Fiche de révision : Principes et techniques des lentilles de contact

📋 Plan du Cours

  1. Historique des lentilles de contact
  2. Fabrication des lentilles et techniques de moulage
  3. Anatomie cornéenne et film lacrymal
  4. Signes cliniques de l’hypoxie cornéenne
  5. Conjonctives, rôles et pathologies
  6. Sécrétion lacrymale et tests d’évaluation
  7. Choix des lentilles : paramètres géométriques
  8. Lentilles rigides perméables au gaz : principes
  9. Lentilles souples hydrophiles : adaptation et contrôles
  10. Produits d’entretien : décontamination et déprotéinisation
  11. Adaptation en presbytie : vision simultanée
  12. Adaptation en presbytie : vision alternée et monovision

📖 1. Historique des lentilles de contact

🔑 Notions clés & Définitions

  • Lentilles en verre : Type de lentilles de contact apparu dès les premières réalisations, avant les matériaux modernes.
  • PMMA : Polymère utilisé pour fabriquer des lentilles rigides, dont les premières versions se sont diffusées en France dans les années 60.
  • Lentilles souples hydrophiles : Lentilles souples mises au point en 1960, conçues pour être hydrophiles.
  • Lentilles rigides perméables au gaz : Lentilles rigides commercialisées à la fin des années 1970, permettant le passage de l’oxygène.
  • Silicone hydrogel : Matériau apparu en 1998 pour des lentilles de contact, associant silicone et hydrogel.

📝 Points essentiels

  • 1887 : premières lentilles en verre.
  • 1937 : premières lentilles en PMMA, avec une diffusion importante en France dans les années 60.
  • 1960 : mise au point des premières lentilles souples hydrophiles (LSH).
  • Fin des années 1970 : commercialisation des premières lentilles rigides perméables au gaz (LRPG).
  • 1998 : apparition des premières lentilles en silicone hydrogel.
  • Les lentilles ont d’abord été fabriquées à l’unité à partir de palets par surfaçage et polissage, pratique encore utilisée pour certaines lentilles traditionnelles et rigides.

💡 Astuce mémo

Verre (1887) → PMMA (1937, France années 60) → Souples hydrophiles (1960) → LRPG (fin 1970s) → Silicone hydrogel (1998).

📖 2. Fabrication des lentilles et techniques de moulage

🔑 Notions clés & Définitions

  • Film lacrymal : Le film lacrymal est un film en adhérence sur la conjonctive et l’épithélium cornéen, indispensable à la surface oculaire.
  • Couche lipidique : La couche lipidique est la couche superficielle du film lacrymal, au contact de l’air, qui limite l’évaporation des larmes.
  • Couche aqueuse : La couche aqueuse est la couche majoritaire du film lacrymal, riche en eau et en métabolites, produite par les glandes lacrymales.
  • Couche mucinique : La couche mucinique est la couche en contact avec l’épithélium cornéen, qui aide à maintenir les larmes en place et conditionne le BUT.
  • Méthode du Carre : La méthode du Carre est un test quantitatif non invasif réalisé au biomicroscope pour estimer le volume lacrymal via la fente palpébrale.

📝 Points essentiels

  • Le film lacrymal adhère à la conjonctive et à l’épithélium cornéen, avec une adhérence renforcée sur la cornée grâce aux microvillosités.
  • La couche lipidique est sécrétée par les glandes de Meibomius et réduit l’évaporation des larmes.
  • La couche aqueuse contient notamment des métabolites comme des anticorps et des éléments nutritifs, et elle est produite par les glandes lacrymales.
  • La couche mucinique est sécrétée au niveau de la conjonctive et sa qualité influence le Break Up Time (BUT).
  • Le débit lacrymal est d’environ 1,5 ml/jour, et la nuit correspond à 1/3 de la sécrétion diurne.
  • L’évacuation des larmes se fait au niveau des méats lacrymaux.

💡 Astuce mémo

Lipides contre l’air (évaporation) • Eau = majorité (métabolites) • Mucine = colle à la cornée (BUT).

📖 3. Anatomie cornéenne et film lacrymal

🔑 Notions clés & Définitions

  • Film lacrymal : Couche de larmes à la surface de la cornée, dont la qualité dépend de la présence des trois couches et de leur proportion.
  • Biomicroscope : Appareil d’examen de l’œil permettant d’observer le film lacrymal avec différents éclairages, notamment spéculaire ou diffus.
  • Break up time : Temps mesuré entre deux clignements et la rupture du film lacrymal, utilisé pour évaluer la stabilité du film.
  • NIBUT : BUT non invasif mesuré sans instillation, à partir de l’observation de la déformation des mires réfléchies sur le film lacrymal.
  • Fluorescéine : Colorant instillé sur l’œil lors de tests invasifs pour visualiser et mesurer la rupture du film lacrymal.

📝 Points essentiels

  • La qualité du film lacrymal prime sur le volume : elle dépend de la présence des 3 couches et de leur bonne proportion.
  • Le film lacrymal doit respecter le métabolisme cornéen et être compatible avec le confort visuel et oculaire.
  • Observation au biomicroscope : l’image (couleurs, mouvements) varie selon l’état du film lacrymal.
  • Méthode du BUT : faire cligner 2 fois puis compter le nombre de secondes avant la rupture du film lacrymal.
  • NIBUT : le KNIBUT est réalisé avec le kératomètre de Suttcliff en observant le temps de déformation des mires réfléchies.
  • Norme KNIBUT : 10 s < BUT < 20 s (intervalle donné).

💡 Astuce mémo

BUT = « Break Up Time » : 2 clignements puis chronomètre jusqu’à la rupture.

📖 4. Signes cliniques de l’hypoxie cornéenne

🔑 Notions clés & Définitions

  • Hypoxie cornéenne : L’hypoxie cornéenne correspond à un manque d’oxygène au niveau de la cornée, favorisé par des lentilles insuffisamment perméables à l’oxygène.
  • Hydrophilie : L’hydrophilie est le pourcentage d’eau contenu dans la lentille, qui influence surtout la disponibilité d’eau mais pas directement la perméabilité à l’oxygène.
  • Dk (perméabilité à l’oxygène) : Le Dk désigne la perméabilité d’un matériau à l’oxygène, déterminant le risque d’hypoxie cornéenne.
  • FATT : FATT est une norme de temps de tolérance à l’hypoxie, utilisée pour estimer un minimum de port afin d’éviter l’hypoxie cornéenne.

📝 Points essentiels

  • En LRPG, le taux d’hydrophilie est inférieur à 1% mais l’oxygénation dépend surtout de la perméabilité à l’oxygène du matériau.
  • Les matériaux LRPG sont non poreux et n’absorbent pas l’eau, ce qui permet de les conserver à sec sans compter sur l’eau pour l’oxygénation.
  • Le Dk varie en LRPG d’environ 0 à 160, avec un risque d’hypoxie très élevé quand le Dk est proche de 0 (ex. PMMA).
  • Dk moyen : 40–60, et Dk élevé : au-delà de 100, avec augmentation du Dk par ajout de silicone et de fluor.
  • Le silicone permet de laisser passer l’oxygène indépendamment de la quantité de larmes, et le matériau le plus utilisé est le FSA (fluoro silicoacrylate).
  • Normes Harvitt & Bonnano : minimum 35 FATT pour un port journalier et minimum 125 FATT pour un port permanent.

💡 Astuce mémo

Dk = oxygène : faible Dk (PMMA) → hypoxie ; FATT = temps toléré : 35 (journalier) / 125 (permanent).

📖 5. Conjonctives, rôles et pathologies

🔑 Notions clés & Définitions

  • Diamètre horizontal de l’iris visible DHIV : Le DHIV est la mesure de l’iris visible utilisée pour choisir le diamètre total de la lentille.
  • Diamètre total de la lentille Ф : Le Ф est le diamètre de la lentille choisi à partir du DHIV selon une règle de calcul.
  • Df’ : Le Df’ est un paramètre de la lentille à déterminer en fonction du ménisque de larmes.
  • Image fluoroscopique : L’image fluoroscopique est l’observation de la fluorescéine sous la lentille pour juger l’adaptation.
  • Adaptation serrée : L’adaptation serrée correspond à une répartition de fluorescéine indiquant une lentille trop proche/serrée sur la cornée.

📝 Points essentiels

  • Le diamètre total Ф se calcule par la relation Ф = DHIV − 2mm, avec une valeur moyenne en LRPG de 9,60mm.
  • Le paramètre Df’ doit être calculé à partir du ménisque de larmes.
  • Une lentille se commande en Ro / Ф / Df’ (rayon / diamètre / vergence).
  • Pour choisir la LRPG sphérique, la TI, la TE et la bitorique, on s’appuie sur la liste de 4 LRPG donnée (exemples : 8,60 / 9,60 / +3,00 avec axe 180° ; 8,60 / 9,60 / −3,00 ; 8,608,20 / 9,60 / +2,50 ; 8,608,25 / 9,60 /
  • +2,50 avec axe 165°).
  • On ne donne pas l’axe des Ro pour le TI car la lentille se positionne seule grâce à des systèmes de stabilisation (prisme ballast, etc.).

💡 Astuce mémo

DHIV → Ф : soustraire 2 mm (Ф = DHIV − 2).

📖 6. Sécrétion lacrymale et tests d’évaluation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Hydrophilie : Hydrophilie : pourcentage d’eau contenu dans la lentille, qui a longtemps été un moyen de transport de l’oxygène vers la cornée.
  • Mouillabilité : Mouillabilité : capacité d’un matériau à entrer en contact avec l’eau, influencée notamment par son caractère ionique et reflétée par l’angle de contact θ.
  • Matériau ionique : Matériau ionique : matériau portant des charges négatives à sa surface, ce qui favorise l’interaction avec le film lacrymal.
  • Matériau non ionique : Matériau non ionique : matériau électriquement neutre à sa surface, qui interagit moins avec certaines protéines du film lacrymal.
  • Film lacrymal : Film lacrymal : couche de larmes à la surface de l’œil qui participe au confort et au nettoyage mécanique de la lentille.

📝 Points essentiels

  • L’hydrophilie correspond à la teneur en eau (H2O) et a historiquement servi de voie de transport de l’oxygène à travers la lentille.
  • Avec l’arrivée du silicone et de ses avantages, les fabricants tendent à réduire le taux d’hydrophilie.
  • Hydrophilie faible : 30 à 40% ; elle est associée à une dessiccation plus lente et à une bonne oxygénation si la lentille n’est pas en silicone hydrogel.
  • Hydrophilie forte : 60 à 70% ; elle est associée à une dessiccation plus rapide et à un confort plus élevé, mais pas forcément utile si la lentille est en silicone hydrogel.
  • Sans silicone hydrogel, le critère pratique pour l’oxygénation/confort passe surtout par la quantité de larmes : bonne quantité → hydrophilie forte ; quantité insuffisante → hydrophilie faible.
  • La mouillabilité dépend de l’ionicité : plus l’angle θ est faible, plus la lentille est mouillable (la goutte s’étale et s’élimine facilement au clignement).

💡 Astuce mémo

Hydro = % d’eau (oxygène historique) ; Mouille = angle θ (θ petit → lentille qui “accroche” l’eau).

📖 7. Choix des lentilles : paramètres géométriques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Perméabilité à l’oxygène : La perméabilité à l’oxygène d’un matériau, notée Dk, décrit la capacité du matériau à laisser passer l’O2.
  • Transmissibilité à l’oxygène : La transmissibilité à l’oxygène d’une lentille, notée Dk/e, combine la perméabilité et l’épaisseur pour décrire le transfert d’O2.
  • Module de Young : Le module de Young caractérise la rigidité du matériau de la lentille, donc sa flexibilité et sa résistance à la traction.
  • Groupes FDA : Les groupes FDA classent les lentilles selon des critères liés à l’hydrophilie et à l’ionicité, indiqués sur le Contaguide.
  • Hauteur de lentille : La hauteur de lentille est une mesure géométrique qui influence le confort et la qualité de l’échange avec le film lacrymal.

📝 Points essentiels

  • Plus Dk est élevé, plus la lentille s’encrasse mais le confort tend à être meilleur.
  • Dk seul ne suffit pas car l’épaisseur ee modifie le transfert réel d’O2 vers la cornée.
  • Plus la lentille est épaisse, plus l’O2 met de temps à arriver à la cornée et plus Dk/e diminue.
  • Des normes minimales de Dk/e existent pour éviter l’hypoxie cornéenne.
  • Repères Harvitt & Bonnano : minimum 35 FATT pour un port journalier et minimum 125 FATT pour un port permanent.
  • Module de Young élevé : lentille plus résistante à la flexion et maniabilité plus aisée ; module bas : meilleure sensation de confort mais lentille plus flexible et plus fragile (risque de déchirure).

💡 Astuce mémo

Dk = matériau (ça passe), Dk/e = lentille (ça arrive) ; Young = rigidité (haut = ferme, bas = confortable mais fragile).

📖 8. Lentilles rigides perméables au gaz : principes

🔑 Notions clés & Définitions

  • LSH : Les LSH sont des lentilles rigides perméables au gaz, poreuses, qui nécessitent de l’eau pour conserver leur forme.
  • HEMA : Le HEMA est le premier matériau historique utilisé pour fabriquer des lentilles rigides perméables au gaz.
  • Silico-hydrogel : Le silico-hydrogel est une génération de LSH qui intègre du silicone pour améliorer le passage de l’oxygène tout en limitant le dessèchement.
  • Dk/e : Le Dk/e quantifie la capacité de la lentille à laisser passer l’oxygène rapportée à son épaisseur.
  • Équivalent sphérique : L’équivalent sphérique est la valeur utilisée avant de choisir une lentille astigmate lorsque le cylindre est trop faible pour justifier un cylindre de lentille.

📝 Points essentiels

  • Une LSH est une lentille poreuse qui a besoin d’eau pour garder sa forme.
  • Le matériau historique des LSH est le HEMA, puis des polymères dérivés comme NVP et PVP.
  • Depuis 2000, les LSH utilisent des silico-hydrogel avec ajout de silicone pour faire passer l’O2 avec moins d’H2O.
  • Le silicone est hydrophobe, donc des traitements de surface sont nécessaires pour conserver une bonne mouillabilité.
  • Le Dk/e des silico-hydrogel est d’environ 100 à 160.
  • Une lentille convergente (hypermétrope) est plus épaisse au centre, alors qu’une lentille divergente (myope) est plus épaisse au bord, avec risque d’hypoxie sur les zones les plus épaisses en regard de la cornée.

💡 Astuce mémo

Poreuse = Pour garder la Forme, il faut de l’Eau (P-F-E).

📖 9. Lentilles souples hydrophiles : adaptation et contrôles

🔑 Notions clés & Définitions

  • LSH : LSH : lentilles souples hydrophiles dont la forme s’adapte à la cornée en “moulant” sa surface.
  • LSSiHy : LSSiHy : lentilles souples à matériau hydrophile avec des caractéristiques de confort et de métabolisme différentes de la LSH.
  • LRPG : LRPG : lentilles rigides perméables aux gaz, dont l’adaptation et l’optique dépendent davantage de la géométrie que du “moulage”.
  • Kératométrie : Kératométrie : mesure des rayons de courbure cornéens utilisée pour choisir les paramètres de la lentille.
  • Biomicroscopie : Biomicroscopie : examen à la lampe à fente pour observer paupières, conjonctive, limbe, cornée et film lacrymal.

📝 Points essentiels

  • Adaptation : la LSH s’ajuste à la forme de la cornée, ce qui explique une partie de ses différences avec LSSiHy et LRPG.
  • Hypoxie : LSH et LRPG présentent un risque d’hypoxie, alors que LSSiHy est décrite comme sans risque d’hypoxie.
  • Évacuation des déchets : la LSH est associée à une évacuation moins optimale des déchets par rapport à LSSiHy et LRPG.
  • Métabolisme cornéen : LSSiHy compense l’astigmatisme externe, contrairement à la LSH et à la LRPG.
  • Optique : l’indication mentionnée concerne surtout les “peu de larmes”, tandis que les contre-indications incluent milieu air sec et milieux climatisés.
  • Contre-indications : milieux aquatiques (sauf one day) et milieux poussiéreux, ainsi que sports de contact, sont listés comme défavorables pour la LSH.

💡 Astuce mémo

LSH = “moule” la cornée ; LSSiHy = “sans hypoxie” ; LRPG = “gaz” (optique/évacuation).

📖 10. Produits d’entretien : décontamination et déprotéinisation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Oxydants : Molécules à base d’oxydant qui assurent décontamination, nettoyage et déprotéinisation des lentilles.
  • Péroxyde d’hydrogène : Principe actif des oxydants, responsable de l’action antimicrobienne avant neutralisation.
  • Catalase : Composant qui neutralise l’action du péroxyde d’hydrogène pour permettre la pose de la lentille.
  • Progent : Déprotéinisant à base de deux liquides à associer, très efficace mais plus contraignant.
  • Substilisine A : Enzyme utilisée dans des comprimés pour déprotéiniser les lentilles en ajout au produit de base.

📝 Points essentiels

  • Il existe de nombreux produits d’entretien avec des molécules différentes, donc des avantages variables selon le type de lentilles.
  • Les oxydants ont 3 actions : décontamination, nettoyage et déprotéinisation.
  • Le péroxyde d’hydrogène doit être neutralisé avant la pose de la lentille sur l’œil.
  • Après 6 heures, l’H2O2 est neutralisé soit par un comprimé de catalase (fourni) soit par un étui équipé d’un disque de platine catalyseur.
  • Le péroxyde d’hydrogène brûle : ne jamais le mettre directement dans l’œil et ne pas oublier le système de catalase.
  • Les oxydants ne conservent pas : après 6 heures il ne reste que de l’eau car l’oxygène est libéré, d’où l’étui spécifique avec évaporation de l’O2.

💡 Astuce mémo

H2O2 → 6h puis H2O + O2 : neutraliser avec catalase (ou platine) avant la pose.

📖 11. Adaptation en presbytie : vision simultanée

🔑 Notions clés & Définitions

  • Vision simultanée : Technique de correction en lentilles où l’œil reçoit en même temps des images de loin, de près et intermédiaire via une seule lentille.
  • Tri cortical : Processus cérébral qui sélectionne, parmi les images reçues simultanément, celle correspondant à la distance visée.
  • Image résiduelle : Petite image résiduelle perçue comme un écho derrière les lettres malgré le tri cortical, que les fabricants cherchent à réduire.
  • Myosis en vision de près : Contraction pupillaire utilisée en vision de près pour favoriser la zone optique dédiée et limiter l’empiètement sur la vision de loin.
  • Œil préféré : Principe où un œil est optimisé pour la vision de loin et l’autre pour la vision de près, évalué par un test de flou préférentiel.

📝 Points essentiels

  • En vision simultanée, l’œil reçoit simultanément VL, VP et VI, puis le cerveau trie l’image utile pour la distance correspondante.
  • Le tri cortical n’élimine pas totalement une image résiduelle, décrite comme un écho derrière les lettres.
  • Pour optimiser la VP, on ajoute de la lumière afin d’augmenter le myosis et de viser une zone VP sans déborder sur la VL.
  • En pratique, la VP est centrale en LSH et la VL est centrale en LRPG.
  • Certains modèles utilisent un œil VL central et un œil VP centrale, avec un œil préféré déterminé par le test du flou préférentiel.
  • Le test du flou préférentiel consiste à placer en bino un verre de +0,75δ alternativement devant l’OD puis l’OG, et l’œil le plus gêné correspond à l’œil préféré de vision de loin.

💡 Astuce mémo

Simultanée = cerveau trie (tri cortical) + myosis guidé par lumière pour “coller” la VP sans envahir la VL.

📖 12. Adaptation en presbytie : vision alternée et monovision

🔑 Notions clés & Définitions

  • Vision alternée segmentée : La vision alternée segmentée est une correction de presbytie où la lentille alterne des zones pour la vision de loin et de près.
  • Vision alternée concentrique : La vision alternée concentrique est une correction de presbytie où la lentille alterne loin et près par des zones concentriques, avec rotation possible.
  • Vision simultanée : La vision simultanée est une correction de presbytie où les deux images (loin et près) sont perçues en même temps par le même œil.
  • Monovision : La monovision est une adaptation en presbytie avec deux lentilles unifocales, un œil pour le loin et l’autre pour le près.
  • LSH : LSH désigne les lentilles souples hydrogel, souvent utilisées dans les adaptations de presbytie.

📝 Points essentiels

  • En vision alternée segmentée, les zones de loin et de près correspondent à des segments sur la lentille.
  • En vision alternée concentrique, le principe reste le même mais la lentille peut tourner, donc elle n’a pas besoin d’être prismée sur l’œil.
  • Les vision alternées concentriques sont utilisées quand les mesures anatomiques empêchent une segmentée.
  • Vision simultanée : avantages typiques avec LSH (silicone hydrogel), coût plus faible, port occasionnel possible et confort initial souvent meilleur.
  • Vision simultanée : inconvénients typiques avec moins bonne vision, plus de compromis, dépendance à la lumière et dessèchement plus marqué (LSH).
  • Vision alternée : avantages typiques avec LRPG pour le respect de la cornée, meilleure vision, relative indépendance à la lumière et plus de paramètres sur-mesure, avec moins de besoin de bonnes larmes; inconvénients typ

💡 Astuce mémo

Alternée = « segments ou anneaux » qui alternent; Monovision = « un œil loin, l’autre près ».

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1887Premières lentilles en verre
1937Premières lentilles en PMMA (diffusion importante en France dans les années 60)
1960Premières lentilles souples hydrophiles (LSH) mises au point
fin des années 1970Commercialisation des premières lentilles rigides perméables au gaz (LRPG)
1998Apparition des premières lentilles en silicone hydrogel

📊 Tableaux de synthèse

Comparaison des adaptations en presbytie

TypePrincipePoints clés
Vision simultanéeImages VL/VP/VI reçues simultanément ; tri corticalImage résiduelle ; VP centrale en LSH, VL centrale en LRPG ; optimisation par ajout de lumière pour myosis
Vision alternéeŒil regarde alternativement VL puis VPRéalisation uniquement en LRPG ; VL en regard en face, VP en regard vers le bas ; vision alternée segmentée ou concentrique
MonovisionDeux lentilles unifocales : un œil pour loin, l’autre pour prèsMoins académique, essais ; réalisable jusqu’à +1,50δ d’addition ; ne dépend pas de la lumière

Comparaison LSH / LSSiHy / LRPG (hypoxie, métabolisme, optique)

CatégorieAvantagesInconvénients
LSHConfort initial ; compensation de l’astigmatisme externe ; pas de risque d’hypoxie (selon cours)Risque d’hypoxie ; évacuation des déchets moins optimale
LSSiHyPas de risque d’hypoxie ; compensation de l’astigmatisme externeRisque d’hypoxie ; évacuation des déchets moins optimale
LRPGPas de risque d’hypoxie ; respect de la physiologie cornéenne ; meilleure visionRisque d’hypoxie ; évacuation des déchets moins optimale

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre BUT et NIBUT : le BUT est mesuré après 2 clignements (rupture du film), alors que le NIBUT/KNIBUT est non invasif sans instillation.
  2. Croire que l’hydrophilie suffit à l’oxygénation en LRPG : en LRPG, l’oxygénation dépend surtout de Dk et de l’épaisseur (Dk/e), pas du % d’eau.
  3. Oublier que la LSH ne se contrôle pas avec la fluorescéine : la fluo n’est pas utilisée pour le contrôle de la LSH (seulement après retrait).
  4. Mélanger les types de BUT : le F-BUT (fluorescéine) est décrit comme peu fiable car l’instillation détruit le film et fausse le temps.
  5. Se tromper sur la règle de diamètre : en LRPG, Ф = DHIV − 2mm (et non +2mm), alors qu’en LSH Ф = DHIV + 2mm.
  6. Penser que la vision alternée est possible en LSH : le cours indique qu’elle n’est réalisable que en LRPG.
  7. Confondre adaptation serrée/plate/alignée en LRPG : serrée = trop de fluo au centre (lac de fluo vert), plate = noir au centre (appui) et fluo marquée en périphérie.

✅ Checklist Examen

  1. Donner la chronologie des matériaux clés : verre (1887), PMMA (1937, diffusion France années 60), LSH (1960), LRPG (fin années 1970), silicone hydrogel (1998).
  2. Expliquer la fabrication initiale (palets puis surfaçage/polissage) et citer les techniques de moulage (état sec, état souple, rotatif par centrifugation).
  3. Rappeler les caractéristiques de la cornée utiles au cours : avasculaire et très innervée, épaisseur centrale/périphérie, et transparence liée à l’organisation + eau constante.
  4. Lister les signes cliniques d’hypoxie cornéenne selon les étages : épithélium (piquetés/microkystes/vacuoles), stroma (néovascularisation/œdème), endothélium (BLEBS/polymégatisme-polymorphisme).
  5. Décrire le film lacrymal : adhérence renforcée par microvillosités, 3 couches (lipidique/aqueuse/mucinique) et rôle de la mucine dans la qualité du BUT.
  6. Donner les valeurs de sécrétion/évacuation : débit 1,5 ml/jour, nuit = 1/3 diurne, évacuation au niveau des méats lacrymaux, et distinguer sécrétion réflexe vs de base.
  7. Maîtriser les tests lacrymaux : méthode du Carre (non invasive, biomicroscope) et tests qualitatifs du film (observation, BUT, NIBUT/KNIBUT, F-BUT) avec la norme 10 sec < BUT < 20 sec.
  8. Savoir choisir/commander une LRPG : géométrie (zone optique vs dégagements), règle Ф = DHIV − 2mm, paramètres Ro/Ф/Df’ et les 4 LRPG de la liste (sphérique/TI/TE/bitorique) + justification de l’absence d’axe pour Ro enTI
  9. Expliquer le contrôle LRPG : instillation de fluorescéine, observation de l’image fluoroscopique (couleur/intensité) et interprétation serrée/plate/alignée ; citer la modification des paramètres (resserrer : ↑Ф ou ↓Ro ;
  10. Avoir les règles d’adaptation LSH : géométrie (LSH plus grande que la cornée d’environ 2mm), règles Ro = K +0,8 mm (pour Ф=14mm), Ф = DHIV +2mm, et rappel que Df’ n’est pas basé sur ménisque de larmes.
  11. Connaître les critères d’hydrophilie/mouillabilité en LSH : hydrophilie faible 30-40% vs forte 60-70%, mouillabilité liée à l’ionicité et angle θ (θ faible = plus mouillable), et lien confort/évacuation des déchets.
  12. Maîtriser l’entretien : principe décontamination le soir, différence multifonctions vs oxydants, neutralisation H2O2 après 6h (catalase/platine) et sécurité (ne pas mettre directement dans l’œil).
  13. Savoir les 3 adaptations en presbytie : vision simultanée (tri cortical + image résiduelle + myosis guidé par lumière), vision alternée (uniquement LRPG, segmentée ou concentrique), monovision (2 unifocales, œil loin/œil
  14. Connaître le test du flou préférentiel : bino, verre +0,75δ alternativement devant OD puis OG, et l’œil le plus gêné = œil préféré de vision de loin.

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Testez vos connaissances sur Principes et techniques des lentilles de contact avec 11 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quelle est la chronologie correcte des premières grandes étapes de l’histoire des lentilles de contact ?

2. Quelle est la définition historique d'une lentille en verre dans le contexte de l'évolution des lentilles de contact?

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Mémorisez les concepts clés de Principes et techniques des lentilles de contact avec 9 flashcards interactives.

Historique des lentilles en verre

Premières lentilles apparues en 1887.

Historique des lentilles en verre

Premières lentilles apparues en 1887.

Fabrication initiale des lentilles

À l’unité, par surfaçage et polissage de palets.

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