Fiche de révision : Intoxications végétales chez l'animal

Plan du Cours

  1. Diagnostic des intoxications végétales
  2. Plantes toxiques du top 10
  3. If à baie et cytise
  4. Laurier rose et digitale pourpre
  5. Daturas et morelle noire
  6. Verâtre, colchique et ombellifères toxiques
  7. Plantes toxiques du cheval
  8. Séneçons hépatotoxiques
  9. Robinier, érable sycomore et myosite atypique

1. Diagnostic des intoxications végétales

Notions clés & Définitions

  • Intoxication végétale : Envenimation par ingestion d’un végétal toxique, surtout avec des symptômes digestifs car l’entrée est digestive.
  • Enquête de terrain : Démarche centrée sur la visite des pâtures et l’examen visuel des fourrages et concentrés pour repérer l’exposition.
  • TC FC FR : Ensemble des constantes cliniques à recueillir pour documenter l’état général lors du diagnostic.
  • Prélèvements digestifs : Recueil de contenus digestifs ou de fèces destiné à documenter l’intoxication, y compris via une analyse micrographique.
  • Diagnostic micrographique ENVT : Analyse micrographique réalisée avec les commémoratifs pour aider à relier des éléments des fèces aux végétaux ingérés.

Points essentiels

  • Le diagnostic est difficile car les symptômes sont peu spécifiques et de nombreux végétaux peuvent être méconnus.
  • L’enquête de terrain cible habitat et périodes de toxicité via la visite des pâtures et l’analyse visuelle des aliments.
  • Les informations clés incluent plante (habitat, période, persistance), intoxication (latence, durée, TC FC FR) et éléments cliniques remarquables.
  • La prise de prélèvements des contenus digestifs ou des fèces sert au diagnostic, notamment par analyse micrographique ENVT en lien avec les commémoratifs.

Astuce mémo

Diagnostic = Terrain + Plante (où/quand) + Chrono (latence/durée) + Constantes (TC FC FR) + Preuves (fèces).

2. Plantes toxiques du top 10

Notions clés & Définitions

  • If à baie : Plante du top 10, surtout responsable d’intoxications par résidus de taille et caractérisée par une toxicité très rapide chez de nombreuses espèces.
  • Cytise : Plante du top 10 dont la toxicité est liée à des alcaloïdes à action bulbaire et à des effets nerveux et digestifs.
  • Laurier rose : Plante du top 10 à hétérosides digitaliques, avec atteinte cardiaque dominante puis troubles digestifs et nerveux.
  • Digitale pourpre : Plante du top 10 à hétérosides cardiotoxiques, rare mais à action cardiaque avec bradycardie puis troubles du rythme.
  • Grande ciguë : Plante du top 10 à action curarisante, surtout avec une évolution suraiguë et une paralysie ascendante pouvant tuer par cyanose.

Points essentiels

  • Le top 10 regroupe des plantes à de faibles doses, entraînant le plus souvent une intoxication aiguë ou suraiguë.
  • La liste du top 10 inclut If à baie, Cytise, Laurier rose, Digitale pourpre, Datura, Morelle noire, Verâtre, Colchique, Œnanthe, Grande ciguë.
  • Le texte souligne que ces intoxications concernent généralement toutes les espèces et sont souvent mortelles par rapidité d’évolution et manque de traitement efficace.

Astuce mémo

If Cytise Laurier Digitale Datura Morelle Verâtre Colchique Œnanthe Grande ciguë = l’ordre du top 10.

3. If à baie et cytise

Notions clés & Définitions

  • Taxus baccata : Espèce à l’origine de l’if à baie, appartenant aux Taxacées, dont la toxicité vient notamment des taxines et taxoïdes diterpéniques.
  • Taxine : Alcaloïde de l’if à baie dont l’action est décrite comme bulbaire à expression nerveuse convulsivante.
  • Cytisine : Alcaloïde de cytise à action bulbaire, associée à une action nerveuse convulsivante et à des troubles digestifs.
  • Laburnum anagyroïdes : Espèce de la famille des Légumineuses responsable du cytise, avec risques liés à la contamination des fourrages et à l’attache.

Points essentiels

  • If à baie : tout est toxique sauf l’arille, et les intoxications surviennent souvent après consommation de résidus de taille.
  • If à baie : action nerveuse convulsivante dominante avec bradycardie, avec des formes souvent suraiguës.
  • If à baie : dose mentionnée 0,5 à 1 g/100 kg pour Taxus baccata L.
  • Cytise : action bulbaire avec convulsions dominantes et vomissements/irritation buccale/coliques, et intoxication le plus souvent aiguë.
  • Cytise : dose mentionnée 0,5 à 1 g/100 kg pour Laburnum anagyroïdes Med.

Astuce mémo

If : arille épargnée + convulsions + bradycardie ; Cytise : convulsions + vomir/irriter + coliques.

4. Laurier rose et digitale pourpre

Notions clés & Définitions

  • Nerium oleander : Espèce responsable du laurier rose, plante des Apocynacées dont la toxicité provient d’hétérosides digitaliques.
  • Oléandrine : Hétéroside digitalique du laurier rose contribuant à l’atteinte cardiaque et aux troubles du rythme décrits.
  • Digitalis purpurea : Espèce responsable de la digitale pourpre, plante des Scrofulariacées à toxicité cardiotoxique.

Points essentiels

  • Laurier rose : l’exposition peut se faire via eau, feuilles sèches ou gelées, avec action cardiaque dominante suivie de bradycardie puis blocs auriculo-ventriculaires et fibrillation.
  • Laurier rose : digestif par vomissements et arrêt du transit, et nerveux par convulsions puis prostration, avec formes aiguës voire suraiguës.
  • Laurier rose : doses mentionnées Cn = 3 g, Ct = 2 g, Cv = 15 à 30 g, et Canari = 120 mg de feuilles.
  • Traitement du laurier rose : atropine, lidocaïne, charbon et lutte contre l’hyperkaliémie.
  • Digitale pourpre : bradycardie puis blocs auriculo-ventriculaires et fibrillations, avec vomissements et somnolence, et traitement par atropine, charbon et phénytoïne.

Astuce mémo

Laurier rose = cœur d’abord (bradycardie→blocs→fibrillation) ; Digitale = cœur d’abord aussi, puis somnolence.

5. Daturas et morelle noire

Notions clés & Définitions

  • Datura stramonium : Espèce à l’origine des daturas fréquentes, décrite comme datura stramoine ou pomme épineuse, appartenant aux Solanacées.
  • Atropine : Antimuscarinique mentionné comme base du traitement/approche thérapeutique dans les intoxications à datura via physostigmine et autres options citées.
  • Morelle noire : Plante du top 10 décrite comme tue-chien, associée à des effets nerveux et digestifs et à une hémolyse possibles.
  • Solanum nigrum : Espèce responsable de la morelle noire, plante des Solanacées avec solanine et parfois des nitrates.

Points essentiels

  • Daturas : intoxication fréquente par contamination de maïs, grains ou ensilage, avec tableau atropinique (mydriase, hyperthermie, arrêt du transit, tachycardie).
  • Daturas : dose mentionnée 0,5 à 1 g/100 kg, et l’évolution est décrite comme aiguë le plus souvent.
  • Daturas : traitement mentionné par vidange d’estomac + physostigmine IV, avec autres possibilités citées (ésérine, pilocarpine).
  • Morelle noire : friches et ensilage de maïs, avec effets nerveux et digestifs (somnolence, soif, coliques, vomissements) et hémolyse possible.
  • Morelle noire : intoxication aiguë le plus souvent et sous-diagnostiquée/peu connue, avec solanine et parfois nitrates.

Astuce mémo

Datura = syndrome atropinique “chaud et sec” + tachycardie ; Morelle noire = somnolence + soif/coliques + hémolyse possible.

6. Verâtre, colchique et ombellifères toxiques

Notions clés & Définitions

  • Veratrum album : Espèce responsable du verâtre blanc, plante décrite comme rare et de montagne, avec des alcaloïdes dépresseurs cardio-respiratoires et hypotenseurs.
  • Colchicum autumnale : Espèce responsable du colchique, plante à toxicité antimitotique liée à la colchicine.
  • Colchicine : Alcaloïde antimitotique mentionné comme composant du colchique, responsable d’un tableau à latence puis digestive et neurologique.
  • Oenanthe crocata : Espèce d’ombellifères (Apiacées) responsable de l’œnanthe safranée ou navet du diable, avec syndrome vagal suraigu.
  • Conium maculatum : Espèce d’ombellifères responsable de la grande ciguë, plante à alcaloïdes curarisants et disparition à la dessiccation.

Points essentiels

  • Verâtre blanc : évolution suraiguë possible en 1/2 heure, avec arythmie, pouls faible, ralentissement et irrégularité, puis vomissements/coliques/diarrhée et signes neurologiques jusqu’au décubitus et mort.
  • Verâtre blanc : dose mentionnée 1 à 2 g de racines fraîches/kg de PV, et il est précisé que les feuilles sèches sont beaucoup moins toxiques.
  • Verâtre blanc : traitement mentionné par atropine.
  • Colchique : latence 2 à 48 h puis ptyalisme, coliques, diarrhées blanchâtres avec épreintes, et déshydratation rapide avec évolution vers paralysie sensitive et motrice.
  • Œnanthe safranée et grande ciguë : l’œnanthe donne des “vacillements→chute→mort” en quelques minutes (syndrome vagal), et la grande ciguë donne une salivation puis paralysie ascendante avec mort par cyanose.

Astuce mémo

Verâtre = très rapide “cardio-respiratoire” ; Colchique = latence 2–48 h ; Œnanthe = vagal “chute minute” ; Grande ciguë = curare “paralysie ascendante”.

7. Plantes toxiques du cheval

Notions clés & Définitions

  • Sénéçons hépatotoxiques : Groupe de plantes responsables d’intoxications chroniques chez le cheval, avec atteinte hépatique décalée et parfois signes terminaux nerveux.
  • Porcelle enracinée : Plante mentionnée comme toxique pour le cheval dans la liste spécifique des plantes importantes.
  • Robinier faux acacia : Arbre mentionné comme toxique pour le cheval, avec une toxicité portée par l’écorce et les jeunes plants.
  • Érable sycomore : Arbre mentionné comme toxique pour le cheval, impliqué dans la myosite atypique via un métabolite cité.
  • Myosite atypique : Myopathie décrite chez le cheval au pré, associée à une activité prolongée et à des marqueurs biologiques et métaboliques mentionnés.

Points essentiels

  • Pour le cheval, les plantes citées comme importantes incluent sénéçons hépatotoxiques, la porcelle enracinée, le robinier faux acacia et l’érable sycomore.
  • Les plantes qui “positivent” au contrôle antidopage sont reliées à l’usage/effet de molécules citées comme atropine et morphine.
  • Myosite atypique : chez les chevaux au pré plus de 6 h/jour, évolution en myosite aiguë avec myoglobinurie et mortalité décrite dans le texte.

Astuce mémo

Cheval : foie (sénéçons) + lésions d’arbre (robinier/érable) + myosite atypique après >6 h au pré.

8. Séneçons hépatotoxiques

Notions clés & Définitions

  • Senecio jacobea : Séneçon de Jacob, Asteraceae, dont les alcaloïdes sont responsables d’une intoxication chronique avec expression décalée.
  • Senecio inaequidens : Séneçon du cap, Asteraceae, impliqué dans l’intoxication chronique hépatotoxique décrite pour les sénéçons.
  • Senecio vulgaris : Séneçon commun, Asteraceae, utilisé dans le texte pour illustrer le groupe hépatotoxique à base d’alcaloïdes.
  • Sénécionine : Alcaloïde nommé parmi ceux responsables de l’action hépatotoxique des sénéçons chez le cheval.
  • Retrorsine : Alcaloïde cité parmi les composés des sénéçons, associés à l’intoxication chronique.

Points essentiels

  • Les sénéçons provoquent une intoxication chronique avec une expression décalée, avec toute la plante (jeune et sèche) et le foin/ensilage.
  • Un repère de risque donné : 300 g/j pendant 50 jours entraîne une issue mortelle dans le texte.
  • Forme aiguë rare : anorexie, gastroentérite, hypothermie, ictère, hémoglobinurie et hyperexcitabilité, puis décès en 4 à 6 jours.
  • Chez le cheval, l’évolution est surtout chronique ou subaiguë avec signes imprécis digestifs/ictère/amaigrissement puis symptômes nerveux terminaux.
  • Lésions : nécrose et hémorragies hépatiques en aigu, et dégénérescence hépatique avec nécrose centrolobulaire, prolifération des canaux biliaires, fibrose et cirrhose hypertrophique en chronique.

Astuce mémo

Sénéçons = “foie en retard” : chronique puis démence terminale, lésions centrolobulaires + fibrose + cirrhose hypertrophique.

9. Robinier, érable sycomore et myosite atypique

Notions clés & Définitions

  • Robinia pseudoacacia : Robinier faux acacia, Fabaceae, dont l’écorce et les jeunes plants sont toxiques et dont la toxicité est attribuée à une lectine citée.
  • Robine : Lectine mentionnée comme composant toxique du robinier faux acacia.
  • Acer pseudoplatanus : Érable sycomore (Aceraceae) mentionné dans la liste des risques chez le cheval.
  • Hypoglycine A : Molécule associée à un métabolite cité dans la myosite atypique et contenue dans les graines et plantules d’érables américains.
  • Acylcarnitine : Marqueur sanguin mentionné comme augmentant dans les dosages lors de la myosite atypique.

Points essentiels

  • Robinier faux acacia : écorce et jeunes plants toxiques, avec lectine robine.
  • Érable sycomore : l’érable est cité comme toxique pour le cheval, et le texte associe la myosite atypique à un métabolite issu d’érables américains plutôt qu’à l’érable sycomore seul.
  • Myosite atypique : concerne les chevaux au pré après plus de 6 h/j au pré avec myosite aiguë, myoglobinurie, muqueuses foncées et cheval qui se couche, et la mort est décrite dans 75% des cas.
  • Myosite atypique : augmentation rapportée de LDH et CPK et du dosage d’acylcarnitine dans le sang.
  • Myosite atypique : métabolite mentionné MCPA-CoA lié à l’hypoglycine A des érables américains présents dans les graines (automne) et plantules (printemps).

Astuce mémo

Myosite atypique = “>6 h/j au pré” + myoglobinurie + acylcarnitine ↑ ; origine citée = hypoglycine A → MCPA-CoA.

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre les sénéçons avec une intoxication aiguë classique : le texte insiste sur une forme le plus souvent chronique avec expression décalée.
  2. Oublier l’exception de l’if : tout est toxique sauf l’arille, alors que la toxicité peut venir de résidus de taille.
  3. Sous-estimer les ombellifères : le texte distingue des évolutions suraiguës très rapides (œnanthe en minutes, grande ciguë en 1/2 h à 1 h).
  4. Prendre “toutes les espèces” comme “même dose” : les valeurs chiffrées données concernent les plantes citées et ne se généralisent pas sans la plante.
  5. Confondre la grande ciguë avec les daturas : la grande ciguë est curarisante et disparaît à la dessiccation, contrairement au tableau atropinique décrit pour les daturas.
  6. Penser qu’il existe toujours un traitement efficace : plusieurs plantes sont indiquées comme sans traitement ou traitement illusoire dans le texte.
  7. Confondre verâtre blanc et colchique : le verâtre est décrit comme suraigu en 1/2 heure alors que le colchique a une latence de 2 à 48 h.

Checklist Examen

  1. Expliquer pourquoi le diagnostic des intoxications végétales est difficile chez les animaux domestiques, en citant au moins deux causes du texte.
  2. Décrire l’enquête de terrain et les éléments analysés (pâtures, fourrages, concentrés) pour guider l’hypothèse toxique.
  3. Citer les informations essentielles à réunir pour orienter le diagnostic (plante et intoxication, avec chronologie et constantes TC FC FR).
  4. Indiquer ce qui est fait sur les prélèvements (contenus digestifs ou fèces) et le rôle de l’analyse micrographique ENVT avec les commémoratifs.
  5. Donner la liste complète du top 10 telle qu’elle apparaît dans le texte.
  6. Pour l’if à baie, rappeler l’exception (arille), la plante source (Taxus baccata), l’action dominante et la dose mentionnée (0,5 à 1 g/100 kg).
  7. Pour le cytise, rappeler l’espèce Laburnum anagyroïdes, l’action nerveuse convulsivante associée aux troubles digestifs et la dose mentionnée (0,5 à 1 g/100 kg).
  8. Pour le laurier rose, rappeler la classe (Apocynacées), les effets cardiaques et digestifs décrits, et au moins deux modalités de prise citées (eau, feuilles sèches ou gelées).
  9. Pour la digitale pourpre, rappeler l’effet cardiaque (bradycardie puis blocs puis fibrillations) et le traitement mentionné (atropine, charbon, phénytoïne).
  10. Pour les daturas, rappeler la source de contamination citée (maïs/grains/ensilage) et le tableau atropinique, puis la dose et le traitement mentionnés.
  11. Pour la morelle noire, rappeler l’espèce Solanum nigrum, le type d’évolution le plus souvent aigu, et au moins deux signes (somnolence, soif, coliques, vomissements) et l’hémolyse possible.
  12. Pour le verâtre blanc, rappeler la rapidité évolutive (1/2 h), la séquence globale (cardio-respiratoire puis digestif/neurologique) et la dose mentionnée (1 à 2 g/kg racines fraîches).
  13. Pour le colchique, rappeler la latence (2 à 48 h), la séquence digestive initiale (ptyalisme, coliques, diarrhées blanchâtres avec épreintes) et l’évolution vers paralysie puis mort.
  14. Pour l’œnanthe safranée, rappeler le syndrome vagal avec “vacillent→tombent→meurent” en quelques minutes et la description de la forme aiguë avec crises répétées.

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1. Pourquoi le diagnostic d’une intoxication végétale est-il souvent difficile ?

2. Quel élément fait partie des données cliniques essentielles à recueillir lors du diagnostic d’une intoxication végétale ?

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Intoxication végétale — définition ?

Envenimation par ingestion de végétaux toxiques.

Enquête de terrain — rôle ?

Repérer habitat, aliments, période de toxicité.

Constantes cliniques — à recueillir ?

TC, FC, FR, signes notables.

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