Fiche de révision : Révolution française et pouvoir napoléonien

Plan du Cours

  1. La nation face à la monarchie absolue
  2. Les Lumières et la société d’ordres
  3. Les crises de la monarchie française
  4. La révolution politique des députés
  5. Commune, Bastille, Grande Peur et abolition des privilèges
  6. La monarchie constitutionnelle et ses réformes
  7. Fête de la Fédération et clergé
  8. Chute de la monarchie constitutionnelle
  9. République girondine sous les menaces
  10. Convention montagnarde et guerre civile
  11. Oppositions à la Terreur et instauration conservatrice du Directoire
  12. Le Consulat, régime personnel et pacification
  13. Réformes et héritages du Consulat
  14. L’Empire et les libertés
  15. Conquêtes napoléoniennes et crise puis chute de l’Empire

Repères chronologiques

  1. 1776-1787La Révolution américaine voit naître la république des États-Unis, qui suscite un vif intérêt en France.
  2. fin de 1788Louis XVI convoque les états généraux face aux crises financière et politique.
  3. 5 mai 1789Les états généraux s’ouvrent à Versailles.
  4. 17 juin 1789Les députés du tiers état se proclament Assemblée nationale, estimant représenter 97 % de la nation.
  5. 20 juin 1789Les députés réunis dans la salle du Jeu de Paume jurent de ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution au pays.
  6. 23 juin 1789Henri de Dreux-Brezé demande aux députés des états généraux de quitter leur salle, mais certains refusent au nom de la nation.
  7. 13 juillet 1789La Commune de Paris vote la création de la Garde nationale, composée de volontaires et commandée par le marquis de La Fayette.
  8. 14 juillet 1789Les gardes nationaux et des Parisiens prennent la Bastille après avoir pillé l’Hôtel des Invalides ; la forteresse symbolise la monarchie absolue, même si elle ne compte que 7 prisonniers.
  9. 17 juillet 1789Louis XVI accepte la cocarde tricolore remise par les dirigeants de la Commune de Paris et éloigne ses régiments.
  10. 1804Le sacre de Napoléon Ier marque le début de l’Empire dans le découpage retenu par l’intitulé du chapitre, qui borne la Révolution de 1789 à 1804.

1. La nation face à la monarchie absolue

Notions clés & Définitions

  • Nation : La nation désigne un groupe uni par un sentiment d’appartenance commune, fondé notamment sur un territoire, une langue, un État ou une histoire partagés.
  • Monarchie absolue : La monarchie absolue est un régime politique dirigé par un roi qui détient tous les pouvoirs.
  • Révolution française : La Révolution française est une période d’intenses bouleversements politiques, sociaux, religieux et économiques qui commence en juin 1789 lorsque l’assemblée se revendique nationale et remet en cause la monarchie absolue.

★ À maîtriser

  • À partir de juin 1789, la nation devient un acteur politique qui conteste la monarchie absolue en revendiquant une autorité supérieure à celle du roi.

Compléments

  • Les historiens retiennent notamment 1799, coup d’État de Napoléon Bonaparte et instauration d’un pouvoir plus personnel, ou 1815, chute du Premier Empire, comme dates possibles de fin de la Révolution.

📌 La monarchie limitée ou constitutionnelle est un régime où le roi partage ses pouvoirs avec un parlement, tandis que la république est un régime dont les dirigeants sont élus et l’empire un régime monarchique dirigé par un empereur.

Astuce mémo

L’autorité du roi est contestée au nom de la nation assemblée

2. Les Lumières et la société d’ordres

Notions clés & Définitions

  • Lumières : Les Lumières sont un mouvement de penseurs européens qui défendent l’usage de la raison, les libertés et la diffusion des connaissances au nom du progrès.

★ À maîtriser

  • Dans De l’Esprit des lois (1748), Montesquieu soutient que les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire doivent être séparés afin d’éviter la tyrannie.

  • La société française d’ordres comprend trois groupes associés aux fonctions suivantes :

    • Le clergé, chargé de prier
    • La noblesse, chargée de combattre
    • Le tiers état, chargé de travailler

Compléments

  • Locke et Diderot défendent le droit de résistance à l’oppression, c’est-à-dire le droit de se révolter contre un pouvoir violent et tyrannique.

  • Diderot et Rousseau estiment que les hommes possèdent dès la naissance des droits naturels et inaliénables, notamment la liberté, l’égalité et la propriété.

  • La société d’ordres est très inégalitaire et les droits naturels, qui posent l’égalité des hommes, en sapent les fondements.

  • Le clergé représente 1 % de la population, la noblesse 2 % et le tiers état 97 %.

  • Les privilèges sont des droits accordés à certains groupes et refusés aux autres.

  • Les clercs et les nobles sont exemptés de la plupart des impôts directs dus au roi, tandis que le tiers état les paie ; le clergé perçoit la dîme et les seigneurs nobles prélèvent des impôts seigneuriaux.

  • Voltaire voit dans la monarchie limitée anglaise un modèle de respect des libertés d’expression, de religion et de commerce.

3. Les crises de la monarchie française

★ À maîtriser

  • À la fin du XVIIIe siècle, la monarchie française est lourdement endettée parce que ses dépenses annuelles dépassent ses recettes fiscales.

  • Pour réduire la dette, la monarchie doit augmenter ses recettes, notamment en faisant contribuer les trois ordres, mais les deux premiers s’y opposent.

  • La plupart des Français ne remettent pas en cause la monarchie elle-même, mais contestent la monarchie absolue et la société d’ordres.

Compléments

  • La dette publique augmente durant la Révolution américaine parce que la France participe militairement à la guerre d’indépendance des États-Unis de 1776 à 1783.

  • Les mauvaises récoltes des années 1780 raréfient le blé et en font augmenter le prix, fragilisant les plus démunis.

  • Dans un contexte de disette, les émeutes de subsistance, ou révoltes de la faim, deviennent plus fréquentes.

  • Les états généraux sont une assemblée de représentants des trois ordres convoquée par le roi.

  • Les cahiers de doléances recueillent les motifs de mécontentement et les souhaits de changement des Français, qui expriment généralement leur respect pour le roi tout en attendant des réformes.

  • Les cahiers du tiers état dénoncent presque tous les privilèges, réclament davantage d’égalité et demandent souvent une assemblée représentant la nation pour fixer le montant des impôts.

Astuce mémo

Dette et mauvaises récoltes → crises politique et sociale

4. La révolution politique des députés

★ À maîtriser

  • La proclamation de l’Assemblée nationale transfère la souveraineté du roi à la nation.

Compléments

  • Le vote par ordre aux états généraux donne une voix à chacun des trois ordres et favorise les deux ordres privilégiés.

  • Au début de juillet 1789, Louis XVI fait venir des troupes autour de Paris et Versailles, sans doute pour se protéger d’un coup de force ou intimider les révolutionnaires.

5. Commune, Bastille, Grande Peur et abolition des privilèges

Notions clés & Définitions

  • Ancien Régime : Organisation politique et sociale d’avant 1789, fondée sur la monarchie absolue et la société d’ordres.

★ À maîtriser

  • Dans la nuit du 4 août 1789, l’Assemblée vote l’abolition de la dîme, des impôts seigneuriaux et de tous les privilèges.

  • Le 26 août 1789, l’Assemblée adopte la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : son article 1er affirme l’égalité en droits et son article 3 situe la souveraineté dans la nation.

  • À partir du 20 juillet 1789, des paysans se révoltent contre les châteaux et détruisent les registres seigneuriaux qui consignent les impôts dus aux seigneurs.

Compléments

  • Le 11 juillet 1789, les sans-culottes créent la Commune de Paris, une nouvelle autorité municipale.

  • La noblesse émigrée à partir de l’été 1789 organise peu à peu des armées contre-révolutionnaires avec l’aide de monarchies étrangères.

Astuce mémo

La peur de représailles déclenche les révoltes paysannes → l’abolition des privilèges.

6. La monarchie constitutionnelle et ses réformes

★ À maîtriser

  • En septembre 1791, la Constitution instaure une monarchie constitutionnelle où le roi détient le pouvoir exécutif et l’Assemblée législative détient le pouvoir législatif ainsi que l’initiative des lois.

📌 Le suffrage censitaire réserve le vote aux citoyens actifs, un peu plus de 4 millions, tandis que 3 millions de citoyens passifs et toutes les femmes en sont exclus.

Compléments

  • Les 5 et 6 octobre 1789, des milliers de Parisiennes marchent sur Versailles pour réclamer du pain, puis contraignent Louis XVI à s’installer au palais des Tuileries à Paris, suivi par l’Assemblée.

  • En février 1790, l’Assemblée constituante remplace les circonscriptions administratives d’Ancien Régime par 83 départements de superficie similaire, permettant à chaque habitant de faire l’aller-retour au chef-lieu en une journée à cheval.

  • En novembre 1789, les biens de l’Église catholique sont nationalisés et gérés par l’État, qui prend en charge le salaire des prêtres, les frais des hôpitaux et l’aide aux plus démunis.

  • Entre le début et la fin de 1789, le nombre de journaux passe d’environ 150 à près de 350.

  • Les clubs politiques sont des lieux de discussion et de réflexion, ancêtres des partis politiques contemporains, qui contribuent à politiser la population.

  • Le club des Feuillants défend une monarchie limitée, tandis que les Jacobins et les Cordeliers défendent davantage les intérêts des plus pauvres ; le club des Cordeliers est créé en 1790.

  • Olympe de Gouges publie une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne affirmant que la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits.

  • Les fonctionnaires, notamment les juges, sont désormais élus et ne sont plus propriétaires de leur charge ; la justice devient gratuite et accessible à tous.

  • Les réformes économiques garantissent la liberté de choisir son métier, la liberté d’entreprendre et l’harmonisation des poids et mesures par l’adoption du système métrique.

📌 Le veto suspensif accordé au roi en septembre 1789 lui permet de retarder une loi pendant 4 ans, sans la bloquer définitivement.

7. Fête de la Fédération et clergé

★ À maîtriser

  • Le 14 juillet 1790, la Fête de la Fédération se tient au Champ-de-Mars à Paris et donne lieu à des serments de fidélité à la nation, à la loi et au roi.

  • En juillet 1790, l’Assemblée adopte la Constitution civile du clergé, qui oblige les prêtres à prêter serment de fidélité à la nation, à la loi et au roi.

📌 La condamnation pontificale divise le clergé entre les prêtres jureurs, qui prêtent serment, et les prêtres réfractaires, qui le refusent et sont particulièrement nombreux dans l’Ouest, notamment en Vendée.

Compléments

  • Au début de 1791, le pape Pie VI condamne le serment imposé aux prêtres, estimant qu’ils ne peuvent avoir qu’un seul supérieur : lui-même.

  • Lors de la Fête de la Fédération, Louis XVI jure de respecter la constitution et de faire appliquer les lois, dans une cérémonie qui donne momentanément l’impression d’une union nationale.

Astuce mémo

L’union proclamée en 1790 s’oppose à la division religieuse qui suit

8. Chute de la monarchie constitutionnelle

★ À maîtriser

  • Le 21 juin 1791, Louis XVI est arrêté à Varennes alors qu’il tente de fuir le pays, puis il est ramené à Paris le 25 juin.

  • Le 17 juillet 1791, une manifestation républicaine au Champ-de-Mars, appelée par les Cordeliers, est réprimée par la Garde nationale dirigée par La Fayette, qui fait environ 50 morts.

  • Le 20 avril 1792, la France déclare la guerre à l’Autriche, que la Prusse rejoint rapidement.

  • Le 10 août 1792, les sans-culottes parisiens et des fédérés attaquent les Tuileries, affrontent les gardes suisses dans des combats faisant environ 1 000 morts, puis la famille royale est arrêtée à l’Assemblée.

  • Le 21 septembre 1792, la Convention nationale, élue au suffrage universel masculin, proclame la République, la première de l’histoire de France.

Compléments

  • En fuyant, Louis XVI espère vraisemblablement obtenir l’aide des rois étrangers et des émigrés pour reconquérir son pouvoir, diminué par les réformes de l’Assemblée.

  • Après l’adoption de la constitution en septembre 1791, l’Assemblée législative est élue au suffrage censitaire et dominée par les députés proches de Brissot, appelés Girondins.

  • Les Girondins soutiennent la guerre contre les émigrés et les pays qui les soutiennent, notamment l’Autriche et la Prusse, afin de combattre les menaces et de diffuser les principes révolutionnaires en Europe.

  • Le 25 juillet 1792, le duc de Brunswick menace de détruire Paris si la vie du roi est menacée dans le manifeste de Brunswick, renforçant l’idée que Louis XVI est soutenu par l’étranger.

  • La veille de la proclamation de la République, la victoire française de Valmy écarte la menace austro-prussienne.

Astuce mémo

Varennes, guerre, Tuileries : la monarchie tombe

9. République girondine sous les menaces

★ À maîtriser

  • Le 21 janvier 1793, Louis XVI, reconnu coupable de trahison par la Convention le 15 janvier et condamné à mort le 17 janvier, est guillotiné.

  • En février 1793, la Convention vote la levée en masse de 300 000 hommes tirés au sort pour défendre le pays.

📌 Les Girondins, parmi lesquels Brissot, Condorcet et Roland, sont des républicains méfiants envers les excès populaires, tandis que les Montagnards, dont Robespierre, Danton, Marat, Saint-Just et Desmoulins, sont plus proches du peuple et des sans-culottes.

Compléments

  • À la Convention, les Girondins comptent 160 députés, les Montagnards 200 et la Plaine 389.

  • Les Girondins condamnent les massacres de septembre 1792 contre des centaines de prisonniers royalistes, ce qui leur vaut le soutien de la plupart des députés modérés de la Plaine.

  • Les Montagnards expliquent les violences populaires par les inégalités sociales et estiment que leur réduction et l’éducation du peuple permettraient de les faire cesser.

  • L’exécution de Louis XVI radicalise les oppositions à la République française à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

  • Les pays qui rejoignent l’Autriche et la Prusse sont :

    • l’Espagne
    • l’Angleterre
    • les Provinces-Unies
    • le Piémont
  • En mars 1793, des paysans royalistes de Vendée se soulèvent contre la République parce qu’ils refusent la mobilisation.

  • Après plusieurs défaites républicaines vendéennes à l’été 1793, les « Bleus » républicains viennent à bout des « Blancs » contre-révolutionnaires à la fin de 1793.

10. Convention montagnarde et guerre civile

★ À maîtriser

  • Les 31 mai et 2 juin 1793, des milliers de sans-culottes parisiens obtiennent l’arrestation des chefs girondins, accusés de ne pas avoir pris des mesures assez fermes contre les ennemis de la Révolution.

  • Avec l’appui des sans-culottes, les Montagnards prennent le contrôle de la Convention après l’arrestation des chefs girondins.

  • La Convention montagnarde suspend la Constitution et les élections jusqu’au retour de la paix, tout en maintenant l’assemblée.

  • Le Comité de salut public, composé d’une dizaine de membres dominés par Robespierre, reçoit le gouvernement au nom d’une dictature temporaire destinée à sauver la patrie.

  • Le gouvernement révolutionnaire entraîne plus de 20 000 exécutions et plus de 100 000 victimes de la guerre civile en Vendée.

📌 La loi des suspects de septembre 1793 permet d’emprisonner les opposants suspects, sans qu’ils soient tous ensuite jugés ; à partir de juin 1794, les accusés traduits devant le Tribunal révolutionnaire sont jugés de façon expéditive et sans avocat.

Compléments

  • Les révoltes fédéralistes éclatent notamment à :

    • Lyon
    • Marseille
    • Bordeaux
  • Les révoltes fédéralistes ajoutent une guerre civile à la guerre extérieure que mène la France.

  • La levée en masse d’août 1793 porte les effectifs de l’armée française à près d’un million d’hommes, presque autant que ceux de ses adversaires réunis.

  • La radicalisation révolutionnaire est liée au contexte de guerre et à la pression des sans-culottes, qui envahissent plusieurs fois la Convention pour réclamer des mesures énergiques.

  • À la fin de 1793, les ennemis intérieurs, notamment les royalistes et les fédéralistes, ainsi que les ennemis extérieurs, sont repoussés sans être complètement vaincus.

📌 À partir de juin 1794, le Tribunal révolutionnaire ne peut prononcer que l’acquittement ou la peine de mort.

Astuce mémo

Périls intérieurs et extérieurs → mesures d’exception → radicalisation

11. Oppositions à la Terreur et instauration conservatrice du Directoire

★ À maîtriser

  • Le 27 juillet 1794, ou 9 thermidor an II, la Convention décrète l’arrestation des robespierristes, exécutés le lendemain.

  • En 1797, après la victoire électorale des royalistes, les Directeurs annulent les élections et font arrêter leurs chefs par l’armée lors du coup d’État du 18 fructidor an V, le 4 septembre 1797.

  • Le Directoire est instauré par la Constitution adoptée en août 1795 afin de mettre fin à l’instabilité et de clore la Révolution.

📌 Les Indulgents ou dantonistes veulent arrêter la Terreur, tandis que les Enragés ou hébertistes veulent l’accentuer pour écarter définitivement les menaces contre la Révolution.

📌 Le Directoire est une république conservatrice qui remplace le suffrage universel par le suffrage censitaire : sur 28 millions d’habitants, 6 millions seulement sont des citoyens actifs.

Compléments

  • Le 1er prairial an III, soit le 20 mai 1795, les sans-culottes se révoltent dans un contexte de disette et de hausse des prix, réclament du pain et la Constitution de l’an I, puis envahissent l’assemblée.

  • Le 13 vendémiaire an IV, soit le 5 octobre 1795, les royalistes se révoltent contre le Directoire et l’armée réprime violemment leur révolte.

  • Robespierre et ses partisans font éliminer les Enragés en mars 1794, puis les Indulgents en avril 1794.

  • Après l’arrestation des robespierristes, le gouvernement révolutionnaire et ses mesures exceptionnelles sont abolis.

  • Les adversaires de Robespierre popularisent l’appellation péjorative « la Terreur » pour condamner la politique montagnarde et la période où les Montagnards sont au pouvoir, de juin 1793 à juillet 1794.

  • Le Directoire confie le pouvoir exécutif à cinq Directeurs et divise le pouvoir législatif entre deux chambres afin d’éviter une nouvelle dictature.

  • En 1796, d’anciens Montagnards menés par Babeuf préparent la Conjuration des Égaux, un projet de coup d’État contre le Directoire qui est presque aussitôt déjoué.

  • L’armée devient un soutien indispensable au Directoire, alors que la guerre extérieure contre la coalition européenne se poursuit depuis 1792.

Astuce mémo

À gauche, les sans-culottes et Babeuf ; à droite, les royalistes

12. Le Consulat, régime personnel et pacification

★ À maîtriser

  • Pendant la campagne d’Italie de 1796-1797, Bonaparte remporte des victoires sur les Piémontais et les Autrichiens, notamment au pont d’Arcole et à Rivoli, et permet la conquête de l’Italie du Nord.

  • Le 18 brumaire an VIII, soit le 9 novembre 1799, l’armée contraint les deux assemblées à accepter la révision de la Constitution, lors du coup d’État préparé avec le Directeur Sieyès.

  • La Constitution adoptée en décembre 1799 instaure le Consulat, dont l’exécutif est dirigé par trois consuls.

  • Le Consulat est un régime personnel où Napoléon Bonaparte, Premier Consul, détient l’essentiel du pouvoir exécutif et le monopole de la proposition des lois, tandis que les deux autres consuls ont un rôle consultatif.

  • Pour réconcilier le pays, Bonaparte autorise le retour des émigrés et signe en 1801 le Concordat avec le pape Pie VII, qui garantit le culte catholique et la rémunération des clercs par l’État.

Compléments

  • Né en 1769, Napoléon Bonaparte devient général après avoir repris Toulon aux Anglais en 1793.

  • Bonaparte écrase la révolte royaliste du 13 vendémiaire an IV, le 5 octobre 1795, alors qu’il est chargé de défendre Paris.

  • Bonaparte présente l’intervention française en Italie comme une libération qui diffuse les principes révolutionnaires et met en valeur ses victoires auprès des Français et des Italiens.

  • La lassitude des Français face aux troubles, l’impopularité du Directoire et la renommée de Bonaparte expliquent le peu d’opposition au coup d’État du 18 brumaire.

  • Le pouvoir législatif du Consulat est affaibli et divisé entre quatre assemblées.

  • Bonaparte utilise des plébiscites pour valider la Constitution en 1799, devenir Premier Consul à vie en 1802 et devenir « Empereur des Français » en 1804.

  • En contrepartie du Concordat, les évêques sont nommés par la France et prêtent serment de fidélité, tandis que l’Église renonce aux biens confisqués en 1789.

  • Les mesures d’apaisement de Bonaparte permettent de négocier avec les royalistes de l’intérieur et de mettre fin aux guerres civiles dans l’Ouest, notamment en Vendée.

  • Bonaparte fait la paix avec l’Autriche et ses alliés en 1801, puis avec le Royaume-Uni en 1802, mettant fin pour la première fois depuis 1792 à la guerre de la France.

📌 Sous le Consulat, le suffrage universel est rétabli mais demeure indirect : les citoyens élisent des notables ou grands électeurs, parmi lesquels les dirigeants sont choisis.

📌 Le Consulat est un régime autoritaire plutôt qu’une véritable dictature, car le peuple est consulté et représenté par des assemblées, malgré la surveillance étroite des oppositions.

13. Réformes et héritages du Consulat

★ À maîtriser

  • En 1802, l’esclavage est rétabli après son abolition par la Convention en 1794, à la suite de la révolte des esclaves en Haïti.

  • En 1800, Bonaparte place à la tête des départements des préfets qu’il nomme pour le représenter et appliquer sa politique.

  • Le Code civil, adopté en 1804 sous l’impulsion de Napoléon Bonaparte, confirme l’égalité en droits acquise en 1789 tout en rétablissant un principe d’autorité.

Compléments

  • Le Code civil institue l’autorité du père sur ses enfants, du mari sur sa femme et du patron sur les ouvriers.

  • La Banque de France détient seule le pouvoir d’émettre des billets, et le franc germinal, contrôlé par l’État, reste stable jusqu’en 1914.

  • Le Consulat crée les lycées pour former les futures élites et l’école militaire de Saint-Cyr pour former les officiers.

  • La Légion d’honneur récompense les services rendus à la nation et valorise la promotion au mérite plutôt que les privilèges d’Ancien Régime.

14. L’Empire et les libertés

★ À maîtriser

  • En mai 1804, Napoléon Bonaparte devient empereur sous le titre de Napoléon Ier.

  • La censure impériale contrôle les publications et les spectacles avant leur diffusion, et le nombre de journaux passe de 45 en 1799 à 2 en 1814.

📌 Après 1804, l’abandon du plébiscite et la non-convocation des assemblées marquent le remplacement de la souveraineté nationale par une souveraineté monarchique.

Compléments

  • Le 2 décembre 1804, Napoléon Ier est sacré dans la cathédrale Notre-Dame de Paris en présence du pape Pie VII.

  • En 1807, la Cour des comptes est créée pour surveiller les comptes publics des administrations et des ministères.

  • En 1808, le baccalauréat est créé comme diplôme d’État sanctionnant la fin des études secondaires au lycée et permettant l’accès à l’université.

  • Adopté en 1810, le Code pénal définit les infractions et les peines prévues.

  • L’Empire crée une noblesse aux titres héréditaires, mais dépourvue de privilèges.

  • Sous le Consulat et l’Empire, Fouché dirige le ministère de la police de 1799 à 1810 et surveille la population pour contrer les oppositions monarchiste et sans-culotte.

  • Le livret ouvrier, créé en 1803, permet aux autorités de contrôler et de limiter la circulation des ouvriers.

  • La propagande impériale passe par la presse, les portraits de Napoléon peints notamment par Ingres, David, Gérard ou Gros, et des monuments comme les arcs de triomphe du Carrousel et de l’Étoile et la colonne Vendôme.

15. Conquêtes napoléoniennes et crise puis chute de l’Empire

Notions clés & Définitions

  • Blocus continental : Mesure qui interdit aux produits britanniques d’entrer sur le continent européen afin d’affaiblir économiquement l’Angleterre.
  • Sentiment national : Sentiment d’appartenir à un même groupe partageant des valeurs communes.

★ À maîtriser

  • Le 18 juin 1815, l’armée française est vaincue à Waterloo et, le 22 juin 1815, Napoléon abdique pour la seconde fois.

  • En 1811, l’Empire napoléonien atteint son apogée, domine l’essentiel de l’Europe et compte 130 départements.

  • Dans les pays conquis, des constitutions et des codes civils inspirés du modèle français abolissent les privilèges et garantissent l’égalité en droits, la liberté de conscience et l’accès à tous les métiers.

  • En 1812, l’échec de la campagne de Russie marque un tournant, car la Grande Armée est repoussée et les anciens ennemis de la France rejoignent la coalition.

  • Le 30 mars 1814, les armées étrangères défilent dans Paris, et Napoléon abdique le 6 avril 1814.

  • Les victoires de la Grande Armée à Austerlitz en 1805 et à Iéna en 1806 lui permettent de vaincre l’Autriche, la Russie et la Prusse après Trafalgar en 1805.

Compléments

  • Le 2 mai 1808, une révolte éclate en Espagne contre la présence française et est immortalisée par Goya dans Dos de Mayo.

  • En Espagne, l’occupation française, les prélèvements matériels et la conscription alimentent le rejet de la présence étrangère et l’éveil du sentiment national.

  • En France, les guerres napoléoniennes font plus de deux millions de victimes, dont 600 000 Français.

  • Le 1er mars 1815, Napoléon revient en France en débarquant à Golfe-Juan, puis reprend le pouvoir à Paris après la fuite de Louis XVIII.

  • Après sa seconde abdication, Napoléon est exilé sur l’île de Sainte-Hélène, dans l’Atlantique sud.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Révolution française et pouvoir napoléonien avec 52 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Le 23 juin 1789, Henri de Dreux-Brezé demande aux députés des états généraux de quitter leur salle. Au nom de quoi certains refusent-ils ?

2. Quel élément caractérise une nation au sens du sentiment d’appartenance commune ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Révolution française et pouvoir napoléonien avec 98 flashcards interactives.

À quelle date Henri de Dreux-Brezé demanda-t-il aux députés de quitter leur salle ?

Le 23 juin 1789.

Que désigne la nation ?

Un groupe uni par un sentiment d’appartenance commune.

Quelle autorité la nation revendique-t-elle face au roi à partir de juin 1789 ?

Une autorité supérieure à celle du roi.

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