établi.
Les images sont subordonnées à une narration logique et l’acte poétique cherche la régularité métrique.
Les contradictions sont corrigées par la ponctuation et l’acte poétique imite les formes classiques.

Le rêve sert de modèle d’écriture et l’acte poétique est conçu comme révolutionnaire.

Explication

Le surréalisme prend le rêve pour modèle et mobilise l’association d’idées, les images et les contradictions, en concevant la poésie comme un acte révolutionnaire. Une écriture organisée autour de la rationalité et de l’ordre va à l’encontre de cette démarche.

16. Quel rôle joue L’honneur des poètes pendant la Seconde Guerre mondiale ?

Ce recueil diffusé publiquement en 1943 défend une poésie détachée des événements politiques.
Cette anthologie clandestine rassemble des textes dénonçant les expérimentations du vers libre.
Cette anthologie publiée après la guerre rassemble des poèmes célébrant la reconstruction nationale.
Cette anthologie publiée clandestinement en 1943 célèbre la Résistance par les mots.

Cette anthologie publiée clandestinement en 1943 célèbre la Résistance par les mots.

Explication

L’honneur des poètes est une anthologie publiée clandestinement en 1943 qui célèbre la résistance par les mots, dans le contexte de l’engagement de poètes dans la Résistance. Une poésie détachée des événements politiques ne correspond pas à cette fonction de soutien.

17. Quel est le principe fondateur de l’Oulipo, créé en 1960 ?

Explorer les potentialités littéraires par le jeu des contraintes et la recherche de formes nouvelles.
Rétablir les formes poétiques classiques en écartant les contraintes inventées par les écrivains.
Privilégier l’improvisation orale et réduire le rôle des structures dans la création littéraire.
Étudier les textes anciens sans chercher à produire de nouvelles formes d’écriture.

Explorer les potentialités littéraires par le jeu des contraintes et la recherche de formes nouvelles.

Explication

L’Oulipo explore les potentialités de la littérature grâce au jeu des contraintes et à la recherche de formes nouvelles. Il ne s’agit pas d’écarter les contraintes, mais d’en faire un moteur de création.

18. Quelle distinction caractérise les démarches de Francis Ponge et Yves Bonnefoy, d’une part, et d’Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor, d’autre part ?

Ponge et Bonnefoy célèbrent l’identité africaine ; Césaire et Senghor décrivent principalement les objets quotidiens.
Ponge et Bonnefoy explorent les objets et le monde quotidien ; Césaire et Senghor affirment l’identité africaine et dénoncent la colonisation.
Ponge et Bonnefoy explorent les formes fixes ; Césaire et Senghor défendent le retour aux thèmes antiques.
Ponge et Bonnefoy dénoncent la colonisation ; Césaire et Senghor privilégient les réalités matérielles du quotidien.

Ponge et Bonnefoy explorent les objets et le monde quotidien ; Césaire et Senghor affirment l’identité africaine et dénoncent la colonisation.

Explication

Ponge et Bonnefoy s’intéressent aux objets quotidiens et aux réalités du monde, tandis que Césaire et Senghor développent la poésie de la négritude, qui affirme l’identité africaine et dénonce les malheurs de la colonisation. Attribuer à Ponge et Bonnefoy l’affirmation de l’identité africaine inverse les démarches décrites.

19. Pour déterminer le mètre d’un vers, que faut-il compter ?

Le nombre de mots dans le vers
Le nombre de syllabes du vers
Le nombre de vers dans la strophe
Le nombre de rimes dans le poème

Le nombre de syllabes du vers

Explication

Le mètre correspond au nombre de syllabes d’un vers, que sa délimitation par le retour à la ligne et la rime peut aider à repérer. Compter les vers revient plutôt à décrire la composition d’une strophe.

20. Un poème est composé de trois strophes de quatre vers chacune : quel nom désigne chacune de ces strophes ?

Un alexandrin
Un distique
Un quatrain
Un tercet

Un quatrain

Explication

Une strophe de quatre vers est un quatrain. Un tercet compte trois vers, tandis qu’un alexandrin désigne un mètre et non une strophe.

21. Quelle structure caractérise un sonnet ?

Trois strophes suivies d’un envoi d’une demi-strophe
Trois strophes alternant dans un poème lyrique chanté à l’origine
Deux quatrains suivis de deux tercets
Deux tercets suivis de deux quatrains

Deux quatrains suivis de deux tercets

Explication

Le sonnet comprend deux quatrains puis deux tercets. La structure avec trois strophes et un envoi correspond à la ballade.

22. Dans un vers, la répétition de sons consonantiques ailleurs qu’à la rime relève de quelle figure sonore ?

L’assonance
L’allitération
La rime riche
La césure

L’allitération

Explication

L’allitération repose sur la répétition de sons consonantiques hors de la rime. L’assonance concerne plutôt la répétition de sons vocaliques.

23. Lorsqu’on entreprend l’analyse d’un poème, quelle démarche respecte l’ordre général recommandé ?

Cerner le propos, étudier les jeux de langage, puis identifier la forme et les rimes
Étudier d’abord les images, déterminer ensuite la forme, puis relever le propos
Relever les rimes et le mètre, conclure sur le propos, puis examiner la forme
Identifier la forme, cerner le propos, puis étudier la musicalité, les images et les jeux de langage

Identifier la forme, cerner le propos, puis étudier la musicalité, les images et les jeux de langage

Explication

L’analyse commence par l’identification de la forme, se poursuit par l’examen du propos, puis s’affine avec la musicalité, les images et les jeux de langage. Commencer par les images inverse cette progression générale.

24. Pour relier l’organisation formelle d’un poème à son sens, quels éléments faut-il notamment examiner ?

Les connotations, les images, l’atmosphère, les sens multiples et les jeux de mots
Les thèmes, le destinataire, les lieux, les époques et les opinions défendues
Le genre lyrique, le registre satirique, l’engagement et l’intention didactique
La disposition, les strophes, les rimes, le mètre, les césures et les enjambements

La disposition, les strophes, les rimes, le mètre, les césures et les enjambements

Explication

L’analyse formelle porte notamment sur la disposition, les strophes ou la forme fixe, les rimes, le mètre, les césures et les enjambements, en les reliant au sens. Les thèmes et le destinataire relèvent plutôt du repérage du propos.

25. Un poème prend part à un débat et incite les lecteurs à défendre une cause : comment peut-on caractériser sa poésie ?

Comme une poésie élégiaque
Comme une poésie engagée
Comme une poésie burlesque
Comme une poésie épique

Comme une poésie engagée

Explication

Une poésie engagée défend une cause ou une opinion, participe à un débat ou incite à l’action. Le registre élégiaque exprime le malheur, sans que cela caractérise à lui seul un engagement.

26. Comment les images, les connotations et la polysémie contribuent-elles à la lecture d’un poème ?

Elles imposent une forme fixe et organisent les strophes du poème
Elles fixent un sens unique et effacent les impressions du lecteur
Elles indiquent le nombre de syllabes et déterminent la longueur des vers
Elles multiplient les sens et peuvent faire percevoir une atmosphère

Elles multiplient les sens et peuvent faire percevoir une atmosphère

Explication

Les images poétiques, les connotations et la polysémie peuvent enrichir les interprétations et faire percevoir une atmosphère. Le nombre de syllabes relève du mètre, pas de ces procédés de signification.

Révisez avec les flashcards

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Quelle est la face matérielle du mot, faite de sons et de lettres ?

Le signifiant.

À quoi renvoient ensemble le signifiant et le signifié ?

À un référent, concret ou abstrait.

Qu’est-ce que la poésie ?

Un travail sur les mots qui rapproche leur forme et leur sens et réinvente le monde.

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