QCM : Chapitre 1 - Les pouvoirs de la parole — 40 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle capacité définit le mieux la parole humaine ?

Une faculté innée destinée à organiser les mouvements du corps
Une technique sociale servant à transmettre des informations chiffrées
Une aptitude intellectuelle permettant de mémoriser des règles abstraites
Une capacité acquise pour exprimer ses pensées et entrer en relation

Une capacité acquise pour exprimer ses pensées et entrer en relation

Explication

La parole s’acquiert et permet à la fois d’exprimer la pensée et de créer une relation avec autrui. Elle ne se réduit donc ni à la mémorisation ni à la transmission d’informations chiffrées.

2. Comment la parole peut-elle, selon la distinction attribuée à Emil Cioran, élever ou abaisser l’être humain ?

Elle l’élève par la mémoire, mais l’abaisse lorsqu’elle exprime des émotions
Elle l’élève par le silence, mais l’abaisse lorsqu’elle devient trop expressive
Elle l’élève par la beauté, mais l’abaisse lorsqu’elle cherche à convaincre
Elle l’élève par le langage, mais l’abaisse lorsqu’elle trahit ou manipule

Elle l’élève par le langage, mais l’abaisse lorsqu’elle trahit ou manipule

Explication

Le langage peut distinguer l’homme de l’animal, tandis que la parole peut aussi l’abaisser lorsqu’elle trompe, manipule ou montre les limites des mots. La distinction porte donc sur le pouvoir ambivalent du langage.

3. Selon quels trois axes les pouvoirs de la parole sont-ils étudiés ?

Comme émotion, comme vérité et comme imagination
Comme langage, comme silence et comme interprétation
Comme art, comme autorité et comme séduction
Comme mémoire, comme connaissance et comme action

Comme art, comme autorité et comme séduction

Explication

Les trois axes retenus sont la parole comme art, comme autorité et comme séduction. Les autres ensembles associent des notions générales qui ne correspondent pas à cette classification.

4. Quelle définition rend compte à la fois du sens noble et du sens critique de la rhétorique ?

Une méthode de parler avec émotion pour éviter les raisonnements abstraits
Un art de bien parler pour persuader, pouvant aussi manipuler l’auditoire
Une pratique de débat visant à distinguer les faits des opinions personnelles
Une technique de mémorisation permettant de restituer fidèlement un discours

Un art de bien parler pour persuader, pouvant aussi manipuler l’auditoire

Explication

La rhétorique désigne l’art de bien parler pour persuader, mais le terme peut aussi renvoyer à une manipulation de l’auditoire. Elle ne se limite donc ni à l’émotion ni à la mémorisation.

5. Quelle opposition distingue principalement les conceptions de Platon et d’Aristote sur la rhétorique ?

Platon y voit surtout une manipulation, Aristote une exposition d’arguments persuasifs
Platon l’associe à la poésie, Aristote l’identifie à une technique de mémorisation
Platon la réserve aux tribunaux, Aristote la consacre aux cérémonies publiques
Platon y voit surtout une science, Aristote une pratique dépourvue de raisonnement

Platon y voit surtout une manipulation, Aristote une exposition d’arguments persuasifs

Explication

Pour Platon, la rhétorique relève principalement de la manipulation de l’auditoire, tandis qu’Aristote la définit par l’exposition de discours ou d’arguments destinés à persuader. Les autres oppositions ne correspondent pas à leurs conceptions respectives.

6. Quels éléments le discours rhétorique met-il en relation selon Aristote ?

Le locuteur, la langue, le style et la mémoire du public
L’auteur, le texte, le contexte historique et la vérité recherchée
L’orateur, le sujet traité, l’auditoire et une fin appelée telos
Le juge, l’accusé, la preuve et la décision judiciaire

L’orateur, le sujet traité, l’auditoire et une fin appelée telos

Explication

Le modèle aristotélicien articule l’orateur, ce dont il parle, l’auditoire et une finalité, appelée telos. Le juge et la décision judiciaire ne décrivent qu’une situation particulière de discours.

7. Une assemblée doit décider si un projet sera bénéfique ou nuisible pour la cité : quel genre de discours convient à cette situation ?

Le discours judiciaire, centré sur le juste et l’injuste
Le discours délibératif, centré sur l’utile et le nuisible
Le discours démonstratif, centré sur la preuve et la réfutation
Le discours épidictique, centré sur le beau et le laid

Le discours délibératif, centré sur l’utile et le nuisible

Explication

Le discours délibératif examine ce qui peut être utile ou nuisible pour une décision future. Le judiciaire porte sur le juste et l’injuste, tandis que l’épidictique relève de l’éloge ou du blâme.

8. Quelle association entre les moyens de persuasion et leurs effets est correcte ?

Le logos sollicite les émotions, le pathos la raison et l’ethos la mémoire
Le logos sollicite la raison, le pathos les émotions et l’ethos la crédibilité
Le logos produit l’admiration, le pathos établit la logique et l’ethos provoque la peur
Le logos repose sur la réputation, le pathos sur les preuves et l’ethos sur la surprise

Le logos sollicite la raison, le pathos les émotions et l’ethos la crédibilité

Explication

Le logos persuade par le raisonnement, le pathos agit sur les émotions et l’ethos dépend de la crédibilité accordée à l’orateur. Confondre logos et pathos revient donc à inverser raison et émotion.

9. Quel effet caractérise le sublime selon le traité Du sublime attribué au Pseudo-Longin ?

Il transporte l’auditoire et suscite admiration, étonnement et surprise
Il cherche à divertir l’auditoire par des images plaisantes et familières
Il fournit des preuves rationnelles afin d’établir une conclusion certaine
Il obtient l’accord du public en présentant une décision pratique

Il transporte l’auditoire et suscite admiration, étonnement et surprise

Explication

Le sublime dépasse la persuasion ou le plaisir immédiat en ravissant et en transportant l’auditoire, jusqu’à produire admiration, étonnement et surprise. Il ne se définit donc pas principalement par la preuve logique ou la décision pratique.

10. Dans quel ordre général l’orateur construit-il son discours ?

Embellir les arguments, les prononcer, les trouver, les disposer, puis les mémoriser
Trouver les éléments, les classer, les disposer, les embellir, les mémoriser, puis les prononcer
Prononcer les idées, les mémoriser, les classer, les trouver, puis les embellir
Mémoriser le sujet, le prononcer, le classer, le trouver, puis le justifier

Trouver les éléments, les classer, les disposer, les embellir, les mémoriser, puis les prononcer

Explication

La construction suit une progression allant de la recherche des éléments à leur classement, leur disposition, leur embellissement, leur mémorisation et leur prononciation assurée. La prononciation intervient donc après la préparation du contenu et de sa forme.

11. Selon Chaïm Perelman, quelle condition permet à une argumentation de se développer ?

Les faits s’imposent spontanément à tout esprit
L’auditoire lui prête une certaine attention
Le public connaît déjà toutes les conclusions
L’orateur impose son point de vue par la force

L’auditoire lui prête une certaine attention

Explication

Pour Perelman, l’argumentation dépend de l’attention accordée par l’auditoire, puisque les faits ne parlent pas d’eux-mêmes à tous les esprits. L’imposition par la force relève de la contrainte et non du fonctionnement argumentatif.

12. Quelle situation illustre un éloge paradoxal ?

Célébrer un héros reconnu pour ses actions courageuses
Apprécier une personne déjà admirée pour sa générosité
Louer la folie, habituellement considérée comme un défaut
Présenter une œuvre célèbre comme un modèle artistique

Louer la folie, habituellement considérée comme un défaut

Explication

L’éloge paradoxal valorise un objet ou une personne habituellement déprécié, comme la folie dans l’œuvre d’Érasme. Célébrer une qualité déjà estimée correspond plutôt à un éloge ordinaire.

13. Qu’est-ce qui distingue l’autorité de la contrainte et de la persuasion ?

Elle obtient l’obéissance par une menace physique explicite
Elle obtient l’accord en mobilisant des émotions collectives
Elle obtient l’obéissance grâce à une légitimité reconnue
Elle obtient l’adhésion grâce à une démonstration argumentée

Elle obtient l’obéissance grâce à une légitimité reconnue

Explication

L’autorité est un pouvoir reconnu qui obtient l’obéissance sans recourir à la force ni à une argumentation persuasive. La menace physique caractérise la contrainte, tandis que la démonstration relève de la persuasion.

14. Dans la prédication religieuse, quel rôle revient au prédicateur ?

Défendre une thèse religieuse en recourant principalement à la force
Remplacer le message divin par une réflexion personnelle indépendante
Transmettre et expliquer le message divin en restant fidèle au texte sacré
Réciter le texte sacré sans chercher à en éclairer le sens

Transmettre et expliquer le message divin en restant fidèle au texte sacré

Explication

Le prédicateur reçoit l’autorité de la parole divine et doit en transmettre et expliquer le contenu tout en demeurant fidèle au texte sacré. Une interprétation indépendante ou une récitation dépourvue d’explication ne correspond pas à cette fonction.

15. Dans la chaîne d’inspiration poétique décrite par Socrate, comment la puissance se transmet-elle ?

De la muse au poète, puis au rhapsode et au public
Du rhapsode au public, puis à la muse et au poète
Du public au rhapsode, puis au poète et à la muse
Du poète à la muse, puis au public et au rhapsode

De la muse au poète, puis au rhapsode et au public

Explication

La chaîne va de la muse au poète, du poète au rhapsode, puis du rhapsode au public. Elle décrit une transmission successive de la puissance inspiratrice.

16. Pourquoi Socrate refuse-t-il d’attribuer véritablement une technè au rhapsode qui récite Homère ?

Parce qu’il compose lui-même les poèmes et refuse toute interprétation extérieure
Parce qu’il transmet les émotions du poème sans jamais s’adresser au public
Parce qu’il connaît plusieurs auteurs mais ignore les règles de la récitation
Parce qu’il ne sait pas expliquer rationnellement les textes et ne maîtrise qu’un auteur

Parce qu’il ne sait pas expliquer rationnellement les textes et ne maîtrise qu’un auteur

Explication

Pour Socrate, le rhapsode ne possède pas une véritable technè s’il ne peut rendre compte rationnellement des textes et s’il reste limité à son auteur préféré. La transmission émotive ne suffit donc pas à constituer une compétence technique.

17. Quel rapport Socrate établit-il entre l’inspiration poétique et la raison du poète ou du rhapsode ?

L’inspiration les rend capables de composer sans intervention extérieure
L’inspiration leur fait perdre une part de leur maîtrise rationnelle
L’inspiration renforce leur contrôle réfléchi sur chaque création
L’inspiration leur permet d’expliquer techniquement tous les textes

L’inspiration leur fait perdre une part de leur maîtrise rationnelle

Explication

Selon Socrate, l’inspiration rend le poète et le rhapsode passifs face à une création qui peut les dépasser, ce qui implique une perte partielle de raison. La maîtrise réfléchie relève plutôt de la technè.

18. Comment la récitation du rhapsode prolonge-t-elle l’inspiration poétique jusqu’au public ?

Elle transforme le poème en discours indépendant de toute émotion
Elle remplace les émotions du poème par une analyse rationnelle du texte
Elle transmet aux spectateurs les émotions venues de la muse et du poème
Elle interrompt la transmission en séparant le rhapsode des spectateurs

Elle transmet aux spectateurs les émotions venues de la muse et du poème

Explication

La récitation et la mise en scène du rhapsode prolongent la chaîne d’inspiration en transmettant au public les émotions issues de la muse et du poème. Une analyse rationnelle pourrait accompagner la récitation, mais elle ne décrit pas ici le mécanisme de propagation émotionnelle.

19. Quel mouvement André Breton crée-t-il en 1924 pour explorer le rêve, l’inconscient et le hasard au-delà des conventions artistiques ?

Le mouvement symboliste
Le mouvement surréaliste
Le mouvement dadaïste
Le mouvement naturaliste

Le mouvement surréaliste

Explication

André Breton crée le mouvement surréaliste en 1924, avec l’ambition de dépasser le réalisme et les conventions artistiques par l’exploration du rêve, de l’inconscient et du hasard. Le symbolisme s’intéresse également à l’intériorité, mais il ne correspond pas à cette création attribuée à Breton.

20. Quel exemple manifeste indirectement un contenu de l’inconscient psychique ?

Un souvenir raconté volontairement à l’état de veille
Une perception clairement identifiée au moment présent
Une décision réfléchie prise après délibération
Un lapsus révélant un désir non conscient

Un lapsus révélant un désir non conscient

Explication

L’inconscient psychique regroupe des contenus absents de la conscience qui peuvent se manifester notamment dans les rêves ou les lapsus. Une décision délibérée et un souvenir raconté consciemment relèvent plutôt de phénomènes accessibles à la conscience.

21. Quel est le but principal de la dialectique dans une discussion ?

Obtenir l’adhésion de l’auditoire grâce à un discours séduisant
Imposer une conclusion par l’autorité du locuteur
Flatter l’interlocuteur afin de renforcer son opinion initiale
Réfuter des certitudes par l’interrogation pour conduire vers la vérité

Réfuter des certitudes par l’interrogation pour conduire vers la vérité

Explication

La dialectique progresse par l’interrogation et la réfutation des certitudes afin d’orienter l’interlocuteur vers la connaissance vraie. La recherche de l’adhésion par la séduction correspond davantage à la rhétorique qu’à la dialectique.

22. Quelle opposition distingue le dialogue socratique du discours sophistique ?

Le dialogue socratique transmet une doctrine achevée, tandis que le discours sophistique organise une enquête commune
Le dialogue socratique vise le plaisir du public, tandis que le discours sophistique recherche une connaissance démontrée
Le dialogue socratique flatte l’interlocuteur, tandis que le discours sophistique examine les idées avec lui
Le dialogue socratique recherche la vérité, tandis que le discours sophistique privilégie la persuasion flatteuse

Le dialogue socratique recherche la vérité, tandis que le discours sophistique privilégie la persuasion flatteuse

Explication

Le dialogue socratique est un échange réciproque et égalitaire orienté vers la vérité, alors que le discours sophistique privilégie la flatterie et la persuasion. L’idée d’une enquête commune appartient donc au dialogue socratique, et non au discours sophistique.

23. Dans le Gorgias, à quelle forme de persuasion la rhétorique est-elle principalement rattachée ?

À une vérité établie par un échange dialectique
À une connaissance médicale fondée sur l’expérience du corps
À une science démontrée par une enquête rationnelle
À une croyance produite sans science ni véritable savoir

À une croyance produite sans science ni véritable savoir

Explication

Dans le Gorgias, Socrate distingue la persuasion qui produit une croyance de celle qui produit la science, et la rhétorique relève principalement de la première. Elle peut donc convaincre sans fournir le savoir démontré associé à la connaissance véritable.

24. Quelle stratégie Machiavel attribue-t-il au dirigeant qui veut conserver son pouvoir ?

Fonder son autorité sur la bonté morale plutôt que sur l’efficacité
Renoncer aux apparences afin de gouverner par la transparence
Exprimer constamment ses intentions pour gagner la confiance publique
Savoir simuler et dissimuler selon les circonstances politiques

Savoir simuler et dissimuler selon les circonstances politiques

Explication

Dans Le Prince, Machiavel affirme qu’un dirigeant doit savoir simuler et dissimuler pour conserver son pouvoir. La transparence constante et la bonté morale ne constituent pas, dans cette analyse, les conditions centrales du maintien politique.

25. Pourquoi Machiavel associe-t-il au prince à la fois le lion et le renard ?

Parce que le lion représente la flatterie et le renard la domination militaire
Parce que la force doit être complétée par la ruse pour affronter les adversaires
Parce que ces deux figures désignent deux formes équivalentes de courage politique
Parce que la ruse doit remplacer la force dans toute décision politique

Parce que la force doit être complétée par la ruse pour affronter les adversaires

Explication

Le lion représente la force et le renard la ruse ; Machiavel estime que la force seule ne suffit pas au dirigeant. Les deux figures désignent donc des qualités différentes et complémentaires, plutôt que deux formes identiques de courage.

26. Que doit apprendre à faire un prince qui veut se maintenir au pouvoir selon Machiavel ?

Suivre des règles morales fixes sans les adapter aux circonstances
Employer le mal dans chaque crise pour prévenir toute contestation
Ne pas être toujours bon et employer le bien ou le mal selon la nécessité
Rester toujours bon afin de rendre son autorité moralement incontestable

Ne pas être toujours bon et employer le bien ou le mal selon la nécessité

Explication

Machiavel soutient qu’un prince doit apprendre à ne pas être toujours bon et à recourir au bien ou au mal selon la nécessité. Cette règle politique s’oppose à l’idée d’une conduite morale fixe, indépendante des circonstances.

27. Que signifie l’étymologie latine de « séduire » et quelle action décrit-elle ?

Convaincre quelqu’un par une démonstration logique et vérifiable
Inviter quelqu’un à participer librement à une décision collective
Amener quelqu’un à part en le détournant par l’admiration ou la passion
Transmettre une information claire sans modifier le jugement du destinataire

Amener quelqu’un à part en le détournant par l’admiration ou la passion

Explication

Le verbe latin *seducere* signifie amener à part ou à l’écart, ce qui renvoie au détournement de l’autre par l’admiration, la passion ou l’envoûtement. La parole informative vise plutôt la transmission d’un contenu, sans que cette fonction implique une orientation vers un objet aimé.

28. Quelle transformation de l’expression « je t’aime » Roland Barthes décrit-il dans *Fragment d’un discours amoureux* ?

Sa répétition finit par affaiblir l’effet initial de l’aveu amoureux
Son sens dépend surtout de la durée de la relation entre les deux personnes
Son emploi répété renforce progressivement l’intensité du sentiment exprimé
Son premier emploi reste informatif, tandis que les suivants deviennent argumentatifs

Sa répétition finit par affaiblir l’effet initial de l’aveu amoureux

Explication

Barthes souligne que le premier aveu amoureux peut produire un effet fort, mais que la répétition de « je t’aime » finit par vider l’expression de son effet initial. L’idée d’un renforcement progressif contredit donc l’évolution décrite par Barthes.

29. Quelle stratégie de séduction amoureuse Ovide expose-t-il dans *L’Art d’aimer* ?

Présenter des preuves rationnelles, éviter les promesses et préserver une distance constante
Multiplier les déclarations publiques, rechercher l’approbation sociale et interrompre la relation après la conquête
Promettre, dissimuler les moyens employés, persévérer et utiliser les mots pour conquérir puis conserver l’être aimé
Exprimer spontanément ses sentiments, renoncer aux détours et attendre une réponse réciproque

Promettre, dissimuler les moyens employés, persévérer et utiliser les mots pour conquérir puis conserver l’être aimé

Explication

Ovide présente la séduction comme une stratégie combinant promesse, dissimulation des moyens, persévérance et usage de la parole pour conquérir puis garder l’être aimé. Une démarche spontanée et dépourvue de détours ne correspond pas à cette conception stratégique.

30. Comment Gorgias caractérise-t-il le pouvoir du discours dans l’*Éloge à Hélène* ?

Comme un instrument neutre qui transmet des faits sans agir sur les dispositions de l’auditeur
Comme une preuve rationnelle qui permet à chacun de former une opinion indépendante
Comme une formule rituelle dont l’effet dépend principalement de la mémoire de celui qui l’écoute
Comme une drogue ou un chant magique capable de modifier l’âme, l’opinion et le comportement

Comme une drogue ou un chant magique capable de modifier l’âme, l’opinion et le comportement

Explication

Gorgias compare le discours à une drogue ou à un chant magique parce qu’il peut transformer l’âme, l’opinion et le comportement de l’auditeur. Le présenter comme un instrument neutre contredit précisément cette capacité d’influence.

31. Dans quel ordre la séduction inconsciente influence-t-elle généralement un individu ?

Elle transmet une information neutre, puis elle permet à l’individu de choisir un comportement sans influence
Elle impose une décision visible, puis elle construit après coup un désir correspondant à cette décision
Elle fait naître un désir dont l’origine reste floue, puis elle oriente les décisions et les comportements
Elle expose une intention persuasive, puis elle laisse l’individu délibérer avant de créer un désir

Elle fait naître un désir dont l’origine reste floue, puis elle oriente les décisions et les comportements

Explication

La séduction inconsciente commence par la création d’un désir dont l’individu ne perçoit pas clairement l’origine, avant d’influencer ses choix et ses comportements. Une intention persuasive clairement identifiée relève plutôt d’une séduction consciente.

32. Que s’est-il produit lors de la parade de Pâques organisée par Edward Bernays en 1929 ?

Des femmes ont fumé en présentant les cigarettes comme des « flambeaux de la liberté » pour stimuler les ventes de Lucky Strike
Des vendeuses ont distribué des cigarettes en présentant le tabac comme un remède contre la fatigue
Des militantes ont lancé une campagne politique indépendante afin d’obtenir le droit de vote des femmes
Des femmes ont refusé de fumer pour dénoncer une campagne commerciale associant le tabac à la dépendance

Des femmes ont fumé en présentant les cigarettes comme des « flambeaux de la liberté » pour stimuler les ventes de Lucky Strike

Explication

En 1929, Bernays met en scène des femmes fumant pendant une parade et fait associer les cigarettes aux « flambeaux de la liberté », ce qui contribue à accroître les ventes de Lucky Strike auprès des femmes. Il ne s’agit pas d’une revendication politique autonome, mais d’une opération de communication commerciale.

33. Comment les campagnes de Lucky Strike destinées aux femmes créent-elles un désir de fumer ?

Elles mettent en avant les risques du tabac afin de favoriser une décision prudente
Elles présentent la cigarette comme une information neutre sur les habitudes de consommation
Elles associent la cigarette à la minceur, à l’émancipation et à l’indépendance
Elles relient la cigarette à la réussite scolaire, à la discipline et à la coopération

Elles associent la cigarette à la minceur, à l’émancipation et à l’indépendance

Explication

Ces campagnes construisent un désir en associant la cigarette à des valeurs attractives comme la minceur, l’émancipation et l’indépendance. Elles ne se limitent donc pas à informer sur un besoin existant et orientent les représentations du public.

34. Quelle ressemblance distingue la séduction publicitaire de la propagande de guerre ?

Toutes deux obtiennent l’adhésion par une contrainte matérielle directement visible
Toutes deux reposent sur une délibération consciente qui rend l’influence facilement identifiable
Toutes deux peuvent faire naître un désir que les individus prennent pour un choix libre et réfléchi
Toutes deux transmettent des informations neutres sans modifier les désirs des personnes visées

Toutes deux peuvent faire naître un désir que les individus prennent pour un choix libre et réfléchi

Explication

La publicité et la propagande de guerre peuvent influencer inconsciemment les individus en faisant apparaître un désir construit comme s’il résultait d’un choix personnel. Une délibération consciente et une influence clairement identifiable correspondent au contraire à un choix éclairé.

35. Comment le langage idéologique exerce-t-il son contrôle sur les locuteurs ?

En imposant aux locuteurs une contrainte explicite qu’ils identifient immédiatement
En influençant leurs perceptions par des faits de langue dont ils ne prennent pas conscience
En supprimant les échanges publics afin d’empêcher toute interprétation personnelle
En présentant des arguments rationnels que les locuteurs évaluent consciemment

En influençant leurs perceptions par des faits de langue dont ils ne prennent pas conscience

Explication

Le langage idéologique agit par des mécanismes linguistiques qui orientent les locuteurs sans être clairement perçus. Une contrainte explicite serait directement identifiable, ce qui la distingue de ce contrôle invisible.

36. Quel mécanisme Victor Klemperer attribue-t-il à la propagande nazie ?

La présentation immédiate d’ordres conscients, qui modifie directement les opinions exprimées
La diffusion de termes complexes, qui empêche les locuteurs de comprendre le message propagandiste
La suppression des mots affectifs, qui conduit les individus à raisonner de manière plus abstraite
La répétition progressive de mots apparemment inoffensifs, qui transforme peu à peu les croyances

La répétition progressive de mots apparemment inoffensifs, qui transforme peu à peu les croyances

Explication

Pour Klemperer, les mots agissent progressivement : leur répétition produit un effet toxique sur l’inconscient et transforme les croyances. Cette analyse ne décrit donc pas une persuasion immédiate et consciente.

37. Que reproche Platon à une rhétorique fondée sur la persuasion ?

Elle privilégie les apparences et l’effet produit sur le public au détriment de la recherche de la vérité
Elle développe l’image du locuteur afin de rendre ses arguments plus acceptables pour l’auditoire
Elle montre comment la répétition d’un discours peut produire des affects durables chez ceux qui l’écoutent
Elle sélectionne les paroles qui aident l’individu à progresser vers le Bien et à préserver son jugement

Elle privilégie les apparences et l’effet produit sur le public au détriment de la recherche de la vérité

Explication

Platon critique une rhétorique qui cherche surtout à produire un effet sur le public, sans viser nécessairement la connaissance du réel. Une parole philosophique se distingue au contraire par son orientation vers la recherche du vrai.

38. Dans un discours, que désigne l’ethos du locuteur ?

L’image que le locuteur construit pour favoriser la persuasion de son auditoire
Les raisons avancées pour établir la validité d’une conclusion dans le discours
Les émotions suscitées chez l’auditoire par le choix des exemples et des formulations
La connaissance du vrai recherchée par une parole philosophique orientée vers la réflexion

L’image que le locuteur construit pour favoriser la persuasion de son auditoire

Explication

L’ethos correspond à l’image travaillée par le locuteur afin d’influencer favorablement son auditoire. Il ne désigne pas les raisons argumentatives elles-mêmes, qui relèvent du contenu du discours.

39. Quelle attitude permet à un individu de préserver son libre arbitre face aux paroles qu’il entend ?

Se fier à l’image du locuteur pour déterminer rapidement si son discours mérite d’être suivi
Choisir avec discernement les paroles qui le font progresser et écarter celles qui le trompent
Privilégier les discours qui provoquent des émotions fortes afin de mieux retenir leur contenu
Accueillir les paroles les plus séduisantes afin de renforcer son adhésion aux opinions dominantes

Choisir avec discernement les paroles qui le font progresser et écarter celles qui le trompent

Explication

Préserver son libre arbitre exige de sélectionner les paroles capables de faire progresser et de se tenir à distance de celles qui manipulent ou trompent. L’attrait émotionnel ou l’image du locuteur ne suffit pas à garantir la valeur d’un discours.

40. Que signifie acquérir les pouvoirs de la parole dans une perspective philosophique ?

Savoir provoquer un désir ou une haine durable en agissant sur les émotions du public
Savoir répéter une affirmation jusqu’à ce qu’elle devienne familière pour ceux qui l’écoutent
Savoir utiliser la parole pour se guider vers le Bien plutôt que vers l’ignorance
Savoir construire une image convaincante afin d’obtenir l’adhésion de son auditoire

Savoir utiliser la parole pour se guider vers le Bien plutôt que vers l’ignorance

Explication

Les pouvoirs de la parole prennent leur sens philosophique lorsqu’ils servent à orienter l’individu vers le Bien et à l’éloigner de l’ignorance. La persuasion, la répétition ou l’émotion peuvent être des effets du langage, mais ne définissent pas cette finalité.

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Mémorisez les réponses avec 75 flashcards sur Chapitre 1 - Les pouvoirs de la parole.

Qu'est-ce que la parole ?

Une capacité acquise pour exprimer ses pensées et communiquer.

Que peut faire la parole selon Emil Cioran ?

Elle peut élever ou abaisser l'homme selon son usage.

Quels sont les trois axes d'étude des pouvoirs de la parole ?

L'art, l'autorité et la séduction.

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