★ À maîtriser
📌 Le diagnostic spirométrique de BPCO repose sur un rapport VEMS/CVF post-bronchodilatateur inférieur à 70 %.
Compléments
📌 Un DVO proximal pré-bronchodilatateur est défini par un rapport VEMS/CV ou VEMS/CVF inférieur à la limite inférieure de la normale ou par un z-score inférieur à −1,64.
📌 L’obstruction est dite fixe si, après bronchodilatateur, le VEMS et/ou la CV ou CVF n’augmente pas de 200 ml et de 12 %, tandis que le rapport VEMS/CV reste inférieur à 70 %.
Bronchite chronique : clinique ; emphysème : anatomique ; BPCO : obstruction spirométrique.
★ À maîtriser
L’étude BREATHE estime en 2012 la prévalence de la BPCO en Tunisie à 3,7 % chez les personnes âgées de 40 ans et plus.
En 2019, la BPCO était la troisième cause de mortalité mondiale, avec 3,23 millions de décès, dont 80 % dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
La fumée du tabac est le principal facteur de risque de BPCO et intervient dans 90 % des cas ; le risque augmente avec la dose et dépend de susceptibilités individuelles.
Les autres facteurs associés au risque de BPCO comprennent : le déficit héréditaire sévère homozygote en alpha-1-antitrypsine, le vieillissement, le genre féminin, les atteintes de la croissance pulmonaire, une situation socio-économique défavorisée, l’asthme et l’hyperréactivité bronchique, la bronchite chronique, les infections respiratoires sévères de l’enfance
Compléments
Les prévalences de BPCO rapportées selon les pays varient de 5 à 10 % dans la population générale.
La BPCO est plus fréquente chez les hommes et chez les personnes âgées de plus de 45 ans.
Le nombre annuel de décès liés à la BPCO était prévu à 4,5 millions en 2030.
Les formes de tabagisme impliquées comprennent :
Les facteurs de risque de BPCO comprennent la pollution domestique par biocombustibles, les expositions professionnelles aux poussières organiques et inorganiques, agents chimiques et fumées, ainsi que la pollution de l’air extérieur, dont l’impact est décrit comme relativement mineur.
★ À maîtriser
Seul un malade sur trois est diagnostiqué et seulement la moitié des malades diagnostiqués sont traités.
L’interrogatoire recherche : les habitudes tabagiques et leur quantification en paquets-années, le sevrage tabagique, les expositions professionnelles ou domestiques, les antécédents respiratoires personnels et familiaux, les comorbidités, les symptômes révélateurs
📌 Un score mMRC supérieur ou égal à 2 indique une dyspnée importante.
Compléments
La BPCO touche préférentiellement un adulte d’une cinquantaine d’années, de sexe masculin, fumeur ou ancien fumeur.
La bronchite chronique obstructive avec emphysème centrolobulaire constitue environ 90 % des BPCO.
La BPCO est souvent diagnostiquée à un stade avancé, car ses symptômes sont minimisés par les patients et la maladie est méconnue du grand public.
La toux de la bronchite chronique est souvent matinale, productive, initialement intermittente et hivernale, puis progressivement permanente dans la journée et toute l’année.
L’expectoration peut être blanchâtre, jaunâtre ou verdâtre et son abondance augmente lors des surinfections bronchiques.
📌 Un score CAT supérieur ou égal à 10 indique un impact symptomatique important de la BPCO ; le questionnaire comporte 8 questions évaluant l’état respiratoire et son retentissement sur la qualité de vie.
L’échelle mMRC classe la dyspnée en cinq grades, de 0 à 4, selon la limitation lors de l’effort et des activités quotidiennes.
À l’inspection, les signes de distension comprennent l’augmentation du diamètre antéropostérieur avec thorax en tonneau, le signe de Hoover et le signe de Campbell, qui correspond à la descente inspiratoire de la trachée.
La respiration à lèvres pincées avec une expiration prolongée au-delà de 4 secondes vise à retarder le collapsus expiratoire des bronches.
L’examen physique peut retrouver un tympanisme, une diminution du murmure vésiculaire et des râles sibilants et/ou bronchiques.
Les signes de cœur pulmonaire chronique à rechercher sont :
★ À maîtriser
📌 La classification spirométrique GOLD s’applique lorsque le rapport VEMS/CVF est inférieur à 70 % et distingue GOLD 1 avec VEMS ≥ 80 %, GOLD 2 avec 50 % ≤ VEMS < 80 %, GOLD 3 avec 30 % ≤ VEMS < 50 %, et GOLD 4 avec VEMS < 30 %.
Le nombre d’exacerbations survenues l’année précédente est le meilleur facteur prédictif des exacerbations futures.
L’outil ABE de la mise à jour GOLD 2023 associe l’impact symptomatique et le risque d’exacerbations, indépendamment de la classification spirométrique, afin de soutenir des traitements personnalisés et leur escalade ou désescalade.
📌 La classification ABE distingue le groupe A, à faible risque et peu symptomatique, le groupe B, à faible risque et plus symptomatique, et le groupe E, à risque d’exacerbation ; les anciens groupes C et D ont été réunis dans le groupe E.
Compléments
★ À maîtriser
Les comorbidités aggravent le pronostic de la BPCO et doivent être recherchées systématiquement et traitées de manière adéquate.
Les comorbidités cardiovasculaires fréquentes comprennent :
Compléments
Les comorbidités fréquentes comprennent :
Le reflux gastro-œsophagien est associé à un risque accru d’exacerbations.
Le syndrome métabolique et le diabète sont fréquents chez les patients BPCO et aggravent le pronostic ; la fréquence du syndrome métabolique est estimée à 30 %.
Les dilatations des bronches sont de plus en plus associées à la BPCO, notamment avec le recours fréquent à la TDM thoracique.
Les troubles cognitifs sont associés à la BPCO dans 32 % des cas et à un risque accru d’exacerbations fréquentes.
La multimorbidité correspond chez ces patients à au moins deux pathologies chroniques associées à la BPCO et s’accompagne souvent d’une polymédication.
★ À maîtriser
L’emphysème centrolobulaire, ou type B Blue Bloater, touche souvent un patient en surpoids ou obèse et cyanosé, avec toux productive puis dyspnée d’effort, signes précoces de cœur pulmonaire chronique, emphysème prédominant aux sommets et hypoxémie précoce.
L’emphysème panlobulaire représente 10 % des BPCO et touche typiquement un adulte jeune, longiligne et maigre, fumeur, ancien fumeur ou non-fumeur ; le tableau de type A Pink Puffer est dominé par la dyspnée, avec toux et expectorations parfois absentes.
Le consensus de 2016 pour l’ACO exige trois critères majeurs et un critère mineur ; les critères majeurs sont une obstruction persistante après bronchodilatateur avec VEMS/CVF < 70 % chez un sujet de plus de 40 ans, un tabagisme > 10 paquets-années ou une exposition à la biomasse, et un asthme documenté avant 40 ans ou une amélioration du VEMS > 400 mL après bronchodilatateur.
Compléments
L’emphysème centrolobulaire est la forme la plus fréquente de BPCO et complique souvent une bronchite chronique obstructive.
L’emphysème panlobulaire entraîne une distension thoracique majeure, des bulles et une raréfaction vasculaire prédominant aux bases, sans cardiomégalie mais avec un cœur en goutte.
À la TDM, l’emphysème panlobulaire présente une destruction homogène intéressant l’ensemble des lobules pulmonaires secondaires, avec des zones avasculaires hypodenses sans paroi propre et une raréfaction ou un refoulement vasculaire.
🔄 L’altération des gaz du sang évolue ainsi : les gaz du sang restent longtemps normaux au repos et à l’effort, une hypoxémie d’effort apparaît avec normo- ou hypocapnie, une hypoxémie de repos apparaît avec normo- puis hypercapnie lorsque la destruction est quasi totale
📌 Le risque d’hypertension pulmonaire et de cœur pulmonaire chronique est nettement moins important dans l’emphysème panlobulaire que dans l’emphysème centrolobulaire.
Les formes intermédiaires associent emphysème centrolobulaire et panlobulaire et évoluent plus rapidement vers des décompensations respiratoires asphyxiques.
Le phénotype exacerbateur fréquent est associé à une intoxication tabagique importante, des signes fréquents de cœur pulmonaire chronique, un syndrome inflammatoire biologique, davantage de comorbidités et des exacerbations sévères.
Les patients exacerbateurs fréquents appartiennent au groupe E GOLD et présentent une qualité de vie altérée, un déclin rapide de la fonction respiratoire et une mortalité élevée.
La prévalence de l’ACO varie de 15 à 20 % des patients atteints de BPCO.
Les critères mineurs proposés pour l’ACO comprennent : un antécédent documenté d’atopie ou de rhinite allergique, une amélioration du VEMS > 200 mL et de 12 % de la valeur de base après bronchodilatateur lors d’au moins deux, une éosinophilie sanguine > 300/mm3
Pink Puffer maigre et tardif, Blue Bloater cyanosé et précoce.
★ À maîtriser
Compléments
📌 La recherche de signes de gravité clinique s’impose devant toute exacerbation aiguë de BPCO.
La rupture de bulles d’emphysème peut provoquer un pneumothorax, parfois récidivant.
La BPCO est un facteur de risque d’accidents thromboemboliques et l’embolie pulmonaire peut être diagnostiquée par angioscanner thoracique, la scintigraphie de perfusion étant souvent difficile à interpréter dans ce contexte.
★ À maîtriser
Compléments
Dans la BPCO, la dyspnée est un facteur majeur de handicap respiratoire, car elle limite l’effort et altère la qualité de vie.
L’insuffisance respiratoire chronique peut évoluer vers l’hypertension pulmonaire puis le cœur pulmonaire chronique.
L’évolution vers l’insuffisance respiratoire chronique est plus rapide dans la bronchite chronique et l’emphysème centrolobulaire.
Le cœur pulmonaire chronique peut se révéler par une dyspnée d’effort sans orthopnée et par des signes précoces tels que l’éclat de B2 au foyer pulmonaire, le signe de Harzer ou un bruit de galop.
À un stade avancé du cœur pulmonaire chronique, une insuffisance tricuspide fonctionnelle, une hépatomégalie douloureuse avec reflux hépato-jugulaire, une turgescence jugulaire, des œdèmes des membres inférieurs et une oligurie tardive et modérée peuvent apparaître.
La radiographie thoracique du cœur pulmonaire chronique peut montrer des artères pulmonaires très volumineuses, une hypertrophie ventriculaire droite et des épanchements pleuraux, tandis que l’ECG montre des signes de cœur droit.
Handicap respiratoire → hypoxémie chronique → cœur pulmonaire chronique
★ À maîtriser
📌 Selon la charge thérapeutique, une exacerbation est légère si elle est traitée par des bronchodilatateurs de courte durée d’action seuls, modérée si elle nécessite aussi des antibiotiques et/ou des corticoïdes oraux, et sévère si elle conduit à une hospitalisation ou à une consultation aux urgences.
Une exacerbation est sévère lorsqu’elle s’accompagne d’une dyspnée EVA supérieure à 5, d’une fréquence cardiaque supérieure à 95 et d’une saturation au repos en air ambiant inférieure à 92 % et/ou d’une variation à l’effort supérieure à 3 %, avec apparition ou aggravation d’une hypercapnie supérieure à 45 mmHg associée à un pH inférieur à 7,35.
Les signes de gravité immédiate comprennent les signes respiratoires de détresse, les signes hémodynamiques, les troubles neuropsychiques et les anomalies gazométriques, notamment PaO2 inférieure à 55 mm Hg, PaCO2 supérieure à 45 mm Hg ou pH inférieur à 7,35.
L’hospitalisation est indiquée en présence de signes respiratoires ou neurologiques de gravité immédiate, de nouveaux signes cliniques, d’une absence de réponse au traitement initial ou d’une incertitude diagnostique.
Compléments
Une exacerbation sévère peut être associée à une insuffisance respiratoire aiguë.
Les critères cliniques d’exacerbation légère comprennent une dyspnée EVA inférieure à 5, une fréquence respiratoire inférieure à 24, une fréquence cardiaque inférieure à 95, une saturation au repos en air ambiant d’au moins 92 % avec une variation à l’effort inférieure à 3 %, et une CRP inférieure à 10 mg/l.
Une exacerbation modérée est définie par au moins trois des cinq critères suivants : dyspnée EVA supérieure à 5, fréquence respiratoire inférieure à 24, fréquence cardiaque supérieure à 95, saturation au repos en air ambiant inférieure à 92 % et/ou variation à l’effort supérieure à 3 %, et CRP d’au moins 10 mg/l ; les gaz du sang peuvent montrer une PaO2 inférieure à 60 mmHg et/ou une PaCO2 supérieure à 45 mmHg sans acidose.
Les autres critères d’hospitalisation sont l’âge avancé, l’absence de soutien à domicile, l’oxygénothérapie de longue durée et des comorbidités significatives telles qu’une cardiopathie gauche, l’alcoolisme ou une atteinte neurologique.
★ À maîtriser
Les principales causes d’exacerbation à rechercher sont la surinfection bronchique, souvent virale, et l’exposition aux aéro-contaminants.
Une purulence récente ou majorée des expectorations constitue le principal argument en faveur d’une infection bactérienne plutôt que virale.
Compléments
Les bactéries le plus souvent en cause sont :
Staphylococcus aureus, Pseudomonas aeruginosa et des entérobactéries peuvent être en cause surtout en cas d’obstruction sévère avec VEMS inférieur à 30 % de la valeur théorique et d’exacerbations fréquentes.
★ À maîtriser
📌 À domicile, la corticothérapie systémique n’est pas systématique, même en présence de râles sibilants, et se justifie en première intention seulement si un asthme est associé ; elle peut être envisagée en deuxième intention sans amélioration après 48 heures.
📌 Chez les patients hospitalisés, la prednisone est prescrite à 40 mg par jour pendant 5 jours ; la voie orale est aussi efficace que la voie intraveineuse.
📌 La ventilation non invasive par interface faciale est indiquée en cas de décompensation aiguë avec acidose respiratoire et pH inférieur à 7,35.
📌 L’antibiothérapie est indiquée si les trois critères d’Anthonisen sont réunis, si deux critères sont présents dont obligatoirement la purulence des expectorations, ou si le patient est sous ventilation mécanique non invasive ou invasive.
Compléments
À l’hôpital, les bronchodilatateurs sont fréquemment administrés par nébulisation, tandis qu’à domicile il faut vérifier la bonne technique d’utilisation des dispositifs inhalés.
La ventilation non invasive réduit :
📌 La ventilation endotrachéale est envisagée en cas d’arrêt respiratoire, de nécessité d’intubation immédiate pour coma ou choc, de troubles de la déglutition ou d’hypersécrétion, ou d’agitation et d’absence de coopération au masque de VNI.
La durée recommandée de l’antibiothérapie d’une exacerbation est de 5 jours selon les recommandations de la SPLF établies depuis 2017.
Les facteurs de risque sont :
Selon GOLD 2022, l’antibiothérapie empirique initiale peut reposer sur l’amoxicilline-acide clavulanique, les macrolides ou les tétracyclines, en tenant compte des résistances locales.
📌 Un examen bactériologique des crachats ou d’autres prélèvements respiratoires est recommandé chez les exacerbateurs fréquents ayant une obstruction sévère et/ou une exacerbation nécessitant une ventilation mécanique, afin de rechercher notamment Pseudomonas aeruginosa ou d’autres germes résistants.
★ À maîtriser
Compléments
Les objectifs du traitement de la BPCO sont de réduire les symptômes et les exacerbations, améliorer la fonction respiratoire, la capacité d’exercice et la qualité de vie, prévenir les complications et réduire la mortalité.
Avec des moyens efficaces et suffisamment de temps consacrés au sevrage tabagique, des taux d’arrêt durable allant jusqu’à 25 % peuvent être atteints.
L’évaluation du sevrage tabagique porte sur la dépendance physique par le test de Fagerström, la motivation et l’état psychologique, notamment l’anxiété et la dépression.
Les trois traitements recommandés d’aide au sevrage tabagique sont les substituts nicotiniques, le bupropion et la varénicline ; l’ordre recommandé est substituts nicotiniques en première intention, varénicline en deuxième intention et bupropion en troisième intention.
Les thérapies cognitivo-comportementales peuvent accompagner le sevrage, et une réduction partiellement compensée par des substituts nicotiniques peut être envisagée si l’arrêt complet est impossible, avec l’objectif final d’une cessation définitive.
La réduction de l’exposition personnelle aux poussières, fumées et gaz professionnels ainsi qu’aux polluants de l’air intérieur et extérieur fait partie de la réduction des facteurs de risque.
La vaccination antigrippale réduit les maladies graves, notamment les infections des voies aériennes inférieures nécessitant une hospitalisation, ainsi que la mortalité chez les patients atteints de BPCO.
📌 La vaccination antipneumococcique est recommandée chez tous les patients âgés d’au moins 65 ans et chez les patients plus jeunes atteints de BPCO avec des comorbidités significatives, notamment une insuffisance cardiaque ou respiratoire chronique.
★ À maîtriser
📌 La corticothérapie orale au long cours n’est jamais indiquée dans la BPCO en raison de son inefficacité et de ses effets indésirables, et la corticothérapie inhalée seule n’a pas de place dans son traitement.
📌 Chez les patients atteints de BPCO sévère à très sévère avec VEMS inférieur à 50 %, un corticostéroïde inhalé associé à un bêta-2 agoniste de longue durée d’action peut réduire les symptômes et les exacerbations et améliorer la qualité de vie, mais augmente le risque de pneumonie.
Compléments
Les bronchodilatateurs sont administrés de façon intermittente sous forme de courte durée d’action ou quotidiennement sous forme de longue durée d’action, et la voie inhalée offre le meilleur rapport bénéfice-risque.
Les familles de bronchodilatateurs sont :
Les bêta-2 agonistes relâchent les fibres musculaires lisses des voies respiratoires en stimulant les récepteurs bêta-2 adrénergiques, ce qui accroît la production d’AMP cyclique et s’oppose fonctionnellement à la bronchoconstriction.
Les bêta-2 agonistes de courte durée d’action comprennent le salbutamol, la terbutaline et le fénotérol ; leur bronchodilatation débute en quelques minutes, atteint son maximum en 15 à 30 minutes et dure jusqu’à 5 à 6 heures.
Les anticholinergiques ont un délai d’action de 30 à 90 minutes et une durée d’action de 4 à 6 heures ; ils améliorent la dyspnée et la capacité d’exercice, notamment par leur effet sur la distension thoracique.
Les antimuscariniques inhibent les effets bronchoconstricteurs de l’acétylcholine sur les récepteurs muscariniques M3 des fibres musculaires lisses des voies respiratoires.
Les anticholinergiques de courte durée d’action comprennent le bromure d’ipratropium et le bromure d’oxitropium, tandis que ceux de longue durée d’action comprennent le tiotropium, l’aclidinium, le glycopyrronium et l’uméclidinium.
Le tiotropium, un LAMA, réduit davantage la fréquence des exacerbations que le traitement par LABA dans les essais cliniques cités.
📌 La voie inhalée est privilégiée pour les bêta-2 agonistes car elle réduit les effets secondaires et améliore l’efficacité ; la nébulisation peut être proposée si les aérosols doseurs sont insuffisamment efficaces, et la voie orale est réservée aux patients incapables d’utiliser une voie inhalée.
📌 La théophylline n’est pas indiquée en première intention car elle est moins efficace et moins bien tolérée que les bronchodilatateurs inhalés, mais peut être utilisée en association chez certains patients lorsque ceux-ci sont insuffisants.
La théophylline a une marge thérapeutique étroite et une toxicité dose-dépendante ; ses concentrations varient notamment avec le tabagisme chronique, l’âge, la fièvre, l’insuffisance cardiaque ou hépatique et les interactions médicamenteuses.
L’association de bronchodilatateurs à mécanismes ou durées d’action différents peut accroître la bronchodilatation avec moins de risques que l’augmentation de la dose d’un seul médicament ; l’association SABA-SAMA améliore davantage le VEMS et les symptômes que chaque médicament seul.
★ À maîtriser
📌 L’oxygénothérapie de longue durée améliore la survie si elle est administrée au moins 15 heures par jour, nuit comprise, lorsque la PaO2 est inférieure à 55 mmHg à l’air ambiant hors exacerbation, ou inférieure ou égale à 60 mmHg avec polyglobulie, hypertension pulmonaire ou insuffisance ventriculaire droite.
Compléments
La réhabilitation respiratoire peut être proposée en ambulatoire ou dans un centre spécialisé pendant 4 à 8 semaines ; elle améliore la capacité d’exercice, la dyspnée, la qualité de vie et la consommation de soins.
La réhabilitation respiratoire est recommandée quel que soit le stade de la BPCO lorsqu’un handicap respiratoire persiste malgré le traitement pharmacologique, et une activité physique régulière est recommandée à tout patient atteint de BPCO.
Les gaz du sang qui motivent l’oxygénothérapie de longue durée doivent être répétés au moins deux fois, à au moins trois semaines d’intervalle et à distance de toute exacerbation.
La VNI au long cours est proposée après une décompensation aiguë si le sevrage de la ventilation mécanique est impossible, ou à l’état stable en cas d’hypercapnie sévère avec exacerbations fréquentes et PaCO2 supérieure à 52 mmHg.
La chirurgie de réduction de volume vise à réduire la dyspnée et à améliorer la capacité d’exercice et la qualité de vie, sans bénéfice démontré sur la survie.
La chirurgie de réduction de volume est indiquée chez des patients de moins de 75 ans, anciens fumeurs, toujours très dyspnéiques sous traitement optimal, avec VEMS inférieur à 45 %, VR supérieur à 150 %, CPT supérieure à 100 %, PaO2 supérieure à 45 mm Hg, PaCO2 inférieure à 60 mmHg et distance au test de marche de six minutes supérieure à 140 m.
La chirurgie des bulles s’adresse aux patients ayant des bulles géantes occupant plus du tiers de l’hémithorax, ou des bulles compliquées de pneumothorax, hémorragie, infection ou douleur, ou compressives pour le parenchyme sain, le diaphragme, les vaisseaux pulmonaires ou les structures médiastinales.
La transplantation pulmonaire est indiquée chez les patients de moins de 65 ans présentant une atteinte sévère avec contre-indications relatives ou absolues à la chirurgie de réduction de volume et des critères tels que VEMS inférieur à 35 %, PaO2 inférieure à 55 mm Hg, PaCO2 supérieure à 50 mm Hg ou hypertension pulmonaire.
★ À maîtriser
📌 Selon GOLD 2022, le traitement initial associe un bronchodilatateur dans le groupe A, LABA plus LAMA dans les groupes B et E, avec une association LABA-LAMA-ICS à envisager dans le groupe E si les éosinophiles sanguins sont au moins à 300 éléments/mm3.
Compléments
📌 La corticothérapie inhalée est recommandée en cas d’au moins deux exacerbations modérées par an, de taux sanguin de PNE supérieur à 300/mm3 ou d’association BPCO-asthme.
📌 La corticothérapie inhalée peut être discutée après une exacerbation modérée annuelle ou avec un taux sanguin de PNE entre 100 et 300/mm3, tandis que plusieurs épisodes de pneumonie aiguë, un taux de PNE inférieur à 100/mm3 ou des antécédents d’infection pulmonaire à mycobactéries sont des facteurs défavorables à sa prescription, et non des contre-indications absolues.
Le suivi pharmacologique consiste à réévaluer les symptômes et le risque d’exacerbation, ajuster le traitement de fond par intensification, désescalade ou changement de médicament ou de dispositif, puis vérifier la technique d’inhalation et les mesures non pharmacologiques.
Si la dyspnée s’aggrave sous un seul bronchodilatateur LABA ou LAMA, l’association des deux est proposée ; sous LABA-LAMA, il faut envisager un changement de molécule ou de dispositif, renforcer les mesures non pharmacologiques et rechercher d’autres causes de dyspnée.
En cas d’exacerbation sous un seul bronchodilatateur, un taux de PNE d’au moins 300/mm3 oriente vers LABA-LAMA-ICS et un taux inférieur à 300/mm3 vers LABA-LAMA.
En cas d’exacerbation sous LABA-LAMA, un taux de PNE d’au moins 100/mm3 oriente vers LABA-LAMA-ICS ; si le taux est inférieur à 100/mm3, d’autres options comprennent le roflumilast si le VEMS est inférieur à 50 % avec bronchite chronique, ou un macrolide au long cours, préférentiellement chez les anciens fumeurs.
Le retrait des corticostéroïdes inhalés est indiqué en cas de pneumonie ou d’autres effets indésirables liés à cette corticothérapie.
★ À maîtriser
Compléments
Lutte contre le tabagisme → meilleure mesure préventive en l’absence de traitement curatif efficace
Emphysèmes centrolobulaire et panlobulaire
| Dimension | Centrolobulaire | Panlobulaire |
|---|---|---|
| Profil | Surpoids ou obésité, cyanose | Adulte jeune, longiligne, maigre |
| Symptômes | Toux productive puis dyspnée | Dyspnée souvent au premier plan |
| Imagerie | Emphysème prédominant aux sommets | Emphysème prédominant aux bases |
| Gaz du sang | Hypoxémie précoce | Hypoxémie tardive |
| Évolution | Cœur pulmonaire chronique précoce | Risque moindre et évolution tardive vers l’IRC |
Teste tes connaissances sur Complications et traitement de la BPCO avec 40 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Une spirométrie montre avant bronchodilatateur un rapport VEMS/CVF avec un z-score de −1,8 ; après bronchodilatateur, le VEMS augmente de 150 ml et de 10 %, et le rapport VEMS/CV reste à 65 %. Quelles interprétations sont exactes ?
2. Une synthèse épidémiologique distingue les décès observés en 2019 des projections pour 2030. Quelles propositions sont exactes au sujet de la mortalité liée à la BPCO ?
Mémorisez les concepts clés de Complications et traitement de la BPCO avec 88 flashcards interactives.
Selon le rapport GOLD, à quoi la BPCO est-elle liée après une exposition nocive importante ?
À des anomalies des voies aériennes et/ou du parenchyme pulmonaire.
Qui définit la BPCO comme une maladie fréquente, évitable et traitable ?
La Global Initiative on Obstructive Lung Disease (GOLD).
Quels critères temporels définissent cliniquement la bronchite chronique ?
Une toux productive pendant au moins trois mois par an durant au moins deux années consécutives.
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