Contact → distribution → métabolisation → élimination : le trajet ADME.
★ À maîtriser
Les principales voies de contact sont :
La quantité et la vitesse de résorption orale varient selon les caractéristiques physicochimiques du toxique, notamment sa liposolubilité, son pKa et sa concentration.
📌 Après injection intraveineuse, le toxique est déposé directement dans le sang sans absorption ni résorption, tandis qu’après injection intramusculaire, intradermique ou sous-cutanée, il y a absorption puis résorption.
Compléments
La bouche et l’œsophage ont une surface d’environ 0,02 m² et un temps de contact court, ce qui limite l’absorption, sauf notamment pour la nicotine et les dérivés nitrés.
La résorption cutanée dépend :
Les muqueuses n’ont pas de barrière cornée, sont fortement vascularisées et permettent un effet raccourci par absence de passage hépatique.
Après une injection intramusculaire, intradermique ou sous-cutanée, la vitesse de résorption dépend du degré de vascularisation du tissu d’administration.
La peau cornée freine ; les muqueuses, sans couche cornée et très vascularisées, absorbent plus facilement.
★ À maîtriser
Les toxiques présents dans l’air comprennent :
Les particules toxiques, à la fois fibrogènes et toxiques, peuvent atteindre les bronchioles et les alvéoles ; l’amiante et la silice cristalline sont citées comme exemples associés à la silicose, à l’asbestose et aux cancers.
Compléments
Les particules gênantes, non fibrogènes et non toxiques restent dans les voies aériennes supérieures et peuvent provoquer toux et irritation de la muqueuse nasale.
Les particules nocives, fibrogènes mais non toxiques, pénètrent dans les voies respiratoires moyennes et peuvent provoquer des rhinites et des réactions inflammatoires.
Les mécanismes de dépôt sont :
★ À maîtriser
Dans le sang, un toxique peut être transporté : librement dissous dans le plasma, lié à des protéines de transport ou à d’autres fractions plasmatiques, lié physiquement ou chimiquement aux éléments figurés, notamment aux hématies
La fraction libre d’un toxique est biodisponible, tandis que sa fraction liée est transportée sans être immédiatement biodisponible.
Selon leur affinité, les toxiques se répartissent principalement ainsi : les toxiques hydrosolubles dans les fluides corporels, les toxiques lipophiles dans le système nerveux central et le tissu adipeux, les toxiques colloïdaux dans le système réticulo-endothélial, les toxiques ostéotrophiques dans l’os et le tissu conjonctif
Compléments
📌 La distribution tissulaire peut être modélisée par un compartiment unique ou par plusieurs compartiments, superficiels et profonds.
Libre dans le plasma : biodisponible ; lié aux protéines ou aux cellules sanguines : transporté.
★ À maîtriser
Compléments
Les plus grosses particules colloïdales sont préférentiellement retenues par le foie, tandis que les plus petites se répartissent plus uniformément dans la rate, le foie et la moelle osseuse.
Le tissu osseux représente 10 à 15 % de la masse corporelle et une soixantaine d’éléments sont décrits comme ostéotrophiques.
L’incorporation des toxiques dans l’os est majeure dans l’os actif, qui représente près de 100 % de l’os chez le fœtus, le nouveau-né et le jeune enfant, puis diminue avec l’âge au profit de l’os stable.
★ À maîtriser
📌 L’élimination directe, appelée excrétion, concerne essentiellement les toxiques hydrosolubles, tandis que l’élimination indirecte des toxiques liposolubles est précédée d’une métabolisation.
📌 Le foie assure principalement la métabolisation et rarement l’excrétion, tandis que le rein assure principalement l’excrétion et rarement la métabolisation.
Compléments
Les enzymes hépatiques citées sont :
La métabolisation peut également impliquer les cellules rénales, qui possèdent la xanthine oxydase, et les érythrocytes, qui possèdent des estérases ubiquitaires.
Les autres voies d’excrétion comprennent :
Le foie métabolise surtout ; le rein excrète surtout.
📐 Formule - La clairance totale est la somme des clairances hépatique, rénale et des autres voies d’excrétion : .
📐 Formule - La clairance totale est liée à la constante d’élimination et au volume de distribution par la relation .
📐 Formule - La concentration sanguine décroît exponentiellement selon .
📐 Formule - Le temps de demi-vie est lié à la constante d’élimination par .
Une clairance totale accrue augmente l’élimination et raccourcit la demi-vie.
★ À maîtriser
Selon l’échelle de Gosselin, Smith et Hodge, les doses orales létales humaines classent les substances comme très peu toxiques au-dessus de 15 g/kg, peu toxiques entre 5 et 15 g/kg, à toxicité modérée entre 0,5 et 5 g/kg, très toxiques entre 50 et 500 mg/kg, extrêmement toxiques entre 5 et 50 mg/kg et supertoxiques sous 5 mg/kg.
Paracelse (1493-1541) est associé à l’énoncé « Tout est poison, rien n’est poison : c’est la dose qui fait le poison ».
Lors de certaines périodes du développement, notamment la période périnatale et l’adolescence, de très faibles doses de certaines substances peuvent produire des effets supérieurs à ceux de doses plus élevées ; le bisphénol-A est cité comme exemple.
Compléments
📌 La toxicité chronique résulte d’une exposition très longue, parfois durant toute la vie, à de très faibles doses dont les effets proviennent de l’accumulation du toxique ou de la sommation de petits effets.
Une toxicité retardée peut provoquer des altérations pathologiques plusieurs jours ou davantage après une exposition unique.
La toxicité subchronique correspond à l’absorption de doses variables pendant quelques jours à quelques semaines, au maximum 90 jours, avant l’apparition des premiers symptômes.
Dose élevée, effet souvent accru ; certaines courbes non monotones font exception à cette relation.
★ À maîtriser
📌 La détoxication transforme un xénobiotique en métabolites moins toxiques, tandis que la bioactivation ou toxiactivation produit des métabolites plus toxiques.
Compléments
Une réaction enzymatique de biotransformation convertit un substrat en produit transformé, ou métabolite, avec la participation d’une enzyme et éventuellement d’une coenzyme ou d’un cofacteur.
La spécificité enzymatique peut être :
Les oxydations de phase I peuvent être catalysées par les peroxydases, les cyclo-oxygénases et les mono-oxygénases à cytochrome P450, et peuvent produire des composés instables.
Les réductions de phase I sont peu nombreuses, relèvent notamment des bactéries de la flore intestinale et concernent surtout les composés halogénés et nitrés.
Les hydrolyses de phase I sont nombreuses et sont illustrées par l’inhibition des cholinestérases par les insecticides organophosphorés, la procaïne et la transformation de la phénacétine en phénétidine néphrotoxique et méthémoglobinisante.
Les conjugaisons de phase II comprennent :
★ À maîtriser
Compléments
L’efficacité hépatique est plus faible au début de la vie qu’à l’âge adulte et redevient moins efficace à la fin de la vie.
Le polymorphisme génétique peut modifier la capacité de l’organisme à synthétiser des enzymes et donc faire varier la biotransformation.
★ À maîtriser
À dose normale, le paracétamol est métabolisé par le cytochrome P450 et par glycuroconjugaison, puis ses métabolites sont excrétés par le rein.
À forte dose de paracétamol, la voie du cytochrome P450 et celle du glutathion interviennent ; si les réserves de glutathion s’épuisent, des métabolites très toxiques s’accumulent et détruisent les cellules hépatiques.
Le benzo(a)pyrène est transformé en 7,8-arène oxyde puis en 7,8-dihydrodiol et en 7,8-diol-9,10-époxyde, qui se fixe de manière covalente sur les acides nucléiques, notamment l’ADN et l’ARN.
Le mode d’action principal du soman est le blocage des cholinestérases, tandis que son mode d’action secondaire implique une fixation sur des récepteurs centraux.
Compléments
Le soman est un ester organophosphoré de l’acide phosphonofluorhydrique et de l’alcool pinacolique, utilisé comme gaz de combat.
Les enzymes locales hydrolysent le soman et génèrent des métabolites qui accélèrent le vieillissement des récepteurs centraux de l’acétylcholine, jusqu’à dépasser leur renouvellement.
L’exposition au soman peut provoquer des troubles comportementaux et neuromusculaires, notamment une faiblesse musculaire et un steppage.
Quand la voie toxifiante dépasse les défenses de conjugaison, les métabolites toxiques s’accumulent.
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