Fiche de révision : Asthme allergique et exacerbations

Plan du Cours

  1. Facteurs de risque de l’asthme
  2. Définition et symptômes de l’asthme
  3. Explorations fonctionnelles respiratoires
  4. Autres examens et origine allergique
  5. Explorations de l’asthme allergique
  6. Manifestations de la crise d’asthme
  7. Exacerbation et asthme aigu grave
  8. Diagnostics différentiels et contrôle
  9. Anti-inflammatoires de l’asthme
  10. Bronchodilatateurs de l’asthme
  11. Immunothérapie allergénique spécifique
  12. Traitement de la crise d’asthme
  13. Principes du traitement de fond
  14. Éducation thérapeutique du patient asthmatique
  15. Prévention de l’asthme allergique

1. Facteurs de risque de l’asthme

Notions clés & Définitions

  • Atopie : Prédisposition génétiquement déterminée à développer des réactions allergiques médiées par les immunoglobulines E (IgE) en réponse à des allergènes environnementaux.
  • Hyperréactivité bronchique : Réactivité accrue des bronches, avec bronchoconstriction, à des stimuli spécifiques comme des agents pharmacologiques, l’effort physique, l’hyperventilation volontaire ou l’inhalation d’air froid ou sec.

★ À maîtriser

  • Les facteurs environnementaux de risque comprennent : les fortes concentrations d’allergènes domestiques et environnementaux, les infections virales, le tabagisme passif, la pollution domestique et atmosphérique, l’exposition professionnelle

Compléments

  • La prédisposition génétique à l’asthme est polygénique et concerne notamment des gènes associés à l’hyperréactivité bronchique, à l’atopie, à l’immunité innée et à l’immunorégulation.

  • L’asthme associé à l’obésité est difficile à équilibrer et généralement mal contrôlé.

  • Selon la théorie hygiéniste, l’excès d’hygiène et d’antibiotiques modifie les germes saprophytes colonisant les muqueuses, c’est-à-dire le microbiote, et favorise ainsi le développement de la maladie allergique.

2. Définition et symptômes de l’asthme

Notions clés & Définitions

  • Asthme : GINA, 2024 - Maladie hétérogène caractérisée par une inflammation chronique des bronches, associant des symptômes respiratoires variables en intensité et dans le temps à une obstruction bronchique variable.

★ À maîtriser

  • Les symptômes respiratoires de l’asthme sont :

    • les sifflements
    • la dyspnée
    • l’oppression thoracique
    • la toux
  • Les symptômes évocateurs d’asthme sont associés, variables dans le temps et en intensité, déclenchés notamment par l’effort, le rire, les infections virales, les allergènes ou l’air froid, et souvent aggravés la nuit ou au petit matin.

Compléments

  • La dyspnée paroxystique est la caractéristique principale de l’asthme.

  • En dehors des exacerbations, l’examen physique d’un patient asthmatique est souvent normal.

3. Explorations fonctionnelles respiratoires

★ À maîtriser

📌 Un déficit ventilatoire obstructif proximal est défini par un rapport VEMS/CVF inférieur à la limite inférieure de la normale, inférieur à 70 % ou associé à un Z-score inférieur à −1,64.

  • La spirométrie standard avec courbe débit-volume est réalisée en première intention pour rechercher un déficit ventilatoire obstructif proximal, mais elle peut être normale en dehors des crises.

📌 Un déficit ventilatoire obstructif est réversible si le VEMS augmente de plus de 200 ml et de 12 % par rapport aux valeurs initiales après bronchodilatateur.

📌 La variabilité intra- ou interjournalière du débit expiratoire de pointe est évocatrice d’asthme lorsqu’elle dépasse 10 % chez l’adulte ou 15 % chez l’enfant.

  • En l’absence de déficit obstructif à la spirométrie chez un patient ayant une forte présomption clinique d’asthme, un test d’hyperréactivité bronchique non spécifique peut rechercher une hyperréactivité et son résultat négatif aide principalement à exclure le diagnostic.

Compléments

  • Le test de bronchodilatation consiste à réaliser une courbe débit-volume 15 minutes après l’inhalation de 4 bouffées d’un bronchodilatateur de courte durée d’action, par exemple le salbutamol.

📌 La réversibilité complète d’un déficit ventilatoire obstructif correspond à la normalisation du rapport VEMS/CVF au-dessus de 0,7, mais cette réversibilité totale peut disparaître dans l’asthme sévère.

📌 Après un mois de traitement par corticoïdes inhalés, une augmentation du VEMS supérieure à 20 % est un argument en faveur du diagnostic d’asthme.

  • La distension pulmonaire est évaluée par la mesure de :
    • le volume résiduel (VR)
    • la capacité résiduelle fonctionnelle (CRF)
    • la capacité pulmonaire totale (CPT)

📌 Une distension pulmonaire est retenue lorsque les volumes mesurés dépassent la limite supérieure de la normale ou 120 % de la valeur théorique.

  • Les méthodes de recherche de l’hyperréactivité bronchique sont : l’inhalation de doses croissantes de métacholine, l’inhalation de doses croissantes de carbachol, l’inhalation de doses croissantes d’histamine, l’exercice musculaire, l’hyperventilation à l’air froid ou sec, l’utilisation de solutions hypo- ou hyperosmolaires

📌 Lors d’une épreuve de provocation bronchique, une chute du VEMS de plus de 20 % par rapport à la valeur initiale rend le test positif, et le VEMS est le meilleur paramètre de suivi.

📌 Le test d’hyperréactivité bronchique non spécifique est généralement contre-indiqué chez l’adulte si le VEMS est inférieur à 60 % de la valeur théorique.

4. Autres examens et origine allergique

★ À maîtriser

  • L’interrogatoire recherche des antécédents :
    • personnels ou familiaux d’atopie
    • de rhinite allergique
    • d’urticaire
    • d’eczéma
    • d’asthme

Compléments

  • Les signes radiographiques possibles de distension comprennent : l’augmentation des diamètres antéropostérieur et transversal du thorax, l’élargissement des espaces intercostaux, l’horizontalisation des côtes, l’aplatissement des coupoles diaphragmatiques

  • Au cours de l’asthme, l’inflammation bronchique active une enzyme inductible qui augmente les concentrations de monoxyde d’azote expiré.

  • Lors d’une crise sévère, les gaz du sang peuvent montrer une hypoxémie discrète et une hypocapnie, cette dernière n’étant pas systématique.

  • L’oxymétrie peut objectiver une baisse de la saturation en oxygène pendant la crise d’asthme.

  • Les circonstances recherchées comprennent : le lieu, l’habitat, l’horaire, la présence d’animaux, la saison, certains aliments, les facteurs déclenchants évoquant des allergènes

📌 Une éosinophilie sanguine avec des polynucléaires éosinophiles supérieurs à 400/ml oriente vers une origine allergique de l’asthme, mais elle est inconstante.

5. Explorations de l’asthme allergique

★ À maîtriser

  • Les tests cutanés allergologiques, notamment le prick-test, sont l’examen de première intention pour rechercher une hypersensibilité immédiate.

  • La lecture du prick-test se fait après 15 minutes et est positive si la papule dépasse de 3 mm le témoin négatif ou dépasse 50 % de la réaction au témoin positif à l’histamine 0,1.

  • Les allergènes recherchés comprennent :

    • Les acariens DPT–DF.
    • Les pollens d’arbres, d’herbacées et de graminées.
    • Les phanères de chat et de chien.
    • Les moisissures.
    • Les venins d’abeille et de guêpe.
    • Les trophallergènes comme les œufs, le poisson, la tomate, le chocolat et la fraise.
    • Les allergènes médicamenteux.
  • Un test de provocation spécifique est positif lorsque le VEMS chute de plus de 20 % par rapport à sa valeur initiale.

Compléments

  • L’augmentation des polynucléaires éosinophiles n’est pas spécifique de l’allergie et peut aussi se voir dans les parasitoses, certaines hémopathies et certaines maladies systémiques.

📌 Le dosage des IgE spécifiques est indiqué lorsque les tests cutanés ne sont pas réalisables.

  • Le prick-test consiste à déposer des gouttelettes de solutions allergéniques espacées sur l’avant-bras, puis à piquer la peau avec une lancette afin de permettre la pénétration de l’allergène.

📌 Les tests de provocation spécifique consistent à administrer un aérosol d’allergène et sont indiqués notamment en pathologie professionnelle ou pour certaines allergies alimentaires, mais leur usage est limité par la complexité de l’appareillage et le risque d’accidents.

📌 La provocation spécifique peut entraîner une obstruction bronchique sévère, parfois retardée et associée à des signes extrapulmonaires, et doit donc être réalisée en milieu hospitalier.

6. Manifestations de la crise d’asthme

★ À maîtriser

📌 Les asthmes allergiques et les asthmes à éosinophiles non allergiques impliquent une inflammation des voies aériennes faisant notamment intervenir les lymphocytes Th2 et les éosinophiles, tandis que l’inflammation non-Th2 dépend des neutrophiles et non des lymphocytes Th2 ni des éosinophiles.

  • Les facteurs déclenchants comprennent :

    • Les infections virales.
    • L’inhalation d’allergènes.
    • L’inhalation ou l’exposition à l’air froid.
    • L’inhalation de fumée ou d’odeurs fortes.
    • L’effort physique.
    • Le stress.
  • La crise s’installe brutalement en quelques minutes, souvent la nuit, avec une dyspnée intense, une sensation d’étouffement et parfois une impression de mort imminente; des sibilants expiratoires peuvent être audibles à distance.

  • À l’examen, la crise peut associer une polypnée ou plus rarement une bradypnée expiratoire, un thorax bloqué en inspiration avec distension, une sonorité accrue à la percussion, des râles sibilants diffus bilatéraux, une légère tachycardie avec assourdissement des bruits du cœur et une toux irritative habituellement sèche.

Compléments

  • Dans l’asthme associé à l’obésité, le FeNO est négatif, l’hyperéosinophilie est absente et les tests cutanés sont négatifs.

  • Les isocyanates sont mentionnés comme facteur associé à l’asthme professionnel.

  • La crise d’asthme survient fréquemment en pleine nuit et ses facteurs déclenchants sont souvent les mêmes pour un même individu.

  • Les prodromes possibles sont :

    • Des céphalées.
    • Une toux.
    • Un prurit nasal ou cutané.
    • Des éternuements.
    • Une rhinorrhée.
    • De l’anxiété.
  • La crise dure de 10 à 20 minutes jusqu’à 1 à 2 heures; à la phase catarrhale, la dyspnée diminue, la toux devient quinteuse et des expectorations en crachat perlé de Laennec peuvent apparaître.

  • La crise d’asthme peut se résoudre spontanément ou sous traitement, avec disparition de la dyspnée.

Astuce mémo

Déclencheurs → prodromes → crise → phase catarrhale.

7. Exacerbation et asthme aigu grave

Notions clés & Définitions

  • Exacerbation : GINA - Modification de l’état habituel du patient nécessitant une visite médicale et/ou un renforcement thérapeutique, caractérisée par une aggravation aiguë ou subaiguë des symptômes et une détérioration de la fonction respiratoire; elle peut être la manifestation inaugurale de l’asthme.
  • Asthme aigu grave : Crise avec obstruction bronchique sévère d’installation aiguë ou progressive, rebelle au traitement habituel, responsable d’une insuffisance respiratoire aiguë et menaçant la vie par sa durée et/ou sa gravité.

★ À maîtriser

  • Les principaux facteurs de risque sont (GINA, 2021) :

    • Les antécédents d’exacerbation menaçant le pronostic vital.
    • Les exacerbations avec ou sans hospitalisation au cours des 12 derniers mois.
    • L’allergie alimentaire associée.
    • Les problèmes psychosociaux.
    • L’absence de corticoïdes inhalés ou leur mauvaise observance.
    • La prise actuelle ou récente de corticoïdes oraux.
    • La consommation excessive de bêta-2 agonistes de courte action.
    • L’absence de plan d’action écrit.
    • Les comorbidités telles que pneumonie, diabète ou arythmie.
  • Les signes respiratoires peuvent comprendre :

    • Une tachypnée de 30 à 35 par minute.
    • L’angoisse.
    • La cyanose.
    • Une toux épuisante.
    • Des sibilants discrets ou un silence respiratoire menaçant le pronostic vital.
    • Une baisse marquée du peak-flow.
    • L’absence d’expectoration.
    • Un tirage respiratoire.
    • L’épuisement.
  • Les signes biologiques de l’asthme aigu grave associent une hypoxémie profonde constante, une hypercapnie fréquente et une acidose mixte respiratoire et métabolique.

Compléments

  • Le terme « exacerbation » est préféré au terme « crise » par GINA.

  • Le syndrome de menace correspond à une perte prolongée du contrôle de l’asthme de plus de 48 heures.

  • Les facteurs déclenchants comprennent :

    • L’infection.
    • L’arrêt brutal du traitement, notamment des corticoïdes.
    • L’abus de sédatifs.
    • Un accident de désensibilisation.
    • Les facteurs psychologiques.
    • L’absence de cause identifiée.
  • Le syndrome cardiovasculaire de l’asthme aigu grave peut associer une tachycardie, des troubles du rythme, des extrasystoles, une pression artérielle élevée ou abaissée de mauvais pronostic et une insuffisance ventriculaire droite aiguë.

  • Le syndrome neurologique de l’asthme aigu grave peut associer l’angoisse et des troubles de la conscience allant de la peur, l’obnubilation et la désorientation à l’altération du niveau de conscience et au coma.

  • L’évolution de l’asthme aigu grave varie selon la précocité du traitement et sa mortalité est de 10 à 20 %.

Astuce mémo

Obstruction sévère rebelle → insuffisance respiratoire aiguë → menace vitale.

8. Diagnostics différentiels et contrôle

★ À maîtriser

  • Les diagnostics différentiels comprennent :

    • Une tumeur ou une compression trachéale.
    • Un œdème aigu du poumon.
    • Plus rarement, une embolie pulmonaire ou des bronchectasies.
    • L’inhalation de corps étrangers.
    • Un dysfonctionnement des cordes vocales.
    • Une toux liée aux inhibiteurs de l’enzyme de conversion ou aux bêtabloquants.
  • L’évaluation du contrôle de l’asthme s’effectue à chaque consultation de suivi à partir des symptômes des quatre semaines précédentes et des facteurs pronostiques d’évolution négative.

  • Les principaux facteurs pronostiques sont :

    • la fonction respiratoire
    • les exacerbations sévères
    • l’absence de corticoïdes inhalés
    • l’utilisation excessive de bêtamimétiques
    • l’environnement
    • les comorbidités
    • la grossesse
    • les mauvaises conditions socio-économiques

Compléments

📌 Dans la BPCO, l’obstruction bronchique n’est pas complètement réversible, tandis que le syndrome de chevauchement asthme-BPCO désigne une forme frontière entre les deux maladies.

  • Le diagnostic différentiel repose sur les données cliniques et une radiographie thoracique systématique dans le bilan initial de tout asthmatique; d’autres examens peuvent être nécessaires, notamment une fibroscopie en cas de suspicion de tumeur ou de compression trachéale.

  • Les scores prennent en compte :

    • La fréquence des symptômes diurnes.
    • L’existence de symptômes nocturnes.
    • Le recours au traitement de secours.
    • L’activité.

9. Anti-inflammatoires de l’asthme

★ À maîtriser

  • Les glucocorticoïdes ont une action anti-inflammatoire et anti-œdémateuse, et les corticostéroïdes inhalés constituent le traitement de fond de référence de l’asthme.

📌 Les corticostéroïdes systémiques sont indiqués en traitement de fond de l’asthme sévère non contrôlé par un traitement optimal ou lors d’une crise modérée à sévère.

  • Les anti-leucotriènes agissent en inhibant la 5-lipoxygénase, ce qui prévient la synthèse des leucotriènes, et en bloquant la liaison des leucotriènes à leurs récepteurs, ce qui prévient leur action.

Compléments

  • Les corticostéroïdes inhalés disponibles comprennent la béclométasone, le budésonide et la fluticasone, sous forme d’aérosol-doseur, de poudre sèche ou de préparation pour aérosol.

  • Les effets indésirables locaux des corticostéroïdes inhalés comprennent les candidoses oropharyngées et la dysphonie, complications évitables par le rinçage de la bouche et de la gorge à l’eau après chaque inhalation.

  • La dose de corticostéroïdes systémiques équivalente à la prednisone est de 0,5 mg/kg/j chez l’adulte et de 1 à 2 mg/kg/j chez l’enfant, ou de 0,15 à 0,30 mg/kg/j de bétaméthasone.

📌 Les anti-leucotriènes, administrés par voie orale en comprimés, sont indiqués dans l’asthme d’effort, l’asthme avec intolérance à l’aspirine et l’asthme non contrôlé par les corticoïdes, avec ou sans β2-mimétique.

  • Les effets indésirables les plus fréquents des anti-leucotriènes sont les céphalées et les troubles gastro-intestinaux.

📌 L’omalizumab inhibe la liaison des IgE à leur récepteur et est indiqué dans l’asthme allergique sévère non contrôlé par des corticostéroïdes inhalés à forte dose associés à un β2-mimétique de longue durée d’action.

  • L’omalizumab est administré par injections sous-cutanées toutes les 3 à 4 semaines, avec une dose calculée en fonction du taux d’IgE totales.

📌 Le mépolizumab et le dupilumab sont préconisés dans l’asthme éosinophilique sévère non contrôlé par des corticostéroïdes inhalés à forte dose associés à un β2-mimétique de longue durée d’action.

10. Bronchodilatateurs de l’asthme

★ À maîtriser

  • Les β2-stimulants augmentent la synthèse d’AMPc et stimulent les récepteurs β2, prédominants dans le muscle lisse bronchique, ce qui entraîne une bronchodilatation jusqu’aux voies aériennes distales.

📌 Les β2-mimétiques de courte durée d’action, comme la terbutaline et le salbutamol, agissent en 10 à 15 minutes et servent au traitement de la crise et à la prévention de l’asthme d’effort, tandis que ceux de longue durée d’action, comme le salmétérol et le formotérol, agissent 12 heures et sont associés aux corticostéroïdes inhalés dans le traitement de fond de l’asthme mal contrôlé.

  • Les anticholinergiques bronchodilatent en bloquant les récepteurs muscariniques M1 et M3 de l’acétylcholine situés dans le muscle lisse bronchique.

Compléments

  • Les récepteurs β2 représentent 70 % des récepteurs du muscle lisse bronchique.

  • Les β2-stimulants améliorent aussi l’activité mucociliaire en modifiant la viscosité du mucus et en augmentant le battement ciliaire.

  • Les effets indésirables des β2-mimétiques comprennent :

    • la tachycardie
    • les palpitations
    • les tremblements des extrémités
    • l’hypokaliémie
    • l’hyperglycémie à forte dose
    • les céphalées par vasodilatation

📌 Les β2-mimétiques oraux ou parentéraux sont à éviter et sont contre-indiqués en cas d’insuffisance coronaire, d’infarctus du myocarde, de cardiomyopathie obstructive, de trouble du rythme, d’hypertension artérielle, de thyrotoxicose ou de diabète sucré.

📌 Les anticholinergiques sont des bronchodilatateurs moins puissants et plus lents que les β2-stimulants, et ils ont également une action antisécrétoire.

  • Les effets indésirables atropiniques des anticholinergiques comprennent : la sécheresse buccale, la rétention urinaire, les troubles de l’accommodation avec mydriase, les nausées, la constipation, les bradycardies transitoires suivies de tachycardies, parfois une crise de glaucome par fermeture de l’angle iridocornéen

📌 Les anticholinergiques sont contre-indiqués en cas de glaucome à angle fermé, d’adénome de la prostate ou de détérioration intellectuelle.

📌 Le bromure d’ipratropium est un anticholinergique de courte durée d’action indiqué dans la crise d’asthme, tandis que le tiotropium agit pendant 24 heures et est recommandé dans l’asthme sévère non contrôlé sous forte dose de corticostéroïdes inhalés associés à des β2-mimétiques de longue durée d’action.

Astuce mémo

Les β2 stimulants dilatent rapidement les bronches ; les anticholinergiques sont moins puissants et plus lents.

11. Immunothérapie allergénique spécifique

Notions clés & Définitions

  • Immunothérapie allergénique : L’immunothérapie allergénique est le seul traitement étiologique de l’asthme allergique et consiste à administrer des doses croissantes d’allergènes afin d’induire une tolérance de l’organisme à l’allergène.

Points essentiels

📌 L’immunothérapie allergénique est indiquée dans l’asthme monosensibilisé lorsque les mesures d’éviction sont inefficaces ou impossibles à appliquer, et elle est discutée chez l’enfant de plus de 5 ans et chez l’adulte.

📌 L’immunothérapie allergénique est contre-indiquée en cas d’asthme sévère non contrôlé.

12. Traitement de la crise d’asthme

★ À maîtriser

  • Le traitement de l’exacerbation de l’asthme est adapté à sa sévérité et repose sur des bronchodilatateurs inhalés de courte durée d’action, associés ou non à des corticostéroïdes systémiques, conformément au GINA 2019.

  • Lors d’une crise légère à modérée, les β2-mimétiques rapides sont le traitement de première intention, à raison de 4 à 10 bouffées avec chambre d’inhalation toutes les 20 minutes pendant la première heure.

  • Lors d’une crise sévère ou d’une menace vitale imminente, le patient doit être transféré en unité de soins intensifs.

  • En attendant le transfert en soins intensifs d’une crise sévère ou de mort imminente, le traitement comprend un SABA par nébuliseur, du bromure d’ipratropium, de l’oxygène et un corticoïde systémique.

  • Le suivi ultérieur comprend : évaluer les symptômes, revoir les traitements de secours et de fond, identifier et corriger les facteurs de risque modifiables, vérifier la compréhension et l’utilisation du plan d’action et envisager de le modifier

Compléments

  • En cas de crise légère à modérée, la prednisolone est préconisée à 40–50 mg/jour chez l’adulte et à 1–2 mg/kg/jour chez l’enfant, avec un maximum de 40 mg/jour chez l’enfant.

  • La saturation cible lors d’une crise légère à modérée est de 93–95 % chez l’adulte et de 94–98 % chez l’enfant.

📌 La réponse au traitement d’une crise légère à modérée doit être réévaluée après une heure.

📌 Après amélioration, le retour à domicile est envisagé après évaluation des symptômes, du débit expiratoire de pointe, de la saturation et des ressources disponibles à domicile.

  • Après une crise, la prednisolone est prescrite pendant 6 à 7 jours chez l’adulte et 3 à 5 jours chez l’enfant, et une consultation de suivi est envisagée dans les 2 à 7 jours chez l’adulte et dans les 1 à 2 jours chez l’enfant.

📌 En soins intensifs, du sulfate de magnésium intraveineux peut être envisagé si le traitement initial intensif ne produit pas de réponse.

13. Principes du traitement de fond

★ À maîtriser

  • Les objectifs du traitement de l’asthme sont d’obtenir et de maintenir le contrôle avec absence de symptômes, activité normale et fonction respiratoire normale, d’éviter les effets indésirables des médicaments, de traiter les crises et d’éviter leurs complications, et de prévenir le décès par asthme.

📌 Le contrôle de l’asthme est classé comme contrôlé, partiellement contrôlé ou non contrôlé selon les symptômes diurnes et nocturnes, la limitation des activités journalières et l’utilisation de bronchodilatateurs.

📌 Le GINA ne recommande plus les SABA seuls, car ils soulagent à court terme sans protéger des exacerbations sévères et leur utilisation régulière ou fréquente augmente le risque d’exacerbations.

  • 🔄 La gestion de l’asthme suit un cycle continu (GINA, 2022) : évaluer, ajuster les traitements pharmacologiques et non pharmacologiques, évaluer la réponse

📌 Tous les adultes et adolescents asthmatiques devraient recevoir des CSI pour réduire le risque d’exacerbation grave, même si leurs symptômes sont peu fréquents, et tous les patients doivent disposer d’un traitement de secours.

Compléments

  • Les objectifs à long terme de la prise en charge sont le contrôle des symptômes et la réduction des risques d’exacerbations, d’obstruction bronchique fixée et d’effets secondaires des médicaments.

📌 La décision thérapeutique tient compte des caractéristiques individuelles, des facteurs de risque, des comorbidités ou du phénotype, de la réponse probable au traitement, des objectifs personnels, de la technique d’inhalation, de l’adhérence et de l’accessibilité. - GINA, 2019

  • La stratégie MART associe un traitement d’entretien et de soulagement au moyen d’un inhalateur unique de budésonide/formotérol à 200/6 μg, à raison de 1 à 2 bouffées deux fois par jour en entretien, avec des prises supplémentaires possibles pour soulager les symptômes.

📌 Selon le GINA 2022, l’instauration du traitement de fond peut suivre l’option préférée associant CSI-formotérol en traitement de fond et de secours, ou une autre option utilisant un SABA comme traitement de secours.

📌 Avant de majorer le traitement de fond d’un asthme non contrôlé, il faut vérifier l’observance, la technique d’inhalation et les facteurs favorisants.

  • Les causes à rechercher avant une majoration sont : une technique d’inhalation incorrecte, une mauvaise adhésion, des facteurs de risque modifiables persistants, des symptômes liés à des comorbidités

📌 Une diminution du traitement peut être envisagée lorsque le contrôle de l’asthme est maintenu pendant 3 mois, afin de trouver la dose minimale qui contrôle les symptômes et les exacerbations avec un minimum d’effets secondaires.

📌 Le rythme de suivi recommandé est de 1 à 3 mois après le début du traitement, puis tous les 3 à 12 mois ; pendant la grossesse, une évaluation est recommandée toutes les 4 à 6 semaines, et après une exacerbation, dans la semaine.

Astuce mémo

SABA soulage à court terme ; les CSI protègent contre les exacerbations graves.

14. Éducation thérapeutique du patient asthmatique

★ À maîtriser

  • L’éducation thérapeutique vise à améliorer la compréhension de l’asthme et des médicaments, notamment leurs bénéfices, leurs effets secondaires et leurs dispositifs, ainsi qu’à obtenir une observance optimale.

📌 Un plan d’action écrit doit être fourni au patient afin de permettre l’autogestion des situations d’urgence.

Compléments

  • L’éducation thérapeutique fait partie intégrante de la prise en charge de l’asthme et est réalisée conjointement par le médecin traitant et l’équipe soignante.

  • L’éducation du patient comprend : l’éviction des facteurs aggravants, l’autosurveillance clinique et par DEP, le contrôle médical régulier, la vaccination antigrippale en cas d’asthme modéré ou sévère, le maintien d’une activité physique régulière

  • Le patient doit être informé de l’évolution de la maladie, des exacerbations et des facteurs à éviter, des moyens thérapeutiques adaptés et de l’utilisation correcte des traitements, en particulier des sprays.

15. Prévention de l’asthme allergique

★ À maîtriser

  • Les allergènes et nuisances à éviter comprennent :

    • les animaux domestiques
    • les allergènes professionnels
    • les acariens
    • les allergènes alimentaires
    • le tabac
    • les fumées, les gaz et les poussières
  • Les recommandations de prévention primaire sont : éviter l’exposition au tabac pendant la grossesse et après la naissance, encourager l’accouchement par voie basse autant que possible, favoriser l’allaitement maternel, éviter autant que possible le paracétamol pendant la première année de vie, éviter autant que possible l’antibiothérapie pendant la première année de vie

Compléments

📌 En cas d’intolérance, l’aspirine et les AINS sont à éviter, et les bêtabloquants sont à éviter même sous forme de collyre.

📌 L’immunothérapie spécifique est indiquée si l’allergène est identifié, si son éviction est impossible, en l’absence de polysensibilisation, pour un asthme léger à modéré et si le patient l’accepte.

  • Les allergènes cités sont :

    • les acariens
    • les pollens
    • les poils de chat et de chien
    • les moisissures
  • La prévention primaire considère l’asthme comme le résultat d’interactions entre les gènes et l’environnement et situe chez l’enfant une fenêtre d’opportunité allant de la vie in utero à la petite enfance.

Teste tes connaissances

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1. Concernant les facteurs individuels de risque de l’asthme :

2. Quelle définition décrit le mieux l’asthme ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Asthme allergique et exacerbations avec 10 flashcards interactives.

Qu’est-ce que l’atopie ?

Une prédisposition génétique aux réactions allergiques médiées par les IgE face aux allergènes environnementaux.

Selon GINA, en 2024, quelle maladie associe inflammation chronique des bronches et obstruction variable ?

L’asthme.

Quels symptômes respiratoires caractérisent l’asthme ?

Les sifflements, la dyspnée, l’oppression thoracique et la toux.

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