Fiche de révision : Introduction à la neuropsychologie et ses applications

Plan du Cours

  1. Neuropsychologie générale
  2. Populations et missions du neuropsychologue
  3. Anamnèse
  4. Bilan neuropsychologique
  5. Intervention et soutien psychologique
  6. Lobes et structures cérébrales
  7. Ganglions de la base
  8. Organisation du cerveau

1. Neuropsychologie générale

Notions clés & Définitions

  • Neuropsychologie : Discipline jeune située à l’interface entre psychologie cognitive, psychologie clinique et neurologie.
  • Psychologie cognitive : Approche centrée sur les fonctions mentales et leur organisation, utile pour comprendre ce qui se passe quand le cerveau est atteint.
  • Psychologie clinique : Courant centré sur le diagnostic et la prise en charge des difficultés d’un patient, en lien avec sa situation globale.
  • Neuropsychologie cognitive : Approche axée sur la recherche visant à comprendre les liens fonctionnels cerveau-lésion à partir des déficits observés.
  • Neuropsychologie clinique : Approche clinique spécialisée visant le diagnostic et la prise en charge du patient.

Points essentiels

  • La neuropsychologie est reconnue depuis environ une trentaine d’années et se place entre psychologie cognitive, psychologie clinique et neurologie.
  • Le métier consiste à évaluer les troubles cognitifs après lésion cérébrale puis à rééduquer les traitements associés à ces troubles.
  • Historiquement, la neuropsychologie a été créée d’abord pour le diagnostic, puis des moyens techniques supplémentaires ont permis de mieux cibler l’atteinte cérébrale.
  • La neuropsychologie travaille surtout avec des populations cérébrolésées en contexte de rééducation orientée vers la récupération.
  • Le champ inclut l’évaluation et l’étude du rapport entre comportements, fonctions mentales supérieures et structures cérébrales.

Astuce mémo

Cognition + clinique + neurologie = neuropsychologie.

2. Populations et missions du neuropsychologue

Notions clés & Définitions

  • Population adulte cérébrolésée : Groupe de patients ayant subi une atteinte du cerveau, typiquement après AVC, maladie dégénérative, traumatisme crânien, tumeur ou épilepsie.
  • Déclin cognitif : Diminution progressive des performances cognitives observée notamment dans certaines pathologies neurodégénératives.
  • Rééducation neuropsychologique : Prise en charge visant une meilleure adaptation sociale et professionnelle en travaillant les difficultés ciblées.
  • Psychothérapie : Soutien psychologique pouvant accompagner le patient et la famille dans l’ajustement aux changements liés à la maladie.

Points essentiels

  • Le neuropsychologue intervient auprès de patients avec lésion cérébrale, dégénérescence neuronale, troubles psychiatriques et troubles spécifiques de l’apprentissage.
  • Dans les missions, il relie les déficits cognitifs observés aux pathologies et participe à un diagnostic différentiel fondé sur le profil cognitif.
  • Il recherche des entrées en démence en repérant des états pré-démentiels et des signes cliniques d’alerte.
  • Il propose des revalidations adaptées en fonction des forces et des faiblesses, en visant ce qui handicape le plus.
  • En hospitalisation, le parcours passe d’abord par le soin aigu puis vers la rééducation, en moyenne sur 2 à 3 mois.

Astuce mémo

Forces→rééducation ciblée pour compenser le quotidien.

3. Anamnèse

Notions clés & Définitions

  • Auto-anamnèse : Recueil d’informations réalisé directement auprès du patient pour décrire son histoire et ses difficultés.
  • Hétéro-anamnèse : Recueil d’informations réalisé auprès de personnes entourant le patient afin de compléter et comparer les données.
  • Anosognosie : Trouble lié au cerveau empêchant le patient de se rendre compte de ses difficultés.
  • Anosodiaphorie : État où la personne semble relativiser l’importance de ses troubles malgré l’existence des difficultés.

Points essentiels

  • L’anamnèse se fait en entretien avec le patient et/ou un proche, idéalement avec l’auto- et l’hétéro-anamnèse réalisées séparément.
  • Elle sert à créer l’alliance thérapeutique, identifier la demande et son but, et orienter le contenu de l’examen même si la demande est implicite.
  • Elle reconstruit l’histoire de la maladie (nature et date d’apparition) en confrontant les informations du dossier et les propos du patient.
  • Elle décrit cliniquement les déficits, précise la nature et l’étendue des plaintes cognitives et recueille des données scolaires, professionnelles et familiales.
  • Les informations issues des collègues (kiné, infirmier, etc.) doivent être intégrées, via réunions cliniques ou contacts informels.

Astuce mémo

Auto + Hétéro = confrontation des récits pour orienter l’examen.

4. Bilan neuropsychologique

Notions clés & Définitions

  • Bilan neuropsychologique : Examen des fonctions supérieures combinant une partie quantitative par tests et une partie qualitative par observation.
  • Tests neuropsychologiques : Outils standardisés permettant d’obtenir des données quantitatives sur les fonctions cognitives.
  • Observation clinique : Analyse qualitative du comportement du patient pendant la passation et dans l’environnement de travail.
  • Fonctions exécutives : Ensemble de capacités impliquées dans la planification, le contrôle et le raisonnement orienté vers un but.

Points essentiels

  • Le bilan explore les fonctions supérieures mais ne permet pas d’analyser chaque fonction en profondeur de manière exhaustive.
  • Il combine un volet quantitatif (tests) et un volet qualitatif (observation du comportement et du contexte pendant le testing).
  • Le neuropsychologue sélectionne des tests pour maximiser les informations et tester ses hypothèses, ce qui contribue au diagnostic médical.
  • Les fonctions investiguées incluent mémoire, langage, fonctions exécutives, praxies, gnosies, attention, jugement/raisonnement, orientation spatiotemporelle et comportement.
  • La finalité est de repérer signes positifs et négatifs pour cibler la rééducation, et de comparer avec des bilans antérieurs pour suivre l’évolution.

Astuce mémo

Signe + et signe − pour cibler la rééducation, puis comparer T1 et T2.

5. Intervention et soutien psychologique

Notions clés & Définitions

  • Intervention neuropsychologique : Prise en charge mise en place après le bilan et ajustée aux troubles observés chez chaque individu.
  • Capacités résiduelles : Compétences encore préservées sur lesquelles le neuropsychologue s’appuie pour travailler les difficultés.
  • Hiérarchie fonctionnelle : Priorisation des objectifs en fonction de l’impact du trouble dans la vie quotidienne et sociale du patient et de sa famille.

Points essentiels

  • Une rééducation sans bilan neuropsychologique est inadéquate car l’intervention doit être fondée sur l’évaluation préalable.
  • La prise en charge vise souvent la compensation via les capacités préservées afin d’améliorer l’adaptation sociale et professionnelle.
  • Le neuropsychologue établit une hiérarchie fonctionnelle et cible en priorité ce qui handicape le plus pour le patient et la famille.
  • Le patient doit manifester son accord, et la non-participation compromet la réalisation des objectifs thérapeutiques.
  • En cas d’anosognosie, la première étape est la prise de conscience des troubles, en confrontant le patient à ses difficultés tout en les encadrant psychologiquement.

Astuce mémo

Bilan d’abord, capacités préservées ensuite, priorités selon le handicap.

6. Lobes et structures cérébrales

Notions clés & Définitions

  • Lobes frontaux : Régions corticales repérables anatomiquement dont les fonctions spécifiques servent à inférer la localisation des troubles.
  • Scissure de Sylvius : Repère neuroanatomique permettant de localiser les limites entre régions corticales.
  • Sillon de Rolando : Repère neuroanatomique utilisé pour distinguer des territoires corticaux.
  • Incisure préoccipitale de Meynert : Repère neuroanatomique mentionné pour l’orientation des lobes sur la face externe du cerveau.

Points essentiels

  • Le cerveau comprend deux hémisphères, chacun contrôlant une partie du corps avec un contrôle moteur et sensoriel croisé.
  • Sur la face externe, quatre lobes sont décrits : frontal, temporal, occipital et pariétal, repérables par scissure de Sylvius, sillon de Rolando, sillon perpendiculaire et incisure préoccipitale de Meynert.
  • Chaque lobe a des fonctions spécifiques, ce qui aide le neuropsychologue à inférer la localisation cérébrale des troubles.
  • Le cours distingue des structures sous-corticales en plus du cortex, avec des rôles allant des échanges inter-hémisphériques au contrôle émotionnel et à la mémorisation.

Astuce mémo

4 lobes sur la face externe + 4 repères cités = repérage cortical.

7. Ganglions de la base

Notions clés & Définitions

  • Striatum : Ensemble comprenant noyau caudé et putamen, participant au contrôle des mouvements.
  • Substance noire : Structure à l’origine des sous-parties pars compacta et pars reticulata, impliquées dans les troubles moteurs en cas de dysfonctionnement.
  • Noyau sous-thalamique : Structure appelée aussi corps de Luys, située au sein du diencéphale.
  • Thalamus : Relais recevant des informations issues des ganglions de la base et les transmettant vers les aires prémotrices et motrices.

Points essentiels

  • Les ganglions de la base incluent noyau caudé et putamen (striatum/néostriatum), globus pallidus, noyau sous-thalamique et substance noire (pars compacta et pars reticulata).
  • Ils intègrent des informations sensorielles en vue du contrôle des mouvements avec l’aide du cervelet.
  • Ils reçoivent des afférences du cortex, traitent l’information puis transmettent vers le thalamus qui relaie vers les aires prémotrices et motrices.
  • Une dysfonction de ces structures entraîne des troubles moteurs comme dyskinésie et ralentissement psychomoteur.
  • Exemples : Parkinson lié à une dysfonction de la substance noire avec lenteur et tremblements de repos, et Huntington lié à une surstimulation entraînant des mouvements choréiques.

Astuce mémo

Entrée cortex → ganglions → thalamus → prémoteur/moteur : dysfonction = troubles du mouvement.

8. Organisation du cerveau

Notions clés & Définitions

  • Hémisphères cérébraux : Deux moitiés du cerveau, chacune associée à un contrôle croisé des fonctions motrices et sensorielles du corps.
  • Prosencéphale : Subdivision associée au télencéphale et au diencéphale.
  • Rhombencéphale : Subdivision correspondant à l’association du pont, du cervelet et du bulbe rachidien.
  • Myélencéphale : Subdivision du rhombencéphale formant le bulbe rachidien.

Points essentiels

  • Le cerveau est organisé en deux hémisphères, avec un contrôle moteur et sensoriel croisé gauche-droite du corps.
  • Le cortex est distingué des structures sous-corticales, ces dernières étant décrites comme plus anciennes en phylogénétique et nécessaires à la survie.
  • Les structures néocorticales, apparues plus tardivement, sous-tendent les fonctions cognitives supérieures.
  • Le prosencéphale correspond à télencéphale + diencéphale, le rhombencéphale à pont + cervelet + bulbe, et le myélencéphale à la formation du bulbe rachidien.
  • Le mésencéphale est formé du tectum et du tegmentum.

Astuce mémo

Phylogénétique : sous-cortical survie, néocortical cognition supérieure.

Tableaux de synthèse

Neuropsychologie cognitive vs clinique

ApprocheOrientationObjectifs
Neuropsychologie cognitiveRechercheComprendre les aspects fonctionnels via analyse des lésions et déficits
Neuropsychologie cliniqueCliniqueDiagnostiquer et prendre en charge le patient

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre anosognosie et déni : l’anosognosie correspond à un trouble lié au cerveau empêchant la prise de conscience des difficultés.
  2. Oublier que l’anamnèse doit idéalement confronter auto- et hétéro-anamnèse pour repérer des écarts d’information.
  3. Croire qu’un bilan neuropsychologique couvre toutes les fonctions en profondeur : il explore un ensemble de fonctions mais pas l’exhaustivité fine.
  4. Prendre en compte uniquement les résultats des tests et négliger l’observation qualitative du comportement pendant le testing.
  5. Rééduquer sans bilan neuropsychologique : l’intervention doit être orientée par l’évaluation des troubles.
  6. Privilégier une rééducation sans tenir compte de la hiérarchie fonctionnelle selon le handicap réel du patient et de sa famille.
  7. Se tromper de logique diagnostique en oubliant que le bilan vise aussi à repérer signes positifs et signes négatifs pour cibler la prise en charge.

Checklist Examen

  1. Expliquer en quoi la neuropsychologie se situe à l’interface entre plusieurs disciplines et décrire sa finalité évaluative et de rééducation.
  2. Citer les populations prises en charge : lésion cérébrale, dégénérescence neuronale, psychiatrie et troubles spécifiques de l’apprentissage.
  3. Décrire les missions clés : relier déficits et pathologies, déceler une entrée en démence, et réaliser un diagnostic différentiel par profil cognitif.
  4. Indiquer les étapes d’une hospitalisation vers la rééducation et l’ordre général : soin aigu puis rééducation sur 2 à 3 mois.
  5. Définir et distinguer auto-anamnèse et hétéro-anamnèse, puis expliquer pourquoi elles doivent être confrontées.
  6. Lister les objectifs de l’anamnèse : établir le contact, préciser la demande, décrire l’histoire clinique, cerner les plaintes et orienter l’examen.
  7. Expliquer le bilan neuropsychologique : fonctions supérieures, impossibilité de tout analyser en profondeur, volet quantitatif tests et volet qualitatif observation.
  8. Citer au moins 8 fonctions investiguées au bilan neuropsychologique, dont mémoire, langage, fonctions exécutives, praxies, gnosies, attention, orientation spatiotemporelle et comportement.
  9. Décrire l’intervention : nécessité d’un bilan, ciblage selon troubles, appui sur capacités résiduelles, hiérarchie fonctionnelle et rôle de l’accord du patient.
  10. Expliquer la prise en charge de l’anosognosie : première étape de prise de conscience, confrontation encadrée psychologiquement et distinction avec le déni.
  11. Donner les éléments anatomiques à connaître : deux hémisphères à contrôle croisé et quatre lobes (frontal, temporal, occipital, pariétal) repérés par les repères cités.
  12. Identifier les structures sous-corticales listées : corps calleux, amygdale, hippocampe et fornix, ainsi que leur rôle général attendu.
  13. Lister les composants des ganglions de la base et décrire le trajet d’information vers le thalamus puis les aires prémotrices et motrices.
  14. Relier dysfonction des ganglions de la base à des troubles moteurs et citer les exemples Parkinson (lenteur/tremblements de repos) et Huntington (mouvements choréiques).

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Neuropsychologie — définition ?

Étude des relations cerveau-fonctions cognitives.

Populations du neuropsychologue

Patients cérébrolésés, déments, psychiatriques, troubles apprentissage.

Anamnèse — objectif ?

Recueillir l’histoire et les difficultés du patient.

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