Fiche de révision : Immunostimulation en réanimation

Plan du Cours

  1. Immunodépression de la sepsis
  2. Synapse immunitaire et anergie
  3. Interféron gamma et fonctions immunes
  4. Stratégie d’immunostimulation
  5. Essais cliniques en réanimation
  6. Prévention des infections acquises
  7. GM-CSF après chirurgie
  8. Infections fongiques invasives
  9. Cas COVID immunodéprimés
  10. Nivolumab et mucormycose
  11. Immunomonitorage et sélection des patients

1. Immunodépression de la sepsis

Notions clés & Définitions

  • Immunosuppression de la sepsis : L’immunosuppression de la sepsis est un état où la réponse immunitaire devient insuffisante après l’agression initiale, favorisant les infections.
  • Dyregulation sepsis-inflammation : La dyregulation sepsis-inflammation désigne l’alternance, dans le temps, entre une phase inflammatoire et une phase d’immunosuppression.
  • Monitorage de l’immunité : Le monitorage de l’immunité correspond au suivi biologique de fonctions immunitaires chez le patient pour repérer une immunodépression.
  • Prise en charge personnalisée : La prise en charge personnalisée adapte la stratégie thérapeutique à l’état immunitaire et au profil du patient en réanimation.

Points essentiels

  • La sepsis associe une dyregulation complexe : une période d’inflammation est suivie d’une immunosuppression avec une mortalité d’environ 80% dans les profils immunodéprimés, contre 20% dans l’autre trajectoire.
  • Le monitorage immunitaire sert à guider une prise en charge personnalisée plutôt qu’à appliquer une stratégie identique à tous les patients.
  • L’immunostimulation est présentée comme une voie thérapeutique candidate, évaluée par essais cliniques chez des patients particuliers et complexes.
  • Le contexte de réanimation rend la chronologie et l’ampleur de l’immunodépression variables d’un patient à l’autre, ce qui motive un ciblage individuel.

Astuce mémo

Chrono sepsis : Inflammation puis Frein immunitaire (immunosuppression) → infections.

2. Synapse immunitaire et anergie

Notions clés & Définitions

  • Synapse immunitaire : La synapse immunitaire correspond au contact fonctionnel entre une cellule présentatrice d’antigène et un lymphocyte, qui conditionne l’activation via des signaux co-stimulateurs et inhibiteurs.
  • Anergie lymphoïde : L’anergie lymphoïde est un état de non-réponse des lymphocytes où la stimulation n’aboutit plus à une activation efficace malgré la présence d’antigène.
  • Voie PD-1 / PD-L1 : La voie PD-1 / PD-L1 est un axe inhibiteur qui freine l’activation des lymphocytes et participe au maintien de la dysfonction immunitaire en contexte d’inflammation systémique.
  • Voie CD28 / IL-7R : Les signaux via CD28 et le récepteur IL-7 soutiennent la capacité des lymphocytes à proliférer et à répondre, contrebalançant les signaux inhibiteurs.
  • Inhibition de CPA : L’inhibition des cellules présentatrices d’antigène correspond à une baisse de leur capacité à activer les lymphocytes, illustrée par des changements de marqueurs comme HLA-DR et l’expression de PDL1.

Points essentiels

  • L’anergie est associée à un défaut de signaux d’activation au niveau de la synapse immunitaire, avec diminution des co-signaux comme CD28 et IL-7R.
  • Des récepteurs inhibiteurs tels que PD-1 et CTLA4 contribuent à l’activation insuffisante des lymphocytes dans ce contexte.
  • L’inhibition des cellules présentatrices d’antigène se traduit par des modifications de leur phénotype fonctionnel, dont HLA-DR et PDL1.
  • Une défaillance d’activation liée à ces circuits fait partie du tableau d’immunodépression observé dans les réponses inflammatoires systémiques.

Astuce mémo

Frein = PD-1/CTLA4 (PD-L1) ; accélérateur = CD28/IL-7R ; si le frein domine, les T entrent en anergie.

3. Interféron gamma et fonctions immunes

Notions clés & Définitions

  • Interféron gamma-1b : Marqueur d’immunostimulation par l’activation de défenses de l’hôte, étudié en réanimation pour limiter les infections respiratoires acquises à l’hôpital.
  • HLA-DR : Molécule de présentation antigénique utilisée comme indicateur de “réactivation” des cellules immunes après administration d’interféron gamma.
  • CCL17 : Chimiokine impliquée dans la réponse à l’interféron gamma, observée comme diminuée chez certains patients qui développent une pneumonie acquise à l’hôpital.
  • infections fongiques invasives : Infections sévères à Candida et/ou Aspergillus qui restent associées à une mortalité élevée malgré les antifongiques, motivant un traitement immuno-modulateur.

Points essentiels

  • Dans le cas rapporté, l’interféron gamma recombinant à 100 μg s.c. trois fois par semaine pendant 2 semaines augmente l’expression de HLA-DR quand elle est initialement < 50% chez des patients avec Candida et/ou Aspergillus invasifs.
  • Dans la même série, l’interféron gamma recombinant améliore la capacité des leucocytes des patients traités à produire des cytokines pro-inflammatoires liées à la défense antifongique.
  • Dans l’essai en ventilation mécanique, l’interféron gamma-1b est administré à 100 μg toutes les 48 h du jour 1 au jour 9.
  • L’essai IFN-γ-1b pour prévenir la pneumonie acquise à l’hôpital est interrompu après la deuxième analyse de sécurité pour risque potentiel avec l’interféron gamma-1b.
  • À 28 jours, 47,3% des patients sous interféron gamma-1b (26/55) contre 30,2% sous placebo (16/53) ont eu pneumonie acquise à l’hôpital ou décès, avec un HR ajusté à 1,76 (IC95% 0,94–3,29) et une valeur P=0,08.
  • Dans l’analyse exploratoire, la pneumonie acquise à l’hôpital survient dans un sous-groupe avec réponse CCL17 diminuée sous traitement par interféron gamma.

Astuce mémo

IFN-γ “réveille” HLA-DR (si bas) et la réponse CCL17 : moins de CCL17 → plus de pneumonie acquise à l’hôpital.

4. Stratégie d’immunostimulation

Notions clés & Définitions

  • Immunostimulatory therapy : Approche thérapeutique qui augmente la réponse de l’hôte afin de compenser une immunodépression, en complément des traitements standards.
  • Interféron gamma recombinant : Médiateur immunitaire administré sous forme recombinante pour renforcer les mécanismes de défense de l’hôte contre l’infection invasive.
  • Restauration partielle de la fonction immunitaire : Réactivation incomplète mais observable de la capacité immunitaire, objectivée par des marqueurs cellulaires et la production de cytokines pro-inflammatoires.
  • Expression de HLA-DR : Marqueur d’activation immunitaire sur les cellules, utilisé comme signal de déconditionnement ou de remise en état fonctionnel.

Points essentiels

  • Dans une série prospective en ouvert de 8 patients, l’interféron gamma recombinant a été ajouté 2 semaines à la thérapie antifongique standard, avec 100 μg par voie sous-cutanée, 3 fois par semaine.
  • Chez les patients ayant une expression de HLA-DR de base < 50%, le traitement par interféron gamma a augmenté HLA-DR, indiquant une remise en fonction immunitaire partielle.
  • Le traitement a aussi amélioré la capacité des leucocytes des patients à produire des cytokines pro-inflammatoires impliquées dans la défense antifongique.
  • La logique de la stratégie repose sur l’idée que la mortalité élevée des infections fongiques invasives est aggravée par un système immunitaire compromis, justifiant une immunothérapie adjuvante.
  • Les auteurs concluent que l’immunothérapie adjuvante par interféron gamma peut restaurer la fonction immunitaire dans la sepsis fongique, mais nécessite des études cliniques futures pour évaluer le bénéfice clinique.

Astuce mémo

HLA-DR bas (<50%) → rIFN-γ (100 μg s.c., 3×/sem, 2 semaines) → HLA-DR ↑ et cytokines pro-inflammatoires ↑.

5. Essais cliniques en réanimation

Notions clés & Définitions

  • CYT107 IL-7 : CYT107 est une forme de l’interleukine-7 recombinante humaine utilisée pour restaurer les lymphocytes chez les patients en sepsis.
  • CYT107 intraveineux : L’administration intraveineuse de CYT107 est évaluée pour corriger la lymphopénie du choc septique, avec un suivi jusqu’à 90 jours.
  • Essai GRID GM-CSF : L’essai GRID teste le GM-CSF (sargramostim) chez des patients septiques avec immunosuppression objectivée par mHLA-DR bas.

Points essentiels

  • Dans l’essai CYT107 en choc septique, 10 μg/kg IV a été comparé à un placebo en double aveugle avec randomisation 3:1 jusqu’à 90 jours, mais l’étude a été arrêtée tôt après des effets indésirables (fièvre et détresse respiratoire à 5–8 h) chez 3/15 patients.
  • Le CYT107 intraveineux augmente de 2 à 3 fois les lymphocytes absolus, y compris CD4+ et CD8+, par rapport au placebo (tous p<0,05) et maintient l’effet durant le suivi.
  • Aucun signal de tempête cytokinique ni formation d’anticorps anti-CYT107 n’a été observé dans l’essai CYT107 intraveineux.
  • Dans GRID (2015–2018), le GM-CSF 125 μg/m2 pendant 5 jours (vs placebo) a été donné à 98 patients (54 vs 44) avec mHLA-DR ω<8000 ABC à J3, et l’étude a été arrêtée prématurément pour recrutement insuffisant.
  • Dans GRID, l’issue primaire (au moins 1 infection acquise en réanimation à J28 ou à la sortie) n’a pas différé entre groupes (11% vs 11%, p=1.000).

Astuce mémo

IL-7 (CYT107) : 2–3× lymphocytes, effet maintenu, mais IV → arrêt précoce sur fièvre/détresse à 5–8 h.

6. Prévention des infections acquises

Notions clés & Définitions

  • Infections acquises en réanimation : Les infections acquises en réanimation désignent des infections survenant pendant le séjour en soins intensifs, utilisées ici comme critère d’évaluation de stratégies visant à réduire la susceptibilité infectieuse.
  • mHLA-DR monocytaires : Les mHLA-DR monocytaires correspondent à l’expression de HLA-DR sur les monocytes, dont la diminution reflète une réponse immunitaire affaiblie associée au risque d’infections en réanimation.
  • Susceptibilité aux surinfections : La susceptibilité aux surinfections décrit la tendance d’un patient à développer des infections bactériennes secondaires, liée dans le texte à une immunodépression avec monocytes moins activés.
  • Préférence pour l’immunité de l’hôte : La stratégie centrée sur l’immunité de l’hôte propose que, plutôt que multiplier les antibiotiques, on développe des approches qui restaurent la capacité de défense du patient contre les infections.

Points essentiels

  • Dans l’essai double aveugle en patients chirurgicaux immunosupprimés, des infections sont survenues chez 11 patients (placebo), 9 (vaccination) et 8 (GM-CSF), sans différence entre groupes.
  • Dans le même essai, l’absence d’écart entre groupes s’accompagne d’une absence de différence sur le type d’infection le plus fréquent, avec pneumonie en tête (n=18) puis sepsis (n=6) et infections de plaie (n=5).
  • Dans l’essai GRID (GM-CSF 125 μg/m2 5 jours), le taux d’infections acquises en réanimation à J28 ou à la sortie est identique entre GM-CSF et placebo (11% vs 11%, p=1.000).
  • Dans les formes de VAP chez patients COVID nécessitant ventilation prolongée, l’hypothèse relie des mHLA-DR diminuées à la survenue de surinfections et justifie des essais visant à restaurer l’activation monocytaire par IFN-γ.

Astuce mémo

mHLA-DR bas = monocytes moins « alertes » → plus de risque d’infections en réanimation.

7. GM-CSF après chirurgie

Notions clés & Définitions

  • GM-CSF : Cytokine utilisée pour stimuler les fonctions immunitaires, notamment pour soutenir l’activation et la production de cellules comme les neutrophiles.
  • GRID randomized trial : Essai clinique randomisé en double aveugle évaluant si le GM-CSF réduit les infections acquises en réanimation chez des patients en immunosuppression liée à la sepsis.
  • Sepsis-induced immunosuppression : État d’immunosuppression chez des patients de réanimation avec sepsis, défini dans l’essai par un critère de mHLA-DR au jour 3.

Points essentiels

  • Le traitement GM-CSF (125 μg/m2) administré 5 jours après l’inclusion n’a pas réduit les infections acquises en réanimation (11% vs 11%, p=1.000).
  • L’essai GRID a été arrêté prématurément pour manque d’inclusion, avec 98 patients (54 intervention, 44 placebo).
  • Le délai médian jusqu’à la première infection était de 5 jours [1–9] sous placebo et de 14 jours [4–38] sous GM-CSF (p=0.144).
  • Aucune différence significative n’a été observée sur la mortalité à 28 jours (24% vs 27%, p=0.900) ni sur le nombre ou la localisation des infections.
  • Les groupes étaient comparables, avec uniquement un BMI plus élevé et un score de McCabe plus élevé dans le groupe GM-CSF.

Astuce mémo

Résultat clé : GM-CSF et placebo donnent exactement 11% d’infections en réa (p=1.000).

8. Infections fongiques invasives

Notions clés & Définitions

  • Mucormycose invasive : Infection fongique invasive à la fois confirmée microbiologiquement et suivie par des cultures et PCR dans les épisodes décrits.
  • Candida spp faible virulence : Pathogènes fongiques classés comme faiblement virulents, cités comme candidats à une immunothérapie chez certains patients.
  • Interféron gamma immunostimulation : Immunothérapie visant à restaurer des fonctions immunitaires, utilisée avec suivi par paramètres comme l’activation monocytaire et la charge virale/fongique.
  • PD-1 lymphocytaire : Marqueur d’inhibition des lymphocytes utilisé dans la décision thérapeutique en associant un blocage PD-1 à l’interféron gamma.
  • Nivolumab anti-PD-1 : Anticorps monoclonal anti-PD-1 employé en complément de l’interféron gamma quand l’expression de PD-1 reste élevée.

Points essentiels

  • Dans un cas de mucormycose invasive mixte, l’augmentation de mHLA-DR sous IFN-γ (100 mcg/j) s’accompagnait d’une persistance de cultures tissulaires et de PCR fongiques.
  • Après une dose de nivolumab 280 mg (jour 27) avec IFN-γ supplémentaire, l’expression de PD-1 devenait négative le lendemain et restait négative pendant 32 jours.
  • Dans ce même cas, les cultures tissulaires devenaient négatives pour les champignons au jour 28 et la PCR au jour 34, avec amélioration clinique rapide.
  • Dans une série de 7 transplantations rénale, des IFI disséminées prouvées (microbiologie + histologie) répondaient à une combinaison antifongique pendant 6 semaines et à une immunothérapie par IFN-γ, avec absence de toxicité clinique et aucune rechute lors du suivi à long terme.

Astuce mémo

Mucor persiste tant que PD-1 est élevé : IFN-γ relève les monocytes, nivolumab “déverrouille” les T, puis cultures/PCR deviennent négatives.

9. Cas COVID immunodéprimés

Notions clés & Définitions

  • Immunodéficience cellulaire : Condition où les défenses à médiation cellulaire sont altérées, favorisant une incapacité à contrôler efficacement l’infection.
  • Charge virale SARS-CoV-2 persistante : Niveau de virus restant élevé au cours du temps, malgré la prise en charge, et associé ici à l’évolution critique.
  • IFN-gamma en dernier recours : Immunothérapie par interféron gamma utilisée lorsque l’état est critique et que le contrôle de la maladie reste insuffisant.
  • Clairance virale : Phase où la réplication virale cesse et le virus devient non détectable après le traitement.
  • Absence d’hyperinflammation : Observation clinique selon laquelle les patients ne présentent pas de signes compatibles avec une hyperactivation inflammatoire.

Points essentiels

  • Cinq patients COVID-19 sévèrement immunodéprimés avec immunité cellulaire altérée et charges virales SARS-CoV-2 persistamment élevées ont reçu de l’IFN-gamma en dernier recours.
  • Chez les cinq patients, l’IFN-gamma a été suivie d’une clairance virale.
  • Chez quatre patients sur cinq, l’amélioration clinique a permis un rétablissement.
  • Aucun signe d’hyperinflammation n’a été observé pendant l’évolution sous traitement.

Astuce mémo

IFN-γ en dernier recours = virus qui disparaît (5/5) et clinique qui s’améliore (4/5) sans tempête inflammatoire.

10. Nivolumab et mucormycose

Notions clés & Définitions

  • Nivolumab : Anticorps anti-PD-1 utilisé comme inhibiteur de point de contrôle immunitaire pour restaurer une réponse T contre des agents infectieux invasifs.
  • Lichtheimia ramosa : Espèce de Mucorales identifiée dans les prélèvements et impliquée dans les tableaux de mucormycose rapportés dans la section.
  • Coinfection aspergillose mucormycose : Association simultanée d’une aspergillose et d’une mucormycose chez un même patient, augmentant la gravité clinique et la difficulté thérapeutique.
  • Expression PD-1 : Mesure de la présence de PD-1 sur les cellules T, utilisée ici comme marqueur immunologique modulé pendant le traitement.

Points essentiels

  • Dans l’observation rapportée, le nivolumab (240 mg IV) a été utilisé comme traitement de rattrapage avec l’IFN-γ pour une coinfection aspergillose–mucormycose chez une patiente immunosupprimée d’hémopathie.
  • Le traitement a combiné aussi L-AmB (10 mg/kg) et isavuconazole (200 mg/j), avec IFN-γ 100 mcg trois fois par semaine pendant 10 doses avant arrêt pour fièvre récidivante.
  • Le CT du jour 16 après initiation a montré une rémission partielle avec régression de l’invasion de la mucormycose au niveau des sinus sphénoïdal et maxillaire.
  • Après l’initiation du traitement, l’expression de PD-1 et de PD-L1 a diminué de façon substantielle, parallèlement à l’amélioration des paramètres inflammatoires.
  • Sur les prélèvements immunohistochimiques, des hyphes de mucormycose étaient entourées de cellules positives PD-1 et PD-L1, soutenant une interaction du microenvironnement tumoral/infectieux avec l’axe PD-1/PD-L1.

11. Immunomonitorage et sélection des patients

Notions clés & Définitions

  • Immunomonitorage : L’immunomonitorage correspond à la surveillance biologique de l’état immunitaire d’un patient pour orienter le diagnostic et les décisions thérapeutiques.
  • Immunodépression de la sepsis : L’immunodépression de la sepsis désigne un état où le système immunitaire devient moins fonctionnel, favorisant la persistance des infections.
  • Facteurs de risque d’infection : Les facteurs de risque d’infection regroupent les éléments cliniques et biologiques qui annoncent ou confirment un risque infectieux chez un patient de réanimation.
  • Sélection des patients : La sélection des patients est la stratégie consistant à choisir les malades les plus susceptibles de bénéficier d’un traitement immunomodulateur à partir des évaluations répétées.

Points essentiels

  • L’immunomonitorage sert à diagnostiquer une immunodépression chez les patients de sepsis ou en réanimation.
  • Des évaluations répétées des facteurs de risque d’infection associées à l’immunomonitorage guident la sélection des patients à traiter.
  • Plusieurs thérapies candidates sont décrites avec un profil de sécurité jugé favorable dans le cadre proposé.
  • Le niveau de preuve est faible concernant les objectifs cliniques ciblés par ces approches.
  • Des essais cliniques supplémentaires sont attendus pour préciser l’efficacité et les objectifs.

Astuce mémo

Immuno-monitorage = repérer ID (infections persistantes, marqueurs d’immunodépression) avant d’essayer une immunostimulation.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1997Étude de Döcke et al. : IFN-γ chez 9 patients septiques (mHLA-DR mono <30%) avec amélioration immunitaire (8 guéris, 1 décès)
2015–2018Période du trial GRID GM-CSF (inclusion randomisée, arrêt prématuré pour recrutement insuffisant)
June 2022Fin du suivi après arrêt du trial IFN-γ-1b (données de suivi complétées en juin 2022)
2023Publication/compilation des résultats et essais (p.ex. IFN-γ-1b prévention VAP et autres études/observations de réanimation)

Tableaux de synthèse

Séquences sepsis-inflammation (trajectoires de l’immunité)

PhaseCaractéristiqueMortalité (ordre de grandeur)
InflammationRéponse inflammatoire systémique≈ 20% dans la trajectoire non immunodéprimée
ImmunosuppressionDyregulation avec immunodépression favorisant les infections≈ 80% dans les profils immunodéprimés

IFN-γ-1b (HAP ou décès à 28 jours)

GroupeÉvénements à 28 joursRésultat statistique
Interféron gamma-1b47,3% (26/55)HR ajusté 1,76 (IC95% 0,94–3,29), P=0,08
Placebo30,2% (16/53)Essai arrêté après analyses de sécurité (risque potentiel)

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre HLA-DR (marqueur d’activation global sur cellules) et mHLA-DR (expression sur monocytes, utilisée pour définir la sepsis-induced immunosuppression).
  2. Sauter la chronologie de la dyregulation : la phase inflammatoire initiale peut être suivie d’une immunosuppression (et donc d’infections).
  3. Mélanger interféron gamma-1b (prévention HAP en ventilation) et interféron gamma recombinant adjuvant (ciblage de patients complexes/fongiques) : les schémas et conclusions ne sont pas interchangeables.
  4. Croire que PD-1/PD-L1 est uniquement un frein “T” : le cours relie aussi l’axe PD-1/PD-L1 à la dysfonction en immunodépression et à des choix combinatoires (IFN-γ + anti-PD-1).
  5. Interpréter une P-value non significative (p.ex. P=0,08) comme une absence d’alerte : l’essai IFN-γ-1b a été arrêté pour risque potentiel malgré des résultats exploratoires.
  6. Oublier que IL-7 (CYT107) dépend du mode d’administration : l’essai IV a été stoppé après fièvre/détresse respiratoire 5–8 h post-dose, malgré une hausse 2–3× des lymphocytes.
  7. Penser que GM-CSF “doit” réduire les infections en GRID : dans le cours, le taux d’infections acquises en réanimation à J28/sortie est identique (11% vs 11%, p=1.000).

Checklist Examen

  1. Définir immunostimulation et expliquer pourquoi la dyregulation sepsis-inflammation justifie une prise en charge personnalisée.
  2. Décrire la synapse immunitaire (CPA–lymphocyte) et relier l’anergie aux signaux co-stimulateurs (CD28, IL-7R) vs inhibiteurs (PD-1/CTLA4, PD-L1).
  3. Expliquer le rôle de l’interféron gamma dans la remise en fonction immunitaire via HLA-DR (et citer l’utilisation de HLA-DR comme indicateur).
  4. Donner la logique de sélection basée sur immunomonitorage (notamment HLA-DR/mHLA-DR) pour proposer une immunostimulation chez les patients les plus immunodéprimés.
  5. Rappeler le schéma du trial IFN-γ-1b en ventilation mécanique (100 μg toutes les 48 h du J1 au J9) et l’arrêt pour risque potentiel après analyses de sécurité.
  6. Donner les résultats clés à 28 jours du trial IFN-γ-1b (47,3% vs 30,2% ; HR ajusté 1,76 ; P=0,08) et l’analyse exploratoire liée à CCL17 diminuée.
  7. Présenter l’essai CYT107/IL-7 en choc septique : comparaison placebo, augmentation 2–3× des lymphocytes et arrêt précoce pour fièvre/détresse respiratoire 5–8 h.
  8. Décrire GRID : définition d’inclusion par mHLA-DR bas à J3, GM-CSF 125 μg/m2 pendant 5 jours, et résultat d’infections acquises à J28/sortie (11% vs 11%, p=1.000).
  9. Relier mHLA-DR bas et susceptibilité aux surinfections/infections acquises en réanimation (raison physiopathologique : monocytes moins activés).
  10. Expliquer les mécanismes de combinaison en fongique/infections invasives (IFN-γ pour activer monocytes et anti-PD-1/nivolumab pour lever l’inhibition T dans les observations décrites).
  11. Décrire les conclusions tirées des observations : IFN-γ en dernier recours dans le COVID immunodéprimé (clairance virale 5/5, amélioration 4/5) et la stratégie IFN-γ + nivolumab dans la coinfection aspergillose–mucormycose (PD-1 négatif puis cultures/PCR négatives).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Immunostimulation en réanimation avec 22 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel enchaînement décrit le mieux l’immunodépression de la sepsis ?

2. À quoi sert principalement le monitorage de l’immunité chez un patient de réanimation ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Immunostimulation en réanimation avec 22 flashcards interactives.

Immunodépression de la sepsis — définition ?

Réduction de la réponse immunitaire après l'agression initiale.

Dyregulation sepsis-inflammation — rôle ?

Alternance entre inflammation excessive et immunosuppression.

Monitorage immunitaire — objectif ?

Suivi biologique pour adapter la prise en charge.

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