Fiche de révision : Psychiatrie : traitements et troubles

Plan du Cours

  1. Vocabulaire sémiologique psychiatrique
  2. Organisation des soins psychiatriques
  3. Soins psychiatriques sans consentement
  4. Troubles des conduites alimentaires
  5. Psychotropes et règles de prescription
  6. Thymorégulateurs et lithium
  7. Psychostimulants
  8. Psychiatrie du sujet âgé
  9. Psychiatrie périnatale
  10. Troubles neurodéveloppementaux
  11. Schizophrénie et troubles bipolaires
  12. Prise en charge des épisodes thymiques
  13. Trouble bipolaire
  14. Dépression et trouble délirant
  15. Troubles anxieux et phobiques
  16. Panique, TOC et personnalité
  17. Trauma, adaptation et somatisation
  18. Vulnérabilité, psychothérapie et addictions

1. Vocabulaire sémiologique psychiatrique

Notions clés & Définitions

  • Idées délirantes : Altérations du contenu de la pensée entraînant une perte du contact avec la réalité, avec une conviction inébranlable inaccessible au raisonnement ou à la contestation par les faits.
  • Insight : Conscience de ses symptômes et signes, avec la capacité d’attribuer ses expériences mentales inhabituelles et leurs répercussions fonctionnelles à sa pathologie.

Points essentiels

  • Un signe est une observation clinique objective, tandis qu’un symptôme est une expérience subjective décrite par le patient ; un syndrome associe plusieurs signes et symptômes formant un ensemble reconnaissable.

  • L’agitation motrice est une activité motrice excessive sans but associée à une tension intérieure, tandis que l’hyperactivité est orientée vers un but et sans tension intérieure.

  • Une hallucination est une perception sans objet, tandis qu’une illusion est une perception déformée d’un objet existant.

Astuce mémo

Signe objectif, symptôme subjectif, syndrome ensemble reconnaissable

2. Organisation des soins psychiatriques

★ À maîtriser

  • La psychiatrie couvre principalement les niveaux 2, spécialisé dans le diagnostic et la prise en charge, et 3, correspondant aux centres de référence souvent consacrés à l’enseignement et à la recherche.

  • Les trois modes de prise en charge en psychiatrie adulte sont les soins ambulatoires, les soins séquentiels à temps partiel et les soins continus en hospitalisation complète.

  • Le centre médico-psychologique est la structure et l’acteur pivot du secteur de psychiatrie ambulatoire.

Compléments

  • Les trois structures de premier recours sont:
    • CMP, structure sanitaire
    • CMPP, structure médico-sociale
    • CAMSP, structure médico-sociale pour les enfants de 0 à 6 ans

Astuce mémo

Ambulatoire → temps partiel → hospitalisation complète

3. Soins psychiatriques sans consentement

★ À maîtriser

  • Les trois formes de soins psychiatriques sans consentement sont:

    • SPDT, soins psychiatriques à la demande d’un tiers
    • SPPI, soins psychiatriques en péril imminent
    • SPDRE, soins psychiatriques sur décision d’un représentant de l’État
  • L’incidence des soins psychiatriques sans consentement est d’environ 92 000 personnes par an, soit un quart des hospitalisations.

📌 Une admission en SPDT nécessite deux certificats médicaux datant de moins de 15 jours, le premier établi par un médecin extérieur à l’établissement d’accueil et le second pouvant être établi par un médecin de cet établissement.

Compléments

📌 Après une période d’observation initiale de 72 heures, un patient hospitalisé sans consentement peut bénéficier d’autorisations de sortie de courte durée, quel que soit le type de mesure d’admission.

Astuce mémo

SPDT, SPPI, SPDRE

4. Troubles des conduites alimentaires

Points essentiels

  • Les six grands types de TCA sont:

    • Anorexie mentale
    • Boulimie
    • Hyperphagie boulimique
    • Trouble de restriction ou d’évitement de l’ingestion d’aliments (ARFID)
    • PICA
    • Mérycisme
  • L’origine des troubles des conduites alimentaires est multifactorielle et associe des facteurs de vulnérabilité, des facteurs déclenchants et des facteurs d’entretien.

  • La prévalence de l’anorexie mentale est de 1,4 % chez les femmes et de 0,2 % chez les hommes, avec un sex-ratio de huit femmes pour un homme et un début habituel entre 15 et 25 ans.

  • L’anorexie mentale est la maladie psychiatrique ayant le taux de mortalité le plus élevé, avec environ 5 % de mortalité dix ans après le début de la maladie.

  • La prise en charge de l’anorexie mentale repose sur les psychothérapies, notamment la thérapie familiale chez l’enfant et l’adolescent et la TCC, ainsi que sur une renutrition progressive et diversifiée pour prévenir le syndrome de renutrition inappropriée.

  • La boulimie associe des épisodes d’hyperphagie incontrôlée à des comportements compensatoires, tandis que l’hyperphagie boulimique ne comporte pas de comportements compensatoires inappropriés.

  • Pour diagnostiquer une boulimie, les épisodes hyperphagiques et les comportements compensatoires doivent survenir au moins une fois par semaine pendant trois mois.

Astuce mémo

Anorexie : IMC diminue ; boulimie : IMC stable ; hyperphagie : IMC augmente

5. Psychotropes et règles de prescription

Notions clés & Définitions

  • Psychotrope : Substance chimique ayant un tropisme psychologique et susceptible de modifier l’activité mentale.

★ À maîtriser

  • Les antipsychotiques sont des antagonistes des récepteurs dopaminergiques D2, et certains antiémétiques comme le métoclopramide peuvent donc provoquer des effets extrapyramidaux.

  • Un syndrome malin des neuroleptiques doit être évoqué chez un patient sous antipsychotique présentant une hyperthermie et un syndrome confusionnel, ce qui impose l’arrêt immédiat du traitement et le transfert en réanimation.

  • Les benzodiazépines sont des agonistes des récepteurs GABA-A et ont des effets anxiolytiques, sédatifs, hypnotiques, amnésiants, anticonvulsivants, myorelaxants et orexigènes.

  • Les benzodiazépines doivent être prescrites à la dose minimale efficace, sans associer deux benzodiazépines, pendant au maximum 12 semaines pour l’anxiété et 4 semaines pour l’insomnie, avec un arrêt toujours progressif.

  • Le traitement antidépresseur doit être poursuivi au moins 6 à 8 mois après la rémission d’un épisode dépressif caractérisé, et plus longtemps en cas de trouble dépressif récurrent ou de trouble anxieux.

  • Les antidépresseurs agissent généralement après 2 à 4 semaines dans l’épisode dépressif caractérisé, et une réponse trop rapide doit faire évoquer un virage maniaque ou un trouble bipolaire.

Compléments

  • Les principaux effets indésirables des benzodiazépines sont:
    • Dépendance
    • Somnolence et diminution de la vigilance
    • Ataxie et vertiges avec risque de chute
    • Troubles mnésiques
    • Dysarthrie
    • Désinhibition
    • Agitation et agressivité
    • Amnésie antérograde
    • Syndrome confusionnel

Astuce mémo

Antipsychotique + hyperthermie + confusion → arrêt immédiat et réanimation

6. Thymorégulateurs et lithium

★ À maîtriser

  • Les thymorégulateurs sont indiqués pour traiter l’épisode maniaque ou dépressif du trouble bipolaire et prévenir les récidives dans les troubles bipolaire et schizo-affectif.

📌 Le lithium est contre-indiqué en cas d’insuffisance rénale même modérée avec DFG inférieur à 85, de déplétion hydrosodée, d’hyponatrémie, d’association aux diurétiques, de régime pauvre en sel, de coronaropathie sévère, d’insuffisance cardiaque instable ou d’allaitement.

  • Les interactions augmentant la lithiémie comprennent les AINS, les diurétiques, les IEC et les ARA2, tandis que les corticoïdes et le mannitol peuvent la diminuer.

  • Le bilan préthérapeutique du lithium comprend: NFS-plaquettes, glycémie à jeun, évaluation rénale avec ionogramme urinaire et DFG, recherche de protéinurie et glycosurie, calcémie, TSH, β-HCG chez la femme en âge de procréer, ECG

  • Le lithium est éliminé presque exclusivement par le rein, parallèlement au sodium, et une déshydratation, une insuffisance rénale ou une intoxication médicamenteuse volontaire peuvent provoquer une intoxication.

Compléments

  • Le lithium et les antiépileptiques thymorégulateurs sont administrés par voie orale ; le lithium existe en libération immédiate, en plusieurs prises quotidiennes, et en libération prolongée, en une prise quotidienne.

Astuce mémo

Déshydratation ou baisse du sodium → augmentation de la lithiémie → intoxication

7. Psychostimulants

★ À maîtriser

  • Le méthylphénidate inhibe la recapture de la dopamine et, dans une moindre mesure, de la noradrénaline, tandis que le modafinil augmente la transmission dopaminergique.

  • Le méthylphénidate est indiqué dans le TDAH de l’enfant de plus de 6 ans et en deuxième intention dans la somnolence de la narcolepsie ou de l’hypersomnie idiopathique après échec du modafinil.

  • Le modafinil est utilisé en première intention contre la somnolence de la narcolepsie et de l’hypersomnie idiopathique.

  • Les psychostimulants sont contre-indiqués en cas de valvulopathie, d’insuffisance cardiaque, de trouble du rythme non contrôlé ou d’hypertension modérée à sévère non contrôlée, et sont déconseillés pendant la grossesse et l’allaitement.

Compléments

📌 Le méthylphénidate peut diminuer l’appétit, provoquer des difficultés d’endormissement et augmenter la fréquence cardiaque et la pression artérielle, ce qui impose une surveillance de la croissance et des paramètres cardiovasculaires.

Astuce mémo

Méthylphénidate : TDAH ; modafinil : somnolence narcoleptique

8. Psychiatrie du sujet âgé

Points essentiels

  • En psychiatrie du sujet âgé, le seuil d’âge est fixé à 65 ans et les règles de prescription sont de débuter à faible dose, d’augmenter lentement les posologies et d’éviter les associations de psychotropes.

  • Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine sont généralement bien tolérés chez le sujet âgé, mais exposent à un risque de SIADH avec hyponatrémie.

📌 La rispéridone est le neuroleptique de première intention chez le sujet âgé, notamment en raison d’un moindre risque d’effets parkinsoniens et d’une demi-vie courte de 6 heures.

  • Dans la maladie d’Alzheimer, les antipsychotiques de deuxième génération sont associés à une surmortalité, notamment par accident vasculaire cérébral, et leur usage doit donc être prudent.

  • Les symptômes psychologiques et comportementaux des démences sont présents chez plus de 80 % des patients atteints de maladie d’Alzheimer, et l’apathie et les symptômes dépressifs sont les plus fréquents, présents dans 50 % des démences.

Astuce mémo

Start low → go slow → une seule molécule par classe

9. Psychiatrie périnatale

Points essentiels

  • La période périnatale s’étend de la conception à la première année de vie de l’enfant et peut être marquée par la décompensation d’un trouble psychiatrique ou par un épisode inaugural.

  • Le post-partum blues survient généralement entre le deuxième et le cinquième jour après l’accouchement, avec un pic au troisième jour, et dure au maximum 4 à 10 jours.

  • La dépression du post-partum touche 15 % des femmes accouchées, est souvent méconnue et atteint un pic diagnostique entre 3 et 6 semaines après l’accouchement.

  • La psychose puerpérale est une urgence psychiatrique débutant brutalement dans les 4 semaines suivant l’accouchement, avec confusion, idées délirantes polymorphes et risque majeur de suicide ou d’infanticide.

  • L’acide valproïque est interdit chez la femme enceinte et chez toute femme en âge de procréer, tandis que les autres psychotropes sont évalués selon la balance bénéfice-risque maternel et tératogène.

  • L’arrêt brutal d’un psychotrope lors de la découverte d’une grossesse n’est pas recommandé car il peut provoquer un sevrage ou une décompensation du trouble sous-jacent.

Astuce mémo

Baby blues transitoire ; dépression persistante ; psychose puerpérale urgente

10. Troubles neurodéveloppementaux

Notions clés & Définitions

  • Trouble du spectre de l’autisme : Associe des déficits de la communication et des interactions sociales à des comportements, intérêts et activités restreints et répétitifs.

★ À maîtriser

  • Les symptômes cliniques du TSA apparaissent généralement avant 36 mois et comprennent notamment l’absence de sourire-réponse, l’absence de jeu du coucou et l’absence de réaction à la voix ou à l’appel.

  • L’évaluation diagnostique du TSA comprend: une évaluation multidisciplinaire du développement, des entretiens semi-structurés avec les parents, une observation semi-structurée, l’évaluation de la sévérité, la recherche de comorbidités

📌 Le diagnostic de TDAH exige des symptômes présents depuis plus de 6 mois, un retentissement dans au moins deux contextes et un début avant l’âge de 12 ans.

  • La coordination territoriale comprend:
    • le premier niveau de repérage précoce
    • le deuxième niveau de diagnostic simple
    • le troisième niveau de diagnostics complexes

Compléments

  • La prévalence du TSA est d’environ 1 %, avec un sex-ratio de 4 garçons pour 1 fille, tandis que la prévalence du TDAH est de 5 %, avec un sex-ratio de 3 garçons pour 1 fille.

Astuce mémo

TSA : communication et comportements restreints ; TDAH : attention et impulsivité

11. Schizophrénie et troubles bipolaires

Notions clés & Définitions

  • Trouble schizo-affectif : Associe un épisode dépressif ou maniaque présent pendant une partie conséquente des périodes actives et résiduelles de la maladie schizophrénique.

★ À maîtriser

  • La schizophrénie est un trouble psychotique chronique dont la prévalence est d’environ 1 %, avec une légère prédominance masculine et un début classique entre 18 et 25 ans.

  • Le diagnostic de schizophrénie repose sur la présence d’au moins deux syndromes parmi les syndromes positif, négatif et de désorganisation pendant au moins 1 mois, avec des difficultés persistantes pendant au moins 6 mois.

  • Après un premier épisode schizophrénique, le traitement doit être poursuivi au moins 2 ans après la rémission complète, et après un second épisode ou une rechute, au moins 5 ans.

  • La clozapine est proposée en cas de résistance à deux antipsychotiques administrés en monothérapie pendant une durée suffisante.

Compléments

  • Les hallucinations schizophréniques sont présentes chez environ 75 % des patients en phase aiguë ; elles sont auditives dans 50 % des cas et visuelles dans 30 % des cas.

Astuce mémo

Type I : manie ; type II : hypomanie sans épisode maniaque

12. Prise en charge des épisodes thymiques

★ À maîtriser

  • Le trouble bipolaire touche 1 à 4 % de la population générale et débute généralement entre 15 et 25 ans.

📌 Le trouble bipolaire de type I comporte au moins un épisode maniaque, tandis que le type II comporte au moins un épisode hypomaniaque et un épisode dépressif caractérisé sans aucun épisode maniaque.

📌 Un épisode maniaque dure plus de 7 jours, peut comporter des caractéristiques psychotiques et entraîne généralement une hospitalisation, tandis qu’un épisode hypomaniaque dure plus de 4 jours sans caractéristique psychotique ni hospitalisation.

  • Les éléments évocateurs d’une bipolarité comprennent: un épisode dépressif avant 25 ans, un épisode dépressif du post-partum, un début brutal, au moins trois épisodes dépressifs antérieurs, un antécédent familial de trouble de l’humeur, une réponse inadéquate aux antidépresseurs, des caractéristiques mélancoliques ou saisonnières

📌 La prise en charge d’un épisode maniaque aigu est une urgence médicale nécessitant une hospitalisation psychiatrique, l’arrêt des antidépresseurs et un traitement par lithium ou valproate, éventuellement associé à un antipsychotique.

Compléments

  • Les cycles rapides correspondent à au moins 4 épisodes maniaques, hypomaniaques ou dépressifs au cours des 12 derniers mois et sont associés à un pronostic plus sévère et à une résistance thérapeutique plus fréquente.

Astuce mémo

Urgence → hospitalisation → thymorégulateur ou antipsychotique

13. Trouble bipolaire

Points essentiels

📌 Le trouble bipolaire de type I est défini par un ou plusieurs épisodes maniaques, même en l’absence d’épisode dépressif caractérisé, tandis que le type II associe au moins un épisode hypomaniaque et un épisode dépressif caractérisé sans antécédent d’épisode maniaque.

  • L’héritabilité du trouble bipolaire est estimée à 70 %, et les facteurs environnementaux comprennent notamment les traumatismes de l’enfance et les stress environnementaux ultérieurs.

  • Les complications du trouble bipolaire comprennent les cycles rapides, les comorbidités psychiatriques et somatiques, les actes médico-légaux, le suicide et la désinsertion familiale, professionnelle et sociale.

📌 Dans l’épisode dépressif bipolaire, le traitement repose sur le lithium ou la lamotrigine, ou sur la quétiapine, tandis qu’un ISRS ne s’envisage qu’en seconde intention après un thymorégulateur et avec une augmentation progressive.

Astuce mémo

Type I = manie possible seule ; Type II = hypomanie + dépression, jamais de manie

14. Dépression et trouble délirant

Notions clés & Définitions

  • Trouble délirant persistant : Appartient aux troubles psychotiques chroniques non schizophréniques et se caractérise par des idées délirantes durant au moins 1 mois, généralement plausibles, sans désorganisation ni syndrome négatif.
  • Épisode dépressif caractérisé : Associe une tristesse pathologique de l’humeur ou une baisse d’énergie à des perturbations psychoaffectives, psychomotrices et physiologiques pendant au moins 15 jours.

★ À maîtriser

  • Un épisode dépressif caractérisé exige au moins cinq symptômes pendant deux semaines, dont une humeur dépressive ou une perte d’intérêt ou de plaisir, avec une détresse significative ou une altération du fonctionnement.

  • Parmi les personnes présentant un épisode dépressif caractérisé, 30 à 50 % des tentatives de suicide lui sont secondaires et 80 % des personnes décédées par suicide présentent un épisode dépressif caractérisé au moment du passage à l’acte.

Compléments

📌 La résistance aux antidépresseurs dans l’épisode dépressif caractérisé correspond à l’échec de deux antidépresseurs administrés à dose efficace pendant au moins six semaines.

Astuce mémo

Dépression : symptômes → gravité → traitement → prévention des rechutes

15. Troubles anxieux et phobiques

Notions clés & Définitions

  • Trouble anxieux généralisé : Se caractérise par des inquiétudes excessives, chroniques et mal contrôlées durant plus de 6 mois et concernant au moins deux thèmes différents, avec des symptômes physiologiques et somatiques associés.

★ À maîtriser

  • Le traitement de fond du trouble anxieux généralisé repose sur l’éducation thérapeutique, les mesures hygiéno-diététiques et la psychothérapie, avec éventuellement un ISRS dans les formes sévères et invalidantes.

  • La phobie spécifique correspond à une peur intense et disproportionnée d’un objet ou d’une situation précise, tandis que la phobie sociale concerne les situations où la personne est exposée au regard et au jugement d’autrui.

  • La prise en charge des troubles phobiques repose principalement sur la thérapie cognitivo-comportementale, notamment l’exposition graduée ou la désensibilisation systématique.

Compléments

  • L’exposition graduée consiste à confronter volontairement et progressivement le sujet, de manière prolongée, aux objets ou situations redoutés.

Astuce mémo

Phobie spécifique = objet ou situation ; phobie sociale = regard et jugement d’autrui

16. Panique, TOC et personnalité

Notions clés & Définitions

  • Trouble panique : Est un trouble anxieux chronique caractérisé par la répétition d’attaques de panique, responsable d’une anxiété anticipatoire et pouvant se compliquer d’agoraphobie.
  • Trouble obsessionnel compulsif : Associe des obsessions, des compulsions ou les deux, entraînant une perte de temps importante, une détresse significative ou une altération du fonctionnement.

Points essentiels

📌 L’agoraphobie correspond à la peur ou à l’évitement d’au moins deux catégories de situations parmi les transports, les endroits ouverts, les endroits clos, les files ou foules et la sortie seul du domicile, en raison de la difficulté anticipée à s’échapper ou à être secouru.

  • Les trois grandes thématiques sont:
    • contamination avec lavage ou évitement
    • erreur avec ordre ou vérification
    • pensées interdites avec rituels mentaux ou vérifications

📌 Le traitement du trouble obsessionnel compulsif repose sur la thérapie cognitivo-comportementale avec exposition et prévention de la réponse, complétée si nécessaire par un ISRS à posologie élevée, et l’association des deux est plus efficace que chaque approche seule.

Astuce mémo

Obsession → anxiété → compulsion → soulagement bref → renforcement du trouble

17. Trauma, adaptation et somatisation

Notions clés & Définitions

  • Trouble stress post-traumatique : Survient après une exposition traumatique et associe un syndrome de répétition, un syndrome d’évitement, une hyperactivation neurovégétative et des altérations négatives des cognitions et de l’humeur pendant plus d’un mois.
  • Trouble de l’adaptation : Correspond à des symptômes émotionnels ou comportementaux réactionnels à un événement de vie stressant, apparaissant dans les 3 mois et disparaissant dans les 6 mois suivant l’arrêt du facteur stressant.

Points essentiels

📌 Le trouble stress aigu présente les mêmes symptômes que le trouble stress post-traumatique mais évolue pendant moins d’un mois, typiquement de trois jours à un mois après le traumatisme.

  • Les psychothérapies de première intention comprennent:
    • thérapie cognitivo-comportementale
    • exposition prolongée
    • EMDR

📌 Dans le trouble à symptomatologie somatique, les symptômes physiques pénibles ou invalidants sont associés à des pensées, émotions et comportements anxieux, tandis que la crainte excessive d’avoir une maladie survient en l’absence de symptômes physiques pénibles ou invalidants par eux-mêmes.

Astuce mémo

Trauma : répétition, évitement, hyperactivation, cognitions-humeur négatives

18. Vulnérabilité, psychothérapie et addictions

Notions clés & Définitions

  • Facteur de vulnérabilité : Est une caractéristique individuelle liée au fait qu’une personne est exposée à un ou plusieurs facteurs de risque génétiques ou environnementaux.
  • Addiction : Est un comportement procurant du plaisir ou atténuant un malaise interne, que la personne ne parvient pas à contrôler de façon répétée malgré la connaissance de ses conséquences négatives.
  • Addiction : Comportement procurant du plaisir ou atténuant une sensation de malaise interne, que la personne ne parvient pas répétitivement à contrôler et qu’elle poursuit malgré la connaissance de ses conséquences négatives.

Points essentiels

  • En France, une personne sur cinq, soit environ 12 millions de personnes, souffre d’au moins un trouble psychiatrique, qui représente le troisième rang des maladies les plus fréquentes après le cancer et les maladies cardiovasculaires.

  • Selon la CIM-10, la dépendance est diagnostiquée lorsqu’au moins trois manifestations sont présentes simultanément au cours de la dernière année, notamment le désir compulsif, la perte de contrôle, le sevrage, la tolérance, l’abandon d’autres intérêts et la poursuite malgré les conséquences nocives.

  • L’usage à risque est un facteur de risque important mais ne constitue pas un trouble, l’usage nocif altère la santé sans critère de dépendance, tandis que la dépendance définit le trouble addictif.

  • Selon la CIM-10, la dépendance est certaine lorsque au moins trois manifestations sont présentes simultanément au cours de la dernière année parmi six critères : désir compulsif, perte de contrôle, sevrage, tolérance, abandon d’autres plaisirs et poursuite malgré les conséquences nocives.

  • Le tabagisme quotidien concerne 24 % de la population, dont 50 % présentent des signes de dépendance, et il est responsable d’environ 75 000 décès prématurés annuels.

  • Les quatre moyens de prise en charge sont:

    • Psychothérapies et thérapies cognitivo-comportementales
    • Substituts nicotiniques
    • Varénicline
    • Bupropion
  • L’alcool est la substance psychoactive la plus consommée en France : 90 % des adultes en consomment au moins une fois par an et 10 % quotidiennement.

📌 Une consommation d’alcool à faible risque correspond à au plus 10 verres standards par semaine, au plus 2 verres standards par jour et des jours sans consommation dans la semaine ; dépasser ces critères constitue un mésusage.

  • Le sevrage alcoolique repose sur l’arrêt complet de l’alcool, la surveillance, des benzodiazépines à demi-vie longue progressivement diminuées pendant 7 à 10 jours, une hydratation orale de 2 à 3 litres par 24 heures et une supplémentation systématique en vitamine B1.

📌 La sévérité du sevrage aux benzodiazépines augmente avec une diminution rapide de la posologie, une dose élevée, une demi-vie courte, une anxiété importante, un épisode dépressif caractérisé ou une consommation associée d’alcool ou d’autres substances.

📌 Les benzodiazépines anxiolytiques ne doivent pas être prescrites au-delà de 12 semaines et les benzodiazépines ou apparentés hypnotiques au-delà de 4 semaines.

  • Le parcours du joueur pathologique passe par un gain initial, une phase de pertes avec tentative de se refaire, puis une phase de désespoir exposant notamment au risque suicidaire.

  • L’Autorisation d’usage à des fins thérapeutiques permet à un sportif d’utiliser certains traitements contenant une substance interdite pour prendre en charge un problème de santé aigu ou chronique.

Tableaux de synthèse

Comparaison des principaux TCA

TroubleComportements compensatoiresÉvolution de l’IMC
Anorexie mentaleRestriction alimentaireDiminution
BoulimiePrésentsStabilité habituelle
Hyperphagie boulimiqueAbsentsAugmentation

Comparaison des épisodes maniaques

CaractéristiqueManieHypomanie
Durée> 7 jours> 4 jours
HospitalisationGénéralement nécessaireNon habituelle
Caractéristiques psychotiquesPossiblesAbsentes
RetentissementImportantMoins important

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1. Quelle distinction sémiologique permet de différencier un signe, un symptôme et un syndrome ?

2. Qu'est-ce qu'une idée délirante en psychiatrie sémiologique ?

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Quelle différence existe-t-il entre un signe et un symptôme en psychiatrie ?

Un signe est objectif, un symptôme est subjectif.

Idées délirantes

Altérations du contenu de la pensée, conviction inébranlable.

Qu'est-ce que l'insight en psychiatrie ?

La conscience de ses symptômes et leur attribution à une pathologie.

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