Fiche de révision : Organisation et Fonction de la Peau

Plan du Cours

  1. Rôle de la peau dans l’homéostasie
  2. Organisation en couches de la peau
  3. Kératinocytes : différenciation et kératinisation
  4. Renouvellement épidermique et desquamation
  5. Facteurs de contrôle de la balance cellulaire
  6. Psoriasis : déséquilibre de la kératinisation
  7. Cellules de Langerhans et défense cutanée
  8. Cellules de Merkel et mécanoréception
  9. Mélanocytes, mélanome et naevus
  10. Pigmentation : mélanine, carotènes et hémoglobine
  11. Transfert de mélanine via mélanosomes
  12. Altérations de la couleur de peau

1. Rôle de la peau dans l’homéostasie

Notions clés & Définitions

  • Peau : Organe tégumentaire qui forme la limite entre le corps et le milieu extérieur et participe à la régulation interne.
  • Système tégumentaire : Ensemble des structures cutanées et annexes (dont poils, glandes, ongles) en interaction fonctionnelle avec la peau.
  • Tégumentaire : Terme désignant la fonction de couverture, c’est-à-dire la protection et la délimitation du corps face à l’environnement.
  • Épiderme : Couche externe de la peau, d’origine ectodermique, impliquée dans les échanges et la sensibilité.
  • Récepteurs sensitifs cutanés : Capteurs présents dans la peau qui détectent des informations du milieu extérieur et les transmettent au système nerveux.

Points essentiels

  • La peau pèse environ 4 à 5 kg et représente environ 7% de la masse corporelle.
  • La surface cutanée totale est d’environ 1,2 à 2,2 m².
  • L’épiderme a une origine embryonnaire ectodermique, comme le système nerveux, ce qui explique des liens étroits avec lui.
  • La peau a une épaisseur moyenne d’environ 1,5 à 4 mm, mais elle varie selon les zones.
  • Le visage est très fin (environ 0,12 mm) et les paupières aussi (environ 0,30 mm).
  • La peau est particulièrement épaisse à la paume des mains et à la plante des pieds (environ 4,7 mm), en lien avec la fréquence des contacts et la richesse en récepteurs sensoriels.

Astuce mémo

Peau = frontière active : protection + capteurs (ectoderme→nerfs) ; plus de frottements = plus épais.

2. Organisation en couches de la peau

Notions clés & Définitions

  • Fonction de protection cutanée : La peau assure une protection contre les agressions du milieu et limite les atteintes liées aux rayonnements, à la pollution et aux microorganismes.
  • Communication sensorielle : La peau capte des informations du milieu grâce à la présence de récepteurs sensoriels, ce qui participe au fonctionnement global du corps.
  • Souplesse et adaptation : La peau possède des propriétés élastiques et résistantes qui permettent les mouvements et les déformations sans perdre ses fonctions.
  • Épiderme : L’épiderme est la couche superficielle, constituée de cellules épithéliales, en contact direct avec l’extérieur.
  • Derme : Le derme est la couche située sous l’épiderme, majoritairement conjonctive, très riche en structures et en éléments fonctionnels.

Points essentiels

  • La peau n’est pas un tissu homogène : elle est organisée en couches superposées aux rôles distincts.
  • L’épiderme ne représente qu’environ 1/10ème de l’épaisseur totale de la peau.
  • L’épiderme est formé de cellules épithéliales assurant un recouvrement et une protection.
  • Le derme est la couche la plus épaisse, constituée de tissu conjonctif de soutien.
  • L’hypoderme correspond à la partie la plus profonde et est constitué de tissu conjonctif aréolaire adipeux avec des adipocytes.
  • L’interface épiderme–derme présente des bosses et des creux appelés papilles du derme, qui caractérisent l’architecture locale.

Astuce mémo

Protection = barrière + capteurs : épiderme (barrière) / derme (soutien riche) / hypoderme (réserve adipeuse).

3. Kératinocytes : différenciation et kératinisation

Notions clés & Définitions

  • Kératinocytes : Cellules principales de l’épiderme qui assurent la protection grâce à la production de kératine lors de leur différenciation.
  • Épithélium stratifié pavimenteux : Type d’épithélium de l’épiderme formé de plusieurs couches de cellules jointives, adapté à la protection de surface.
  • Kératine : Protéine structurale de l’épiderme qui renforce la fonction barrière en s’intégrant aux cellules lors de la kératinisation.
  • Papilles dermiques : Reliefs du derme qui créent une interface en creux et bosses avec l’épiderme, favorisant l’interaction entre les deux couches.
  • Couche papillaire du derme : Partie superficielle du derme située juste sous l’épiderme, caractérisée par une forte interaction avec l’épiderme et peu d’annexes cutanées.

Points essentiels

  • L’épiderme est un épithélium stratifié pavimenteux dont les cellules jointives forment une couverture protectrice en interaction avec le milieu extérieur.
  • La kératine est la protéine clé de l’épiderme et participe directement à la fonction de protection contre les agressions externes.
  • La cohésion entre cellules épithéliales repose sur des dispositifs intercellulaires qui maintiennent l’étanchéité de la couche de recouvrement.
  • Les papilles du derme correspondent à des creux et bosses de l’interface avec l’épiderme, ce qui augmente la surface d’échange entre les deux couches.
  • La couche papillaire du derme est immédiatement sous l’épiderme et constitue une zone d’interaction forte avec un nombre limité d’annexes cutanées.
  • La kératinisation se rattache à la différenciation des kératinocytes, permettant l’intégration de la kératine dans les cellules de l’épiderme.

Astuce mémo

Kératinocytes = Kératine en couches : plus on se rapproche de la surface, plus la barrière se renforce.

4. Renouvellement épidermique et desquamation

Notions clés & Définitions

  • Épiderme : L’épiderme est un épithélium stratifié pavimenteux de recouvrement, organisé en plusieurs couches, dont la fonction principale est la protection de la peau.
  • Kératine : La kératine est une protéine fibreuse et résistante produite par l’épiderme, qui contribue à la solidité et à la dureté de la peau.
  • Mélanine : La mélanine est un pigment produit dans l’épiderme qui participe à la protection contre les effets des UV.
  • Desmosomes : Les desmosomes sont des dispositifs intercellulaires qui assurent une forte cohésion entre les kératinocytes, notamment dans la couche épineuse.
  • Cornéocytes : Les cornéocytes sont des cellules de la couche cornée, mortes et riches en kératine, responsables de la rigidité de la surface cutanée.

Points essentiels

  • L’épiderme est non vascularisé, et la nutrition des couches superficielles se fait par diffusion depuis le derme richement vascularisé.
  • La structure de l’épiderme est organisée du bas vers le haut en couche basale, couche épineuse, couche granuleuse, puis couche cornée.
  • La couche basale contient une monocouche de cellules germinatives (souches) à division cellulaire intense qui alimentent en continu les couches supérieures.
  • La différenciation des kératinocytes est centrifuge : les cellules issues de la couche basale migrent vers la couche épineuse, puis granuleuse, puis cornée.
  • La couche granuleuse est le lieu de production de la kératine, via l’assemblage des tonofilaments et de la kératohyaline.
  • Dans la couche épineuse, l’aspect « épineux » est lié aux desmosomes, qui renforcent la cohésion intercellulaire et la stabilité du tissu.

Astuce mémo

Basale = usine (mitoses) → Épineuse = colle (desmosomes) → Granuleuse = fabrication (kératine) → Cornée = bouclier (cornéocytes).

5. Facteurs de contrôle de la balance cellulaire

Notions clés & Définitions

  • Kératinocytes : Cellules majoritaires de l’épiderme qui se différencient progressivement et acquièrent un phénotype capable de synthétiser la kératine.
  • Desmosomes : Jonctions d’adhésion et d’ancrage entre kératinocytes qui assurent une cohésion mécanique très forte malgré les déformations de la peau.
  • Kératohyaline : Granules présentes dans la couche granuleuse qui participent à la formation de la kératine lors de la différenciation des kératinocytes.
  • Cornéocytes : Kératinocytes morts en surface, aplatis et remplis de kératine, formant la couche cornée.
  • Cellules de Langerhans : Cellules de défense de l’épiderme impliquées dans la surveillance immunitaire locale.

Points essentiels

  • Les kératinocytes représentent environ 80% des cellules de l’épiderme et leur différenciation est centrifuge, de la couche basale vers la surface.
  • La kératine est produite dans la couche granuleuse par combinaison des tonofilaments et de la kératohyaline.
  • La couche intermédiaire épineuse est dite « épineuse » car elle contient des desmosomes, responsables d’une cohésion très forte entre cellules.
  • La couche granuleuse comporte 3 à 5 couches de cellules aplaties avec des granules de kératohyaline qui deviennent de la kératine.
  • La couche cornée contient 20 à 30 couches de kératinocytes morts par apoptose, les cornéocytes, séparés par un ciment lipidique rendant la surface jointive et hermétique.
  • Les desmosomes sont des plaques membranaires riches en glycoprotéines, reliées entre cellules par des cadhérines, avec des filaments intracellulaires jouant le rôle de haubans pour limiter les déchirures.

Astuce mémo

Différenciation centrifuge : basale → granuleuse (kératohyaline) → cornée (20–30 cornéocytes) ; la cohésion mécanique vient des desmosomes (cadhérines + haubans).

6. Psoriasis : déséquilibre de la kératinisation

Notions clés & Définitions

  • Kératinocytes : Cellules majoritaires de l’épiderme qui se différencient progressivement en migrant vers la surface pour produire la kératine.
  • Différenciation centrifuge : Mode de maturation des kératinocytes où la différenciation et la migration se font du bas vers le haut de l’épiderme.
  • Cornéocytes : Cellules les plus matures issues de la kératinisation, situées en surface et capables de produire des lipides extracellulaires.
  • Microbiote cutané : Flore bactérienne présente à la surface de la peau qui participe à l’interface entre la peau et l’organisme.
  • Facteurs de croissance : Médiateurs qui orientent la kératinisation et la régulation du renouvellement épidermique, notamment via EGF et dérivés vitaminiques.

Points essentiels

  • Les kératinocytes représentent environ 80% des cellules de l’épiderme et leur différenciation s’accompagne d’une acquisition de phénotypes kératinisants.
  • La kératine est une protéine fibreuse insoluble et solide, mais souple, qui caractérise la maturation des kératinocytes.
  • Les cornéocytes assurent cohésion et imperméabilité de la couche superficielle grâce à la synthèse de composés lipidiques dans l’espace extracellulaire.
  • La desquamation correspond à la perte progressive de cornéocytes en surface, avec un ordre de grandeur d’environ 3 millions de cellules éliminées par minute.
  • Le renouvellement épidermique dure environ 30 à 45 jours, avec une production en profondeur et une élimination en surface sur un cycle continu.
  • La balance mitose (depuis les cellules souches) et apoptose/desquamation (depuis les cornéocytes) peut être modifiée par l’environnement, notamment UV et friction, entraînant une augmentation d’épaisseur (callosités).

Astuce mémo

Kératinisation = Bas→Haut : mitose en bas, apoptose + desquamation en haut ; UV/friction accélèrent la mitose → peau plus épaisse.

7. Cellules de Langerhans et défense cutanée

Notions clés & Définitions

  • Kératinisation de l’épiderme : Processus de renouvellement continu de l’épiderme, où les cellules se forment, migrent vers la surface puis sont éliminées.
  • Cellules de Langerhans : Cellules immunitaires de l’épiderme, de forme étoilée, issues de la moelle osseuse et spécialisées dans l’élimination des agents pathogènes.
  • Cellules de Merkel : Cellules basales reliées aux papilles dermiques, appartenant au système neuroendocrinien et jouant un rôle de mécanorécepteurs du toucher.
  • Mélanocytes : Cellules de l’épiderme qui produisent des pigments, notamment la mélanine, et dont la division est surtout déclenchée par des processus tumoraux.

Points essentiels

  • Le renouvellement épidermique se fait dans l’espace et dans le temps : les cellules partent de la couche germinative, montent, se différencient puis sont éliminées.
  • Le cycle complet de renouvellement cutané dure environ 30 à 45 jours, avec environ 14 jours pour la couche cornée.
  • Dans le psoriasis, le cycle des kératinocytes est raccourci à quelques jours (7 à 10 jours au lieu de 4 à 5 semaines) avec une maturation incomplète et des anomalies de kératine.
  • Les cellules de Langerhans sont des macrophagocytes à forme étoilée et leur origine est la moelle osseuse, pas le derme.
  • Les cellules de Langerhans participent à la défense cutanée en éliminant des agents pathogènes comme les virus et les bactéries.
  • Les cellules de Merkel sont des mécanorécepteurs connectés à des neurofibres sensitives, particulièrement présentes dans des zones sensibles comme lèvres, bras, doigts et visage.

Astuce mémo

Langerhans = Lutte contre les microbes (moelle osseuse + étoilée) ; Merkel = Mécanique du toucher (basales + neurofibres).

8. Cellules de Merkel et mécanoréception

Notions clés & Définitions

  • Mélanocytes : Cellules de l’épiderme qui synthétisent la mélanine et participent à la photoprotection en protégeant l’ADN des kératinocytes.
  • Mélanosomes : Vésicules produites par les mélanocytes qui transportent la mélanine vers les kératinocytes lors des unités épidermiques de mélanisation.
  • AlphaMSH : Hormone stimulant la mélanogénèse, produite localement par des kératinocytes et augmentée après exposition UVB.
  • ACTH hypophysaire : Hormone d’origine hypophysaire impliquée dans la production de mélanine, dont les déséquilibres peuvent modifier la pigmentation cutanée.
  • Vitiligo : Maladie auto-immune caractérisée par la destruction des mélanocytes, entraînant des zones dépigmentées.

Points essentiels

  • La peau peut varier du jaune pâle au brun selon la répartition de phéomélanine et d’eumélanine.
  • Les mélanines se placent au-dessus du noyau des kératinocytes pour former un bouclier photoprotecteur contre les UV.
  • L’UVB augmente la production locale d’AlphaMSH, ce qui stimule la mélanogénèse et fonce la peau.
  • L’ACTH hypophysaire peut être impliquée dans des hyperpigmentations liées à des troubles de l’axe hypophyse–cortico-surrénales.
  • Le vitiligo correspond à un déficit de mélanocytes détruits par le système immunitaire, donnant des tâches de dépigmentation.
  • L’albinisme est une maladie génétique avec peau très claire et caractéristiques oculaires/capillaires dépourvues de pigment (peu ou pas de mélanine).

Astuce mémo

UVB → AlphaMSH → mélanogénèse : plus d’UV, plus de mélanine, plus de protection.

9. Mélanocytes, mélanome et naevus

Notions clés & Définitions

  • Mélanine : Pigment produit par les mélanocytes, qui s’accumule en protection au niveau des cellules exposées aux UV pour limiter les effets du rayonnement.
  • Carotènes : Pigments liposolubles issus de l’alimentation, présents surtout dans la couche cornée et les cellules adipeuses, responsables d’une teinte jaune à jaune-orange.
  • Hémoglobine : Composant des globules rouges qui fixe l’oxygène, dont l’oxyhémoglobine contribue par transparence à la couleur rosée ou rouge de la peau.
  • Film hydrolipidique cutané : Enduit de surface hydrolipidique formé par une phase aqueuse et une phase lipidique, qui protège la peau et limite la perte d’eau et la pénétration de substances.

Points essentiels

  • La mélanine agit comme un bouclier pigmentaire en se plaçant au niveau des cellules exposées aux UV, réduisant l’impact des rayons sur les kératinocytes.
  • Les carotènes sont des précurseurs de la vitamine A et proviennent notamment de fruits et légumes à chair rouge/orange comme carotte, tomate, melon, mangue ou abricot.
  • Les carotènes sont localisés principalement dans la couche cornée de l’épiderme et aussi dans les cellules adipeuses de l’hypoderme.
  • L’hémoglobine contribue à la couleur de la peau par transparence à travers l’épiderme, surtout quand la peau est claire et donc moins riche en mélanine.
  • La teinte rosée/rouge dépend de l’état d’oxygénation de l’hémoglobine et de l’épaisseur de la peau.
  • Le film hydrolipidique recouvre la surface cutanée et joue un rôle de protection en limitant la perméabilité de la peau à l’eau et aux substances toxiques.

Astuce mémo

UV → Mélanine bouclier; Carotènes → jaune-orange; Hb oxygénée → rosé; Film hydrolipidique = eau (sueur acide) + lipides (sébum).

10. Pigmentation : mélanine, carotènes et hémoglobine

Notions clés & Définitions

  • Mélanine : Pigment cutané produit par les cellules pigmentaires, responsable de la coloration brune à noire et de la protection contre une partie des agressions lumineuses.
  • Carotènes : Pigments d’origine alimentaire présents dans certains tissus, pouvant donner une teinte jaunâtre à orangée à la peau.
  • Hémoglobine : Protéine des globules rouges, dont l’état oxygéné ou non influence la couleur rougeâtre à violacée observée au niveau cutané.
  • Vasomotricité : Fonction du réseau vasculaire cutané contrôlée par le système nerveux autonome, alternant contraction et relâchement pour modifier l’afflux sanguin.

Points essentiels

  • La couleur de la peau dépend de plusieurs pigments et de la composante vasculaire, notamment la mélanine, les carotènes et l’hémoglobine.
  • La vasomotricité correspond à un état de contraction ou de relâchement du réseau vasculaire cutané, modulant les échanges thermiques avec l’environnement.
  • Les capillaires du derme participent à la thermorégulation grâce à des propriétés vasomotrices qui modifient l’afflux de sang dans les zones superficielles.
  • Les papilles dermiques sont une zone dermo-épidermique d’adhérence et d’échanges, avec une forte vascularisation et des récepteurs au toucher.
  • Les vergetures apparaissent lors d’étirements (ex. grossesse, obésité extrême) avec cassure/déchirure du derme réticulaire et diminution de la densité en fibres élastiques, donnant une couleur blanc/rosé.

Astuce mémo

Mélanine = brun, Carotènes = jaune/orange, Hémoglobine = rouge/bleu selon l’oxygénation.

11. Transfert de mélanine via mélanosomes

Notions clés & Définitions

  • Mélanosomes : Organites cellulaires spécialisés qui fabriquent et stockent la mélanine avant son transfert vers les cellules voisines.
  • Mélanine : Pigment responsable de la coloration de la peau, produit dans les mélanosomes puis distribué aux cellules de l’épiderme.
  • Transfert mélanosomique : Mécanisme par lequel les mélanosomes contenant la mélanine sont acheminés vers les kératinocytes pour colorer la surface cutanée.
  • Kératinocytes : Cellules majoritaires de l’épiderme qui reçoivent la mélanine transférée depuis les mélanosomes.

Points essentiels

  • Le transfert de mélanine se fait via des mélanosomes contenant le pigment, ce qui permet une distribution de la coloration dans l’épiderme.
  • Les mélanosomes sont produits et chargés en mélanine avant d’être transférés vers les cellules cibles, ce qui relie production et coloration.
  • Les kératinocytes reçoivent la mélanine transférée, ce qui explique que la couleur de la peau dépend de la quantité et de la distribution du pigment dans l’épiderme.
  • La mélanine issue des mélanosomes contribue à la teinte globale de la peau, en complément d’autres facteurs tissulaires (ex. propriétés du derme).
  • La densité et l’organisation des mélanosomes influencent la perception de la couleur cutanée (plus de pigment transféré = teinte plus foncée).

Astuce mémo

Mélanosomes = « boîtes à mélanine » qui livrent le pigment aux kératinocytes : boîte → livraison → couleur.

12. Altérations de la couleur de peau

Notions clés & Définitions

  • Papilles dermiques : Les papilles dermiques sont des reliefs du derme qui reçoivent et guident l’organisation des boucles capillaires à la jonction derme–épiderme.
  • Sphincters pré-capillaires : Les sphincters pré-capillaires sont des structures qui contrôlent l’ouverture ou la fermeture du réseau capillaire superficiel.
  • Canal préférentiel : Le canal préférentiel est une voie de dérivation où le sang est orienté quand les sphincters pré-capillaires obturent les capillaires des papilles.
  • Anastomoses artério-veineuses : Les anastomoses artério-veineuses sont des connexions directes entre réseaux artériel et veineux, notamment dans les plexus profonds.
  • Glomus de Masson : Le glomus de Masson est une structure vasculaire particulièrement riche aux régions palmaires et plantaires, impliquée dans la thermorégulation.

Points essentiels

  • Les boucles capillaires forment des bombements à la jonction derme–épiderme et épousent la forme des papilles dermiques.
  • Quand les sphincters pré-capillaires sont contractés, les vaisseaux sont obturés et l’accès du sang aux papilles dermiques diminue voire s’arrête.
  • Le sang est alors orienté vers un canal préférentiel, shunt artério-veineux modulant la quantité de sang dans les territoires dermiques.
  • Le canal préférentiel correspond à des anastomoses artério-veineuses.
  • Le plexus profond provient du réseau hypodermique et comprend des anastomoses artério-veineuses et des glomus de Masson.
  • Les glomus de Masson sont particulièrement riches dans les régions palmaires et plantaires et favorisent une connexion directe artère–veine pour la thermorégulation.

Astuce mémo

Sphincters fermés → shunt ouvert : moins de sang dans les papilles, plus de sang en canal préférentiel.

Tableaux de synthèse

Couches de la peau : rôle et caractéristiques

CoucheRôle principalCaractéristiques clés
ÉpidermeProtection / interface avec l’extérieurÉpithélium stratifié pavimenteux, non vascularisé, ~1/10 de l’épaisseur totale, kératine et mélanine
DermeSoutien + vascularisation + innervationCouche la plus épaisse, tissu conjonctif riche en structures, papilles dermiques (échanges), réseau vasculaire et terminaisons nerveuses
HypodermeRéserve + isolationTissu conjonctif aréolaire adipeux (adipeux blanc), réserve d’adipocytes, jusqu’à 15–20% de la masse corporelle

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre épiderme et derme : l’épiderme n’est pas vascularisé, la nutrition/diffusion vient du derme richement vascularisé.
  2. Croire que la mélanine est produite par les kératinocytes : elle est produite par les mélanocytes, les kératinocytes la reçoivent via les mélanosomes.
  3. Inverser la dynamique de renouvellement : la différenciation des kératinocytes est centrifuge (basale → épineuse → granuleuse → cornée).
  4. Penser que les cornéocytes sont vivants : ce sont des kératinocytes morts par apoptose, riches en kératine, formant la couche cornée.
  5. Mélanger les rôles immunitaires : les cellules de Langerhans sont d’origine moelle osseuse (macrophagocytes), pas du derme.
  6. Confondre vasomotricité et thermorégulation : la vasomotricité correspond à contraction/relâchement du réseau vasculaire cutané, qui module les échanges thermiques.
  7. Oublier que les papilles dermiques sont une zone dermo-épidermique d’adhérence/échanges : elles correspondent aux bombements des boucles capillaires et participent à la thermorégulation.

Checklist Examen

  1. Définir peau et système tégumentaire, et expliquer pourquoi la peau est une « frontière active » (protection + communication sensorielle).
  2. Donner les ordres de grandeur de masse, surface et épaisseur moyenne de la peau, ainsi que les variations (visage/paupières vs paume/plante).
  3. Lister les 3 grandes couches (épiderme, derme, hypoderme) et associer à chacune un rôle et des caractéristiques (vascularisation, tissu dominant).
  4. Décrire l’interface épiderme–derme : papilles dermiques (creux/bosses), rôle d’adhérence et de surface d’échange.
  5. Expliquer la structure de l’épiderme : épithélium stratifié pavimenteux, desmosomes pour la cohésion, kératine et mélanine.
  6. Décrire la dynamique de formation des couches de l’épiderme : couche basale (souches/mitoses) puis épineuse (desmosomes), granuleuse (kératohyaline/kératine), cornée (cornéocytes + ciment lipidique).
  7. Expliquer le rôle des desmosomes (cadhérines + filaments intracellulaires) dans la résistance aux déchirures.
  8. Relier kératinocytes → kératinisation : production de kératine dans la couche granuleuse et maturation vers la surface.
  9. Expliquer la balance mitose/apoptose/desquamation et citer les facteurs de contrôle (EGF, dérivés vitaminiques, oligoéléments) et l’effet UV/friction sur l’épaisseur (callosités).
  10. Décrire le psoriasis comme déséquilibre de la kératinisation : cycle raccourci (7–10 jours vs 4–5 semaines), maturation incomplète et anomalies de kératine.
  11. Comparer les cellules de l’épiderme : Langerhans (macrophagocytes, origine moelle osseuse, défense) vs Merkel (mécanorécepteurs, système neuroendocrinien, zones sensibles).
  12. Expliquer la pigmentation : rôle de la mélanine (bouclier au-dessus du noyau), régulation hormonale (AlphaMSH locale, ACTH hypophysaire) et conséquences (vitiligo, albinisme).
  13. Décrire le transfert mélanosomique : mélanosomes produits par mélanocytes, transfert vers ~10 kératinocytes, localisation en bouclier pigmentaire.
  14. Expliquer la couleur de peau par pigments et composante vasculaire : mélanine, carotènes (couche cornée + hypoderme), hémoglobine (état d’oxygénation + épaisseur).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Organisation et Fonction de la Peau avec 12 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle situation correspond à la destruction auto-immune des mélanocytes ?

2. Pourquoi le psoriasis est-il décrit comme un déséquilibre de la kératinisation ?

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Peau — rôle dans homéostasie ?

Régule température, protection, synthèse vitamine D.

Organisation en couches

Épiderme, derme, hypoderme.

Kératinocytes — différenciation ?

Migration centrifuge, kératinisation progressive.

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