📋 Plan du Cours
- Héparines : structure et mécanisme d’action
- HNF, HBPM et fondaparinux : différences
- Pharmacocinétique et administration des héparines
- Surveillance biologique HNF et HBPM
- Surveillance plaquettaire et thrombopénie induite
- Contre-indications des héparines et du fondaparinux
- Prophylaxie antithrombotique par héparines
- Équilibration et surveillance biologique des AVK
- Interactions alimentaires, médicamenteuses et génétiques AVK
- Relais héparine AVK et carnet de surveillance
- Anticoagulants oraux directs : cibles et molécules
- Surveillance, antidotes et relais AOD AVK
📖 1. Héparines : structure et mécanisme d’action
🔑 Notions clés & Définitions
- Héparines : Les héparines sont des polysaccharides sulfatés de taille variable qui anticoagulent indirectement via l’antithrombine.
- Antithrombine : L’antithrombine est l’inhibiteur de la coagulation dont l’activité enzymatique est renforcée après liaison à une séquence spécifique d’héparine.
- Pentasaccharide : Le pentasaccharide est une séquence minimale d’héparine qui se fixe à l’antithrombine et déclenche une inhibition accélérée des enzymes de coagulation.
- Héparine non fractionnée : L’héparine non fractionnée (HNF) est une héparine hétérogène, d’origine porcine, dont l’action anticoagulante vise anti-Xa et anti-IIa.
- Héparine de bas poids moléculaire : Les héparines de bas poids moléculaire (HBPM) sont des fragments plus homogènes issus de la dépolymérisation des HNF, avec une activité anti-Xa prédominante.
📝 Points essentiels
- Les héparines anticoagulent indirectement en se liant à l’antithrombine grâce à une séquence spécifique correspondant à un pentasaccharide.
- La liaison pentasaccharide–antithrombine modifie la conformation de l’antithrombine et augmente fortement sa capacité d’inactivation des enzymes de la coagulation.
- Quand les chaînes d’héparine sont longues (au-delà de 18 monosaccharides), la thrombine (FIIa) et le FXa sont inactivés de façon équivalente.
- Quand les chaînes sont plus courtes, le FXa est principalement inactivé, ce qui explique la différence d’activité selon la taille des chaînes.
- Les anticoagulants injectables de type héparine comprennent HNF, HBPM et le pentasaccharide de synthèse (fondaparinux) à activité exclusivement anti-Xa.
- Tableau comparatif : HNF = anti-Xa et anti-IIa avec chaînes hétérogènes ; HBPM = anti-Xa prédominant avec chaînes courtes et plus homogènes ; fondaparinux = anti-Xa exclusif (pentasaccharide).
💡 Astuce mémo
Pentasaccharide = clé d’antithrombine ; longue chaîne → FIIa≈FXa, chaîne courte → FXa surtout.
📖 2. HNF, HBPM et fondaparinux : différences
🔑 Notions clés & Définitions
- HNF : HNF : héparine non fractionnée, anticoagulant dont l’efficacité doit souvent être surveillée par des tests biologiques adaptés.
- HBPM : HBPM : héparines de bas poids moléculaire, anticoagulant généralement prévisible dont la surveillance d’efficacité est le plus souvent inutile.
- Fondaparinux : Fondaparinux : anticoagulant anti-Xa indirect qui ne requiert pas de dosage d’activité ni de surveillance plaquettaire dans les indications usuelles.
- Héparinémie : Héparinémie : mesure de la concentration d’héparine permettant d’ajuster une héparinothérapie, notamment sous HNF ou dans certains cas sous HBPM.
- TIH : TIH : thrombopénie induite par l’héparine, complication thromboembolique à risque nécessitant arrêt immédiat de l’héparine.
📝 Points essentiels
- Sous HNF, l’héparinémie est souvent préférée au TCA, notamment en cas de déficit en facteur XII ou d’anticoagulant circulant de type antiprothrombinase.
- Le monitorage par TCA n’est pas recommandé en cardiologie, réanimation et chirurgie vasculaire.
- Pour HNF IV, le contrôle biologique est fait au minimum 4 h après l’instauration ou un changement de dose, puis à tout moment en cas de perfusion IV continue.
- Pour HNF SC, le contrôle est réalisé à la moitié du temps entre deux injections.
- Sous HBPM, aucun suivi d’efficacité n’est requis en routine grâce à la faible variabilité interindividuelle (hors poids extrêmes et fonction rénale).
- Sous HBPM curatif, l’héparinémie est à contrôler en cas de poids extrême, d’insuffisance rénale, ou de risque hémorragique/manifestation hémorragique; le prélèvement se fait 4 h après la 3e injection (2/j) ou au moins 4h
💡 Astuce mémo
HNF = Héparinémie (surveillance), HBPM = “pas de Bilan” sauf cas à risque, Fondaparinux = “Zéro dosage anti-Xa”.
📖 3. Pharmacocinétique et administration des héparines
🔑 Notions clés & Définitions
- HNF : HNF : héparine non fractionnée, utilisée en prophylaxie antithrombotique avec un profil de surveillance spécifique.
- HBPM : HBPM : héparines de bas poids moléculaire, administrées en prophylaxie avec des modalités de surveillance biologiques différentes de la HNF.
- Fondaparinux : Fondaparinux : anticoagulant apparenté aux inhibiteurs du facteur Xa, utilisé en prophylaxie sans dosage anti-Xa ni surveillance plaquettaire.
- Hypersensibilité aux héparines : Hypersensibilité : contre-indication en cas de réaction à la substance active ou à l’un des excipients des héparines ou du fondaparinux.
- Clairance de la créatinine < 30 mL/min : Insuffisance rénale sévère : seuil de contre-indication pour plusieurs héparines et pour le fondaparinux en prophylaxie.
📝 Points essentiels
- Administration prophylactique : schéma typique à deux injections par semaine pendant les deux premières semaines puis une injection par semaine pendant un mois maximum si le traitement est prolongé.
- Fondaparinux : aucune surveillance biologique de l’effet anticoagulant n’est requise (pas de dosage anti-Xa) et la numération plaquettaire n’est pas nécessaire.
- Contre-indications HNF, HBPM et fondaparinux : hypersensibilité, saignement évolutif cliniquement actif, endocardite aiguë bactérienne, anesthésie péridurale ou rachianesthésie.
- Contre-indications communes HNF et HBPM : antécédent de thrombopénie induite par HNF ou HBPM et hémorragie intracérébrale.
- Contre-indication spécifique HBPM : insuffisance rénale sévère avec clairance de la créatinine < 30 mL/min.
- Contre-indications spécifiques fondaparinux : clairance de la créatinine < 30 mL/min, prudence majeure si clairance < 50 mL/min, et grossesse/allaitement seulement en cas de nécessité absolue.
💡 Astuce mémo
Fondaparinux = « pas d’anti-Xa, pas de plaquettes » ; Rein <30 = stop (HBPM et fondaparinux).
📖 4. Surveillance biologique HNF et HBPM
🔑 Notions clés & Définitions
- HNF : HNF : héparine non fractionnée utilisée comme anticoagulant, nécessitant une surveillance biologique spécifique pour dépister une TIH.
- HBPM : HBPM : héparines de bas poids moléculaire administrées en prophylaxie, avec une surveillance biologique moins lourde que l’HNF.
- Fondaparinux : Fondaparinux : anticoagulant autorisé en prophylaxie, sans surveillance plaquettaire indispensable dans ce contexte.
- TIH : TIH : thrombopénie induite par l’héparine, complication à dépister par la surveillance de la numération plaquettaire sous HNF.
📝 Points essentiels
- En prophylaxie chez les patients à risque, les options incluent HNF, HBPM ou fondaparinux, avec AMM pour l’énoxaparine, la dalteparine et le fondaparinux dans l’indication décrite.
- Les HBPM et le fondaparinux sont préférés à l’HNF car ils sont plus simples (injection 1 fois/jour, surveillance biologique allégée) et diminuent le risque hémorragique, avec une réduction de TIH plus marquée sous fondap
- La durée recommandée de prophylaxie est de 7 à 14 jours, avec compression veineuse élastique associée à l’anticoagulant.
- Exemple HBPM : énoxaparine 4 000 UI anti-Xa/0,4 mL en injection sous-cutanée quotidienne.
- Exemple fondaparinux : 2,5 mg par jour en sous-cutané.
- Si HNF nécessaire (notamment contre-indications aux HBPM/fondaparinux, dont insuffisance rénale), l’héparine calcique est donnée en sous-cutané 5 000 UI toutes les 12 heures, et la surveillance plaquettaire est requise.
💡 Astuce mémo
HNF = Hémorragie + Numération plaquettes (TIH) : surveillance rapprochée ; HBPM/fondaparinux = moins de surveillance.
📖 5. Surveillance plaquettaire et thrombopénie induite
🔑 Notions clés & Définitions
- Thrombopénie induite par l’héparine : La thrombopénie induite par l’héparine est une complication immuno-médiée pouvant survenir sous héparines et entraînant une baisse des plaquettes avec risque thrombotique.
- Surveillance plaquettaire : La surveillance plaquettaire correspond au suivi du taux de plaquettes afin de détecter précocement une thrombopénie induite par l’héparine.
- HNF : L’héparine non fractionnée est une héparine administrée en traitement anticoagulant nécessitant une surveillance biologique plus systématique que les HBPM et le fondaparinux.
- HBPM : Les héparines de bas poids moléculaire sont des anticoagulants injectables utilisés en prévention ou traitement, avec une surveillance plaquettaire systématique moins fréquente que l’HNF.
- Fondaparinux : Le fondaparinux est un anticoagulant injectable qui peut être utilisé en prévention ou traitement, avec absence de surveillance plaquettaire systématique dans le cadre décrit.
📝 Points essentiels
- Les HBPM et le fondaparinux sont préférés à l’HNF pour une thrombose constituée car ils sont plus simples d’emploi et exposent moins au risque de TIH.
- Le fondaparinux est présenté comme ne nécessitant pas de surveillance plaquettaire systématique dans le cadre de l’usage décrit.
- L’HNF est associée à une surveillance plaquettaire plus systématique que les HBPM et le fondaparinux.
- Sous HBPM, il n’y a pas de surveillance biologique spécifique de l’effet anticoagulant en routine, sauf chez le sujet âgé, l’insuffisant rénal modéré, l’enfant, la grossesse ou en cas de risque hémorragique particulier.
- Quand une mesure est indiquée sous HBPM, l’activité anti-Xa (héparinémie) est dosée sur un prélèvement pris 3 à 5 heures après l’injection, avec des valeurs attendues dépendantes du schéma (1 ou 2 injections/jour) et de
- Comparaison des besoins de surveillance (selon le cadre décrit) : HNF = surveillance plaquettaire plus systématique ; HBPM = surveillance plaquettaire moins systématique ; fondaparinux = absence de surveillance plaquetta
💡 Astuce mémo
TIH = « plaquettes qui chutent mais caillots qui montent » : sous HBPM/fondaparinux, moins de surveillance plaquettaire que l’HNF.
📖 6. Contre-indications des héparines et du fondaparinux
🔑 Notions clés & Définitions
- Insuffisance rénale sévère : L’insuffisance rénale sévère correspond à une clairance de la créatinine < 30 mL/min, situation où plusieurs anticoagulants sont contre-indiqués ou nécessitent un changement de stratégie.
- Héparines de bas poids moléculaire : Les héparines de bas poids moléculaire sont des HBPM utilisées comme anticoagulants, avec des ajustements et une surveillance possibles selon la fonction rénale et le risque hémorragique.
- Héparinémie anti-Xa : L’héparinémie anti-Xa est une mesure de l’activité anticoagulante des HBPM, réalisée sur un prélèvement à distance de l’injection pour vérifier l’exposition.
- Fondaparinux : Le fondaparinux est un anticoagulant administré par voie sous-cutanée, utilisable sans surveillance biologique spécifique en l’absence de contre-indication.
- HNF : L’héparine non fractionnée est un anticoagulant utilisé notamment en cas d’insuffisance rénale sévère ou de besoin d’arrêt temporaire, avec adaptation par héparinémie et/ou TCA.
📝 Points essentiels
- HBPM : pas de surveillance biologique systématique de l’effet anticoagulant, sauf chez le sujet âgé, l’insuffisant rénal modéré, l’enfant, pendant la grossesse ou en cas de risque hémorragique particulier.
- HBPM : l’héparinémie (activité anti-Xa) est mesurée sur un prélèvement fait 3 à 5 heures après l’injection, avec des valeurs cibles propres à chaque HBPM et au schéma (1 ou 2 injections/jour).
- HBPM : la surveillance systématique des plaquettes pour dépister une TIH n’est pas obligatoire en traitement curatif d’une thrombose, sauf en chirurgie et après un traumatisme sévère.
- HBPM et insuffisance rénale : si clairance < 30 mL/min, les HBPM sont contre-indiquées et l’héparine standard est recommandée.
- HBPM et insuffisance rénale : si clairance 15–30 mL/min, l’énoxaparine peut être utilisée avec ajustement de posologie, et si clairance < 30 mL/min la tinzaparine n’est pas recommandée mais peut être envisagée entre 20–<
- Fondaparinux : contre-indiqué en cas d’insuffisance rénale, sans surveillance biologique spécifique en l’absence de contre-indication avec dose 7,5 mg/j si poids ≥ 50 kg et ≤ 100 kg.
💡 Astuce mémo
Règle rénale : <30 mL/min = bascule vers HNF (ou héparine standard) ; 15–30 mL/min = HBPM possibles avec ajustement (énoxaparine), et fondaparinux = interdit.
📖 7. Prophylaxie antithrombotique par héparines
🔑 Notions clés & Définitions
- Héparinémie : Concentration plasmatique d’héparine mesurée pour ajuster la dose et atteindre une anticoagulation efficace et sûre.
- TCA : Test de coagulation utilisé pour surveiller l’effet anticoagulant de l’héparine non fractionnée et guider l’ajustement posologique.
- HNF : Héparine non fractionnée dont l’effet varie davantage et nécessite une surveillance biologique rapprochée.
- HBPM : Héparine de bas poids moléculaire dont l’effet est plus stable, ce qui limite les variations quotidiennes d’anticoagulation.
- Thrombopénie induite par l’héparine : Complication immuno-allergique liée à l’héparine se traduisant par une baisse des plaquettes, nécessitant un dépistage programmé.
📝 Points essentiels
- La posologie initiale d’héparine est généralement de 500 UI/kg/24 h, puis elle est ajustée selon l’héparinémie ou le TCA.
- L’héparinémie cible doit être comprise entre 0,3 et 0,7 UI/mL.
- Le TCA doit être maintenu entre 2 et 3 fois la valeur du témoin selon les normes du laboratoire.
- En IV continue, un bolus IV de 50 à 70 UI/kg est recommandé avant la perfusion pour atteindre plus vite le niveau d’anticoagulation optimal.
- Le contrôle de l’héparinémie ou du TCA est recommandé tous les jours, car le niveau d’anticoagulation peut varier d’un jour à l’autre avec les HNF.
- La numération plaquettaire doit être contrôlée deux fois par semaine pendant 14 jours, puis au moins une fois par semaine pendant un mois maximum si le traitement se prolonge.
💡 Astuce mémo
Cible double : Héparinémie 0,3–0,7 UI/mL et TCA ×2 à ×3 ; surveillance rapprochée des plaquettes (2×/sem 14 j).
📖 8. Équilibration et surveillance biologique des AVK
🔑 Notions clés & Définitions
- Acénocoumarol : Antivitamine K coumarinique utilisée en France, avec une demi-vie et un délai d’action permettant un effet anticoagulant progressif.
- Fluindione : Antivitamine K dérivé de l’indanedione, caractérisée par une demi-vie longue et un délai d’action plus tardif que l’acénocoumarol.
- Warfarine : Antivitamine K coumarinique à demi-vie longue, avec un délai d’action d’environ 36 h selon les données du tableau.
- INR : Indicateur standardisé de l’effet des AVK, calculé à partir du temps de Quick du patient et du témoin corrigé par l’ISI.
- ISI : Paramètre fourni par le fabricant de la thromboplastine, utilisé pour normaliser l’INR et réduire la variabilité liée au réactif.
📝 Points essentiels
- Deux familles d’AVK sont utilisées : dérivés de l’indanedione (fluindione) et coumariniques (acénocoumarol, warfarine).
- Les délais et durées d’action diffèrent : acénocoumarol (délai 18–24 h, demi-vie 8 h), fluindione (délai 24–48 h, demi-vie 31 h), warfarine (délai ~36 h, demi-vie 35–45 h).
- L’équilibre d’un traitement par AVK est atteint en moyenne au bout de 8 jours.
- Les AVK sont absorbés par voie digestive, fortement liés à l’albumine (90–99 %) et seule la fraction libre est active et métabolisée par le foie.
- Le délai d’action dépend de la demi-vie des facteurs inhibés : de ~6 h (facteur VII, protéine C) à 2–3 jours (facteurs X et II).
- L’INR se calcule avec le temps de Quick du malade et du témoin corrigé par l’ISI : INR = (TQ malade / TQ témoin) ISI, ce qui standardise les résultats entre laboratoires.
💡 Astuce mémo
INR = Quick patient / Quick témoin × ISI : même réactif, même résultat ; l’équilibre AVK se fait en ~8 jours.
📖 9. Interactions alimentaires, médicamenteuses et génétiques AVK
🔑 Notions clés & Définitions
- Vitamine K : La vitamine K est une molécule indispensable à la coagulation, dont le taux conditionne l’effet des antivitamines K (AVK).
- Flore intestinale : La flore intestinale est l’écosystème microbien qui contribue à la synthèse endogène de vitamine K, influençant l’action des AVK.
- INR : L’INR est l’indicateur standardisé de l’activité anticoagulante sous AVK, utilisé pour ajuster la dose.
- Résistance aux AVK : La résistance aux AVK correspond à une moindre réponse à ces traitements, nécessitant une adaptation de la prise en charge.
- Sensibilité aux AVK : La sensibilité aux AVK correspond à une réponse exagérée au traitement, exposant davantage au risque hémorragique.
📝 Points essentiels
- Un apport réduit en vitamine K (diète, troubles du transit, ictère par rétention, troubles de l’absorption) augmente l’effet des AVK.
- Un traitement antibiotique oral peut renforcer l’effet des AVK en modifiant la flore intestinale, réduisant la synthèse endogène de vitamine K.
- Certains médicaments comme les barbituriques diminuent l’effet des AVK.
- Les légumes verts (salade, épinards, chou-fleur, brocolis) sont riches en vitamine K : l’alimentation doit rester équilibrée et régulière, sans interdictions inutiles.
- En cas d’introduction d’un nouveau médicament chez un patient sous AVK, un contrôle de l’INR est recommandé 48 à 72 heures après.
- De nombreux médicaments potentialisent ou inhibent l’effet des AVK : en cas de doute, consulter impérativement les RCP des médicaments utilisés.
💡 Astuce mémo
Antibiotiques + baisse vitamine K = INR monte ; barbituriques = INR baisse ; nouveau médicament → INR à 48–72 h.
📖 10. Relais héparine AVK et carnet de surveillance
🔑 Notions clés & Définitions
- Relais héparine-AVK : Traitement d’une maladie thromboembolique où les AVK sont introduits en relais d’une héparinothérapie initiale pour compenser leur délai d’action.
- INR : Mesure standardisée de l’activité anticoagulante des AVK, utilisée pour vérifier que l’effet est dans la zone thérapeutique.
- Zone thérapeutique AVK : Intervalle d’INR visé selon l’indication, qui conditionne l’ajustement de dose et la poursuite ou l’arrêt de l’héparine.
- Carnet de surveillance AVK : Document remis au patient pour consigner la dose d’AVK et les résultats d’INR afin de sécuriser le suivi.
- Équilibration AVK : Période nécessaire pour atteindre une dose moyenne stable d’AVK, évaluée par des contrôles répétés d’INR.
📝 Points essentiels
- Les AVK sont prescrits rapidement en relais d’une héparinothérapie initiale car leur action est retardée.
- En l’absence de contre-indication, les AVK sont introduits soit en même temps que l’héparine, soit 1 à 3 jours après le début de l’héparinothérapie.
- Le premier contrôle d’INR se fait 48 à 72 heures après l’introduction des AVK pour dépister une hypersensibilité, sans atteindre la cible à ce contrôle.
- Si l’INR est déjà dans la zone thérapeutique au premier contrôle, le risque de surdosage est très élevé et la dose d’AVK doit être diminuée.
- Après modification de dose d’AVK (ajustement de 25 % de la dose journalière), l’INR est recontrôlé 3 jours plus tard.
- L’héparine n’est arrêtée qu’après deux INR consécutifs dans la cible, avec poursuite de l’héparine à dose inchangée jusque-là.
💡 Astuce mémo
48–72 pour le “test” (hypersensibilité) ; 25% puis 3 jours ; cible 2 fois avant d’arrêter l’héparine.
📖 11. Anticoagulants oraux directs : cibles et molécules
🔑 Notions clés & Définitions
- Anticoagulants oraux directs : Les anticoagulants oraux directs sont des inhibiteurs synthétiques, spécifiques et réversibles d’un facteur de la coagulation.
- Dabigatran : Le dabigatran est un AOD qui inhibe le facteur IIa, aussi appelé thrombine.
- Rivaroxaban : Le rivaroxaban est un AOD qui inhibe le facteur Xa.
- Apixaban : L’apixaban est un AOD qui inhibe le facteur Xa.
- Fibrillation atriale non valvulaire : La fibrillation atriale non valvulaire est une indication où certains AOD réduisent le risque d’AVC et d’embolie systémique chez les patients à facteurs de risque.
📝 Points essentiels
- Les AOD sont des inhibiteurs synthétiques, spécifiques et réversibles d’un facteur de la coagulation.
- En France, les AOD commercialisés incluent dabigatran (Pradaxa®), rivaroxaban (Xarelto®) et apixaban (Eliquis®).
- Le dabigatran cible le facteur IIa (thrombine), tandis que rivaroxaban et apixaban ciblent le facteur Xa.
- Les propriétés pharmacocinétiques des AOD expliquent leurs limites d’utilisation et les interactions médicamenteuses possibles.
- Indications veineuses : dabigatran, rivaroxaban et apixaban sont utilisés en prévention primaire des événements thromboemboliques veineux après prothèses totales de hanche ou de genou programmées.
- Indications cardio-vasculaires : dabigatran, rivaroxaban et apixaban sont utilisés pour prévenir l’AVC et l’embolie systémique en cas de fibrillation atriale non valvulaire avec facteurs de risque.
💡 Astuce mémo
IIa = Dabigatran (thrombine) ; Xa = Riva + Api (Xarelto/Eliquis).
📖 12. Surveillance, antidotes et relais AOD AVK
🔑 Notions clés & Définitions
- AOD : Anticoagulants oraux directs dont l’efficacité n’est pas suivie par une surveillance biologique systématique.
- Contre-indications aux AOD : Situations où les AOD sont déconseillés car le risque hémorragique ou les interactions rendent l’usage inadapté.
- Idarucizumab : Antidote spécifique du dabigatran, utilisé en cas d’hémorragie à risque vital ou d’intervention urgente non différable.
- Concentrés de complexe prothrombinique : Traitements à base de facteurs (FII, FVII, FIX, FX) utilisés comme option de neutralisation des AOD anti-Xa en urgence.
- Andexanet alfa : Antidote neutralisant les anticoagulants anti-Xa, dont la disponibilité est annoncée avec une AMM européenne en 2019.
📝 Points essentiels
- Aucune surveillance biologique systématique de l’efficacité des AOD n’est recommandée car leurs effets sur les tests de coagulation sont variables et souvent ininterprétables.
- En cas d’intervention chirurgicale urgente et/ou d’hémorragie, un dosage de la concentration des AOD peut être réalisé avec des tests spécifiques.
- Le dabigatran dispose d’un antidote, l’idarucizumab, à utiliser si l’on ne peut pas retarder une intervention à risque de saignement ou si une hémorragie présente un risque vital.
- Pour les AOD anti-Xa (apixaban, rivaroxaban), des options en urgence incluent les concentrés de complexe prothrombinique (FII, FVII, FIX, FX) ou le Feiba® (facteurs activés).
- Une surveillance régulière de la fonction rénale est nécessaire pour éviter les surdosages : une fois par an si clairance de la créatinine > 60 mL/min, plus souvent voire tous les 3 mois chez le sujet âgé et en cas d’ins
- Comparaison AOD anti-Xa vs dabigatran : dabigatran a un antidote spécifique (idarucizumab) tandis que les anti-Xa utilisent d’abord des stratégies type complexe prothrombinique/Feiba® en attendant un antidote plus ciblé.
💡 Astuce mémo
AOD = Pas de prise de sang “standard” (tests trompeurs) ; Urgence = dosage spécifique + antidote ciblé (dabigatran→idarucizumab, anti-Xa→complexe prothrombinique/Feiba®).
📊 Tableaux de synthèse
Comparaison des héparines (cibles et surveillance)
| Molécule | Cible(s) | Surveillance efficacité |
|---|
| HNF | anti-Xa et anti-IIa | Quotidienne en curatif par héparinémie (anti-Xa, cible 0,3–0,7 UI/mL) ou à défaut TCA (2–3× témoin) |
| HBPM | anti-Xa prédominante | En curatif : pas de surveillance systématique (sauf poids extrême, insuffisance rénale, risque hémorragique/manifestation hémorragique) |
| Fondaparinux | exclusivement anti-Xa | Aucune surveillance de l’action anticoagulante (pas de dosage anti-Xa) |
Surveillance plaquettaire et TIH selon l’héparine
| Contexte | HNF | HBPM |
|---|
| Traitement curatif (thrombose) | Surveillance plaquettaire indispensable : 2×/semaine pendant 14 jours puis 1×/semaine jusqu’à 1 mois si prolongé | Pas indiquée en contexte médical ou grossesse ; requise en cas de traumatisme, chirurgie (notamment orthopédique) et administration préalable d’HNF |
| Dépistage TIH | TIH assez fréquente au-delà du 5e jour (1–3% en chirurgie cardiovasculaire) | TIH plus rare sous HBPM |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre la cible : HNF agit anti-Xa et anti-IIa, alors que HBPM a une activité anti-Xa prédominante et le fondaparinux est exclusivement anti-Xa.
- Croire que le TCA remplace l’héparinémie pour HNF : le cours précise que l’héparinémie est souvent préférée au TCA, notamment en cas de déficit en facteur XII ou d’anticoagulant circulant de type antiprothrombinase.
- Se tromper sur le moment du prélèvement sous HBPM : l’héparinémie est dosée 4 h après la 3e injection (2/j) ou au moins après la 2e injection (1/j), et non “n’importe quand”.
- Penser que la surveillance plaquettaire est inutile sous HBPM : elle n’est pas systématique, mais reste requise en cas de traumatisme, chirurgie (notamment orthopédique) et administration préalable d’HNF.
- Arrêter l’héparine trop tôt lors du relais AVK : l’héparine n’est arrêtée qu’après deux INR consécutifs dans la cible, à dose inchangée jusque-là.
- Confondre l’objectif du premier INR sous AVK : le premier contrôle (48–72 h) sert à dépister une hypersensibilité et ne doit pas atteindre la cible (INR ≥ 2 au premier contrôle = surdosage probable).
- Mélanger les antidotes AOD : idarucizumab pour le dabigatran ; pour les anti-Xa, on utilise d’abord complexe prothrombinique/Feiba® en attendant l’andexanet alfa (AMM annoncée en 2019).
✅ Checklist Examen
- Expliquer le mécanisme des héparines : liaison pentasaccharide–antithrombine, changement de conformation et accélération de l’inactivation des enzymes de coagulation.
- Distinguer HNF, HBPM et fondaparinux : origine/structure (hétérogène vs plus homogène), activité (anti-Xa/anti-IIa vs anti-Xa prédominante vs anti-Xa exclusive) et voie d’administration.
- Sous HNF curatif, préciser la surveillance quotidienne : héparinémie (anti-Xa, cible 0,3–0,7 UI/mL) ou TCA (2–3× témoin) et pourquoi l’héparinémie est souvent préférée.
- Donner les règles de timing sous HNF IV et sous HNF SC : au minimum 4 h après instauration/changement de dose pour l’IV, et à la moitié du temps entre deux injections pour le SC.
- Sous HBPM curatif, lister les situations où une héparinémie est nécessaire (poids extrême, insuffisance rénale, risque hémorragique/manifestation hémorragique) et le moment du prélèvement (4 h après la 3e injection si 2×
- Sous HBPM, préciser la surveillance plaquettaire : quand elle n’est pas indiquée (traitement préventif/curatif en contexte médical ou grossesse) et quand elle reste requise (traumatisme, chirurgie notamment orthopédique,
- Citer les contre-indications communes et spécifiques : hypersensibilité, saignement évolutif, endocardite aiguë, anesthésie péridurale/rachianesthésie ; antécédent TIH et hémorragie intracérébrale ; insuffisance rénale <
- Décrire la prophylaxie en milieu médical : options (HNF/HBPM/fondaparinux), durée recommandée 7–14 jours, et exemple de doses (énoxaparine 4 000 UI/0,4 mL 1/j ; fondaparinux 2,5 mg/j).
- Décrire la prophylaxie en chirurgie selon le risque : risque modéré (HBPM 2 000–3 000 UI anti-Xa/j, début 2 h avant, durée 8–10 j) et risque élevé (HBPM 4 000–5 000 UI/j, exemple énoxaparine 4 000 UI 1/j début 12 h avant
- Expliquer la prise en charge d’une thrombose constituée avec injectables : choix HBPM/fondaparinux préférés à HNF et justification (facilité d’emploi, réduction TIH).
- Pour AVK : donner le mécanisme (blocage cycle vitamine K, facteurs II/VII/IX/X et baisse protéine C/S), les familles (fluindione, acénocoumarol, warfarine) et les délais/demi-vies clés (18–24 h/8 h ; 24–48 h/31 h ; ~36 h
- Calculer et interpréter l’INR : formule INR = (TQ malade/TQ témoin)×ISI, rôle de l’ISI, et rappeler l’objectif de surveillance (INR cible selon indication).
- Décrire le relais héparine–AVK : introduction 1–3 jours après début de l’héparine (ou en même temps si pas de CI), premier INR 48–72 h (ne pas atteindre la cible), ajustement par paliers de 25% et arrêt de l’héparine
- Pour AOD : identifier les molécules et cibles (dabigatran IIa ; rivaroxaban/apixaban Xa), donner les indications du cours (PTH/PTG, FANV, et pour rivaroxaban/apixaban TVP/EP sans état de choc et prévention récidives), et
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