📋 Plan du Cours
- Hypertrophie bénigne de la prostate définition
- Prostate anatomie et rôle physiologique
- Physiopathologie et stades cliniques
- Signes urinaires irritatifs et obstructifs
- Complications de la rétention urinaire
- Diagnostic clinique et examens complémentaires
- Prise en charge thérapeutique selon la gêne
- Pharmacothérapies de l’HBP alpha-bloquants
- Inhibiteurs de la 5 alpha-réductase
- Tadalafil et inhibiteurs de la PDE5
- Conseils au comptoir et hygiène de vie
- Contre-indications médicamenteuses de l’HBP
📖 1. Hypertrophie bénigne de la prostate définition
🔑 Notions clés & Définitions
- Hypertrophie bénigne de la prostate : Pathologie urologique liée à une augmentation progressive du volume prostatique due à une prolifération excessive de cellules prostatiques normales.
- Adénome de la prostate : Tumeur bénigne de la prostate correspondant à une croissance non cancéreuse de la glande.
- Prostate hormono-dépendante : Caractéristique selon laquelle la croissance prostatique est stimulée par la testostérone.
- Glande exocrine prostatique : Glande qui sécrète un liquide prostatique participant à la formation du sperme.
📝 Points essentiels
- L’HBP correspond à une prolifération excessive de cellules prostatiques normales, sans caractère cancéreux.
- L’augmentation du volume de la prostate comprime l’urètre et gêne la vidange de la vessie.
- L’adénome prostatique est hormono-dépendant : la testostérone stimule la croissance de la glande.
- La prostate est une glande exocrine de la taille d’une noix, entourant l’urètre sous le col de la vessie.
- La pathologie est fréquente avec l’âge : environ 1 homme sur 2 après 60 ans est concerné.
- L’HBP n’est pas une maladie au sens strict : elle représente la conséquence du vieillissement.
💡 Astuce mémo
Vieillissement → testostérone → prostate grossit → urètre comprimé → vessie qui se vide mal.
📖 2. Prostate anatomie et rôle physiologique
🔑 Notions clés & Définitions
- Prostate : Glande située sous le col de la vessie, entourant l’urètre, dont la taille est comparable à celle d’une noix.
- Liquide prostatique : Sécrétion produite par la prostate qui participe à la formation du sperme en se mélangeant aux autres sécrétions.
- Miction : Acte d’évacuation urinaire qui s’accompagne d’une rétraction normale de la prostate.
- Pollakiurie : Augmentation anormale du nombre de mictions, pouvant survenir le jour et la nuit.
- Mictions impérieuses : Envie urgente d’uriner avec difficulté à se retenir.
📝 Points essentiels
- La prostate entoure l’urètre et se trouve sous le col de la vessie, avec une taille normalement comparable à une noix.
- La prostate sécrète un liquide qui se mélange aux spermatozoïdes et aux sécrétions des vésicules séminales, de l’épididyme et des glandes de Cowper pour former le sperme.
- La prostate est normalement souple et se rétracte lors de la miction.
- Pollakiurie diurne et nocturne : les mictions augmentées peuvent être responsables d’insomnie et constituent souvent le premier motif de consultation.
- Mictions impérieuses : urgence d’uriner avec incapacité à se retenir, troubles très gênants pour le patient.
- Troubles obstructifs : dysurie avec jet lent/intermittent et sensation de vidange incomplète, entraînant une dégradation significative de la qualité de vie.
💡 Astuce mémo
Pollakiurie = fréquence anormale (jour + nuit) ; Impériosité = urgence + impossibilité de se retenir.
📖 3. Physiopathologie et stades cliniques
🔑 Notions clés & Définitions
- Adénome de prostate : Pathologie bénigne de la prostate responsable de symptômes urinaires, sans lien direct avec un risque accru de cancer de la prostate.
- Signes irritatifs urinaires : Ensemble de symptômes urinaires liés à une irritation vésicale, typiquement pollakiurie et impériosité mictionnelle.
- Signes obstructifs urinaires : Ensemble de symptômes urinaires liés à une obstruction, typiquement dysurie et diminution de la force du jet.
- Toucher rectal : Examen clinique utilisé pour orienter le diagnostic lors de pathologies de la prostate.
- PSA sériques : Antigènes spécifiques de la prostate dont le dosage sanguin augmente dans les pathologies prostatiques, notamment dans le cadre de la recherche d’un cancer.
📝 Points essentiels
- L’adénome de prostate n’est pas un facteur de risque du cancer de la prostate.
- Les signes cliniques évocateurs peuvent être irritatifs (pollakiurie, impériosité) ou obstructifs (dysurie, jet diminué).
- Le diagnostic clinique repose sur le toucher rectal et l’échographie de la prostate complète l’évaluation.
- Dans les pathologies de la prostate, les PSA sériques augmentent, et le dosage sert à la recherche du cancer de la prostate.
- Le traitement médicamenteux est symptomatique et vise à réduire les signes associés à l’adénome.
- Le choix thérapeutique dépend de la gêne du patient, du retentissement sur le haut appareil urinaire et de la taille de l’adénome.
💡 Astuce mémo
Irritatif = Impériosité + Pollakiurie ; Obstructif = Dysurie + Jet faible.
📖 4. Signes urinaires irritatifs et obstructifs
🔑 Notions clés & Définitions
- Troubles mictionnels modérés : Ensemble de symptômes urinaires d’intensité intermédiaire, améliorables mais avec une efficacité variable selon le traitement.
- PERMIXON® : Médicament à base de Serenoa repens (Palmier de Floride) utilisé dans certains troubles urinaires liés à l’inflammation.
- Alpha-1 bloquants : Classe de médicaments antagonisant les récepteurs alpha1-adrénergiques pour faciliter la miction.
- Tamsulosine LP : Alpha-1 bloquant à libération prolongée, disponible sous plusieurs spécialités.
- Alfuzosine : Alpha-1 bloquant disponible en spécialités, utilisé dans l’amélioration des symptômes de l’HBP.
📝 Points essentiels
- PERMIXON® améliore les troubles mictionnels en diminuant l’inflammation, mais son efficacité est moindre dans les situations plus sévères.
- PERMIXON® est plutôt réservé aux patients présentant des symptômes modérés.
- Les alpha-1 bloquants antagonisent les récepteurs alpha1-adrénergiques de la prostate, de la vessie et de l’urètre.
- Leur action entraîne la relaxation des fibres musculaires lisses de la prostate, du col vésical et de l’urètre, ce qui favorise la miction.
- Les alpha-1 bloquants agissent relativement rapidement sur les symptômes en 2 à 4 semaines, sans réduire le volume de la glande.
- Effet indésirable typique : hypotension orthostatique pouvant s’accompagner d’une tachycardie réflexe, avec fatigue, vertiges voire perte de connaissance.
💡 Astuce mémo
Alpha-1 = “1” pour alpha1 : ça détend prostate/col/urètre → ça urine plus vite (2–4 semaines), mais attention à la chute de TA.
📖 5. Complications de la rétention urinaire
🔑 Notions clés & Définitions
- Doxazosine cp LP : Médicament à libération prolongée dont la matrice est non absorbable et éliminée dans les selles, permettant une libération contrôlée.
- Hypotension orthostatique : Chute de tension lors du passage à la position debout, pouvant être majorée par certains traitements.
- Inhibiteurs de la 5 alpha-réductase : Traitements qui bloquent la conversion testostérone→dihydrotestostérone, ralentissant la croissance prostatique.
- Finastéride : Inhibiteur de la 5 alpha-réductase disponible à 5 mg, utilisé pour réduire le volume prostatique.
- Dutastéride : Inhibiteur de la 5 alpha-réductase utilisé pour diminuer la dihydrotestostérone et le volume de la prostate.
📝 Points essentiels
- La matrice inerte de la doxazosine LP n’est pas absorbée et est éliminée dans les selles, ce qui permet de rassurer sur l’absorption du principe actif.
- Les alpha-bloquants et autres antihypertenseurs, dérivés nitrés, inhibiteurs de la PDE5 (sildénafil), antidépresseurs tricycliques (LAROXYL®, SURMONTIL®) et neuroleptiques de 1re génération (SOLIAN®, TERCIAN®, NOZINAN®)潜
- Les troubles de l’éjaculation (dont l’anéjaculation) peuvent survenir chez les patients traités par tamsulosine ou silodosine.
- Pour limiter le risque d’hypotension, éviter les changements posturaux trop brusques (se lever en 2 temps), augmenter progressivement les doses et préférer des formes LP.
- Les inhibiteurs de la 5 alpha-réductase ralentissent l’augmentation du volume prostatique via le blocage de la transformation testostérone→DHT, ce qui facilite l’écoulement urinaire.
- Le délai d’action des inhibiteurs de la 5 alpha-réductase est plus long (3 à 6 mois) que celui des alpha1-bloquants, et l’amélioration du débit est d’autant plus marquée que la prostate est initialement volumineuse.
💡 Astuce mémo
LP = « matrice non absorbée » → sortie dans les selles ; 5α-réductase = « DHT en moins » → effet lent 3–6 mois.
📖 6. Diagnostic clinique et examens complémentaires
🔑 Notions clés & Définitions
- Finastéride 5 mg : Inhibiteur de la 5 alpha-réductase utilisé dans l’HBP, commercialisé notamment sous CHIBRO-PROSCAR®.
- Dutastéride : Inhibiteur de la 5 alpha-réductase utilisé dans l’HBP, commercialisé sous AVODART®.
- Combodart : Association tamsulosine + dutastéride, commercialisée sous COMBODART®.
- Inhibiteurs de la 5 alpha-réductase : Classe de traitements de l’HBP qui réduit la transformation androgénique impliquée dans l’hypertrophie prostatique.
- Tadalafil 5 mg : Inhibiteur de la PDE5 indiqué dans le traitement des symptômes de l’HBP, commercialisé sous CIALIS® 5 mg.
📝 Points essentiels
- Le débit urinaire s’améliore d’autant plus que la prostate est initialement plus volumineuse.
- Finastéride 5 mg et dutastéride sont des inhibiteurs de la 5 alpha-réductase utilisés dans l’HBP.
- Les DCI disponibles en 2e intention ont un suffixe en –stéride.
- Les inhibiteurs de la 5 alpha-réductase ont des effets indésirables essentiellement sexuels et psychiatriques.
- Les effets sexuels incluent troubles de l’érection, baisse de la libido et gynécomastie.
- Les effets psychiatriques incluent dépression et pensées suicidaires, avec une balance bénéfice/risque défavorable pour finastéride 1 mg (Propécia®).
💡 Astuce mémo
5α-RÉDUCTASE = “SEXE + PSY” : érection/libido/gynécomastie + dépression/idées suicidaires.
📖 7. Prise en charge thérapeutique selon la gêne
🔑 Notions clés & Définitions
- HBP : L’hyperplasie bénigne de la prostate est une augmentation non cancéreuse de la prostate pouvant entraîner des troubles urinaires.
- GMPc : Le GMPc est un messager intracellulaire qui, lorsqu’il augmente dans les muscles lisses, favorise leur relâchement.
- Vasodilatation : La vasodilatation correspond à l’élargissement des vaisseaux, ce qui peut modifier la pression artérielle.
- PSA : Le PSA est un marqueur sanguin utilisé dans le suivi du risque de cancer de la prostate.
- Stase urinaire : La stase urinaire est le fait de ne pas vider correctement la vessie, ce qui favorise certaines complications.
📝 Points essentiels
- L’augmentation du GMPc dans les muscles lisses des vaisseaux entraîne une vasodilatation.
- L’augmentation du GMPc dans la vessie et la prostate favorise une relaxation musculaire utile face aux signes cliniques de l’HBP.
- Le principal effet indésirable à surveiller est le risque d’hypotension lors d’une association avec des médicaments anti-hypertenseurs.
- L’HBP n’a pas de lien avec le cancer de la prostate, mais un dépistage régulier est recommandé dès 50 ans et plus (toucher rectal et PSA).
- Limiter les boissons dans la journée est une mauvaise idée car la stase urinaire favorise infections et calculs rénaux.
- Une hydratation suffisante est visée (1,5 L/j) tout en évitant les grandes quantités le soir ou avant un long trajet, ainsi que caféine et alcool.
💡 Astuce mémo
GMPc = muscles lisses qui se relâchent (vaisseaux → vasodilatation, vessie/prostate → amélioration des symptômes).
📖 8. Pharmacothérapies de l’HBP alpha-bloquants
🔑 Notions clés & Définitions
- Adénome prostatique : L’adénome prostatique est une hypertrophie bénigne de la prostate qui peut entraîner des troubles urinaires nécessitant d’en informer le médecin ou le pharmacien.
- Rétention urinaire : La rétention urinaire correspond à l’impossibilité de vider correctement la vessie, complication pouvant être favorisée par certains médicaments chez l’homme avec HBP.
- Médicaments sympathomimétiques : Les médicaments sympathomimétiques sont des traitements qui peuvent aggraver la miction en favorisant une rétention urinaire chez les patients avec HBP.
- Médicaments parasympatholytiques : Les médicaments parasympatholytiques sont des traitements qui peuvent aussi provoquer ou aggraver une rétention urinaire, rendant la miction plus difficile en cas d’HBP.
📝 Points essentiels
- Signaler l’HBP (adénome prostatique) à tout médecin ou pharmacien avant une demande de conseil médicamenteux pour éviter des contre-indications.
- La rétention urinaire liée à l’hypertrophie de la prostate impose une prudence particulière avec de nombreux médicaments.
- Les sympathomimétiques (Σ+) et les parasympatholytiques (pΣ-) sont contre-indiqués en cas d’HBP car ils entraînent une rétention urinaire.
- En cas d’HBP, l’automédication augmente le risque de choisir un médicament aggravant la difficulté à uriner.
- Les médicaments contre-indiqués peuvent rendre la miction encore plus difficile, car ils aggravent le problème de vidange vésicale.
💡 Astuce mémo
Σ+ et pΣ- = “ça bloque” : ils favorisent la rétention urinaire et compliquent la miction en HBP.
📖 9. Inhibiteurs de la 5 alpha-réductase
🔑 Notions clés & Définitions
- Oxybutynine : Anticholinergique utilisé notamment dans les troubles de la vessie hyperactive, avec des effets indésirables liés au blocage muscarinique.
- Trospium : Anticholinergique de type « tropium » utilisé dans les troubles de la vessie hyperactive, avec des effets indésirables anticholinergiques.
- Pseudoéphédrine : Sympathomimétique utilisé comme vasoconstricteur nasal, pouvant être contre-indiqué ou à risque chez certains patients avec HBP.
- Doxazosine : Alpha-1 bloquant utilisé dans l’hypertrophie bénigne de la prostate, pouvant provoquer une hypotension orthostatique.
📝 Points essentiels
- Oxybutynine : DITROPAN® est un anticholinergique indiqué notamment dans la vessie hyperactive.
- Trospium : CÉRIS® 8 est un anticholinergique de la famille « tropium ».
- Les médicaments sympathomimétiques (ex. pseudoéphédrine) sont classés comme « Σ+ » et peuvent être contre-indiqués chez des patients avec HBP.
- Les anticholinergiques (présentation non exhaustive) regroupent des usages comme sédatif, antiallergique, antitussif, antinauséeux et traitement de la vessie hyperactive.
- Doxazosine 4 mg LP : l’hypotension orthostatique est un effet indésirable majeur à surveiller.
- Conseil doxazosine LP : le comprimé « vide » peut être retrouvé dans les selles, et il ne faut ni croquer ni écraser le comprimé LP.
💡 Astuce mémo
HBP + médicaments à risque : « Σ+ » (sympathomimétiques) et anticholinergiques peuvent poser problème, et avec doxazosine penser « orthostatique » + comprimé LP intact.
📖 10. Tadalafil et inhibiteurs de la PDE5
🔑 Notions clés & Définitions
- Tadalafil : Le tadalafil est un inhibiteur de la PDE5 utilisé pour traiter certaines indications urologiques et/ou sexuelles, avec des effets vasculaires pouvant influencer la tension artérielle.
- Inhibiteurs de la PDE5 : Les inhibiteurs de la PDE5 sont une classe de médicaments qui agissent sur la voie PDE5 et peuvent potentialiser une baisse de tension chez certains patients.
- Hypotension orthostatique : L’hypotension orthostatique est une chute de tension lors du passage à la position debout, pouvant entraîner malaise ou vertiges.
- Médicaments vasoconstricteurs oraux à la pseudoéphédrine : Les médicaments oraux à base de pseudoéphédrine ont une action vasoconstrictrice et sont soumis à des conditions de délivrance renforcées.
- Pseudoéphédrine : La pseudoéphédrine est une substance à activité vasoconstrictrice utilisée dans certains traitements du rhume, pouvant nécessiter une prescription et un avis médical.
📝 Points essentiels
- Le tadalafil fait partie des médicaments pouvant potentialiser l’hypotension orthostatique, donc à surveiller chez les patients à risque.
- Les médicaments qui potentialisent l’hypotension orthostatique incluent notamment les alpha-bloquants, les antihypertenseurs, les dérivés nitrés, les inhibiteurs de la PDE5, les antidépresseurs tricycliques et les neuro
- Un comprimé « LP » (libération prolongée) ne doit pas être croqué ni écrasé, car cela modifie la libération du principe actif.
- En cas de comprimé « vide », il peut être retrouvé dans les selles, ce qui correspond à la forme libérante éliminée.
- Depuis le 11 décembre 2024, les vasoconstricteurs oraux à base de pseudoéphédrine sont délivrés uniquement sur ordonnance avec avis médical préalable systématique.
- Chez un patient avec adénome de la prostate, un médicament oral contre le rhume associant vasoconstricteur et antihistaminique est contre-indiqué, car il peut aggraver les troubles urinaires (dysurie, rétention).
💡 Astuce mémo
PDE5 = Pression qui baisse en se levant : attention hypotension orthostatique (avec alpha-bloquants, nitrés, antihypertenseurs).
📖 11. Conseils au comptoir et hygiène de vie
🔑 Notions clés & Définitions
- Paracétamol : Antalgique et antipyrétique utilisé pour soulager notamment les céphalées liées au rhume.
- Balsofumine mentholée 1 % : Solution pour inhalation à base de menthol utilisée pour diminuer la congestion nasale.
- Inhalation par vapeurs : Technique consistant à respirer des vapeurs issues d’une solution dans de l’eau chaude ou un inhalateur.
- Actifed® : Médicament contre le rhume dont certaines formes sont contre-indiquées chez les patients avec adénome de la prostate.
- DONORMYL® : Médicament contenant de la doxylamine, antihistaminique H1 sédatif pouvant entraîner une rétention d’urine.
📝 Points essentiels
- Pour un patient enrhumé, associer paracétamol et inhalation mentholée pour traiter respectivement céphalées et congestion nasale.
- Le paracétamol est à limiter à un maximum de 3 g par jour.
- Pour l’inhalation, mettre une cuillère à café de solution dans un bol d’eau chaude ou dans un inhalateur puis respirer les vapeurs environ 10 minutes.
- Répéter l’inhalation trois fois par jour pour la congestion nasale.
- Actifed® est contre-indiqué chez les patients souffrant d’un adénome de la prostate.
- DONORMYL® (doxylamine) expose à une rétention d’urine via son effet anticholinergique, donc il ne doit pas être pris par ce type de patient.
💡 Astuce mémo
Rhume = Paracétamol (céphalées) + Menthol inhalé (congestion) ; Prostate = éviter Actifed® et DONORMYL® (risque rétention d’urine).
📖 12. Contre-indications médicamenteuses de l’HBP
🔑 Notions clés & Définitions
- Tamsulosine : Alpha-1 bloquant utilisé dans l’HBP, dont l’effet peut entraîner une hypotension orthostatique et des troubles de l’éjaculation.
- Alfuzosine : Alpha-1 bloquant de l’HBP, associé au risque d’hypotension orthostatique en cas d’associations favorisant la baisse de tension.
- Silodosine : Alpha-1 bloquant de l’HBP, pouvant provoquer des troubles de l’éjaculation et une hypotension orthostatique.
- Finastéride : Inhibiteur de la 5-alpha réductase de l’HBP, agissant sur la transformation testostérone→DHT avec un effet attendu après plusieurs mois.
- Dutastéride : Inhibiteur de la 5-alpha réductase de l’HBP, réduisant la conversion testostérone→DHT avec un effet progressif en 3 à 6 mois.
📝 Points essentiels
- Risque majeur des alpha-1 bloquants : hypotension orthostatique, surtout lors d’associations qui abaissent la tension artérielle.
- Contre-indication pratique des alpha-1 bloquants : association avec médicaments anti-hypertenseurs (ex. urapidil et autres antiHTA) et avec dérivés nitrés.
- Autres associations à risque avec alpha-1 bloquants : IPDE5 (sildénafil) et certains psychotropes (antidépresseurs tricycliques, neuroleptiques de 1re génération comme Solian®, Tercian®, Nozinan®).
- Effet des inhibiteurs de la 5-alpha réductase : blocage de la transformation testostérone→DHT, avec effet immédiat sur la cible mais bénéfice clinique attendu en 3 à 6 mois.
- Effets indésirables typiques des inhibiteurs de la 5-alpha réductase : troubles de l’érection, baisse de la libido, gynécomastie, et dépression avec idées suicidaires.
💡 Astuce mémo
Alpha-1 = chute de tension : antiHTA + nitrés + IPDE5 + tricycliques + neuroleptiques 1G → prudence; 5αR = DHT bloquée → effet en 3-6 mois.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 2012 | AMM du tadalafil (CIALIS® 5 mg) dans le traitement des symptômes de l’HBP |
| 50 ans | Recommandation de suivi régulier (toucher rectal et PSA) pour dépister un cancer de la prostate |
| 11 décembre 2024 | Dispensation uniquement sur ordonnance avec avis médical préalable systématique des vasoconstricteurs oraux à base de pseudoéphédrine |
📊 Tableaux de synthèse
Familles de traitements de l’HBP : mécanisme et délai
| Famille | Mécanisme | Délai d’action |
|---|
| Alpha-1 bloquants | Antagonisent les récepteurs alpha1-adrénergiques (prostate, vessie, urètre) → relaxation des fibres musculaires lisses | Relativement rapide : 2 à 4 semaines |
| Inhibiteurs de la 5 alpha-réductase | Bloquent la transformation testostérone → dihydrotestostérone (DHT) | Plus long : 3 à 6 mois |
| Inhibiteur PDE5 (tadalafil) | Inhibition PDE5 → augmentation du GMPc dans les muscles lisses (vaisseaux, vessie, prostate) → relaxation | Non précisé dans le contenu source |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre HBP et cancer : l’adénome de prostate n’est pas un facteur de risque du cancer de la prostate.
- Inverser irritatif/obstructif : pollakiurie + impériosité = irritatif, dysurie + jet lent/intermittent + miction incomplète = obstructif.
- Croire que “boire moins” limite les symptômes : une stase urinaire favorise infections et calculs rénaux ; il faut boire suffisamment (1,5 L/j) en évitant surtout le soir.
- Penser que les alpha-1 bloquants réduisent le volume : ils agissent sur la miction (relaxation) mais n’ont pas d’influence sur le volume de la glande.
- Oublier le risque d’hypotension orthostatique : surtout lors d’associations avec anti-hypertenseurs, dérivés nitrés, IPDE5, tricycliques et neuroleptiques 1re génération.
- Se tromper sur les contre-indications : sympathomimétiques (Σ+) et parasympatholytiques (pΣ-) favorisent la rétention urinaire et aggravent la miction.
- Rater le point “LP” : un comprimé LP ne doit pas être croqué ni écrasé, et le “comprimé vide” peut être retrouvé dans les selles.
✅ Checklist Examen
- Définir l’HBP comme prolifération excessive de cellules prostatiques normales, hormono-dépendante (testostérone) et conséquence du vieillissement.
- Relier l’augmentation du volume prostatique à la compression de l’urètre et à l’obstruction de la vidange vésicale.
- Distinguer les stades : stade 1 sans gêne, stade 2 avec troubles irritatifs (pollakiurie diurne/nocturne, impériosité) et obstructifs (dysurie, sensation de miction incomplète), stade 3 complications.
- Citer les complications de la rétention urinaire : infections urinaires à répétition/prostatites, fuites par débordement, lithiase urinaire, hématurie macroscopique.
- Expliquer le diagnostic : toucher rectal et échographie ; préciser que les PSA augmentent dans les pathologies prostatiques et servent à la recherche du cancer.
- Justifier le choix thérapeutique : selon la gêne, le retentissement sur le haut appareil urinaire et la taille de l’adénome ; rappeler que le traitement médicamenteux est symptomatique.
- Connaître les 4 familles : phytothérapie (PERMIXON®), alpha-1 bloquants (alfuzosine/tamsulosine/silodosine/doxazosine LP…), inhibiteurs 5 alpha-réductase (finastéride/dutastéride), PDE5 (tadalafil CIALIS® 5 mg).
- Décrire le mécanisme et le délai des alpha-1 bloquants : antagonisme alpha1 → relaxation prostate/col vésical/urètre, amélioration en 2 à 4 semaines sans réduire le volume.
- Décrire le mécanisme et le délai des inhibiteurs 5 alpha-réductase : testostérone → DHT bloquée, effet en 3 à 6 mois, bénéfice d’autant plus net que la prostate est volumineuse.
- Lister les effets indésirables à surveiller : alpha-1 bloquants (hypotension orthostatique, fatigue/vertiges), 5 alpha-réductase (EI sexuels + psychiatriques, dont dépression/pensées suicidaires).
- Donner les conseils hygiène de vie : boire suffisamment (1,5 L/j) sans grandes quantités le soir/avant long trajet, éviter caféine et alcool, uriner dès l’envie et éviter mictions trop espacées, lutter contre la constip.
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