★ À maîtriser
📌 La conception médiévale dominante est dualiste : le corps est conçu comme un outil de l’âme et les travaux corporels sont dévalorisés par rapport aux travaux intellectuels.
Compléments
Le Moyen Âge se divise en trois périodes :
Les seigneurs organisent des milites, soldats nourris, logés et vêtus par eux, qui deviennent la caste des chevaliers.
La piétaille, composée de fantassins, sert les chevaliers en première ligne, tandis que les paysans sont sans défense et n’ont pas le droit de porter des armes.
Les exercices corporels sont associés au développement du courage et de l’initiative, mais l’activité physique est surtout considérée comme un divertissement.
Corps utile à la survie, mais subordonné à l’âme
★ À maîtriser
📌 Au Moyen Âge, l’éducation vise à former un chrétien, alors que l’éducation grecque antique visait à former un citoyen.
Compléments
Les écoles monastiques sont établies dans les monastères sous l’impulsion de saint Benoît.
Les écoles épiscopales forment les clercs à la connaissance des textes et à l’art de convertir au christianisme.
Les écoles presbytérales, situées dans les paroisses rurales, enseignent à lire et à connaître les textes religieux.
À partir du Xe siècle, Avicenne affirme que l’éducation corporelle et l’hygiène sont nécessaires et que la vigueur du corps sous-entend celle de l’âme et du souffle. - Avicienne
Former un chrétien plutôt qu’un citoyen
★ À maîtriser
📌 Bien que la profession guerrière soit initialement ouverte, la corporation des guerriers d’élite est réservée aux jeunes hommes issus de familles chevaleresques.
Compléments
La chevalerie se développe autour de combattants à cheval, équipés d’armures et de cuirasses ; la cavalerie française est imitée par les Anglo-Saxons.
Les règles de vie chevaleresques comprennent la défense des plus faibles et celle des gens de l’Église.
Les règles tacites chevaleresques prescrivent le combat uniquement entre chevaliers et le respect des adversaires valeureux.
Les valeurs chevaleresques mises en avant sont :
★ À maîtriser
Les tournois nobiliaires simulent des situations de guerre et opposent deux groupes de cavaliers combattant à l’épée et à la masse, tout en respectant davantage l’adversaire que dans la guerre.
Les tournois sont interdits par l’Église, ce qui favorise le développement de la chasse comme loisir de détente et marque sociale de l’élite, plutôt que comme moyen de se nourrir.
Compléments
Selon Jusserand (1902), les tournois imitent les batailles et les joutes imitent les duels.
Les joutes peuvent opposer tous les chevaliers, éliminer les participants après une ou plusieurs rencontres, ou désigner vainqueur celui qui remporte le plus de manches.
Les récompenses de joute distinguent : celui qui reste le plus longtemps en lice sans retirer son heaume, celui qui brise le plus de lances, celui qui porte le plus beau coup de lance
L’escrémie désigne des jeux d’épée en bois et de bâtons.
Lors de fêtes religieuses et de mariages aux XIIe et XIIIe siècles, les tournois utilisent des armes réelles, notamment l’épée, la masse et la lance, et réunissent des participants représentant différentes provinces.
★ À maîtriser
📌 La soule, aussi appelée choule selon les lieux, est un jeu collectif opposant des villages lors de grandes fêtes.
Compléments
📌 La longue paume se pratique en extérieur, tandis que la courte paume se pratique en intérieur.
Le jeu de paume est présenté comme un ancêtre possible :
Une partie de soule pouvait réunir jusqu’à 800 joueurs et 6 000 spectateurs, durer plusieurs jours et ne pas avoir de temps de jeu défini.
La soule était un jeu assez violent qui se terminait parfois en bagarre.
Le calcio storico fiorentino est une pratique actuelle assez proche de la soule.
La soule est considérée comme un ancêtre possible du football ou du rugby et a évolué par la suite vers des formes avec cage de football ou vers le cross.
★ À maîtriser
📌 Au Moyen Âge, les pratiques corporelles sont principalement ludiques ou préparatoires à la guerre, sans chercher à transformer l’individu par l’éducation physique.
Compléments
📌 La lutte était considérée comme la joute du peuple.
La lutte, exercice préparatoire à la guerre pour les fantassins, est ensuite devenue une activité de divertissement et de fête.
L’importance des savoirs venus d’Italie augmente avec la création des premières universités, notamment à Paris en 1215 et à Perpignan en 1349, où sont enseignées la médecine, les sciences, le droit et la théologie.
Le schisme d’Occident donne lieu à l’existence de deux papes, l’un à Rome et l’autre en Avignon, en raison de tensions et de volontés d’indépendance entre les deux parties.
La crise religieuse majeure du schisme d’Occident aboutit à une nouvelle période, la Renaissance.
★ À maîtriser
La Renaissance s’étend de la fin du XVe siècle au début du XVIIe siècle et son nom est inventé par l’Italien Vasari en 1550.
La Renaissance est d’abord un mouvement littéraire et artistique qui cherche à retrouver les valeurs de l’Antiquité pour faire disparaître celles du Moyen Âge.
Luther, fondateur du protestantisme, considère la Bible, et non la papauté, comme l’unique autorité en matière de foi.
En 1534, Ignace de Loyola crée à Paris la Compagnie de Jésus afin de s’opposer au protestantisme par une contre-réforme.
À partir de 1534, l’œuvre de Rabelais en six livres défend une éducation maximaliste et une culture universelle comprenant la littérature, l’art, l’histoire, l’éducation religieuse, les jeux et les activités physiques.
Dans ses Essais de 1580, Montaigne critique le pédantisme et privilégie « une tête bien faite plutôt que bien pleine » ainsi qu’une éducation complète.
Compléments
Pendant la Renaissance, la place du roi devient centrale, les forces féodales déclinent et le pouvoir se centralise, ce qui contribue à pacifier les mœurs.
La Renaissance s’accompagne d’une hausse du niveau culturel général et de la progression du français au détriment du latin.
La Renaissance voit augmenter les activités commerciales et le pouvoir de l’argent, tandis qu’apparaît une nouvelle classe sociale, la bourgeoisie.
Le protestantisme apparaît en 1517 et exerce une influence sur l’éducation.
À la Renaissance, la capacité d’apprendre et de comprendre est davantage mise en avant, la notion de destin diminue et la relation pédagogique devient plus humaine.
★ À maîtriser
Dans De Arte Gymnastica, Mercurialis (1530–1606) étudie les formes de pratiques corporelles depuis l’Antiquité grecque jusqu’à la Renaissance.
Les six livres de De Arte Gymnastica traitent successivement du rôle et du fonctionnement des gymnases, des mouvements de la gymnastique grecque et romaine, des exercices hors du gymnase, des exercices selon l’âge, la saison et le lieu, puis des effets des exercices sur le corps et la santé. - Mercurialis
📌 Mercurialis désapprouve la gymnastique guerrière et militaire pour son caractère négatif et agressif, valorise la gymnastique hygiénique et médicale, et juge nuisibles les abus et la spécialisation de la gymnastique athlétique. - De Arte Gymnastica
Compléments
Vittorino da Feltre, de son vrai nom Dei Rambaldoni, est né à Feltre en Italie en 1378.
Vittorino da Feltre, pédagogue humaniste, ouvre à Mantoue une école pour les enfants de la noblesse et s’occupe des enfants de Jean-François de Mantoue.
À partir du XVIe siècle, les livres de civilité donnent à la posture une dimension morale et hygiénique ; Erasme écrit La civilité puérile en 1530.
Gymnastique médicale valorisée, gymnastique guerrière désapprouvée
★ À maîtriser
📌 À la Renaissance, l’escrime devient un art d’esquive et de finesse où la dague et l’épée remplacent la lance et la lourde épée, et où la touche à la pointe remplace le fait de trancher.
Compléments
📌 L’escrime de pointe marque le passage d’une activité guerrière à une activité sportive.
À la Renaissance, l’équitation devient l’art du dressage et de la monte, et l’école italienne privilégie l’élégance.
Après la longue paume réservée au peuple, la courte paume se développe dans les grandes villes, tandis que la lutte apparaît dans certaines régions, notamment en Bretagne, en Bourgogne et en Corse.
De la guerre à la finesse sportive
★ À maîtriser
Le programme comprend : l’étude des textes antiques, l’acquisition des normes de bienséance et d’hygiène, l’éducation corporelle par la course, la lutte, l’escrime, l’équitation, le tir à l’arc, le jeu de paume, la natation et la danse
Au XVIIe siècle, l’école doit instruire les enfants et leur enseigner les règles de la vie en société, dans un contexte de recherche d’ordre, de discipline et de reconnaissance de l’autorité.
Les Jésuites, ordre fondé par Ignace de Loyola, combattent le protestantisme et maintiennent des pratiques physiques comme la natation, l’escrime et l’équitation dans leurs écoles destinées à la noblesse et à la bourgeoisie.
Sa pédagogie utilise :
Pour John Locke, les sensations sont le point de départ de l’apprentissage et la connaissance doit s’appuyer sur l’expérimentation, selon une conception empiriste.
Compléments
Les finalités sont :
Les Jansénistes proposent des écoles austères pour les pauvres, centrées sur l’instruction et une formation utilitaire destinée à faciliter l’accès au monde du travail.
Les Oratoriens dispensent l’éducation dans des collèges épiscopaux visant le recrutement religieux et proposent l’équitation, la musique, la danse et la chasse comme activités de détente.
John Locke veut former des hommes vertueux et utiles à leurs semblables, notamment par la natation, les jeux en plein air, la lutte, l’équitation et la danse.
★ À maîtriser
Au XVIIe siècle, les activités physiques ne sont pas à la mode et les exercices de prestance, liés à l’élégance et au paraître, sont privilégiés au détriment de l’engagement physique et de la volonté.
Fénelon affirme que la gymnastique maintient et fortifie la santé et peut la rétablir dans un corps affaibli par la maladie.
En 1675, l’abbé Fleury écrit le Traité du choix et de la méthode des études et attribue à la gymnastique un rôle d’hygiène et de discipline de vie.
Au XVIIe siècle, les académies développent l’équitation en fixant les normes, et l’on recherche la noblesse de la monte plutôt que la dextérité.
En 1665, Colbert signe un arrêt du Conseil d’État portant sur la création des haras, et la cavalerie française est créée.
Compléments
Fénelon propose :
Les moyens employés sont :
Au XVIIe siècle, l’escrime se développe dans l’École française d’escrime, où elle est enseignée dans les académies selon des règles rigoureuses et compliquées.
Au XVIIe siècle, les armes de pointe se développent, notamment l’épée et le fleuret, qui est mince, flexible et léger.
Le carrousel, mode venue d’Italie dont le nom vient de « carosello », remplace les tournois du Moyen Âge.
★ À maîtriser
Au XVIIIe siècle, l’éducation vise à former des citoyens éclairés, en équilibrant la liberté individuelle et les devoirs sociaux.
Pestalozzi (1746-1827) veut éduquer le peuple par une éducation intellectuelle, morale, physique et professionnelle.
📌 Au XVIIe siècle, l’éducation du corps privilégie l’élégance et le redressement, tandis qu’au XVIIIe siècle elle vise la santé par la maîtrise des attitudes.
Compléments
Diderot (1713-1784) estime que la nature humaine peut maîtriser les sciences et s’en servir à bon escient.
Rousseau (1712-1778) considère que l’état civil ne doit pas renier l’amitié et l’ouverture d’esprit, et que trop de contraintes sociales détruisent l’individu.
J. H. Basedow (1723-1790) propose une éducation naturelle reposant sur des méthodes nouvelles. - J.H Basedow
Au XVIIIe siècle, l’éducation du corps doit maintenir la santé, perfectionner l’espèce humaine et augmenter les forces vives.
Du corps élégant du XVIIe siècle au corps sain du XVIIIe siècle
★ À maîtriser
Au XVIIIe siècle, la gymnastique est considérée comme un auxiliaire de la médecine et ce courant est présenté comme l’origine de la kinésithérapie.
En 1723, Andry de Boisregard écrit « L'exercice modéré est-il le meilleur moyen de se conserver en santé ? », défendant l’orthopédie comme art de corriger les difformités du corps.
En 1762, Jacques Ballexserd écrit la « Dissertation sur l'éducation physique des enfants depuis leur naissance jusqu'à la puberté », sous forme de mémoire sur les causes de la mortalité infantile.
Compléments
La gymnastique médicale se met en place au XVIIIe siècle et condamne la mollesse alors à la mode.
Jacques Ballexserd est souvent considéré comme le premier à employer l’expression « éducation physique », qui désigne alors surtout l’attention au corps et au mouvement pour maintenir ou renforcer la santé.
Ballexserd conseille l’allaitement maternel, d’éviter la mise en nourrice et l’emmaillotage, et de porter attention au sevrage.
Pour les enfants plus grands, Ballexserd préconise une alimentation sans excès, l’absence de corset à baleines et des sabots sans talons jusqu’à environ 8 à 10 ans afin d’éviter les genoux cagneux.
📌 Ballexserd recommande d’éviter les coups à tout âge, car ils peuvent endommager le corps.
La gymnastique auxiliaire de la médecine → naissance de la gymnastique médicale
★ À maîtriser
Les premières méthodes d’éducation physique apparaissent en Allemagne, où la gymnastique médicale devient éducative et scolaire.
Les Philanthropes ouvrent le Philanthropinum à Dessau, où la gymnastique devient une discipline scolaire.
En 1774, Basedow crée une école avec l’appui du prince Léopold d’Anhalt, dirigée par Basedow, Salzmann et Guts Muths.
Compléments
L’école vise à préparer les enfants à une vie utile, patriotique et heureuse par une gymnastique organisée et planifiée.
Le programme comprend : la gymnastique élémentaire et d’application, les jeux, la natation, l’équitation, les exercices guerriers, l’apprentissage de la vie en société par le camping
Gymnastique médicale → discipline scolaire → formation utile, patriotique et heureuse
★ À maîtriser
La Révolution française suscite de nombreux écrits sur l’éducation physique, mais peu de réalisations concrètes.
En septembre 1791, le rapport Talleyrand propose de faire des exercices de gymnastique un objet capital de l’instruction, en raison de leurs liens avec la morale et la société.
Compléments
En France, deux cinquièmes de la population ont moins de vingt ans, et la jeunesse est considérée comme l’espoir révolutionnaire et une ressource pour la guerre.
Le rapport Condorcet d’avril 1792 associe l’éducation physique au développement des forces et à la santé, sans prendre Sparte pour modèle, et attribue une fonction pédagogique aux fêtes civiques. - Condorcet (Nicolas de Caritat)
Michel le Peletier de Saint Fargeau propose une éducation nationale combinant hygiène de vie sobre, formation physique et morale, travaux manuels, tâches d’utilité publique et exercices militaires aux récréations.
Le 26 juin 1793, Joseph Lakanal présente à la Convention un rapport sur l’instruction publique ; il est également à l’origine de la loi du 17 novembre 1794.
Le programme de Lakanal prévoit : un corps d’officiers de santé chargé de visiter les écoles et les écoliers, la gymnastique élémentaire, les courses, la lutte, les exercices militaires, le développement des fêtes nationales
À la fin de la période, la formation du corps est portée par des enjeux sanitaires, moraux et militaires, tandis que le jeu pour le bien-être est peu évoqué.
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1. À quelle date le Moyen Âge débute-t-il, avec la chute de l’Empire romain et les invasions des Huns, des Wisigoths et des Vandales ?
2. Dans un Occident marqué par l’insécurité après la chute de l’Empire romain et les invasions, pourquoi les exercices corporels sont-ils nécessaires ?
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En quelle année le Moyen Âge débute-t-il ?
En 476.
Pourquoi les exercices corporels sont-ils nécessaires après la chute de l’Empire romain ?
Ils sont nécessaires à la survie dans un monde d’insécurité.
Comment la conception médiévale dominante considère-t-elle le corps par rapport à l’âme ?
Le corps est conçu comme un outil de l’âme.
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