📋 Plan du Cours
- Spécificités adolescentes et contexte épidémiologique
- Lien d’attachement et autonomie à l’adolescence
- Tensions internes et fonction contenante de l’environnement
- Mécanismes de défense à l’adolescence
- Conduites à risque : définition et modèles explicatifs
- Adolescence et limites : rage et passage à l’acte
- Rapport au corps et scarifications comme régulation
- Sexualité à risque et rôle des normes sociales
- Réseaux sociaux : extimité, comparaison et vulnérabilités
- Alcool, drogues et trajectoires de consommation
- Délinquance adolescente : opposition et exploration
- Trauma : résilience et théorie polyvagale
📖 1. Spécificités adolescentes et contexte épidémiologique
🔑 Notions clés & Définitions
- Adolescence : Période de développement où les changements internes modifient l’équilibre psychique et les façons de se rapporter au monde.
- Données épidémiologiques : Ensemble de chiffres décrivant la fréquence des problèmes de santé mentale et les risques dans une population donnée.
- Suicide chez les 15-24 ans : Indicateur de mortalité particulièrement marquant à l’adolescence et au début de l’âge adulte.
- MonPsy : Dispositif de soutien psychologique permettant, sur orientation médicale, des séances remboursées pour les enfants et adolescents.
- Lien d’attachement sécure : Attachement construit avec une figure de référence qui sécurise l’exploration du monde et l’accès progressif à l’autonomie.
📝 Points essentiels
- Les adolescents de 10 à 19 ans représentent 12,2 % de la population française, soit environ 8,3 millions de jeunes.
- Le suicide est la 2e cause de mortalité chez les 15-24 ans en France.
- En 2021, environ 400 suicides ont été enregistrés dans la tranche 15-24 ans.
- Depuis la pandémie de COVID-19, les indicateurs de santé mentale des adolescents se sont fortement dégradés.
- D’après EpiCov (2021-2023), les symptômes dépressifs augmentent de 30 % chez les adolescents.
- EpiCov (2021-2023) rapporte une hausse des tentatives de suicide, surtout chez les jeunes filles, et une explosion des recours aux urgences pour troubles anxieux, dépressifs ou idées suicidaires.
💡 Astuce mémo
COVID→dégradation: +30% dépressifs, +urgences, +tentatives (filles).
📖 2. Lien d’attachement et autonomie à l’adolescence
🔑 Notions clés & Définitions
- Théorie de Bowlby : Théorie de l’attachement selon laquelle l’enfant construit un lien avec une figure de référence, qui sert de base pour explorer et accéder progressivement à l’autonomie.
- Base de sécurité : Notion désignant la figure d’attachement qui est suffisamment cohérente et sécurisante pour permettre l’exploration du monde et l’apaisement lors des séparations.
- Attachement désorganisé : Type d’attachement caractérisé par des comportements contradictoires, une peur ou un figement, liés à une figure source d’insécurité ou de traumatisme.
- Tension autonomie-dépendance : Tension psychique propre à l’adolescence entre le besoin de s’autonomiser et le besoin de conserver des repères de sécurité affective.
- Mécanismes de défense : Ensemble d’opérations psychiques visant à réduire une tension interne liée à des pulsions, affects ou représentations jugés inacceptables pour le Moi.
📝 Points essentiels
- La qualité de l’attachement influence la façon de vivre les séparations, les conflits affectifs, la recherche de réassurance et la construction des relations à l’adolescence.
- Attachement sécure : détresse modérée à la séparation et réconfort rapide aux retrouvailles, avec une base de sécurité fournie par un parent cohérent et sécurisant.
- Attachement insécure évitant : peu de détresse et évitement au retour du parent, avec une figure rejetante ou peu disponible.
- Attachement insécure ambivalent : détresse intense et ambivalence (colère et recherche de contact), avec une figure incohérente ou imprévisible.
- Attachement désorganisé : comportements contradictoires, peur et figement, avec une figure source de peur, d’insécurité ou de traumatisme.
- Jeammet formule l’idée que l’adolescent cherche à se détacher sans perdre les parents, en gardant des besoins de sécurité tout en s’autonomisant.
💡 Astuce mémo
Base de sécurité = exploration; insécure = stratégie de survie (éviter, s’accrocher, ou figer).
📖 3. Tensions internes et fonction contenante de l’environnement
🔑 Notions clés & Définitions
- Mécanisme de défense : Ensemble des processus psychiques qui protègent l’organisation du sujet face à des excitations internes ou externes difficiles à affronter.
- Clivage : Mécanisme de défense qui organise la perception du monde en catégories opposées, avec une vision binaire difficile à nuancer.
- Passage à l’acte : Mécanisme où l’émotion est traitée par l’action plutôt que par la mise en mots ou en symboles.
- Régression : Mécanisme où, sous pression, le sujet revient à des modes de fonctionnement plus infantiles.
- Projection : Mécanisme où le sujet attribue à autrui des émotions ou représentations qu’il a du mal à reconnaître comme siennes.
📝 Points essentiels
- Le mécanisme de défense vise à préserver l’intégrité psychique quand des affects ou représentations sont jugés inacceptables par le Moi.
- À l’adolescence, la structuration psychique favorise des défenses plus marquées face aux tensions liées à la croissance et à l’autonomie.
- Le clivage se manifeste par une alternance idéalisation/dévalorisation, par exemple envers un même adulte après une remarque.
- Le passage à l’acte traduit une difficulté à symboliser les émotions, avec une tendance à les “faire” par le corps ou le comportement.
- La régression apparaît comme un retour à des comportements infantiles en réaction aux pressions de développement.
- La projection consiste à ne pas reconnaître ses propres émotions et à les attribuer aux autres.
💡 Astuce mémo
Défenses à l’ado : Clivage = tout blanc/tout noir ; Acte = émotion en action ; Régression = retour en enfance ; Projection = “c’est eux”.
📖 4. Mécanismes de défense à l’adolescence
🔑 Notions clés & Définitions
- Identification : Mécanisme de défense où l’adolescent construit son identité en imitant des modèles externes comme des influenceurs ou des groupes d’appartenance.
- Projection : Mécanisme de défense où l’adolescent peine à reconnaître ses propres émotions et les attribue à autrui.
- Humour : Mécanisme de défense consistant à utiliser la plaisanterie pour supporter la honte, la peur ou l’anxiété sociale.
- Clivage : Mécanisme de défense caractérisé par une vision binaire du monde, tout bon ou tout mauvais, typique de la structuration psychique à l’adolescence.
- Passage à l’acte : Mécanisme de défense où l’adolescent exprime l’affect par le corps ou le comportement faute de pouvoir le symboliser.
📝 Points essentiels
- L’identification peut conduire à copier le style vestimentaire et les opinions d’un YouTubeur.
- La projection sert à déplacer vers les autres des émotions que l’adolescent n’arrive pas à s’approprier.
- L’humour peut fonctionner comme régulation émotionnelle face à la honte, la peur ou l’anxiété sociale.
- Le clivage s’observe quand l’adolescent idéalise une personne puis la rejette totalement après une remarque.
- Le passage à l’acte peut prendre la forme de scarifications après une dispute avec un parent.
- La difficulté à symboliser l’émotion favorise une expression comportementale plutôt qu’un travail psychique verbal.
💡 Astuce mémo
Identif→modèles, Projection→attribue, Humour→dédramatise, Clivage→tout ou rien, Passage à l’acte→le corps parle.
📖 5. Conduites à risque : définition et modèles explicatifs
🔑 Notions clés & Définitions
- Conduites à risque : Les conduites à risque sont des comportements volontaires qui exposent l’individu à un danger potentiel pour sa santé physique, psychique ou sociale, souvent sans mesurer toutes les conséquences.
- Passage à l’acte : Le passage à l’acte désigne le fait d’exprimer des émotions par le corps ou le comportement plutôt que par la symbolisation.
- Régression : La régression correspond au retour à des comportements infantiles sous l’effet de pressions liées à la croissance et à l’autonomie.
- Identification : L’identification est la construction de l’identité par imitation de modèles externes comme des groupes ou des influenceurs.
- Projection : La projection consiste à attribuer aux autres ses propres émotions ou difficultés à les reconnaître comme siennes.
📝 Points essentiels
- Les conduites à risque peuvent viser des conduites socialement valorisées, des consommations (alcool, drogues) ou des comportements déviants (délinquance, sexualité à risque).
- Elles sont décrites comme volontaires et souvent répétées, avec exposition à un danger potentiel pour la santé physique, psychique ou sociale.
- Leur motivation inclut la recherche de sensations, le soulagement émotionnel ou l’affirmation de soi.
- La mesure des conséquences n’est pas toujours présente chez l’individu engagé dans la conduite à risque.
- Elles apparaissent le plus souvent entre 12 et 25 ans, avec un pic entre 15 et 18 ans.
- La période coïncide avec une maturation incomplète du cerveau.
💡 Astuce mémo
Risque = Volontaire + Répété + Danger + Sensations/Soulagement/Affirmation, sans toujours mesurer les conséquences.
📖 6. Adolescence et limites : rage et passage à l’acte
🔑 Notions clés & Définitions
- Conduites à risque : Les conduites à risque sont des comportements où l’individu s’expose à un danger potentiel sans toujours anticiper les conséquences sur sa santé physique, psychique ou sociale.
- Impulsivité : L’impulsivité correspond à des décisions prises sans réflexion préalable ni évaluation des conséquences.
- Influence des pairs : L’influence des pairs désigne l’effet du groupe sur les comportements, via intégration, imitation et dynamique d’appartenance.
- Cortex préfrontal : Le cortex préfrontal est la zone impliquée dans le raisonnement, la planification et le contrôle des impulsions, avec une maturation incomplète à l’adolescence.
- Système limbique : Le système limbique est impliqué dans les émotions et les récompenses, avec une activité décrite comme plus forte pendant l’adolescence.
📝 Points essentiels
- Les conduites à risque apparaissent le plus souvent entre 12 et 25 ans, avec un pic entre 15 et 18 ans.
- La maturation incomplète du cerveau, notamment du cortex préfrontal, réduit la capacité d’anticipation des conséquences.
- La recherche d’identité et d’autonomie, ainsi que l’influence des pairs, favorisent l’expression des tensions de transition.
- Les conduites à risque peuvent servir d’expression : impulsivité, répétition possible, effet de groupe, et expérimentation des limites.
- Approche psychanalytique : l’individu agit au lieu de dire, comme langage comportemental traduisant des angoisses et conflits non verbalisés.
- Approche cognitivo-comportementale : les comportements sont renforcés (positif par euphorie/reconnaissance, négatif par réduction de tension) et soutenus par des distorsions cognitives comme « je ne risque rien » ou « ça
💡 Astuce mémo
Rage→Acte : cerveau (préfrontal immature) + émotions (limbique) + groupe (pairs) + pensées « je gère ».
📖 7. Rapport au corps et scarifications comme régulation
🔑 Notions clés & Définitions
- Exploration des limites : L’adolescence utilise l’exploration pour tester ce qui borne l’autonomie et affirmer sa place par rapport aux autres.
- Cortex préfrontal immature : Le cortex préfrontal, impliqué dans le raisonnement et le contrôle des impulsions, reste immature jusqu’à environ 25 ans.
- Système limbique hyperactivé : Le système limbique, lié aux émotions et aux récompenses, peut être plus réactif pendant l’adolescence, amplifiant la charge émotionnelle.
- Rage adolescente : La rage est un orage émotionnel débordant, sans médiation symbolique, pouvant être dirigé contre soi ou contre autrui.
- Scarifications comme régulation : Les scarifications peuvent servir de décharge quand une souffrance intense n’est pas symbolisée ni verbalisée et déborde l’autorégulation.
📝 Points essentiels
- L’exploration des limites correspond à une affirmation de soi et à une différenciation, avec un mouvement dynamique entre progression et rupture avec l’état antérieur.
- Le défaut d’anticipation avant l’âge adulte augmente la probabilité de comportements à risque car l’inhibition et le report sont moins efficaces.
- Le stress, le danger, un effort physique intense ou une émotion forte déclenchent une sécrétion d’adrénaline associée à une sensation de puissance et d’excitation recherchée.
- La forte influence des pairs renforce l’impulsivité et la quête d’expérimentation, ce qui augmente la réactivité émotionnelle.
- La rage est souvent déclenchée par une injustice, un abandon ou une humiliation, et elle se traduit en acte quand la souffrance ne peut pas être mise en mots.
- Les conduites à risque (violence, scarifications, conduites sexuelles désorganisées, consommation massive) sont reliées à une tension interne non régulée, fréquemment vécue comme injustice, trahison ou rejet.
💡 Astuce mémo
Cerveau “frein” tardif (préfrontal) + “moteur” émotionnel fort (limbique) → la tension cherche une sortie dans l’acte (scarifications).
📖 8. Sexualité à risque et rôle des normes sociales
🔑 Notions clés & Définitions
- Conduites à risque : Conduites à risque : comportements (violence, scarifications, sexualité désorganisée, consommation massive) utilisés pour faire face à une tension interne non régulée.
- Vulnérabilité narcissique : Vulnérabilité narcissique : fragilité du sentiment de valeur de soi qui rend l’adolescent plus sensible aux blessures de reconnaissance et au rejet.
- Figures d’attachement défaillantes : Figures d’attachement défaillantes : relations précoces insuffisamment contenantes qui laissent l’excitation sans régulation et favorisent des passages à l’acte.
- Moi Peau : Moi Peau : modèle décrivant une fonction psychique de contenant qui délimite dedans/dehors, contient les excitations et maintient l’unité du sujet.
- Crise identitaire adolescente : Crise identitaire adolescente : période où l’adolescent perd ses repères corporels infantiles et découvre son potentiel sexuel, ce qui réactive des angoisses.
📝 Points essentiels
- Les conduites à risque sont liées à une tension interne non régulée vécue comme injustice, trahison ou rejet.
- La rage peut servir de régulation émotionnelle, de quête de reconnaissance et de protestation contre un monde perçu comme vide ou injuste.
- Un contexte de vulnérabilité narcissique et des figures d’attachement défaillantes favorisent une violence tournée vers soi ou vers les autres.
- Le défaut de contenance empêche de mettre des mots sur la douleur ou la frustration, ce qui pousse à agir plutôt qu’à mentaliser.
- Quand la fonction contenante du Moi Peau est fragilisée, le sujet peut agir sur le corps pour retrouver des limites et une maîtrise.
- Les conduites à risque relatives au corps visent notamment à créer une limite psychique par une marque (scarification/tatouage) et à rendre visible une souffrance non verbalisée.
💡 Astuce mémo
Rage→réguler→se faire reconnaître; Moi Peau→limites→marques sur le corps.
📖 9. Réseaux sociaux : extimité, comparaison et vulnérabilités
🔑 Notions clés & Définitions
- Extimité : L’extimité désigne ce que l’on choisit de rendre public de son intimité pour se construire dans le regard des autres.
- Intime : L’intime correspond à ce qui relève de l’expérience personnelle et d’une zone de vie protégée.
- Validation narcissique : La validation narcissique est la recherche de reconnaissance de sa valeur via des retours externes comme likes, vues ou commentaires.
- Comparaison sociale : La comparaison sociale est l’évaluation de soi à partir du regard et des repères fournis par les autres, notamment les pairs.
- Risque dans les comportements sexuels : Le risque dans les comportements sexuels regroupe des conduites exposant les adolescents à des conséquences négatives pour leur santé physique, psychique ou sociale.
📝 Points essentiels
- La crise identitaire adolescente inclut la découverte du potentiel sexuel et la difficulté à reconnaître son corps infantile.
- L’âge médian au premier rapport sexuel en 2023 est de 17,7 ans pour les garçons et 18,2 ans pour les filles.
- Entre 2014 et 2022, l’usage du préservatif baisse de 70% à 61% chez les garçons de 15 ans et de 63% à 57% chez les filles.
- L’accès à la sexualité peut servir à éprouver son existence, expérimenter, réguler une souffrance ou rechercher une reconnaissance narcissique.
- Les comportements sexuels à risque incluent rapports non protégés, multiplicité des partenaires sans dépistage ou dialogue, et absence de consentement éclairé.
- Les réseaux sociaux soutiennent la construction de soi par le regard d’autrui et renforcent une dépendance aux retours externes (likes, vues, commentaires).
💡 Astuce mémo
Intime = privé protégé ; Extime = intime exposée pour être reconnu ; Réseaux = miroir à likes → comparaison → tension reconnaissance/rejet.
📖 10. Alcool, drogues et trajectoires de consommation
🔑 Notions clés & Définitions
- Extime : L’extime désigne ce que l’on choisit de rendre public de son intimité pour se construire dans le regard des autres.
- Construction identitaire en miroir : La construction identitaire en miroir décrit le fait que l’adolescent façonne son identité à partir de ce qu’il perçoit chez ses pairs.
- Cyberharcèlement : Le cyberharcèlement regroupe des attaques répétées en ligne visant à humilier, intimider ou blesser une personne.
- Sexting : Le sexting correspond à la publication ou l’échange de contenus à caractère sexuel via des outils numériques.
- Dissonance soi réel soi idéalisé : La dissonance entre soi réel et soi idéalisé apparaît quand l’image attendue en ligne ne correspond pas à la personne vécue.
📝 Points essentiels
- Chez les adolescents, l’extime sert de moyen de reconnaissance et d’identité en miroir à celle des pairs.
- La publication de confidences, images personnelles et moments intimes expose à cyberharcèlement, sexting, intimidation et diffusion d’images intimes.
- Le danger peut aussi venir de l’adolescent lui-même via provocation, exhibition ou autodévalorisation en ligne pour exister.
- Les « likes » peuvent fragiliser l’estime de soi en devenant un indicateur de valeur personnelle.
- Une exposition mal régulée peut entraîner des blessures psychiques profondes comme rejet, moquerie, cyberharcèlement et honte.
- Dès 12 ans, une enquête (2022) indique que 9 adolescents sur 10 utilisent un réseau social quotidiennement; les filles sont plus exposées aux atteintes sexuelles et les garçons aux contenus violents ou compétitifs.
💡 Astuce mémo
Extime = Intime exposée → Identité validée par les likes (et risques en retour).
📖 11. Délinquance adolescente : opposition et exploration
🔑 Notions clés & Définitions
- Expérimentation des drogues : Ensemble des essais de substances, souvent au cours de l’adolescence, qui ne signifient pas forcément une consommation régulière.
- Recherche de sensations : Mécanisme adolescent où la prise de risque vise surtout à éprouver des émotions fortes et nouvelles.
- Régulation émotionnelle : Stratégie adolescente consistant à utiliser l’alcool ou les drogues pour gérer des émotions difficiles.
- Logique groupale : Fonction sociale de la consommation, portée par les pairs, avec rituels et intégration par l’épreuve.
- Délinquance : Ensemble des comportements constituant des infractions prévues par la loi pénale et entraînant une réponse judiciaire.
📝 Points essentiels
- À 15-17 ans, 25% ont déjà expérimenté l’alcool et 25% ont essayé le cannabis.
- Environ 7% des adolescents de 17 ans consomment de l’alcool au moins 10 fois par mois et 4% consomment du cannabis au moins 10 fois par mois.
- Expérimentation d’au moins une drogue illicite autre que le cannabis : 3,9% ; cocaïne : 1,4% ; ecstasy/MDMA : 2,0% ; kétamine : 0,9% ; poppers : 11,0% ; protoxyde d’azote : 2,3%.
- La consommation adolescente suit une triple dynamique : recherche de sensations, régulation émotionnelle et logique groupale (rituels d’initiation, pressions des pairs, intégration par l’épreuve).
- La délinquance regroupe des actes transgressifs comme le vol, le vandalisme, l’agression ou le non-respect de la loi.
💡 Astuce mémo
Sensations + Émotions + Groupe = risque “à sens” (exploration).
📖 12. Trauma : résilience et théorie polyvagale
🔑 Notions clés & Définitions
- Traumatisme : Un traumatisme est un événement objectif comme un accident, une agression ou un décès, qui peut ensuite produire un impact psychique.
- Type I de trauma : Le trauma de type I correspond à un événement unique et ponctuel, plutôt qu’à une répétition.
- Type II de trauma : Le trauma de type II correspond à des situations répétées ou chroniques, comme des abus ou des négligences.
- Résilience selon Cyrulnik : La résilience est la capacité à surmonter un traumatisme et à se reconstruire, via un processus dynamique de transformation personnelle.
- Théorie polyvagale : La théorie polyvagale explique le trauma par des modes de fonctionnement du système nerveux autonome liés à la sécurité, au danger et à l’extrême menace.
📝 Points essentiels
- Un traumatisme devient une blessure psychique subjective quand il est perçu et intégré dans l’histoire personnelle.
- Le trauma de type I est unique et ponctuel, tandis que le type II est répété ou chronique.
- Le système nerveux autonome fonctionne en trois modes : sécurité (SNP vagal ventral), combat/fuite (SNS), figement/dissociation (SNP vagal dorsal).
- Après un trauma, le système d’alerte peut être déréglé, entraînant une hypersensibilité au danger.
- Chez l’adolescent, l’adolescence combine transition, transformations et vulnérabilité, ce qui augmente la réactivation du trauma.
- Les transformations corporelles peuvent réactiver des vécus traumatiques liés au corps, et les remaniements identitaires posent la question des repères pour se dégager de l’enfance.
💡 Astuce mémo
Sécu→Combat/Fuite→Fige/Dissoc : Polyvagal = 3 portes du danger ; après trauma, l’alarme reste trop sensible.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 2021 | Environ 400 suicides enregistrés chez les 15-24 ans en France |
| 2021-2023 | EpiCov : augmentation de 30 % des symptômes dépressifs et hausse des tentatives de suicide |
| 2023 | Âge médian au premier rapport sexuel : 17,7 ans (garçons) et 18,2 ans (filles) |
📊 Tableaux de synthèse
Types d’attachement (Bowlby)
| Type | Détresse à la séparation | Figure d’attachement |
|---|
| Sécure | Détresse modérée ; réconfort rapide | Base de sécurité : parent cohérent et sécurisant |
| Insécure évitant | Peu de détresse ; évitement au retour | Figure rejetante ou peu disponible |
| Insécure ambivalent | Détresse intense ; ambivalence (colère et recherche de contact) | Figure incohérente ou imprévisible |
| Désorganisé | Comportements contradictoires ; peur ; figement | Figure source de peur, insécurité ou traumatisme |
Conduites à risque : dynamique et caractéristiques
| Caractéristique | Ce que ça décrit | Exemple d’illustration |
|---|
| Impulsivité | Décisions sans réflexion ni évaluation des conséquences | Décision prise sur le moment |
| Répétition | Comportement pouvant devenir régulier voire ritualisé | Rituel d’initiation / répétition |
| Influence des pairs | Recherche d’intégration, effet de groupe, imitation | Pressions des pairs |
| Fonction expressive | Moyen de dire ce qui ne peut être symbolisé ou verbalisé | Langage comportemental (agir au lieu de dire) |
| Crise identitaire | Expérimentation des limites et affirmation de soi dans la transgression | Tester la solidité du lien / du cadre |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre attachement insécure évitant et ambivalent : l’un minimise la détresse et évite, l’autre montre une détresse intense avec recherche de contact.
- Croire que tous les adolescents avec un attachement insécure développent un trouble : le cours précise que ce n’est pas systématique.
- Mélanger clivage et projection : le clivage organise une vision tout bon/tout mauvais, la projection attribue aux autres des émotions difficiles à reconnaître.
- Interpréter le passage à l’acte comme un simple “manque de volonté” : c’est une difficulté à symboliser, l’émotion est traitée par le corps/le comportement.
- Oublier la logique “rage → acte” : la rage est décrite comme débordement sans médiation symbolique, souvent liée à injustice/abandon/humiliation.
- Réduire les conduites à risque à la recherche de sensations uniquement : le cours ajoute aussi soulagement émotionnel et affirmation de soi, sans toujours mesurer les conséquences.
- Confondre trauma et blessure psychique : le trauma est un événement objectif, la blessure psychique subjective dépend de la perception et de l’intégration personnelle.
✅ Checklist Examen
- Définir adolescence comme modification de l’équilibre psychique et des modalités de rapport au monde.
- Citer les repères épidémiologiques : part des 10-19 ans, rang du suicide chez les 15-24 ans, et ordre de grandeur des suicides en 2021.
- Expliquer ce que MonPsy permet (âge, condition d’orientation médicale, nombre de séances remboursées).
- Décrire la théorie de Bowlby : base de sécurité, exploration et accès progressif à l’autonomie.
- Associer chaque type d’attachement à ses caractéristiques comportementales et à la représentation de la figure d’attachement (sécure/évitant/ambivalent/désorganisé).
- Expliquer la tension autonomie-dépendance et l’idée de Jeammet : se détacher sans perdre les parents, avec déplacement partiel vers les pairs.
- Donner la définition des mécanismes de défense (Marcelli/Bergeret) et relier chaque mécanisme à sa spécificité à l’adolescence (clivage, passage à l’acte, régression, identification, projection, humour).
- Définir les conduites à risque (volontaires, souvent répétées, danger potentiel, but : sensations/soulagement/affirmation, conséquences parfois non mesurées) et situer l’âge de survenue (12-25 ans, pic 15-18 ans).
- Comparer les approches explicatives des conduites à risque : psychanalytique (agir au lieu de dire), cognitivo-comportementale (renforcement + distorsions), systémique (symptôme relationnel), neurodéveloppementale (préfr
- SNP limbique, adrénaline, impulsivité).
- Expliquer le lien entre conduites à risque et rage adolescente : déclencheurs (injustice/abandon/humiliation), difficulté à symboliser, et facteurs (vulnérabilité narcissique, figures d’attachement défaillantes).
- Relier le rapport au corps au Moi Peau : fonction contenante, fragilisation, et objectifs des conduites corporelles (limite psychique par marque, régulation, contrôle).
- Décrire sexualité et risques : crise identitaire (Dolto), âge médian au premier rapport (2023), baisse du préservatif (2014-2022), et critères du “risque” (non-protection, multiplicité sans dépistage/dialogue, absence de
- Expliquer extimité/intime et la logique de validation narcissique (likes/vues/commentaires), ainsi que les risques numériques (cyberharcèlement, sexting, diffusion d’images, défis humiliants).
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