QCM : Villes et souveraineté monarchique — 69 questions

Questions et réponses du QCM

1. Que devient l’aide apportée par Rome à Marseille vers 125 avant Jésus-Christ ?

Une fédération politique réunissant Rome et les peuples gaulois
Une autonomie accrue accordée à Marseille par Rome
Une alliance durable entre Rome et la Gaule
Une conquête progressive de la Gaule par Rome

Une conquête progressive de la Gaule par Rome

Explication

L’intervention romaine en faveur de Marseille se transforme en conquête, puis la Gaule devient une province romaine en moins d’un siècle. Elle ne reste donc pas une simple alliance entre Rome et les peuples gaulois.

2. Quelle conception de la puissance publique exprime la notion de Res publica chez Cicéron ?

Un patrimoine personnel transmis par le chef à ses héritiers
Une autorité publique distincte de la personne du dirigeant
Une communauté religieuse placée sous l’autorité des prêtres
Une domination militaire dépendant des victoires du souverain

Une autorité publique distincte de la personne du dirigeant

Explication

La Res publica désigne une puissance publique organisée qui dépasse la personne du chef et fonde l’idée de personne publique. Elle s’oppose ainsi à une conception patrimoniale du pouvoir, où le dirigeant traiterait l’autorité comme un bien personnel.

3. Quelle caractéristique distingue principalement le droit romain des coutumes qui lui sont opposées ?

Il est oral, religieux, local et transmis par les familles
Il est rationnel, écrit, savant et laïc
Il dépend des décisions militaires prises par les chefs de guerre
Il repose sur des épreuves judiciaires et des serments collectifs

Il est rationnel, écrit, savant et laïc

Explication

Le droit romain se caractérise par son organisation rationnelle, son expression écrite, son élaboration savante et son caractère laïc. Les coutumes concurrentes sont plutôt décrites comme orales ou fondées sur des considérations religieuses.

4. Quel double héritage juridique la Gaule reçoit-elle lorsque l’Empire romain devient chrétien ?

Un héritage coutumier et un héritage exclusivement royal
Un héritage grec et un héritage germanique
Un héritage militaire et un héritage féodal
Un héritage romain et un héritage chrétien

Un héritage romain et un héritage chrétien

Explication

La Gaule reçoit un héritage juridique romain et chrétien, dont la fusion commence dès le IVe siècle avec la christianisation de l’Empire. Cette évolution ne correspond pas à une combinaison d’héritages grec et germanique.

5. Quelle opposition distingue la monarchie mérovingienne de la monarchie carolingienne ?

La première est patrimoniale, tandis que la seconde réintroduit une fonction publique
La première est élective, tandis que la seconde devient une magistrature urbaine
La première est religieuse, tandis que la seconde abandonne tout lien avec l’Église
La première est parlementaire, tandis que la seconde repose sur des assemblées populaires

La première est patrimoniale, tandis que la seconde réintroduit une fonction publique

Explication

La monarchie mérovingienne repose sur un pouvoir personnel, militaire et patrimonial, alors que la monarchie carolingienne réintroduit temporairement l’idée de fonction publique et de bien commun. Le roi carolingien est donc présenté comme dépositaire d’une charge plutôt que comme simple propriétaire du royaume.

6. Quelle conséquence politique le baptême de Clovis à Reims, traditionnellement daté de 496, entraîne-t-il ?

Il transforme le royaume franc en province directement administrée par Rome
Il rattache la monarchie franque à la tradition religieuse arienne
Il assure à la monarchie franque le soutien de l’Église catholique
Il provoque la rupture entre la monarchie franque et les évêques gaulois

Il assure à la monarchie franque le soutien de l’Église catholique

Explication

Le baptême de Clovis dans le christianisme catholique favorise l’alliance entre la monarchie franque et l’Église catholique. Il ne l’inscrit pas dans l’arianisme, auquel sont associés les Wisigoths.

7. Quel enchaînement d’événements caractérise l’accession de Pépin le Bref au pouvoir royal ?

Il partage l’empire en 843 puis reçoit l’appui militaire des comtes francs
Il dépose Childéric III en 751 puis reçoit un second sacre pontifical en 754
Il succède à Charlemagne en 800 puis est sacré par Léon III à Rome
Il devient roi en 496 puis conclut une alliance avec les Wisigoths ariens

Il dépose Childéric III en 751 puis reçoit un second sacre pontifical en 754

Explication

Pépin le Bref devient roi en 751 après la déposition de Childéric III, puis le pape Étienne le sacre une seconde fois en 754. Les autres propositions associent à tort son accession à des événements concernant Clovis, Charlemagne ou le traité de Verdun.

8. Que signifie le couronnement impérial de Charlemagne par Léon III à Rome en 800 ?

Il consacre le partage définitif de l’empire entre plusieurs héritiers
Il réaffirme un pouvoir souverain conçu comme une fonction publique
Il supprime l’autorité religieuse du pape dans les affaires politiques
Il établit une monarchie fondée sur la propriété privée du royaume

Il réaffirme un pouvoir souverain conçu comme une fonction publique

Explication

Le couronnement de Charlemagne en 800 réaffirme l’idée d’un pouvoir souverain exercé comme une fonction publique au service de tous. Il ne correspond ni à une conception patrimoniale du royaume ni au partage impérial de 843.

9. Quelle fonction le mallus publicus exerce-t-il dans la justice franque ?

Il tranche les conflits religieux soumis directement à l’autorité pontificale
Il organise les négociations diplomatiques entre les comtes et les évêques
Il protège le roi et les personnes placées sous sa protection particulière
Il constitue le tribunal ordinaire des affaires civiles et pénales d’une centaine

Il constitue le tribunal ordinaire des affaires civiles et pénales d’une centaine

Explication

Le mallus publicus est le tribunal de droit commun compétent pour les affaires civiles et pénales des habitants d’une centaine. Le tribunal du Palais possède plutôt une fonction de protection du roi et de certaines personnes protégées.

10. Comment une victime engage-t-elle normalement une procédure dans le système judiciaire franc ?

Elle attend qu’un magistrat ouvre une enquête au nom de l’autorité publique
Elle demande à un évêque de réunir les parties avant toute accusation
Elle-même ou sa famille engage l’instance selon une procédure accusatoire
Elle soumet le litige à une épreuve religieuse sans présenter de plainte

Elle-même ou sa famille engage l’instance selon une procédure accusatoire

Explication

La procédure franque est accusatoire : la victime ou sa famille prend l’initiative d’engager l’instance. Elle se distingue ainsi d’une procédure inquisitoire dirigée par l’autorité publique, qui ouvrirait elle-même la procédure.

11. Quel mécanisme le wergeld met-il en œuvre après une atteinte subie par une personne ?

Une épreuve physique destinée à révéler la volonté divine
Un serment collectif permettant au défendeur de nier les faits
Une compensation pécuniaire qui remplace la vengeance privée
Une peine publique calculée selon la durée de l’emprisonnement

Une compensation pécuniaire qui remplace la vengeance privée

Explication

Le wergeld est une somme versée pour racheter la vengeance privée due à la victime ou à sa famille. Il ne désigne ni une ordalie, ni un serment purgatoire, ni une peine d’emprisonnement.

12. Quelle différence oppose le serment purgatoire à l’ordalie dans la procédure franque ?

Le serment est prononcé par la victime, tandis que l’ordalie est décidée par les comtes
Le serment impose une épreuve physique, tandis que l’ordalie repose sur des témoins
Le serment s’appuie sur des co-jureurs, tandis que l’ordalie repose sur une épreuve
Le serment est réservé aux affaires royales, tandis que l’ordalie concerne les litiges commerciaux

Le serment s’appuie sur des co-jureurs, tandis que l’ordalie repose sur une épreuve

Explication

Le serment purgatoire permet au défendeur de se disculper avec l’appui de co-jureurs, tandis que l’ordalie soumet une ou deux parties à une épreuve censée manifester la justice divine. Les deux mécanismes ne se distinguent donc pas par le type d’affaire ou par le statut de la personne qui les prononce.

13. Quelle distinction caractérise le droit romain du Bas-Empire et les coutumes des peuples barbares ?

Le droit romain est oral, tandis que les coutumes barbares sont organisées par écrit.
Les deux systèmes sont des droits écrits organisés par les autorités religieuses.
Le droit romain est écrit, tandis que les coutumes barbares sont d’abord orales.
Les deux systèmes reposent principalement sur des coutumes transmises oralement.

Le droit romain est écrit, tandis que les coutumes barbares sont d’abord orales.

Explication

Le droit romain du Bas-Empire est écrit, permanent et organisé, alors que les peuples barbares sont d’abord régis par des coutumes orales. L’idée selon laquelle les coutumes barbares seraient principalement écrites inverse cette distinction fondamentale.

14. À quelle population le Bréviaire d’Alaric était-il principalement destiné ?

À la population gallo-romaine soumise au royaume wisigoth.
Aux seuls guerriers francs réunis autour de Clovis.
À l’ensemble des peuples germaniques installés dans le royaume franc.
Aux membres du clergé chargés d’appliquer le droit canonique.

À la population gallo-romaine soumise au royaume wisigoth.

Explication

Promulgué en 506 par Alaric II, le Bréviaire d’Alaric compilait des doctrines de juristes classiques et des constitutions impériales pour la population gallo-romaine. Le code d’Euric correspond davantage à un mélange de traditions germaniques et de solutions romaines destiné à l’ensemble de la population.

15. À quelle période le Pactus legis salicae, première version connue de la loi salique, a-t-il été rédigé ?

En 506, lors de la promulgation du Bréviaire d’Alaric.
Entre 802 et 803, sous le règne de Charlemagne.
Entre 507 et 511, sous le règne de Clovis.
En 406, lors de la pénétration des peuples germaniques en Gaule.

Entre 507 et 511, sous le règne de Clovis.

Explication

La première version connue de la loi salique a été rédigée entre 507 et 511 sous Clovis, puis remaniée jusqu’en 802-803 sous Charlemagne. La date de 802-803 correspond donc à une phase de remaniement et non à la rédaction initiale.

16. Dans le système de la personnalité des lois, que détermine la professio legis ?

La loi applicable au droit privé et au droit pénal de la personne.
La loi publique applicable aux habitants sans considération de leur origine.
La loi religieuse chargée de régler les affaires des membres du clergé.
La loi territoriale qui remplace les coutumes propres à chaque peuple.

La loi applicable au droit privé et au droit pénal de la personne.

Explication

La professio legis répond à la question de la loi personnelle applicable et détermine le droit privé ainsi que le droit pénal. Le droit public, en revanche, s’impose à tous et ne dépend pas de cette déclaration.

17. Quels groupes composent notamment l’ost seigneurial ?

Les seuls vassaux directs, sans participation de la famille seigneuriale.
Les marchands des villes, les clercs et les paysans protégés par la paix de Dieu.
La famille du seigneur, ses vassaux et parfois les roturiers de l’arrière-ban.
Les serfs du domaine, les juges royaux et les officiers des tribunaux urbains.

La famille du seigneur, ses vassaux et parfois les roturiers de l’arrière-ban.

Explication

L’ost rassemble notamment la famille du seigneur et ses vassaux, auxquels peuvent s’ajouter des roturiers convoqués pour l’arrière-ban lorsque le seigneur est justicier. L’arrière-ban désigne cette convocation de roturiers et ne se confond donc pas avec l’ensemble de l’ost.

18. Quelles conséquences s’appliquent au vassal qui refuse le service militaire demandé pour l’ost ?

Il risque la commise de son fief, et son service est limité à quarante jours.
Il reçoit une amende ecclésiastique, et son service est limité à sept jours.
Il peut conserver son fief à condition de remplacer le service par un pèlerinage.
Il perd automatiquement sa liberté personnelle et doit servir durant toute sa vie.

Il risque la commise de son fief, et son service est limité à quarante jours.

Explication

Le refus de répondre à la convocation peut entraîner la commise, c’est-à-dire la confiscation du fief, tandis que la durée du service militaire est limitée à quarante jours. La commise sanctionne donc le refus et ne constitue pas une durée de service.

19. Qui et quels biens la paix de Dieu cherche-t-elle notamment à protéger ?

Les tribunaux royaux, les routes commerciales et les monnaies frappées par le seigneur.
Les combattants armés, les forteresses seigneuriales et les armes employées durant les sièges.
Les seuls nobles, leurs fiefs militaires et les terres réservées à la chasse.
Les non-belligérants, les biens d’Église, les animaux de labour et certains lieux religieux.

Les non-belligérants, les biens d’Église, les animaux de labour et certains lieux religieux.

Explication

La paix de Dieu protège diverses catégories de non-belligérants ainsi que des biens et lieux déterminés, comme les clercs, les agriculteurs, les églises, les monastères et les animaux de labour. Elle ne vise donc pas prioritairement les combattants ni les seules possessions militaires.

20. Quelle restriction caractérise l’évolution de la trêve de Dieu ?

Elle interdit d’abord les hostilités le dimanche, puis les étend du mercredi soir au lundi matin et à plusieurs périodes religieuses.
Elle impose une suspension annuelle des guerres pendant quarante jours, sans autre période déterminée.
Elle suspend d’abord les combats pendant l’Avent, puis les autorise durant les principales fêtes chrétiennes.
Elle réserve l’arrêt des combats aux campagnes militaires avant de l’étendre aux conflits entre seigneurs.

Elle interdit d’abord les hostilités le dimanche, puis les étend du mercredi soir au lundi matin et à plusieurs périodes religieuses.

Explication

La trêve de Dieu commence par l’interdiction des hostilités le dimanche, puis s’étend du mercredi soir au lundi matin et à plusieurs périodes liturgiques. Elle ne se limite donc ni à l’Avent ni à une période annuelle uniforme.

21. Quelle distinction entre la taille et le chevage est correcte ?

La taille est payée par les habitants de la seigneurie, tandis que le chevage est dû par les serfs.
La taille rémunère la justice seigneuriale, tandis que le chevage finance les tribunaux royaux.
La taille est due par les serfs, tandis que le chevage est payé par tous les habitants du royaume.
La taille concerne les péages, tandis que le chevage correspond aux droits prélevés dans les foires.

La taille est payée par les habitants de la seigneurie, tandis que le chevage est dû par les serfs.

Explication

La taille figure parmi les prélèvements payés par les habitants de la seigneurie, alors que le chevage est spécifiquement dû par les serfs. Les péages et les droits de foire constituent d’autres catégories de revenus seigneuriaux.

22. Qu’est-ce que la justice seigneuriale, aussi appelée justice banale ?

Une justice réglant les obligations du seigneur et du vassal liées au contrat féodal.
Une justice réservée aux litiges entre serfs concernant leurs tenures et leurs terres exploitées.
Une justice royale déléguée aux officiers locaux pour contrôler les revenus du domaine.
Une justice exercée par le seigneur sur les habitants de son domaine, avec une compétence haute ou basse.

Une justice exercée par le seigneur sur les habitants de son domaine, avec une compétence haute ou basse.

Explication

La justice seigneuriale, ou justice banale, est exercée par le seigneur sur les habitants de son domaine et peut relever de la haute ou de la basse justice. La justice féodale concerne plutôt les rapports entre seigneur et vassal, tandis que la justice foncière porte sur les tenures et les litiges impliquant les serfs.

23. Quelle compétence distingue la haute justice de la basse justice ?

La basse justice connaît les crimes de sang, tandis que la haute justice traite les redevances.
La basse justice prononce les peines capitales, tandis que la haute justice organise les marchés.
La haute justice règle les tenures, tandis que la basse justice juge les obligations féodales.
La haute justice connaît les crimes de sang et peut prononcer la mort ou la mutilation.

La haute justice connaît les crimes de sang et peut prononcer la mort ou la mutilation.

Explication

La haute justice peut connaître des crimes de sang et prononcer des peines suprêmes comme la mort ou la mutilation. La basse justice ne dispose pas de cette compétence criminelle supérieure et ne se confond pas avec la justice féodale.

24. Quel litige relève de la justice féodale plutôt que de la justice foncière ?

Un différend entre deux serfs au sujet des limites de leurs tenures.
Un litige portant sur les droits d’un serf attachés à sa tenure.
Un conflit concernant l’obligation du vassal envers son seigneur au titre du fief.
Une contestation relative à l’exploitation d’une terre tenue par un paysan.

Un conflit concernant l’obligation du vassal envers son seigneur au titre du fief.

Explication

La justice féodale traite des obligations issues du contrat entre le seigneur et le vassal ainsi que des causes relatives au fief. Les conflits concernant les tenures et les serfs relèvent de la justice foncière.

25. Quelle caractéristique définit le mieux le servage dans la société médiévale ?

Une obligation militaire personnelle liant un combattant à son chef de guerre
Une privation complète de toute capacité juridique et de toute possibilité d’affranchissement
Une dépendance personnelle et généralement héréditaire envers un seigneur ou une collectivité
Une relation contractuelle temporaire entre un travailleur libre et un propriétaire foncier

Une dépendance personnelle et généralement héréditaire envers un seigneur ou une collectivité

Explication

Le servage correspond à une dépendance personnelle, souvent héréditaire, envers un seigneur ou une collectivité. Il ne se confond pas avec l’esclavage, car le serf conserve certaines capacités juridiques et peut être affranchi.

26. Quelle distinction oppose correctement le serf de corps et de poursuite au serf d’héritage ?

Le premier est lié personnellement à un seigneur, tandis que le second est attaché à une terre
Le premier exploite une terre libre, tandis que le second dépend d’un seigneur par un hommage
Le premier peut changer de seigneur, tandis que le second est engagé par une obligation matrimoniale
Le premier doit un service militaire, tandis que le second verse un cens pour une propriété allodiale

Le premier est lié personnellement à un seigneur, tandis que le second est attaché à une terre

Explication

Le serf de corps et de poursuite est soumis à un lien personnel avec son seigneur, tandis que le serf d’héritage est lié juridiquement à une terre. Confondre ces deux statuts revient à remplacer un lien personnel par un lien réel.

27. Dans quelle situation le formariage s’applique-t-il ?

Lorsqu’un serf demande à être libéré contre le versement d’une somme d’argent
Lorsqu’un seigneur impose à un paysan le paiement d’un cens pour une terre cultivée
Lorsqu’un serf souhaite épouser une personne non serve ou extérieure à sa seigneurie sans autorisation
Lorsqu’un vassal veut recevoir un fief sans accomplir la cérémonie de l’hommage

Lorsqu’un serf souhaite épouser une personne non serve ou extérieure à sa seigneurie sans autorisation

Explication

Le formariage soumet le mariage d’un serf avec une personne non serve ou extérieure à la seigneurie au consentement du seigneur, sauf arrangement entre seigneuries. Il concerne donc le contrôle matrimonial, et non la transmission d’un fief ou l’affranchissement.

28. Quelles obligations le serf doit-il habituellement à son seigneur ?

Le cens annuel, le service vassalique et une participation aux assemblées de bourgeoisie
L’hommage, l’investiture et quatre aides militaires fixées par la coutume féodale
Le chevage annuel, la taille et des corvées dont l’ampleur peut être limitée par la coutume
La dîme ecclésiastique, l’oblation liturgique et la garde des fortifications urbaines

Le chevage annuel, la taille et des corvées dont l’ampleur peut être limitée par la coutume

Explication

Les obligations caractéristiques du serf comprennent le chevage, la taille et les corvées, dont l’importance est progressivement encadrée par la coutume ou la convention. Les obligations vassaliques relèvent plutôt du rapport entre un vassal et son seigneur.

29. Quelle combinaison associe correctement chaque type de terre à son détenteur ou à sa dépendance ?

Le fief revient au vassal noble, la censive au roturier, la tenure servile au serf et l’alleu est indépendant
Le fief revient au serf, la censive au vassal noble, la tenure servile au roturier et l’alleu dépend d’un seigneur
Le fief est une propriété libre, la censive impose un service militaire, la tenure servile appartient au clergé et l’alleu est temporaire
Le fief concerne une terre ecclésiastique, la censive une terre sans cens, la tenure servile un noble et l’alleu un hommage

Le fief revient au vassal noble, la censive au roturier, la tenure servile au serf et l’alleu est indépendant

Explication

Le fief est concédé à un vassal noble, la censive à un roturier, la tenure servile à un serf et l’alleu est détenu sans dépendance féodale. La confusion la plus fréquente consiste à attribuer au fief des prestations économiques propres à la censive.

30. Que signifie la cérémonie de l’hommage dans les relations féodales ?

Le serf obtient une charte qui transforme sa dépendance en condition juridiquement libre
Le tenancier roturier accepte de payer chaque année un cens pour exploiter une terre
Le seigneur remet symboliquement au vassal le fief avec ses biens et ses prérogatives
Le vassal se reconnaît l’homme de son seigneur et s’engage dans un rapport de fidélité

Le vassal se reconnaît l’homme de son seigneur et s’engage dans un rapport de fidélité

Explication

L’hommage est la cérémonie par laquelle le vassal reconnaît son appartenance personnelle au seigneur et promet fidélité. La remise symbolique du fief correspond à l’investiture, qui ne doit pas être confondue avec l’hommage.

31. Lorsqu’un vassal dépend de plusieurs seigneurs qui entrent en conflit, quel engagement prévaut ?

L’engagement envers le seigneur possédant la plus grande richesse devient automatiquement prioritaire
L’hommage le plus récent prévaut, quelle que soit la nature du lien conclu auparavant
L’hommage lige prime les autres hommages et détermine la fidélité prioritaire du vassal
La décision revient au vassal, qui peut répartir librement ses obligations entre les seigneurs

L’hommage lige prime les autres hommages et détermine la fidélité prioritaire du vassal

Explication

L’hommage lige est supérieur aux autres hommages lorsqu’un conflit oppose plusieurs seigneurs du même vassal. La priorité ne dépend donc ni de la date de l’engagement ni de la richesse du seigneur.

32. Quelles obligations principales caractérisent le service dû par le vassal à son seigneur ?

La célébration des offices, la prédication et l’administration des sacrements dans la paroisse
Le paiement d’un cens, l’accomplissement de corvées et la surveillance des récoltes seigneuriales
La gestion autonome de la commune, la rédaction des coutumes et l’élection des magistrats
La fidélité, le conseil et l’aide, notamment militaire et pécuniaire dans les cas coutumiers

La fidélité, le conseil et l’aide, notamment militaire et pécuniaire dans les cas coutumiers

Explication

Le vassal doit fidélité, conseil et aide à son seigneur, cette dernière pouvant être militaire ou pécuniaire dans les quatre cas prévus par la coutume. Le cens et les corvées relèvent plutôt des dépendances foncières et paysannes.

33. Quelle réforme Nicolas II adopte-t-il en 1059 concernant l’élection du pape ?

Il confie l’élection pontificale aux cardinaux de l’Église romaine réunis en Sacré Collège
Il réserve l’élection pontificale aux évêques de l’ensemble de la chrétienté réunis en concile
Il confie l’élection pontificale à l’empereur, qui choisit ensuite les cardinaux chargés de l’intronisation
Il établit une élection conjointe du pape par les cardinaux et les représentants des communes urbaines

Il confie l’élection pontificale aux cardinaux de l’Église romaine réunis en Sacré Collège

Explication

En 1059, Nicolas II confie l’élection pontificale aux seuls cardinaux de l’Église romaine réunis en Sacré Collège. L’empereur conserve une intervention lors de l’intronisation, mais il ne reçoit pas le pouvoir d’élire le pape.

34. Quel phénomène est désigné par le terme « simonie » ?

La violation par les clercs de l’obligation de célibat ecclésiastique
La remise par l’Église d’un fief à un évêque après une cérémonie d’hommage
Le trafic des fonctions ecclésiastiques contre une somme d’argent
L’association jurée de bourgeois obtenant des privilèges administratifs pour leur ville

Le trafic des fonctions ecclésiastiques contre une somme d’argent

Explication

La simonie désigne l’achat ou la vente de fonctions ecclésiastiques contre de l’argent. Le non-respect du célibat clérical relève du nicolaïsme, qui constitue une autre question de réforme de l’Église.

35. Que distingue le concordat de Worms dans la nomination des évêques ?

La bénédiction du mariage clérical et l’autorisation civile accordée aux prêtres mariés
L’investiture spirituelle par l’Église et l’investiture temporelle des biens et prérogatives de l’évêché
L’élection pontificale par les cardinaux et l’intronisation impériale du nouveau pape
La nomination des abbés par les moines et la concession des terres monastiques par les communes

L’investiture spirituelle par l’Église et l’investiture temporelle des biens et prérogatives de l’évêché

Explication

Le concordat de Worms distingue l’investiture spirituelle, marquée par la crosse et l’anneau et conférée par l’Église, de l’investiture temporelle des biens et prérogatives épiscopaux. Cette séparation clarifie les dimensions religieuse et matérielle de la fonction.

36. Comment une ville de commune acquiert-elle une administration autonome ?

Par une investiture épiscopale qui remet aux marchands la gestion des biens de l’évêché
Par un hommage collectif qui transforme les habitants en vassaux directs du roi
Par une conjuratio, association jurée de bourgeois dotée de prérogatives juridiques
Par une charte de servage qui soumet les métiers urbains aux obligations rurales

Par une conjuratio, association jurée de bourgeois dotée de prérogatives juridiques

Explication

La commune repose sur une conjuratio, association fondée sur le serment de bourgeoisie et dotée de prérogatives juridiques. Elle ne résulte donc ni d’un hommage féodal collectif ni d’une investiture ecclésiastique.

37. Quelle distinction caractérise le mieux les communes et les consulats par rapport aux villes de prévôté ?

Les communes et les consulats dépendent d’un prévôt, tandis que les prévôtés sont administrées par leurs habitants.
Les communes et les consulats disposent d’une administration autonome, tandis que les prévôtés restent liées à l’autorité seigneuriale.
Les communes et les consulats reçoivent des privilèges limités, tandis que les prévôtés exercent une souveraineté complète.
Les communes et les consulats sont dirigés par un seigneur, tandis que les prévôtés élisent leurs propres consuls.

Les communes et les consulats disposent d’une administration autonome, tandis que les prévôtés restent liées à l’autorité seigneuriale.

Explication

Les communes et les consulats s’administrent de manière autonome, alors que les villes de prévôté demeurent soumises, au moins en partie, à l’autorité seigneuriale. La prévôté ne correspond donc pas à une administration municipale pleinement indépendante.

38. Quelle succession d’étapes décrit la formation habituelle d’une commune jurée ?

Une charte seigneuriale, suivie d’une élection consulaire, puis la conclusion d’un hommage collectif avec le roi.
Une association marchande, suivie d’un achat de seigneurie, puis la reconnaissance d’une juridiction épiscopale.
Une conjuratio fondée sur un serment, parfois suivie d’une insurrection, puis la proclamation de la commune et l’octroi d’une charte.
Une nomination par le prévôt, suivie d’une concession de privilèges, puis l’établissement d’une milice urbaine.

Une conjuratio fondée sur un serment, parfois suivie d’une insurrection, puis la proclamation de la commune et l’octroi d’une charte.

Explication

La commune jurée commence généralement par une association jurée, appelée conjuratio, qui peut conduire à une insurrection puis à la proclamation de la commune et à l’octroi d’une charte. Une prévôté repose plutôt sur des privilèges concédés sans autonomie complète.

39. Qui compose le corps de bourgeoisie dans une commune ?

Les seuls marchands ayant obtenu une autorisation commerciale directement auprès du seigneur.
Les habitants nés dans la ville, à l’exclusion des familles venues s’y installer ultérieurement.
Les membres de l’association jurée, leurs descendants et les nouveaux arrivants ayant prêté le serment de bourgeoisie.
Les officiers du seigneur, les prévôts et les agents chargés de percevoir les taxes urbaines.

Les membres de l’association jurée, leurs descendants et les nouveaux arrivants ayant prêté le serment de bourgeoisie.

Explication

Le corps de bourgeoisie réunit les membres de l’association jurée, leurs descendants et les nouveaux arrivants qui ont prêté le serment de bourgeoisie. Il ne se limite donc ni aux habitants d’origine ni aux agents seigneuriaux.

40. Quelle capacité illustre le statut de personne morale et de seigneurie banale collective d’une ville de commune ?

Elle peut supprimer les droits seigneuriaux, dépendre du roi pour ses contrats et renoncer à toute force armée.
Elle peut recevoir et prêter hommage, conclure des contrats, édicter des ordonnances et posséder un patrimoine commun.
Elle peut transmettre héréditairement le trône, nommer les évêques et imposer sa loi aux autres principautés.
Elle peut élire un empereur, battre monnaie pour le royaume et exercer une juridiction sur toutes les campagnes.

Elle peut recevoir et prêter hommage, conclure des contrats, édicter des ordonnances et posséder un patrimoine commun.

Explication

La ville de commune agit comme une personne morale : elle peut notamment recevoir ou prêter hommage, contracter, édicter des ordonnances et gérer un patrimoine, une caisse et une milice. Ces compétences ne signifient pas qu’elle exerce une souveraineté royale ou impériale.

41. Quelle situation décrit le pouvoir d’Hugues Capet au moment de son élection en 987 ?

Il contrôle directement l’Île-de-France, mais il est le seul seigneur à porter le titre de roi de France.
Il contrôle directement la plupart des principautés, mais il partage le titre royal avec plusieurs seigneurs.
Il gouverne principalement la Normandie, mais il reçoit son titre de roi d’une autorité impériale.
Il possède un vaste domaine royal, mais il renonce au titre de roi au profit des princes féodaux.

Il contrôle directement l’Île-de-France, mais il est le seul seigneur à porter le titre de roi de France.

Explication

En 987, Hugues Capet ne contrôle directement que l’Île-de-France, mais il se distingue par le titre de Rex, qu’il est le seul seigneur à porter. La faiblesse de son domaine ne supprime donc pas la singularité de sa dignité royale.

42. Quelle stratégie contribue à renforcer progressivement la domination des Capétiens ?

Remplacer les seigneuries par des communes autonomes, transférer la justice aux villes et dissoudre les liens vassaliques.
Consolider le domaine royal, obtenir les hommages, récupérer les fiefs vacants, conclure des mariages et acheter des seigneuries.
Limiter les alliances matrimoniales, renoncer aux acquisitions territoriales et supprimer les relations féodales.
Déléguer le domaine royal aux princes, abandonner les hommages et confier les fiefs vacants aux autorités ecclésiastiques.

Consolider le domaine royal, obtenir les hommages, récupérer les fiefs vacants, conclure des mariages et acheter des seigneuries.

Explication

Les Capétiens accroissent leur domination par plusieurs moyens complémentaires, notamment la consolidation du domaine, les hommages, les récupérations de fiefs, les mariages, les achats et les paréages. Cette stratégie ne consiste pas à abandonner les liens féodaux, mais à les utiliser au profit du roi.

43. Quelle fonction fondamentale le sacre remplit-il pour la royauté ?

Il transforme une ville en commune autonome et confirme ses privilèges municipaux.
Il transmet au roi la propriété privée de tous les fiefs détenus par les princes.
Il confère au roi une légitimité religieuse et lui permet d’exercer pleinement sa fonction royale.
Il établit un lien personnel de vassalité entre le roi et chaque seigneur du royaume.

Il confère au roi une légitimité religieuse et lui permet d’exercer pleinement sa fonction royale.

Explication

Le sacre est un rite religieux d’onction qui donne à la royauté une origine divine et légitime l’exercice complet de la fonction royale. Il ne se confond ni avec l’hommage féodal ni avec la concession de privilèges urbains.

44. Dans quel ordre les principales étapes du sacre royal se déroulent-elles ?

La remise des attributs, l’onction, l’élection, puis la promesse ou le serment.
L’élection, la remise des attributs, la promesse ou le serment, puis l’onction.
La promesse ou le serment, l’élection, l’onction, puis la remise des attributs du pouvoir royal.
L’onction, la promesse ou le serment, la remise des attributs, puis l’élection.

La promesse ou le serment, l’élection, l’onction, puis la remise des attributs du pouvoir royal.

Explication

Le rituel du sacre suit successivement la promesse ou le serment, l’élection, l’onction et la remise des attributs royaux. L’élection intervient donc avant l’onction, tandis que les attributs sont remis à la fin de cette séquence.

45. Que signifie la maxime « empereur en son royaume », diffusée vers 1300 ?

Le roi exerce sur tout son territoire un pouvoir complet, unique, indivisible et inaliénable.
Le roi reçoit des seigneurs une autorité limitée, révocable et partagée entre plusieurs détenteurs.
Le roi possède un titre honorifique, tandis que la justice et l’administration relèvent des princes.
Le roi dirige les affaires religieuses, tandis que les seigneurs conservent la totalité du pouvoir politique.

Le roi exerce sur tout son territoire un pouvoir complet, unique, indivisible et inaliénable.

Explication

Cette maxime affirme que le roi détient la souveraineté sur l’ensemble du royaume, sous la forme d’un pouvoir complet, unique, indivisible et inaliénable. Les seigneurs disposent de pouvoirs délégués et ne sont pas les détenteurs de la souveraineté royale.

46. Comment la renaissance du droit romain contribue-t-elle à l’affirmation de la souveraineté royale ?

Elle fournit aux légistes des principes présentant le roi comme la source de la justice, de l’autorité et de la puissance administrative.
Elle réserve aux papes la capacité de créer le droit et réduit les légistes à un rôle de conseillers locaux.
Elle renforce une organisation féodale où chaque seigneur devient une source indépendante de toute justice royale.
Elle établit que les communes détiennent la puissance publique et que le roi exerce une fonction principalement religieuse.

Elle fournit aux légistes des principes présentant le roi comme la source de la justice, de l’autorité et de la puissance administrative.

Explication

À partir du XIIe siècle, le droit romain offre aux légistes des notions permettant de présenter le roi comme la source de la justice, de l’autorité et de l’administration. Cette conception s’oppose à une simple pluralité de pouvoirs seigneuriaux autonomes.

47. Quelle association entre les notions d’auctoritas, de potestas et de jurisdictio est correcte ?

L’auctoritas est un privilège urbain, la potestas une relation vassalique et la jurisdictio une cérémonie de légitimation royale.
L’auctoritas est l’autorité suprême, la potestas une puissance administrative déléguée et la jurisdictio le pouvoir de juger et de dire le droit.
L’auctoritas est le pouvoir judiciaire, la potestas une autorité religieuse et la jurisdictio une dignité détenue par les seigneurs.
L’auctoritas est une puissance administrative déléguée, la potestas l’autorité suprême et la jurisdictio le pouvoir de lever les impôts.

L’auctoritas est l’autorité suprême, la potestas une puissance administrative déléguée et la jurisdictio le pouvoir de juger et de dire le droit.

Explication

L’auctoritas désigne l’autorité politique suprême, la potestas une puissance administrative exercée par délégation et la jurisdictio le pouvoir de dire le droit et de juger. Ces termes ne désignent donc ni trois formes de privilèges urbains ni trois étapes du sacre.

48. Quel événement de 1303 marque la victoire de Philippe le Bel sur les prétentions hégémoniques du pape ?

Ses légistes imposent au clergé une nouvelle cérémonie de sacre à Reims.
Ses troupes prennent Paris aux mains d’une coalition de princes féodaux.
Ses conseillers proclament à Rome la supériorité juridique du roi sur l’empereur.
Ses troupes investissent le palais de Boniface VIII à Anagni.

Ses troupes investissent le palais de Boniface VIII à Anagni.

Explication

En 1303, les troupes de Philippe le Bel investissent le palais de Boniface VIII à Anagni, événement qui symbolise la victoire du roi sur les prétentions hégémoniques pontificales. Les autres situations ne correspondent pas à cet épisode.

49. Quelle règle la loi salique, invoquée à partir de 1358, applique-t-elle à la succession au trône ?

Elle permet aux femmes de transmettre leurs droits à la Couronne à leur époux
Elle réserve le trône à l’aîné, même lorsqu’il est issu d’une branche cadette
Elle exclut les femmes en transposant une règle successorale des terres libres
Elle subordonne la succession royale à l’approbation des États généraux

Elle exclut les femmes en transposant une règle successorale des terres libres

Explication

La loi salique exclut les femmes de la succession à la Couronne en transposant au royaume une règle du titre 69 « de alodis », qui concernait initialement les terres libres. Le titre 69 ne réglait donc pas directement la succession royale.

50. Que signifie l’indisponibilité de la Couronne ?

Le roi peut organiser sa succession par testament avec l’accord de son héritier
L’héritier peut renoncer à la Couronne sans modifier les règles successorales
La succession royale est fixée par la coutume et échappe à la volonté du roi
La succession dépend d’une décision prise par les États généraux réunis en crise

La succession royale est fixée par la coutume et échappe à la volonté du roi

Explication

L’indisponibilité signifie que la succession est automatiquement déterminée par la coutume royale et ne peut être modifiée par le roi ou l’héritier. Elle ne se confond pas avec l’abdication ou la renonciation, qui concernent la volonté personnelle du souverain ou du successible.

51. Quel effet la continuité de la Couronne produit-elle au décès du roi ?

L’héritier devient roi immédiatement, même s’il est mineur
Les États généraux choisissent un régent avant de reconnaître le nouvel héritier
Le royaume reste sans roi jusqu’au couronnement du successeur désigné
L’héritier attend sa majorité avant de recevoir officiellement la Couronne

L’héritier devient roi immédiatement, même s’il est mineur

Explication

La continuité de la Couronne fait devenir l’héritier roi dès la mort de son prédécesseur, y compris lorsqu’il est mineur. Cette règle vise à éviter tout interrègne entre les deux règnes.

52. Que désigne le domaine de la Couronne ?

Les terres administrées par les seigneurs au nom des communautés locales
Les biens personnels acquis par le roi avant son accession au trône
Un patrimoine public comprenant les biens et ressources nécessaires à l’exercice royal
Les revenus réservés aux dépenses privées de la famille royale

Un patrimoine public comprenant les biens et ressources nécessaires à l’exercice royal

Explication

Le domaine de la Couronne regroupe les terres, biens fonciers, trésors et droits fiscaux mis à la disposition du roi pour exercer ses fonctions. Il constitue donc un patrimoine public, distinct du patrimoine privé du souverain.

53. Quelle différence distingue principalement le domaine fixe du domaine casuel ?

Le domaine fixe est en principe inaliénable, tandis que le domaine casuel peut être aliéné pendant dix ans
Le domaine fixe peut être vendu librement, tandis que le domaine casuel exige l’accord des États généraux
Le domaine fixe provient des acquêts du règne, tandis que le domaine casuel vient de la succession royale
Le domaine fixe comprend les revenus fiscaux, tandis que le domaine casuel concerne les prérogatives judiciaires

Le domaine fixe est en principe inaliénable, tandis que le domaine casuel peut être aliéné pendant dix ans

Explication

Le domaine fixe comprend les biens recueillis à la mort du prédécesseur et est inaliénable et imprescriptible, sauf consentement des États généraux. Le domaine casuel regroupe les acquêts réalisés pendant le règne et peut être librement aliéné pendant dix ans.

54. Quel objectif la taille royale, négociée avec les États généraux pendant la guerre de Cent Ans, permet-elle d’atteindre ?

Entretenir une assemblée régulière représentant les trois ordres du royaume
Rédiger les coutumes locales sous le contrôle des officiers royaux
Garantir l’inaliénabilité des biens recueillis par la Couronne
Financer une armée royale permanente de 30 000 hommes

Financer une armée royale permanente de 30 000 hommes

Explication

La taille royale est négociée pendant la guerre de Cent Ans afin de financer une armée permanente de 30 000 hommes. Elle renforce ainsi les moyens militaires et administratifs du pouvoir royal.

55. Quelle transformation caractérise le passage à la procédure romano-canonique ?

Les parties règlent leur différend sans enquête judiciaire ni intervention du juge
L’accusateur privé dirige le procès oral et fournit les preuves au tribunal
Le juge conduit une enquête écrite, recherche la vérité et peut se saisir d’office
Le juge prononce sa décision après un débat public fondé sur la coutume locale

Le juge conduit une enquête écrite, recherche la vérité et peut se saisir d’office

Explication

La procédure romano-canonique remplace progressivement la procédure accusatoire par une procédure écrite et inquisitoire, où le juge conduit l’enquête et peut se saisir d’office. La procédure accusatoire reposait davantage sur l’initiative de l’accusateur.

56. Comment le statut réel se distingue-t-il du statut personnel en matière de coutume ?

Le statut réel dépend de la nationalité, tandis que le statut personnel suit la résidence temporaire
Le statut réel suit le lieu de l’immeuble, tandis que le statut personnel suit le domicile de la personne
Le statut réel relève du juge royal, tandis que le statut personnel relève des États généraux
Le statut réel suit le domicile, tandis que le statut personnel dépend du lieu de l’immeuble

Le statut réel suit le lieu de l’immeuble, tandis que le statut personnel suit le domicile de la personne

Explication

Le statut réel applique la coutume du lieu où se trouve l’immeuble, alors que le statut personnel dépend de la coutume du domicile de la personne. La distinction repose donc sur l’opposition entre le bien et la personne.

57. Dans quel cas le roi peut-il abattre une coutume ?

Lorsqu’elle provient d’une région située hors du domaine royal
Lorsqu’elle contredit le bon sens, les bonnes mœurs ou l’utilité publique
Lorsqu’elle est appliquée depuis une période plus courte qu’une autre coutume
Lorsqu’elle n’a pas été confirmée par une décision des États généraux

Lorsqu’elle contredit le bon sens, les bonnes mœurs ou l’utilité publique

Explication

Le roi peut abattre une mauvaise coutume lorsqu’elle est contraire notamment au bon sens, aux bonnes mœurs, au droit naturel, à la religion, à l’utilité publique, à l’équité ou à la raison. L’ancienneté ou l’origine territoriale d’une coutume ne suffit pas à la rendre mauvaise.

58. Que prévoit l’ordonnance de Montils-lès-Tours de 1454 concernant les coutumes ?

Elle ordonne leur rédaction officielle afin d’en fixer le contenu et d’améliorer la justice
Elle impose deux enquêtes par turbe pour prouver chaque coutume du royaume
Elle remplace les coutumes locales par une procédure inquisitoire uniforme
Elle autorise le roi à modifier les règles successorales selon les besoins politiques

Elle ordonne leur rédaction officielle afin d’en fixer le contenu et d’améliorer la justice

Explication

L’ordonnance de Montils-lès-Tours de 1454 ordonne la rédaction officielle de toutes les coutumes du royaume pour en fixer le contenu et améliorer la justice. Elle ne porte pas sur le nombre de turbes exigées pour établir une coutume.

59. Quelle succession d’étapes décrit correctement la procédure officielle de rédaction d’une coutume ?

Une assemblée locale l’ordonne, une commission royale rédige le projet, puis les trois ordres le promulguent avant l’examen parlementaire.
Le Parlement prépare le projet après une lettre patente, puis les trois ordres l’examinent et le roi arbitre les désaccords persistants.
Les trois ordres rédigent le texte sur ordre du roi, puis une assemblée locale l’approuve avant l’arbitrage de la commission parlementaire.
Une lettre patente l’ordonne, une assemblée locale prépare le projet, puis le Parlement l’examine et arbitre les désaccords avant la promulgation royale.

Une lettre patente l’ordonne, une assemblée locale prépare le projet, puis le Parlement l’examine et arbitre les désaccords avant la promulgation royale.

Explication

La procédure commence par une lettre patente et un projet préparé localement, puis la commission parlementaire et les trois ordres interviennent avant l’arbitrage du Parlement et la promulgation royale. L’assemblée locale prépare donc le projet, mais elle n’exerce pas les fonctions d’examen et d’arbitrage attribuées au Parlement.

60. Quelle conséquence juridique distingue une coutume rédigée d’une coutume orale ?

La coutume rédigée peut être modifiée par chaque tribunal, tandis que la coutume orale disparaît dès que le texte est promulgué.
La coutume rédigée est réservée aux autorités royales, tandis que la coutume orale conserve la force d’une loi générale.
La coutume rédigée devient une loi écrite, tandis que la coutume orale intervient encore pour combler les lacunes du texte.
La coutume rédigée reste une pratique locale, tandis que la coutume orale acquiert une valeur législative supérieure au texte.

La coutume rédigée devient une loi écrite, tandis que la coutume orale intervient encore pour combler les lacunes du texte.

Explication

La rédaction transforme la coutume en loi écrite et soumet sa modification à une procédure particulière. La coutume orale conserve toutefois une fonction résiduelle en comblant les lacunes du texte, plutôt qu’en lui étant supérieure.

61. Quel effet la rédaction des coutumes produit-elle sur la carte coutumière ?

Elle maintient la diversité coutumière en conservant les usages locaux qui ne peuvent être prouvés.
Elle remplace les coutumes générales par des règles particulières adaptées à chaque communauté territoriale.
Elle favorise les coutumes générales et entraîne la disparition de nombreuses coutumes locales mal établies.
Elle renforce les coutumes locales en leur donnant une reconnaissance identique à celle des coutumes générales.

Elle favorise les coutumes générales et entraîne la disparition de nombreuses coutumes locales mal établies.

Explication

La rédaction concentre la carte coutumière autour des coutumes générales, car plusieurs usages locaux disparaissent faute de pouvoir démontrer leur existence. Elle ne préserve donc pas automatiquement la diversité des pratiques locales.

62. Comment Jean Bodin définit-il principalement la souveraineté ?

Comme un commandement militaire transmissible, exercé au nom du roi par les chefs de l’armée et les gouverneurs.
Comme une compétence administrative confiée aux officiers et limitée par les décisions des assemblées territoriales.
Comme une puissance perpétuelle, une, indivisible, suprême et non déléguée, qui constitue l’attribut fondamental de l’État.
Comme une autorité temporaire, partagée entre plusieurs organes et fondée principalement sur la force militaire du souverain.

Comme une puissance perpétuelle, une, indivisible, suprême et non déléguée, qui constitue l’attribut fondamental de l’État.

Explication

Pour Bodin, la souveraineté est une puissance perpétuelle, une, indivisible, suprême et non déléguée, au cœur de la définition de l’État. La force militaire relève plutôt de l’imperium et ne définit pas la souveraineté bodinienne.

63. Quelle opposition Bodin établit-il entre le pouvoir souverain et l’imperium ?

Le pouvoir souverain concerne les finances, tandis que l’imperium désigne l’autorité judiciaire exercée par les tribunaux royaux.
Le pouvoir souverain appartient aux officiers, tandis que l’imperium revient aux assemblées chargées d’interpréter les lois du royaume.
Le pouvoir souverain repose sur la force militaire, tandis que l’imperium désigne une compétence civile fondée sur le droit.
Le pouvoir souverain est principalement civil et juridique, tandis que l’imperium renvoie au glaive, à la force et au commandement militaire.

Le pouvoir souverain est principalement civil et juridique, tandis que l’imperium renvoie au glaive, à la force et au commandement militaire.

Explication

Bodin distingue une souveraineté essentiellement civile et fondée sur le droit d’un imperium associé à la force et au commandement militaire. Confondre ces notions revient donc à attribuer au pouvoir souverain la fonction principale de l’imperium.

64. Quelle prérogative exprime principalement la souveraineté chez Bodin ?

Commander l’armée, le souverain exerçant son autorité dans les limites fixées par les lois ordinaires du royaume.
Donner et casser la loi, le souverain se trouvant au-dessus des lois qu’il édicte et pouvant les modifier.
Rendre la justice, le souverain devant respecter les lois fondamentales et les décisions des assemblées représentatives.
Administrer les finances, le souverain restant soumis aux règles adoptées par les officiers et les tribunaux du royaume.

Donner et casser la loi, le souverain se trouvant au-dessus des lois qu’il édicte et pouvant les modifier.

Explication

Chez Bodin, la souveraineté se manifeste d’abord par le pouvoir de donner et de casser la loi. Le souverain est ainsi placé au-dessus des lois qu’il édicte, contrairement aux lois fondamentales qui constituent une limite distincte à l’absolutisme.

65. Quels sont les quatre caractères de l’autorité royale selon Bossuet ?

Elle est populaire, représentative, révocable et indépendante de toute justification religieuse.
Elle est sacrée, paternelle, absolue et soumise à la raison.
Elle est militaire, élective, contractuelle et soumise aux assemblées du royaume.
Elle est judiciaire, patrimoniale, temporaire et fondée sur les privilèges locaux.

Elle est sacrée, paternelle, absolue et soumise à la raison.

Explication

Bossuet présente l’autorité royale comme sacrée, paternelle, absolue et soumise à la raison. Cette conception ne la réduit donc ni à un commandement militaire ni à une autorité élective contrôlée par les assemblées.

66. Quelle est la fonction du Conseil du roi dans le gouvernement monarchique ?

C’est un organe consultatif général composé de membres choisis par le roi, dont l’avis ne lie pas le monarque.
C’est un ministère collectif qui dirige l’État au nom du roi et dispose d’un pouvoir propre sur les affaires du royaume.
C’est un tribunal supérieur qui exerce une autorité autonome et peut annuler les décisions personnelles du monarque.
C’est une assemblée représentative qui impose ses décisions au roi après avoir contrôlé l’administration et les finances.

C’est un organe consultatif général composé de membres choisis par le roi, dont l’avis ne lie pas le monarque.

Explication

Le Conseil du roi conseille le monarque dans des domaines variés, mais il est composé de membres choisis par lui et son avis ne le contraint pas. Il ne constitue donc ni une assemblée représentative ni un pouvoir autonome pouvant imposer sa volonté.

67. De quels responsables se compose le gouvernement royal à la fin de l’Ancien Régime ?

De quatre secrétaires d’État, de deux intendants généraux et du président du Conseil du roi.
Du chancelier, de quatre secrétaires d’État et du contrôleur général des finances, soit six ministres.
Du contrôleur général des finances, de cinq secrétaires d’État et du premier président du Parlement.
Du chancelier, de trois secrétaires d’État et de deux contrôleurs généraux chargés des finances et de la justice.

Du chancelier, de quatre secrétaires d’État et du contrôleur général des finances, soit six ministres.

Explication

À la fin de l’Ancien Régime, le gouvernement royal s’appuie sur six ministres : le chancelier, quatre secrétaires d’État et le contrôleur général des finances. Les intendants et le Conseil du roi appartiennent à d’autres structures et ne complètent pas cette liste ministérielle.

68. Quel statut caractérise l’intendant dans l’administration régionale ?

C’est un officier propriétaire de sa charge, nommé par une communauté locale et indépendant des ordres du gouvernement royal.
C’est un magistrat parlementaire, élu dans une généralité et chargé de représenter les intérêts judiciaires des habitants.
C’est un ministre itinérant, désigné par les secrétaires d’État pour exercer une autorité permanente sur plusieurs provinces.
C’est un commissaire révocable, nommé dans une généralité et placé sous l’autorité directe du roi et de son Conseil.

C’est un commissaire révocable, nommé dans une généralité et placé sous l’autorité directe du roi et de son Conseil.

Explication

L’intendant est un commissaire révocable nommé dans une généralité et soumis directement au roi et à son Conseil. Il se distingue ainsi de l’officier, dont la charge possède un caractère patrimonial et permanent.

69. Quels domaines regroupent les principales attributions des intendants ?

La religion, l’éducation et la nomination des évêques, qui relèvent principalement de l’autorité ecclésiastique.
La législation, la succession royale et la direction des Parlements, qui concernent l’organisation constitutionnelle du royaume.
La justice, la police et les finances, qui couvrent les grands aspects de l’administration régionale.
La diplomatie, la guerre et le commerce maritime, qui relèvent principalement de la politique extérieure du royaume.

La justice, la police et les finances, qui couvrent les grands aspects de l’administration régionale.

Explication

Les intendants interviennent dans trois grands domaines : la justice, la police et les finances. Leur rôle régional ne se confond donc pas avec la diplomatie, la conduite de la guerre ou la direction générale de l’Église.

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Mémorisez les réponses avec 95 flashcards sur Villes et souveraineté monarchique.

Quand la Gaule devient-elle une province romaine ?

Vers 125 avant Jésus-Christ.

Que désigne la Res publica selon Cicéron ?

Une puissance publique organisée distincte du chef.

Qu'est-ce qui distingue le droit romain des coutumes orales ?

Il est rationnel, écrit, savant et laïc.

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