Fiche de révision : Diabète de type 2 IPA

Plan du Cours

  1. Facteurs de risque et syndrome métabolique
  2. Physiopathologie du diabète de type 2
  3. Signes cliniques et dépistage ciblé
  4. Critères biologiques du diagnostic
  5. Diagnostics différentiels du diabète
  6. Suivi et objectifs glycémiques
  7. Mesures hygiéno-diététiques et activité physique
  8. Traitements antidiabétiques non insuliniques
  9. Autosurveillance et capteurs glycémiques
  10. Insulinothérapie du diabète de type 2

1. Facteurs de risque et syndrome métabolique

★ À maîtriser

  • Le risque de diabète de type 2 est accru par l’âge, l’origine non caucasienne ou migrante, le surpoids, la sédentarité, les antécédents familiaux de DT2 et les antécédents personnels de diabète gestationnel ou de macrosomie fœtale.

  • Les 5 critères NCEP-ATP 2005 sont :

    • Tour de taille > 102 cm chez l’homme ou 88 cm chez la femme
    • Triglycérides ≥ 1,5 g/L
    • HDL-cholestérol < 0,4 g/L chez l’homme ou < 0,5 g/L chez la femme, ou dyslipidémie traitée
    • Pression artérielle ≥ 130/85 mmHg ou HTA traitée
    • Glycémie à jeun ≥ 1,00 g/L

Compléments

  • Le syndrome métabolique est associé à un risque de diabète de type 2 multiplié par 3.

2. Physiopathologie du diabète de type 2

★ À maîtriser

  • L’excès de tissu adipeux viscéral favorise l’inflammation par les adipokines et le TNF, puis l’insulinorésistance périphérique et hépatique, l’hyperinsulinisme arrive ensuite et enfin un déficit relatif de l’insulinosécrétion lié à la lipotoxicité et à la glucotoxicité. Cela cause l'hyperglycémie.

  • L’insulinorésistance adipocytaire augmente les acides gras libres et la lipolyse, tandis que l’insulinorésistance musculaire réduit la captation et l’utilisation du glucose.

  • Schéma :
    1 Excès de tissu adipeux "viscéral". Siège d'une inflammation.
    2a Insulinorésistance périphérique musculaire (baisse captation et utilisation du glucose).
    2b Insulinorésistance hépatique.
    3 Hypersinsulinisme.
    4 Déficit relatif de l'insulinosécrétion (augmentation lipolyse, baisse captation et utilisation du glucose).
    5 Hyperglycémie.

Compléments

  • L’insulinorésistance hépatique favorise la glycogénolyse, la néoglucogenèse et la synthèse de VLDL.

Astuce mémo

Graisse viscérale → inflammation → insulinorésistance → hyperglycémie

3. Signes cliniques et dépistage ciblé

★ À maîtriser

Le diabète de type 2 est une dégradation progressive de la fonction bêta-pancréatique.

  • Le diabète de type 2 est souvent asymptomatique et découvert fortuitement lors d’un examen systématique.

  • Découverte par une décompensation hyperglycémique symptomatique qui peut se manifester par polyurie, polydipsie, amaigrissement, prurit vulvaire (femme) ou balanite (homme) et infections récidivantes ou traînantes.

📌 Les recommandations ANAES 2003 préconisent un dépistage opportuniste ciblé après 45 ans en présence d’au moins un autre marqueur de risque, notamment origine non caucasienne ou migration, marqueur métabolique, IMC > 28 kg/m², HTA, dyslipidémie ou antécédent familial ou gestationnel.

Compléments

📌 Chez les patients déjà porteurs d’un facteur de risque cardiovasculaire, le dépistage est annuel.

Dépistage par une glycémie à jeun : si normale, le dépistage est ensuite réalisé tous les trois ans.

4. Critères biologiques du diagnostic

★ À maîtriser

📌 Selon les critères OMS (1999), une glycémie veineuse à jeun ≥ 1,26 g/L définit le diabète et doit être confirmée à deux reprises ; une valeur < 1,10 g/L est normale et une valeur ≥ 1,10 g/L mais < 1,26 g/L correspond à une hyperglycémie modérée à jeun.

📌 Une glycémie veineuse post-prandiale ou 2 heures après une HGPO de 75 g ≥ 2 g/L définit le diabète, tandis qu’une valeur ≥ 1,40 g/L et < 2 g/L correspond à une intolérance aux hydrates de carbone.

Compléments

📌 Une glycémie veineuse aléatoire ≥ 2 g/L associée à des signes cliniques d’hyperglycémie définit le diabète.

Astuce mémo

À jeun : seuil diagnostique 1,26 g/L ; après HGPO : 2 g/L

5. Diagnostics différentiels du diabète

Notions clés & Définitions

  • Diabète LADA : Diabète auto-immun de l’adulte, anti-GAD positif, d’évolution lente et de présentation clinique souvent frustre, avec insulinorequérance dans les 2 à 10 ans suivant le diagnostic.
  • Diabètes secondaires : anomalies endocriniennes, médicaments.
  • Diabète MODY : Diabète monogénique à transmission autosomique dominante, lié à un déficit variable de l’insulinosécrétion et débutant avant 40 ans.

Points essentiels

📌 Le MODY peut être évoqué devant des anticorps anti-GAD et anti-IA2 négatifs, au moins deux générations antérieures atteintes, au moins deux sujets atteints avant 40 ans, l’absence de contexte familial d’insulinorésistance (surpoids, dyslipidémie) et un diabète non insulinodépendant au diagnostic.

  • Le MODY 3 lié à HNF1a représente 69 % des cas décrits dans le cours et peut répondre initialement aux sulfamides hypoglycémiants avant de nécessiter l’insuline.

6. Suivi et objectifs glycémiques

Notions clés & Définitions

  • HbA1c : Proportionnelle à la glycémie moyenne des trois derniers mois et dont le dosage est réalisé trimestriellement.

★ À maîtriser

  • Les objectifs d’HbA1c sont personnalisés selon le profil du patient et le traitement, conformément aux recommandations HAS 2024.

Compléments

  • Dans le tableau du cours, une HbA1c de 7 % correspond à une glycémie moyenne de 1,54 g/L.
  • IMPORTANT : Tableau objectifs personnalisés à connaitre !

7. Mesures hygiéno-diététiques et activité physique

★ À maîtriser

  • La prise en charge initiale associe l’amélioration de la glycémie et de l’insulinosensibilité à une prise en charge globale des facteurs de risque cardiovasculaire, notamment le tabagisme, l’HTA et la dyslipidémie.

Les moyens thérapeutiques sont :​

  • L'activité physique ​

  • Le régime hypocalorique en cas de surcharge pondérale​

  • L’éducation thérapeutique ​

  • Les traitements anti-diabétiques oraux​

  • Les analogues du GLP-1 ​

  • L'insuline.​

  • En cas de surcharge pondérale, l’objectif initial est une perte de 5 à 10 % du poids corporel grâce à une alimentation hypocalorique, hypolipidique et normoglucidique privilégiant les aliments à index glycémique bas.

  • Les adultes de 18 à 64 ans devraient pratiquer au moins 150 minutes d’activité d’endurance modérée ou 75 minutes d’activité soutenue par semaine, ou une combinaison équivalente, ainsi que du renforcement musculaire au moins deux jours non consécutifs par semaine.

Compléments

  • La répartition alimentaire recommandée est de 50–55 % de glucides, 30–35 % de lipides et 20 % de protides, ces derniers représentant 1 g/kg de poids corporel par jour.

📌 L’activité physique est contre-indiquée en cas d’insuffisance coronarienne non stabilisée ou de rétinopathie proliférante non stabilisée.

📌 La reprise ou l’intensification inhabituelle de l’activité nécessite une surveillance glycémique adaptée au risque d’hypoglycémie ainsi qu’une vérification des pieds et du chaussage avant et après l’exercice.

  • Important : Tableau définir le statut CV du patient

8. Traitements antidiabétiques non insuliniques

★ À maîtriser

  • Chez un patient DT2 à risque cardiovasculaire modéré, la metformine est le traitement médicamenteux de première intention, débutée à 500 mg deux fois par jour puis augmentée progressivement à 1 000 mg deux fois par jour si elle est bien tolérée (problèmes digestifs).

  • La metformine est réduite à mi-dose si le DFG est < 60 mL/min et arrêtée si le DFG est < 30 mL/min ou en cas d’hypoxie tissulaire.

  • Chez un patient DT2 en prévention primaire à haut risque cardiovasculaire, l’ajout d’un iSGLT2 à la metformine est recommandé indépendamment du taux d’HbA1c.

  • iSGLT2 : effet cardio et néphroprotecteurs. Impact pondéral.

  • Si HbA1c >10%​ :Bithérapie d’emblée +/- insulinothérapie basale​

Compléments

📌 En cas d’intolérance ou de contre-indication à la metformine, le cours propose un iSGLT2 ou un agoniste du GLP-1, notamment pour leurs effets cardiovasculaires, rénaux ou pondéraux, ou un iDPP4, un sulfamide hypoglycémiant ou le répaglinide.

📌 L’ajout d’un agoniste du GLP-1 à dose antidiabétique est recommandé avec la metformine à dose maximale tolérée en présence d’obésité avec un IMC ≥ 30 kg/m², sous couvert d’un suivi rétinien.

  • Les risques associés aux iSGLT2 comprennent : l’hypovolémie, les infections urinaires et mycotiques, l’acidocétose euglycémique, le risque d’amputation, avec vigilance chez les patients artéritiques

9. Autosurveillance et capteurs glycémiques

★ À maîtriser

📌 L'auto-

mesure diagnostique sert surtout à informer le médecin et à observer les effets des aliments ou de l’activité physique, tandis que l’autosurveillance thérapeutique permet au patient d’adapter son traitement selon les algorithmes médicaux.

Compléments

  • L’autosurveillance thérapeutique nécessite une éducation suffisante et une attitude active du patient ; elle peut guider l’adaptation des glinides, des sulfamides ou des doses d’insuline et prévenir les récidives d’hypoglycémie.

  • Le capteur FreeStyle Libre comporte un capteur à remplacer tous les 15 jours et donne accès au résultat glycémique par scan ; le cours indique son remboursement chez les patients DT2 sous multi-injections ou sous insuline basale avec contrôle glycémique non optimal.

Astuce mémo

Mesure diagnostique pour observer ; mesure thérapeutique pour agir

10. Insulinothérapie du diabète de type 2

★ À maîtriser

  • En association avec la MET, l’ajout d’un iSGLT2 est recommandé chez les patients en prévention primaire à haut niveau de risque cardiovasculaire (grade B) quelque soit le taux d’HbA1c. ​

  • La présence d’une maladie hépatique métabolique (NASH, NAFLD)** ou d’une obésité sévère pourrait orienter préférentiellement vers un aGLP1 (grade C).​

📌 L’insulinothérapie combinée peut associer aux antidiabétiques oraux une injection sous-cutanée quotidienne d’insuline glargine, débutée à 0,3 UI/kg/jour et ajustée progressivement selon la glycémie capillaire à jeun.

  • Avec un schéma basal-bolus, une autosurveillance glycémique pluriquotidienne est nécessaire et la gestion de l’insulinothérapie rejoint celle du diabète de type 1.

Compléments

  • Le cours indique qu’une insulinothérapie basale est souvent transitoire et peut évoluer vers une insulinothérapie intensive.

📌 L’insulinothérapie exclusive comporte habituellement 2 à 4 injections d’insuline associées à la metformine et justifie un avis spécialisé en diabétologie. - HAS, Guide Parcours de soins, 2014

Astuce mémo

Basale ajoutée aux traitements → basal-bolus si intensification nécessaire

Teste tes connaissances

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1. Concernant les facteurs de risque du diabète de type 2 :

2. Parmi les propositions suivantes concernant la définition NCEP-ATP 2005 du syndrome métabolique, la(les)quelle(s) est(sont) exacte(s) ?

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Quels facteurs augmentent le risque de diabète de type 2 ?

L’âge, l’origine non caucasienne ou migrante, le surpoids, la sédentarité et les antécédents familiaux ou personnels de diabète gestationnel ou de macrosomie fœtale.

Selon le NCEP-ATP 2005, combien de critères définissent le syndrome métabolique ?

Au moins trois des cinq critères.

Quel tour de taille constitue un critère du syndrome métabolique selon le NCEP-ATP 2005 ?

Plus de 102 cm chez l’homme ou 88 cm chez la femme.

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