Fiche de révision : Physiologie et pharmacologie du cycle équin

Plan du Cours

  1. Axe reproducteur et folliculogenèse
  2. Phase œstrale et ovulation
  3. Phase lutéale et lutéolyse
  4. Saisonnalité et anœstrus
  5. Induction pharmacologique de l’ovulation
  6. Induction de la lutéolyse
  7. Manipulation de la phase progestative
  8. Maîtrise de la saison
  9. Autres outils pharmacologiques
  10. Raisonnement clinique et choix thérapeutique

1. Axe reproducteur et folliculogenèse

Notions clés & Définitions

  • Axe hypothalamo-hypophyso-ovarien : Coordonne la reproduction par la sécrétion pulsatile de GnRH, l’action de FSH et de LH et des rétrocontrôles négatif et positif.

Points essentiels

  • La folliculogenèse équine se déroule en vagues folliculaires, avec une à deux vagues par cycle, plutôt qu’en succession de follicules isolés.

  • L’augmentation de FSH recrute plusieurs follicules, puis un follicule acquiert un avantage, devient dominant, entraîne une diminution de FSH et d’autres follicules régressent sous l’effet de l’augmentation de l’œstradiol.

Astuce mémo

FSH augmente → recrutement folliculaire → dominance → FSH diminue

2. Phase œstrale et ovulation

Notions clés & Définitions

  • Phase folliculaire : Ou œstrale, est dominée par l’œstradiol et dure généralement 2 à 10 jours.

Points essentiels

  • Chez la jument, le follicule dominant mesure environ 20 mm au début de la phase folliculaire et 42 mm au moment de l’ovulation, avec une plage de 35 à 70 mm rapportée à l’ovulation.

  • L’ovulation survient généralement 24 à 48 heures avant la fin de l’œstrus.

  • L’œstradiol provoque le comportement œstral, l’œdème utérin et les modifications cervicales, diminue la FSH par rétrocontrôle négatif et augmente la LH par rétrocontrôle positif jusqu’à l’ovulation.

📌 La taille d’un follicule de 40 mm ne suffit pas à conclure que l’ovulation est imminente, car elle doit être interprétée avec son évolution, sa consistance et son aspect, l’œdème utérin, le col, le contexte du cycle et les examens précédents.

Astuce mémo

Œstradiol exprime les chaleurs, progestérone les inhibe

3. Phase lutéale et lutéolyse

Notions clés & Définitions

  • Phase lutéale : Dure environ 14 jours, est dominée par la progestérone et associe un utérus tonique à une image échographique homogène.

Points essentiels

  • 🔄 La formation du corps jaune suit cette séquence:

    1. Ovulation
    2. Lutéinisation
    3. Formation du corps jaune primaire
    4. Augmentation de la progestérone
  • La progestérone inhibe l’expression des chaleurs, ferme le col, diminue l’œdème utérin, modifie l’environnement utérin et exerce un rétrocontrôle sur l’axe hypothalamo-hypophysaire.

  • La lutéolyse entraîne une chute de la progestéronémie en environ 48 heures, puis le nouveau cycle dépend de la taille du follicule dominant.

Astuce mémo

Ovulation → lutéinisation → corps jaune → progestérone → lutéolyse

4. Saisonnalité et anœstrus

Notions clés & Définitions

  • Saisonnalité : Espèce à reproduction saisonnière de jours longs dont l’activité reproductive augmente lorsque la durée du jour augmente.

★ À maîtriser

📌 À partir de 12 heures de lumière, le blocage saisonnier commence à disparaître, et à partir de 16 heures il a disparu avec reprise de la cyclicité.

  • En hiver, la mélatonine nocturne prolongée inhibe l’axe reproducteur, réduit la GnRH et rend la LH et la FSH insuffisantes pour une activité ovulatoire régulière, ce qui conduit à l’anœstrus.

📌 L’anœstrus profond associe activité ovarienne minimale, petits follicules et absence d’ovulation, tandis que la transition printanière associe croissance folliculaire et vagues parfois volumineuses sans ovulation nécessairement présente.

Compléments

  • Au début de la transition printanière, la jument présente une à six vagues folliculaires anovulatoires, avec trois vagues en moyenne, avant l’installation d’une activité ovulatoire régulière.

Astuce mémo

Anœstrus profond : petits follicules ; transition : follicules volumineux mais ovulation incertaine

5. Induction pharmacologique de l’ovulation

★ À maîtriser

📌 L’induction de l’ovulation est envisageable chez une jument en œstrus depuis plus de 24 heures, avec un follicule dominant préovulatoire de plus de 35 mm, des caractéristiques folliculaires compatibles, un œdème utérin œstral et l’absence de corps jaune fonctionnel.

📌 L’hCG fournit une activité de type LH qui agit directement sur le récepteur de la LH, tandis qu’un analogue de la GnRH stimule la libération de LH endogène par l’hypophyse.

  • L’hCG à 1500 UI par voie intraveineuse provoque généralement l’ovulation en 36 heures, avec une fenêtre de 30 à 42 heures, mais peut induire des anticorps et une non-réponse.

  • La triptoréline à 0,1 mg par voie sous-cutanée et la buséréline à 1 mg par voie sous-cutanée sont des analogues de la GnRH qui provoquent généralement l’ovulation en 42 heures, avec une fenêtre de 36 à 48 heures.

Compléments

  • 🔄 La stratégie d’induction suit ces étapes:
    1. Identifier une jument en chaleur
    2. Identifier un follicule préovulatoire de plus de 35 mm
    3. Choisir l’hCG ou un analogue de la GnRH
    4. Anticiper la fenêtre d’ovulation
    5. Programmer l’insémination artificielle

Astuce mémo

hCG apporte un signal LH-like ; GnRH stimule la LH propre de la jument

6. Induction de la lutéolyse

Notions clés & Définitions

  • Lutéolyse : Régression pharmacologiquement induite du corps jaune, qui diminue la progestérone et raccourcit la phase lutéale.

★ À maîtriser

📌 Avant d’administrer de la PGF₂α, il faut vérifier que la jument est cyclée, qu’un corps jaune fonctionnel est présent depuis plus de 5 jours et qu’elle n’est pas gestante.

📌 La PGF₂α ne doit pas être utilisée en l’absence de corps jaune fonctionnel, en cas de gestation, en anœstrus profond ou simultanément avec des AINS susceptibles d’inhiber les prostaglandines endogènes.

Compléments

  • Les principales prostaglandines utilisables sont:

    • Dinoprost
    • Cloprosténol
    • Luprostiol
  • Les prostaglandines peuvent provoquer:

    • Sudation
    • Augmentation de la fréquence cardiaque et respiratoire
    • Signes d’inconfort
    • Fèces molles
    • Agitation
    • Avortement

Astuce mémo

PGF₂α → régression du corps jaune → baisse de progestérone → reprise folliculaire

7. Manipulation de la phase progestative

★ À maîtriser

  • Un progestatif peut synchroniser ou programmer les chaleurs, organiser une activité ovarienne existante en transition, supprimer l’expression comportementale de l’œstrus ou soutenir certaines gestations à risque.

  • Pour synchroniser les chaleurs, la jument doit présenter une activité folliculaire suffisante avec des follicules d’au moins 20 à 25 mm au début d’un traitement progestatif de 10 à 15 jours.

  • Le soutien progestatif d’une gestation peut être envisagé en cas d’insuffisance lutéale suspectée, de risque de perte embryonnaire associé notamment à une placentite, de maladie systémique ou d’inflammation, ou de fonction ovarienne insuffisante.

Compléments

  • Environ 90 % des juments présentent des signes d’œstrus dans les cinq jours suivant l’arrêt du progestatif utilisé pour synchroniser les chaleurs.

  • L’altrénogest oral est administré quotidiennement, tandis que la progestérone intravaginale est délivrée en continu par des dispositifs tels que CIDR ou PRID.

  • La dose d’altrénogest indiquée pour supprimer l’expression des chaleurs est de 0,044 mg/kg, soit 10 ml pour 500 kg.

Astuce mémo

Synchroniser l’ovaire n’est pas seulement supprimer le comportement œstral

8. Maîtrise de la saison

★ À maîtriser

📌 La photostimulation vise à avancer la première ovulation de l’année, mais elle ne déclenche pas instantanément une saison complète et agit progressivement sur l’état physiologique de la jument.

  • Le programme classique de photostimulation comprend 16 heures de lumière et 8 heures d’obscurité, commencé environ 8 à 10 semaines avant la date souhaitée, pendant au minimum 35 jours, avec une intensité minimale de 107 lux en fin de journée.

  • Le sulpiride et la dompéridone sont des antagonistes dopaminergiques D2 qui augmentent la prolactine, stimulent la reprise folliculaire et peuvent avancer la première ovulation.

📌 Chez une jument en anœstrus profond, la photostimulation est le premier levier, tandis qu’une jument en transition peut recevoir une photostimulation avec ou sans antagoniste dopaminergique et une jument présentant un cycle désorganisé peut recevoir un progestatif.

Compléments

  • La lumière peut être fournie par l’éclairage de l’environnement ou par un masque lumineux dirigé vers un œil, comme Equilume, qui permet de traiter individuellement les juments.

  • La dose indiquée de sulpiride ou de dompéridone est de 1 mg/kg une fois par jour, mais la réponse à la dompéridone est variable selon le stade de transition, la photopériode, les conditions d’élevage, l’état corporel et l’activité ovarienne initiale.

Astuce mémo

Lumière → réactivation de l’axe → transition → ovulation

9. Autres outils pharmacologiques

★ À maîtriser

  • L’ocytocine provoque des contractions myométriales qui favorisent l’évacuation du liquide, des débris inflammatoires et des bactéries, mais elle n’est pas un antibiotique.

📌 Une antibiothérapie utérine doit être instaurée uniquement après mise en évidence d’une infection par l’examen clinique, l’échographie, la cytologie et éventuellement la culture, avec choix adapté à l’agent et au contexte.

Compléments

  • La dose d’ocytocine destinée à favoriser la vidange utérine est de 10 à 20 UI par voie intraveineuse ou intramusculaire, répétée toutes les 6, 8, 12 ou 24 heures.

📌 La vaccination anti-GnRH peut supprimer temporairement la cyclicité, l’activité ovarienne ou testiculaire et le comportement sexuel, avec une durée variable de 4 à 8 mois, mais elle n’a pas d’AMM équine en France.

Astuce mémo

Ocytocine assure la clairance utérine, tandis que l’antibiotique exige une infection documentée

10. Raisonnement clinique et choix thérapeutique

Points essentiels

  • Le raisonnement clinique commence par l’échographie et l’examen clinique, puis identifie la phase physiologique avant de définir l’objectif, choisir le traitement et organiser le suivi.

📌 L’anœstrus profond oriente vers la lumière et le temps, la transition vers la lumière avec éventuellement dopamine ou progestatif, un corps jaune fonctionnel vers la PGF₂α, un follicule préovulatoire vers l’hCG ou la GnRH, et un problème utérin vers un diagnostic suivi d’une clairance ou d’un traitement ciblé.

  • Les principaux objectifs cliniques sont:
    • Avancer la saison
    • Organiser la transition
    • Faire régresser un corps jaune
    • Déclencher une ovulation
    • Maintenir une phase lutéale
    • Supprimer temporairement l’activité reproductive
    • Évacuer du liquide utérin
    • Traiter une infection utérine documentée

Astuce mémo

Examiner → diagnostiquer la phase → définir l’objectif → choisir la molécule → suivre

Tableaux de synthèse

Phase physiologique et traitement adapté

SituationSigne principalLevier privilégié
Anœstrus profondActivité ovarienne minimalePhotostimulation et temps
TransitionCroissance folliculaire sans ovulation régulièrePhotostimulation ± antagoniste dopaminergique ou progestatif
Corps jaune fonctionnelProgestérone élevéePGF₂α
Follicule préovulatoireŒstrus et follicule compatiblehCG ou analogue de GnRH

Progestatifs oraux et intravaginaux

CritèreAltrénogest oralProgestérone intravaginale
SubstanceProgestatif de synthèseProgestérone
AdministrationQuotidienneDispositif à poser et retirer
UsageSynchronisation ou suppression des chaleursSynchronisation ou transition
LimiteOublis de doseIrritation vaginale possible

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1. Quel mécanisme caractérise la coordination de la reproduction par l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien ?

2. Comment la folliculogenèse équine s’organise-t-elle au cours d’un cycle ?

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Qu'impose l'axe hypothalamo-hypophyso-ovarien pour coordonner la reproduction ?

La sécrétion pulsatile de GnRH, l'action de FSH et LH, et des rétrocontrôles négatifs et positifs.

Comment se déroule la folliculogenèse équine ?

En vagues folliculaires avec une à deux vagues par cycle.

Que provoque l'augmentation de FSH dans la folliculogenèse ?

Elle recrute plusieurs follicules.

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