Fiche de révision : Diabète de type 2 : diagnostic et traitement

Plan du Cours

  1. Facteurs de risque et syndrome métabolique
  2. Physiopathologie du diabète de type 2
  3. Signes cliniques et dépistage
  4. Critères diagnostiques et diagnostics différentiels
  5. Suivi glycémique et objectifs personnalisés
  6. Mesures hygiéno-diététiques
  7. Metformine et autosurveillance glycémique
  8. Traitements selon le risque cardiovasculaire
  9. Traitements injectables du diabète

1. Facteurs de risque et syndrome métabolique

Points essentiels

  • Les facteurs de risque de diabète de type 2 présents chez le patient décrit sont l’âge de 65 ans, l’origine réunionnaise, l’obésité (IMC de 32 kg/m²), les antécédents familiaux de diabète de type 2, la sédentarité, l’HTA et la dyslipidémie mixte.

  • Les cinq marqueurs sont :

    • un tour de taille supérieur à 102 cm chez l’homme ou à 88 cm chez la femme
    • des triglycérides supérieurs ou égaux à 1,5 g/L
    • un HDL-cholestérol inférieur à 0,4 g/L chez l’homme ou à 0,5 g/L chez la femme, ou une dyslipidémie traitée
    • une pression artérielle supérieure ou égale à 130/85 mmHg, ou une HTA traitée
    • une glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,00 g/L

📌 Le syndrome métabolique est défini par la présence d’au moins trois des cinq critères retenus et multiplie par trois le risque de diabète de type 2.

2. Physiopathologie du diabète de type 2

★ À maîtriser

  • L’excès de tissu adipeux viscéral inflammatoire, notamment via les adipokines et le TNF, favorise l’insulinorésistance périphérique adipocytaire, musculaire et hépatique, puis l’hyperglycémie et un déficit relatif de l’insulinosécrétion lié aux lipotoxicité et glucotoxicité.

Compléments

  • L’insulinorésistance musculaire diminue la captation et l’utilisation du glucose.

  • L’insulinorésistance hépatique favorise la glycogénolyse, la néoglucogenèse et la synthèse de VLDL.

  • L’insulinorésistance périphérique adipocytaire s’accompagne d’une augmentation des acides gras libres et de la lipolyse.

Astuce mémo

Excès de tissu adipeux viscéral → inflammation et insulinorésistance → hyperglycémie

3. Signes cliniques et dépistage

★ À maîtriser

  • Le diabète de type 2 est souvent asymptomatique et découvert fortuitement lors d’un examen systématique.

  • Une décompensation hyperglycémique peut se manifester par une polyurie, une polydipsie, un amaigrissement, un prurit vulvaire ou une balanite et des infections récidivantes ou traînantes.

  • Selon les recommandations ANAES 2003, un dépistage opportuniste ciblé est indiqué après 45 ans en présence d’au moins un marqueur de risque supplémentaire, notamment une origine non caucasienne ou migrante, un marqueur du syndrome métabolique, un excès pondéral, une HTA, une dyslipidémie ou des antécédents évocateurs.

📌 Chez les patients déjà porteurs d’un facteur de risque cardiovasculaire, le dépistage est annuel ; si la première glycémie à jeun est normale, le dépistage est répété tous les trois ans. - ANAES, 2003

Compléments

  • Un diabète de type 2 peut être découvert à l’occasion d’une complication, notamment un infarctus du myocarde ou un AVC.

4. Critères diagnostiques et diagnostics différentiels

Notions clés & Définitions

  • Diabète LADA : Diabète auto-immun de l’adulte, souvent anti-GAD positif, d’évolution lente et de présentation clinique frustre, découvert généralement après 30 ans avec une hyperglycémie modérée non cétonurique, puis nécessitant fréquemment l’insuline dans les deux à dix ans suivant le diagnostic.
  • Diabètes MODY : Diabètes monogéniques à transmission autosomique dominante, débutant avant 40 ans et associés à un déficit variable de l’insulinosécrétion.

★ À maîtriser

📌 Selon les critères OMS (1999), une glycémie veineuse à jeun inférieure à 1,10 g/L est normale, entre 1,10 g/L inclus et 1,26 g/L exclu correspond à une hyperglycémie modérée à jeun, et une valeur supérieure ou égale à 1,26 g/L évoque un diabète à confirmer à deux reprises.

📌 Selon les critères OMS (1999), une glycémie veineuse post-prandiale ou deux heures après une HGPO à 75 g est normale sous 1,40 g/L, indique une intolérance aux hydrates de carbone de 1,40 g/L inclus à moins de 2 g/L, et indique un diabète à partir de 2 g/L.

Compléments

📌 Selon les critères OMS (1999), une glycémie veineuse aléatoire d’au moins 2 g/L associée à des signes cliniques d’hyperglycémie définit un diabète.

  • Les éléments en faveur d’un MODY sont : des anticorps anti-GAD et anti-IA2 négatifs, au moins deux générations antérieures atteintes, au moins deux personnes atteintes avant 40 ans, l’absence de contexte familial d’insulinorésistance, un diabète non insulinodépendant au diagnostic

Astuce mémo

LADA : auto-immunité et insulinorequérance progressive ; MODY : transmission autosomique dominante précoce

5. Suivi glycémique et objectifs personnalisés

Notions clés & Définitions

  • HbA1c : Proportionnelle à la glycémie moyenne des trois derniers mois et constituant un élément biologique de suivi du diabète.

Points essentiels

  • Le dosage de l’HbA1c est réalisé trimestriellement.

  • Dans la table de correspondance du cours, une HbA1c de 5 %, 6 %, 7 %, 8 %, 9 %, 10 % et 11 % correspond respectivement à une glycémie moyenne de 0,97, 1,26, 1,54, 1,83, 2,12, 2,40 et 2,69 g/L.

6. Mesures hygiéno-diététiques

★ À maîtriser

📌 La prise en charge initiale vise l’amélioration de la glycémie et de l’insulinosensibilité ainsi que la prise en charge globale des facteurs de risque cardiovasculaire, notamment le tabagisme, l’HTA et la dyslipidémie.

📌 En cas de surcharge pondérale, la prise en charge diététique vise une perte de 5 à 10 % du poids corporel et privilégie une alimentation hypocalorique, hypolipidique, normoglucidique et à index glycémique bas.

  • Chez les adultes de 18 à 64 ans, l’activité d’endurance recommandée est d’au moins 150 minutes hebdomadaires d’intensité modérée ou 75 minutes d’intensité soutenue, ou une combinaison équivalente ; les séances peuvent durer au moins 10 minutes.

Compléments

  • La répartition proposée est :
    • 50 à 55 % de glucides
    • 30 à 35 % de lipides
    • 20 % de protides, soit 1 g par kilogramme de poids corporel par jour

📌 Des exercices de renforcement musculaire sollicitant les principaux groupes musculaires sont recommandés au moins deux jours non consécutifs par semaine.

  • L’activité physique améliore l’insulinosensibilité et les chiffres tensionnels à l’effort, augmente la masse maigre et diminue la masse grasse, sans nécessairement modifier le poids en l’absence de contrôle alimentaire associé.

📌 L’activité physique est contre-indiquée en cas d’insuffisance coronarienne non stabilisée ou de rétinopathie proliférante non stabilisée.

7. Metformine et autosurveillance glycémique

★ À maîtriser

  • La metformine est introduite à 500 mg deux fois par jour et peut être augmentée progressivement à 1 000 mg deux fois par jour en l’absence de troubles digestifs.

  • La metformine est réduite à mi-dose si le DFG est inférieur à 60 mL/min et arrêtée si le DFG est inférieur à 30 mL/min ou en cas d’hypoxie tissulaire.

  • L’automesure glycémique diagnostique informe le médecin et peut aider à observer l’effet des aliments ou de l’activité physique, tandis que l’automesure thérapeutique permet au patient d’adapter son traitement selon des algorithmes après éducation suffisante.

Compléments

  • L’automesure glycémique thérapeutique peut être quotidienne et sert notamment à adapter les glinides, les sulfamides ou les doses d’insuline et à prévenir la récidive des hypoglycémies.

  • Le capteur Freestyle Libre se porte 15 jours et donne le résultat glycémique par simple scan ; son remboursement chez les patients DT2 concerne ceux traités par multi-injections ou par insuline basale avec contrôle glycémique non optimal.

8. Traitements selon le risque cardiovasculaire

★ À maîtriser

📌 Chez le patient DT2 à risque cardiovasculaire modéré, la metformine est proposée en première intention avec une modification du mode de vie ; en cas d’intolérance ou de contre-indication, les options citées comprennent les iSGLT2, les agonistes du GLP-1, les iDPP4, les sulfamides hypoglycémiants et le répaglinide.

📌 Chez un patient DT2 en prévention primaire à haut risque cardiovasculaire, l’ajout d’un iSGLT2 à la metformine est recommandé quel que soit le taux d’HbA1c.

Compléments

📌 Une HbA1c supérieure à 10 % peut conduire à proposer d’emblée une bithérapie, avec ou sans insulinothérapie basale.

📌 Chez un patient sous metformine à dose maximale tolérée présentant une obésité avec un IMC d’au moins 30 kg/m², l’ajout d’un agoniste du GLP-1 à dose antidiabétique est recommandé sous couvert d’un suivi rétinien.

  • Les iSGLT2 peuvent entraîner un risque d’hypovolémie, d’infections urinaires ou mycotiques, d’acidocétose euglycémique et d’amputation, avec une vigilance particulière en cas d’artériopathie.

  • L’effet hypoglycémiant de la dapagliflozine et de l’empagliflozine diminue sous un DFG de 45 mL/min et disparaît sous 30 mL/min ; le cours indique une utilisation possible jusqu’à 25 mL/min pour la dapagliflozine et jusqu’à 20 mL/min pour l’empagliflozine.

9. Traitements injectables du diabète

★ À maîtriser

  • L’insulinothérapie combinée associe aux antidiabétiques oraux un analogue lent, tel que l’insuline glargine, à raison d’une injection sous-cutanée quotidienne, débutée dans le cours à 0,3 UI/kg/j puis adaptée progressivement à la glycémie capillaire à jeun.

📌 Pour une insulinothérapie intensive, le cours décrit habituellement deux à quatre injections d’insuline associées à la metformine, recommande un avis spécialisé et indique qu’une autosurveillance glycémique pluriquotidienne est nécessaire avec un schéma basal-bolus. - HAS, Guide Parcours de soins, 2014

Compléments

  • Les analogues du GLP-1 et leur rythme d’administration sont :
    • liraglutide, quotidiennement
    • sémaglutide, chaque semaine
    • dulaglutide, chaque semaine

📌 Le tirzépatide est indiqué, en complément du régime alimentaire et de l’activité physique, dans le DT2 insuffisamment contrôlé en bithérapie avec la metformine ou en trithérapie avec la metformine et un sulfamide hypoglycémiant ou une insuline basale.

  • Selon le cours, un patient sous insulinothérapie basale-bolus est éligible au capteur de glucose quel que soit son taux d’HbA1c.

Teste tes connaissances

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1. Quel ensemble correspond aux facteurs de risque de diabète de type 2 présents chez le patient décrit ?

2. Chez une femme, quel seuil de tour de taille constitue l’un des critères du syndrome métabolique selon la définition NCEP-ATP 2005 ?

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Quels facteurs de risque de diabète de type 2 sont présents chez le patient décrit ?

L’âge de 65 ans, l’origine réunionnaise, l’obésité, les antécédents familiaux, la sédentarité, l’HTA et la dyslipidémie mixte.

Selon le NCEP-ATP 2005, quels seuils de tour de taille constituent un marqueur du syndrome métabolique ?

Plus de 102 cm chez l’homme ou plus de 88 cm chez la femme.

Selon le NCEP-ATP 2005, quel seuil de triglycérides constitue un marqueur du syndrome métabolique ?

Au moins 1,5 g/L.

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