QCM : Principes éthiques fondamentaux et critiques — 20 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle est la caractéristique d’un jugement normatif ?

Il remplace toute délibération par une règle technique
Il décrit uniquement des faits observables
Il évalue ce qui a de la valeur et ce qui doit être fait
Il se limite à enregistrer des sensations individuelles

Il évalue ce qui a de la valeur et ce qui doit être fait

Explication

Un jugement normatif porte sur les valeurs et indique ce qui doit guider l’action. À l’inverse, un jugement de fait se contente de décrire ce qui est.

2. Dans un dilemme éthique, quelle situation se présente le plus souvent ?

Une seule solution correcte s’impose sans conflit de valeurs
Le problème provient d’un manque total de connaissances factuelles
Le professionnel suit uniquement ses préférences personnelles
Deux valeurs difficiles à concilier rendent le choix déchirant

Deux valeurs difficiles à concilier rendent le choix déchirant

Explication

Un dilemme éthique oppose des options fondées sur des valeurs difficiles à concilier, ce qui rend la décision douloureuse. Il ne s’agit pas simplement d’un manque d’information.

3. Pourquoi la bonne volonté a-t-elle une valeur morale chez Kant ?

Parce qu’elle est évaluée selon son intention intérieure
Parce qu’elle maximise le bonheur personnel
Parce qu’elle produit toujours de bons résultats
Parce qu’elle dépend de la reconnaissance sociale

Parce qu’elle est évaluée selon son intention intérieure

Explication

Chez Kant, la bonne volonté est moralement bonne indépendamment de ses résultats, car sa valeur vient de l’intention. Le succès ou l’échec ne sont donc pas le critère décisif.

4. Quelle affirmation décrit le mieux agir par devoir chez Kant ?

Faire ce qui plaît le plus, même sans réflexion
Obéir à une règle seulement si elle apporte un avantage
Accomplir l’action parce que la raison commande de le faire
Suivre ses inclinations lorsqu’elles coïncident avec l’intérêt

Accomplir l’action parce que la raison commande de le faire

Explication

Agir par devoir consiste à vouloir faire son devoir parce que la raison le commande, et non par intérêt ou par simple inclination. Le devoir reste valable même si l’action n’apporte pas d’avantage personnel.

5. Qu’est-ce qu’un impératif catégorique chez Kant ?

Une règle valable seulement si l’on recherche un but précis
Une recommandation utile pour obtenir un avantage
Un commandement moral inconditionnel
Une habitude sociale adoptée par la majorité

Un commandement moral inconditionnel

Explication

L’impératif catégorique commande sans condition liée à un désir ou à un but particulier. Il s’oppose donc à un impératif hypothétique du type « si je veux X, alors je dois Y ».

6. Que vérifie le test d’universalisation d’une maxime ?

Si elle peut devenir une loi universelle pour tous les êtres raisonnables
Si elle est acceptée par les autorités politiques
Si elle procure le plus grand plaisir immédiat
Si elle correspond aux habitudes personnelles de chacun

Si elle peut devenir une loi universelle pour tous les êtres raisonnables

Explication

Le test kantien demande si l’on peut vouloir que sa maxime devienne une loi universelle. Une maxime morale doit pouvoir s’étendre à tous les êtres raisonnables.

7. Que signifie l’autonomie de la volonté chez Kant ?

La volonté est libre lorsqu’elle transgresse les devoirs
La volonté suit des désirs qui viennent d’elle sans autre règle
La volonté obéit d’abord aux habitudes sociales
La volonté se donne elle-même ses lois en agissant par devoir

La volonté se donne elle-même ses lois en agissant par devoir

Explication

L’autonomie signifie que la volonté est libre lorsqu’elle se donne elle-même la loi morale et agit par devoir. L’hétéronomie, au contraire, la soumet aux désirs ou à des lois venues d’ailleurs.

8. Quel rapport Kant établit-il entre les désirs et la liberté morale ?

Les désirs remplacent le devoir dans toute décision morale
Les désirs libèrent la volonté en la rendant spontanée
Les désirs sont moralement neutres et sans effet sur l’action
Les désirs asservissent la volonté et peuvent l’emprisonner

Les désirs asservissent la volonté et peuvent l’emprisonner

Explication

Pour Kant, lorsque les désirs dominent, ils enferment la volonté au lieu de la rendre libre. La liberté morale consiste au contraire à agir par devoir plutôt qu’à être tiré par ses inclinations.

9. Pourquoi Kant refuse-t-il de faire du suicide une action moralement admissible ?

Parce qu’on ne peut pas vouloir universaliser le suicide
Parce qu’il estime que la souffrance n’existe jamais vraiment
Parce que le suicide améliore toujours la dignité humaine
Parce qu’il s’agit d’un devoir envers autrui avant tout

Parce qu’on ne peut pas vouloir universaliser le suicide

Explication

Kant pense qu’on ne peut pas vouloir comme loi universelle une pratique qui mènerait à l’autodestruction de l’humanité. Le suicide viole aussi le devoir envers soi-même et la dignité de la personne.

10. Dans l’argument de la pensée fatale contre l’euthanasie, quel est le principal risque évoqué ?

Une extension progressive difficile à limiter
Une diminution automatique de l’autonomie des soignants
Un excès de règles médicales strictes
Une confusion entre plaisir et douleur

Une extension progressive difficile à limiter

Explication

La pensée fatale soutient qu’une légalisation créerait une pente difficile à borner entre cas autorisés et interdits. Cela favoriserait alors une généralisation de la pratique.

11. Quel trait caractérise l’utilitarisme téléologique ?

Il juge une action d’après ses fins et l’augmentation du bien collectif
Il juge une action d’après la pureté des intentions sans égard aux effets
Il juge une action d’après sa conformité à une règle formelle inconditionnelle
Il juge une action d’après l’obéissance à une autorité extérieure

Il juge une action d’après ses fins et l’augmentation du bien collectif

Explication

L’utilitarisme téléologique évalue moralement une action par sa fin, c’est-à-dire par sa capacité à accroître le bien-être de la communauté. Les autres propositions renvoient plutôt à la déontologie ou à une morale de l’intention.

12. Dans l’utilitarisme eudémoniste de Mill, à quoi le bien se rapporte-t-il principalement ?

À l’obéissance à des devoirs indépendants des conséquences
Au bonheur compris comme souverain bien recherché par tous
À la satisfaction immédiate des plaisirs corporels
À la conformité à des traditions sociales héritées

Au bonheur compris comme souverain bien recherché par tous

Explication

L’utilitarisme eudémoniste identifie le bien au bonheur, et non à un simple plaisir sensible. Mill distingue d’ailleurs le bonheur du contentement, ce dernier restant lié à la satisfaction des désirs.

13. Que désigne le prescriptivisme dans le cadre de l’utilitarisme ?

La capacité d’une théorie à nier toute obligation morale
La capacité d’une théorie à décrire les comportements réels des individus
La capacité d’une théorie à remplacer les faits par des émotions
La capacité d’une théorie à formuler des règles et des impératifs moraux

La capacité d’une théorie à formuler des règles et des impératifs moraux

Explication

Le prescriptivisme concerne la dimension normative d’une théorie, c’est-à-dire sa faculté à énoncer ce qu’il faut faire. Il s’oppose au descriptivisme, qui se limite à expliquer ce qui motive effectivement les actes.

14. Quel principe permet de comprendre pourquoi une valeur morale doit dépendre de faits correspondants ?

La survenance
Le juste milieu
L’impératif catégorique
Le sophisme naturaliste

La survenance

Explication

La survenance soutient que des différences de valeur supposent des différences de faits ou de propriétés. Le sophisme naturaliste, au contraire, désigne l’erreur consistant à déduire directement un devoir d’un simple constat.

15. Quelle critique vise l’utilitarisme lorsqu’il doit déterminer qui compte dans le « plus grand nombre » ?

L’excès de rigueur formelle
L’impossibilité de toute comparaison morale
Le choix arbitraire du collectif
L’oubli de toute conséquence

Le choix arbitraire du collectif

Explication

L’objection du collectif flou souligne qu’il faut justifier les bornes du groupe pris en compte, faute de quoi le raisonnement dépend d’un choix arbitraire. Cela concerne notamment la question de savoir si l’on inclut les proches, l’humanité ou les générations futures.

16. Que propose l’utilitarisme de la règle face à l’objection selon laquelle l’urgence pousserait à commettre des actes moralement contestables ?

Refuser toute règle et décider au cas par cas sans principe
Considérer que l’urgence annule toute exigence morale
Évaluer les conséquences d’une règle générale par un test de généralisation
Remplacer le calcul des conséquences par l’intuition immédiate

Évaluer les conséquences d’une règle générale par un test de généralisation

Explication

L’utilitarisme de la règle répond en évaluant non pas seulement l’acte isolé, mais les effets d’une règle générale si elle était adoptée. Cela permet de traiter des cas comme le mensonge ou le vol sans abandonner l’exigence utilitariste.

17. Selon Aristote, qu’est-ce qu’une vertu éthique ?

Une passion passagère qui pousse à agir vite
Une capacité naturelle donnée sans apprentissage
Une disposition du caractère stabilisée par l’habitude
Une règle abstraite indépendante des circonstances

Une disposition du caractère stabilisée par l’habitude

Explication

Chez Aristote, la vertu éthique est une disposition acquise par l’habitude qui canalise les désirs et les émotions. Elle n’est ni une simple passion ni une faculté brute, mais une manière stable de bien agir.

18. Quel rôle joue la prudence dans l’éthique d’Aristote ?

Elle permet de délibérer pour choisir ce qui est bon dans une situation concrète
Elle remplace toute expérience pratique par la théorie
Elle supprime les émotions pour rendre l’action mécanique
Elle impose une loi universelle valable sans exception

Elle permet de délibérer pour choisir ce qui est bon dans une situation concrète

Explication

La prudence, ou phronèsis, est la capacité rationnelle de bien délibérer sur ce qu’il faut faire dans une situation particulière. Elle est essentielle à la vertu, car elle guide le choix des moyens adaptés au contexte.

19. Que soutient l’intellectualisme moral attribué à Platon ?

Le bien est inaccessible à la raison humaine
La volonté peut parfaitement agir contre le savoir
Connaître le bien suffit à bien agir
L’action morale dépend surtout de l’habitude sociale

Connaître le bien suffit à bien agir

Explication

L’intellectualisme moral affirme que la connaissance du bien entraîne l’action bonne, puisque l’agir découle du savoir. C’est précisément ce que l’akrasia vient mettre en difficulté.

20. Qu’est-ce que l’akrasia ?

Une faiblesse de la volonté qui conduit à agir contre ce que l’on juge meilleur
Une vertu qui consiste à maîtriser parfaitement ses désirs
Une ignorance totale de toute norme morale
Une forme de calcul rationnel centré sur les conséquences

Une faiblesse de la volonté qui conduit à agir contre ce que l’on juge meilleur

Explication

L’akrasia désigne la situation où l’on sait quel est le meilleur choix, mais où l’on agit néanmoins à l’encontre de ce jugement. Elle correspond donc à une faiblesse de la volonté plutôt qu’à un manque de connaissances.

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Jugement normatif — définition ?

Évalue ce qui doit être fait ou ce qui est bien.

Valeur régulatrice — rôle ?

Oriente l’action et le jugement selon des principes.

Dilemme éthique — caractéristique ?

Conflit entre valeurs difficiles à concilier.

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