QCM : Psychose, clinique et phénomènes liminaux — 49 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle conception de l’usager correspond à la loi Kouchner de 2002 ?

Un malade dont le statut dépend de la gravité de sa pathologie
Un résident soumis aux règles de l’établissement sans participation aux soins
Une personne dont les droits fondamentaux doivent être respectés dans le système de soins
Un patient dont les décisions sont prises par l’équipe soignante

Une personne dont les droits fondamentaux doivent être respectés dans le système de soins

Explication

La loi Kouchner reconnaît l’usager comme une personne du système de soins titulaire de droits fondamentaux, quelle que soit sa pathologie. L’idée d’un patient passif contredit cette évolution, car l’usager participe aux décisions qui le concernent.

2. Après la Révolution française, comment le fou est-il principalement considéré ?

Comme un être dont les troubles relèvent principalement d’une explication démoniaque
Comme une personne frappée par une malédiction sans possibilité thérapeutique
Comme un individu exclu de la citoyenneté en raison de son comportement
Comme un citoyen dont la raison altérée peut faire l’objet d’un traitement

Comme un citoyen dont la raison altérée peut faire l’objet d’un traitement

Explication

Après la Révolution française, la folie est pensée comme une altération de la raison chez un citoyen, sur laquelle un traitement peut agir. Cette conception se distingue des interprétations fondées sur la malédiction ou la démonologie.

3. Quel découpage chronologique Georges Lantéri-Laura propose-t-il pour l’histoire de la psychopathologie ?

Aliénation mentale de 1793 à 1854, maladies mentales de 1854 à 1924, grandes structures de 1926 à 1977
Aliénation mentale de 1793 à 1924, maladies mentales de 1924 à 1954, grandes structures de 1954 à 1977
Aliénation mentale de 1854 à 1924, maladies mentales de 1793 à 1854, grandes structures de 1926 à 1977
Maladies mentales de 1793 à 1854, aliénation mentale de 1854 à 1924, grandes structures de 1926 à 1977

Aliénation mentale de 1793 à 1854, maladies mentales de 1854 à 1924, grandes structures de 1926 à 1977

Explication

Lantéri-Laura distingue trois périodes successives : l’aliénation mentale, les maladies mentales, puis les grandes structures psychopathologiques, avec les bornes indiquées. Le deuxième paradigme ne doit pas être confondu avec celui des grandes structures, car ils correspondent à des découpages théoriques différents.

4. Que désigne l’aliénation mentale dans la conception médicale de la folie ?

Une expérience spirituelle définie par des interprétations de malédiction
Une catégorie sociale regroupant des personnes marginalisées sans critère médical
Un ensemble de troubles sans principe commun et sans classification possible
Une maladie unique dans son principe, mais diverse dans ses formes cliniques

Une maladie unique dans son principe, mais diverse dans ses formes cliniques

Explication

L’aliénation mentale repose sur l’idée d’une maladie commune dans son principe, mais pouvant prendre plusieurs formes, comme la mélancolie, la manie, la démence ou l’idiotisme. Elle relève donc d’une conception médicale plutôt que d’une explication par la malédiction.

5. Quelle réforme est associée à Philippe Pinel dans l’organisation du traitement des aliénés ?

La séparation des aliénés et le recours à des asiles rationnels avec traitement moral
La suppression des environnements institutionnels au profit d’une prise en charge familiale
La réduction du traitement à l’observation des symptômes sans intervention sur le milieu
La fusion des aliénés avec les autres populations marginalisées dans des établissements communs

La séparation des aliénés et le recours à des asiles rationnels avec traitement moral

Explication

Pinel distingue les aliénés des autres populations marginalisées et défend des asiles organisés rationnellement ainsi que le traitement moral. La fusion avec les autres groupes marginalisés contredit précisément cette volonté de séparation et de prise en charge spécifique.

6. Quelle mesure Esquirol défend-il pour structurer l’organisation psychiatrique ?

La centralisation des personnes hospitalisées dans un établissement national unique
La suppression des règles de placement pour privilégier l’hospitalisation informelle
La fermeture des asiles départementaux et le retour à une surveillance privée
La création d’un asile par département et l’encadrement légal des placements

La création d’un asile par département et l’encadrement légal des placements

Explication

Esquirol contribue à la réglementation psychiatrique en défendant un asile par département et un cadre légal pour les placements. Une organisation fondée sur un établissement national unique ne correspond pas à ce modèle départemental.

7. Un patient demande volontairement des soins psychiatriques et peut décider de sortir de l’établissement : de quelle modalité s’agit-il ?

Des soins en raison d’un péril imminent
Des soins à la demande d’un tiers
Des soins à la demande d’un représentant de l’État
Des soins libres

Des soins libres

Explication

Les soins libres reposent sur la démarche volontaire du patient et permettent une sortie, contrairement aux modalités de soins sous contrainte. Les SPDT, les SPDRE et les SPPI correspondent respectivement à une demande d’un tiers, de l’État ou à un péril imminent.

8. Quelle distinction permet de différencier un signe d’un symptôme en psychiatrie ?

Le signe est raconté par le patient, tandis que le symptôme est mesuré par le professionnel
Le signe est observable par le professionnel, tandis que le symptôme est décrit par le patient
Le signe correspond au diagnostic, tandis que le symptôme décrit l’organisation du service
Le signe concerne la cause du trouble, tandis que le symptôme désigne son traitement

Le signe est observable par le professionnel, tandis que le symptôme est décrit par le patient

Explication

Un signe est un élément observable sans que le patient ait besoin de le formuler, tandis qu’un symptôme renvoie à son vécu explicité. La distinction porte donc sur le mode d’accès à l’information, et non sur la cause ou le traitement.

9. Quelle observation de Charcot montre qu’un trouble corporel peut avoir une origine psychique sans lésion anatomique identifiable ?

L’hypnose peut reproduire des paralysies ou des anesthésies fonctionnelles
La suggestion peut transformer une fracture ancienne en douleur chronique
L’hypnose peut révéler une inflammation nerveuse discrète mais mesurable
L’observation clinique peut localiser une lésion cérébrale invisible à l’imagerie

L’hypnose peut reproduire des paralysies ou des anesthésies fonctionnelles

Explication

Charcot a montré que l’hystérie pouvait produire des paralysies ou des anesthésies sans lésion anatomique identifiable, et que l’hypnose pouvait reproduire ces manifestations. Une inflammation ou une lésion cérébrale mesurable relèverait d’une atteinte organique, ce qui ne correspond pas au trouble fonctionnel décrit.

10. Que désigne la métapsychologie dans la théorie psychanalytique ?

Une représentation théorique de l’appareil psychique selon plusieurs points de vue
Une théorie limitée aux relations entre le cerveau et les conduites conscientes
Une classification médicale des symptômes psychiques selon leur gravité
Une méthode expérimentale destinée à mesurer les comportements observables

Une représentation théorique de l’appareil psychique selon plusieurs points de vue

Explication

La métapsychologie représente théoriquement l’appareil psychique selon les points de vue économique, topique, dynamique et originaire. Elle ne constitue donc ni une simple classification diagnostique ni une méthode centrée sur les seuls comportements observables.

11. Quelle distinction oppose correctement les deux topiques freudiennes ?

La première distingue des instances psychiques, la seconde des systèmes psychiques
La première distingue des systèmes psychiques, la seconde des instances psychiques
La première décrit des mécanismes biologiques, la seconde des symptômes culturels
La première concerne la conscience morale, la seconde concerne les conduites sociales

La première distingue des systèmes psychiques, la seconde des instances psychiques

Explication

La première topique distingue le conscient, le préconscient et l’inconscient, tandis que la deuxième distingue le Moi, le Ça et le Surmoi. La confusion vient du fait que ces deux modèles décrivent l’appareil psychique, mais selon des catégories différentes.

12. Quelle association entre structure psychopathologique et mécanisme freudien est correcte ?

La névrose relève du refoulement, la psychose de la forclusion et la perversion du déni
La névrose relève de la forclusion, la psychose du refoulement et la perversion de la sublimation
La névrose relève de la projection, la psychose de l’identification et la perversion de la fixation
La névrose relève du déni, la psychose de la sublimation et la perversion du refoulement

La névrose relève du refoulement, la psychose de la forclusion et la perversion du déni

Explication

Dans la psychopathologie freudienne, le refoulement est associé à la névrose, la forclusion à la psychose et le déni ou désaveu à la perversion. Les autres associations mélangent des mécanismes psychanalytiques qui ne correspondent pas à cette distinction structurale.

13. Quelle caractéristique décrit correctement le DSM et la CIM ?

Ce sont des modèles complets expliquant les causes psychiques et sociales des troubles
Ce sont des classifications diagnostiques produites ou utilisées par des institutions psychiatriques
Ce sont des méthodes thérapeutiques destinées à traiter les symptômes psychiatriques
Ce sont des instruments de recherche réservés à l’étude des troubles neurologiques

Ce sont des classifications diagnostiques produites ou utilisées par des institutions psychiatriques

Explication

Le DSM, produit par l’American Psychiatric Association, et la CIM, notamment utilisée en France, servent à classer les diagnostics psychiatriques. Ils ne fournissent pas à eux seuls une explication complète des causes des troubles mentaux.

14. Que mettent en évidence les deux résultats de l’expérience de Rosenhan ?

Les deux résultats montrent une amélioration de la précision des diagnostics hospitaliers
Les deux résultats montrent que les symptômes déclarés permettent d’éviter les erreurs diagnostiques
Le premier révèle des faux négatifs, tandis que le second révèle des faux positifs
Le premier révèle des faux positifs, tandis que le second révèle des faux négatifs

Le premier révèle des faux positifs, tandis que le second révèle des faux négatifs

Explication

Les pseudo-patients furent diagnostiqués schizophrènes après avoir signalé une voix, ce qui illustre des faux positifs, puis des personnes furent prises pour des pseudo-patients alors qu’aucune n’avait été envoyée, ce qui illustre des faux négatifs. Le second résultat ne montre donc pas une meilleure précision diagnostique.

15. Dans quel ordre se déroule l’adaptation à l’expérience des voix décrite par Romme et Escher ?

Stabilisation, organisation, puis surprise
Surprise, organisation, puis stabilisation
Surprise, stabilisation, puis organisation
Organisation, surprise, puis stabilisation

Surprise, organisation, puis stabilisation

Explication

Romme et Escher décrivent une progression allant de la surprise à l’organisation, puis à la stabilisation de l’expérience des voix. Commencer par l’organisation ou la stabilisation inverse les étapes du processus présenté.

16. Quelle définition correspond à l’acculturation ?

Un ensemble d’interactions réciproques entre deux cultures et de leurs effets
La séparation progressive d’un groupe qui refuse les échanges avec d’autres cultures
La transmission verticale de pratiques culturelles entre générations apparentées
Le processus par lequel une personne assimile les normes de sa propre culture

Un ensemble d’interactions réciproques entre deux cultures et de leurs effets

Explication

L’acculturation désigne les interactions réciproques entre deux cultures, dans leur déroulement et dans leurs effets. L’assimilation de sa propre culture relève plutôt de l’intériorisation culturelle, qui ne suppose pas nécessairement une interaction entre deux cultures.

17. Que montrent la présence de syndromes comme l’amok, le latha et le koro ?

Les pratiques culturelles expliquent les troubles sans intervention de facteurs psychiques
Les troubles psychopathologiques présentent les mêmes formes cliniques dans tous les contextes
L’expression de certains troubles psychopathologiques dépend aussi des modèles culturels
Les syndromes culturels correspondent à des lésions anatomiques propres à chaque population

L’expression de certains troubles psychopathologiques dépend aussi des modèles culturels

Explication

L’amok, le latha et le koro illustrent des syndromes liés à la culture et montrent que les modèles culturels influencent l’expression de la psychopathologie. Cette observation ne signifie ni que les troubles ont partout la même forme ni que leur dimension psychique disparaît.

18. Comment Georges Devereux distingue-t-il l’inconscient idiosyncrasique de l’inconscient ethnique ?

Le premier décrit les relations familiales, tandis que le second décrit les conflits entre générations
Le premier est propre au sujet, tandis que le second renvoie aux formes culturelles partagées
Le premier renvoie aux formes culturelles partagées, tandis que le second est propre au sujet
Le premier concerne les symptômes corporels, tandis que le second concerne les mécanismes biologiques

Le premier est propre au sujet, tandis que le second renvoie aux formes culturelles partagées

Explication

Pour Devereux, l’inconscient idiosyncrasique appartient à l’histoire singulière du sujet, alors que l’inconscient ethnique renvoie aux éléments culturels partagés. Les autres distinctions ne reprennent pas l’opposition entre dimension individuelle et dimension culturelle.

19. Quelle différence caractérise l’approche catégorielle par rapport à l’approche dimensionnelle de la folie ?

Elle situe les phénomènes psychiques entre plusieurs niveaux de gravité.
Elle classe les personnes selon des catégories de maladie ou de non-maladie.
Elle explique les troubles par leur durée et leur intensité variables.
Elle mesure chez chacun un degré particulier de manifestations de la folie.

Elle classe les personnes selon des catégories de maladie ou de non-maladie.

Explication

L’approche catégorielle distingue des catégories, comme malade et non-malade, tandis que l’approche dimensionnelle situe les phénomènes sur un continuum. La mesure de degrés variables chez chaque personne décrit donc l’approche dimensionnelle, et non catégorielle.

20. Quelle part de l’efficacité d’une psychothérapie est attribuée à son modèle théorique ?

La majeure partie de l’efficacité observée.
Entre 25 et 30 % de l’efficacité observée.
Près de la moitié de l’efficacité observée.
Entre 10 et 15 % de l’efficacité observée.

Entre 10 et 15 % de l’efficacité observée.

Explication

La contribution du modèle théorique à l’efficacité d’une psychothérapie est estimée entre 10 et 15 %. Les attentes, la motivation et l’alliance thérapeutique participent également de manière importante à cette efficacité.

21. Dans le modèle structural de Bergeret, que désigne une structure psychique ?

Un ensemble d’éléments indépendants dont l’addition produit le fonctionnement psychique.
Une organisation globale et relativement stable fondée sur les relations entre ses éléments.
Une succession d’états psychiques déterminés par les événements récents.
Une classification provisoire établie à partir d’un symptôme dominant.

Une organisation globale et relativement stable fondée sur les relations entre ses éléments.

Explication

Une structure psychique est une organisation globale et relativement stable, définie par les rapports réciproques entre ses éléments. La conception d’une simple addition d’éléments isolés contredit précisément cette définition.

22. Comment les états limites se situent-ils dans le modèle structural de Bergeret ?

Ils occupent une position intermédiaire entre les structures névrotique et psychotique.
Ils désignent des manifestations passagères sans rapport avec une organisation structurale.
Ils correspondent à une forme particulière de structure psychotique constituée.
Ils constituent le troisième pôle principal à côté des structures névrotique et psychotique.

Ils occupent une position intermédiaire entre les structures névrotique et psychotique.

Explication

Dans le modèle de Bergeret, les structures névrotique et psychotique sont les deux grandes structures de base, tandis que les états limites sont des organisations intermédiaires. Ils ne constituent donc pas un troisième pôle principal équivalent aux deux autres.

23. Quelle association entre structure psychique et manifestations cliniques est correcte ?

La structure névrotique peut inclure la psychose maniaco-dépressive, tandis que la structure psychotique peut inclure l’hystérie.
La structure névrotique peut inclure l’hystérie, tandis que la structure psychotique peut inclure la schizophrénie.
La structure névrotique peut inclure la paranoïa, tandis que la structure psychotique peut inclure la névrose obsessionnelle.
La structure névrotique peut inclure la schizophrénie, tandis que la structure psychotique peut inclure l’hystérie.

La structure névrotique peut inclure l’hystérie, tandis que la structure psychotique peut inclure la schizophrénie.

Explication

L’hystérie relève des manifestations possibles de la structure névrotique, alors que la schizophrénie peut relever de la structure psychotique. Les autres associations inversent ou mélangent les exemples attribués aux deux structures.

24. Quelle affirmation décrit correctement le rapport entre psychose, hallucinations et délires ?

Ces manifestations concernent les psychoses chroniques et excluent les épisodes transitoires.
Ces manifestations définissent toute psychose et restent présentes chez chaque sujet psychotique.
Ces manifestations ne sont pas spécifiques aux psychoses et peuvent apparaître pendant certaines crises.
Ces manifestations caractérisent les psychoses mais disparaissent dès qu’une crise commence.

Ces manifestations ne sont pas spécifiques aux psychoses et peuvent apparaître pendant certaines crises.

Explication

Les hallucinations et les délires ne sont pas spécifiques aux psychoses, ne concernent pas tous les sujets psychotiques et peuvent survenir pendant certaines périodes de crise. Ils ne suffisent donc pas à définir toute psychose ni à être présents en permanence.

25. Qu’est-ce qu’une hallucination dans le cadre du continuum psychotique ?

Une réaction émotionnelle intense déclenchée par un souvenir traumatique.
Une conviction anormale concernant une idée qui ne respecte pas les normes habituelles.
Une organisation psychique intermédiaire située entre deux structures cliniques.
Une perception anormale ou un raté perceptif par rapport aux objets présents dans l’environnement.

Une perception anormale ou un raté perceptif par rapport aux objets présents dans l’environnement.

Explication

Une hallucination correspond à une perception anormale ou à un raté perceptif par rapport aux objets effectivement présents dans l’environnement sensoriel. Une conviction anormale relève plutôt de la cognition délirante.

26. Quelle distinction permet de différencier un délire d’une hallucination ?

Le délire concerne une cognition anormale, tandis que l’hallucination concerne une perception anormale.
Le délire concerne une organisation structurale, tandis que l’hallucination concerne une crise émotionnelle.
Le délire concerne une perception anormale, tandis que l’hallucination concerne une cognition anormale.
Le délire concerne une réaction traumatique, tandis que l’hallucination concerne une croyance socialement partagée.

Le délire concerne une cognition anormale, tandis que l’hallucination concerne une perception anormale.

Explication

Le délire relève de pensées ou de convictions anormales, donc d’une cognition anormale, alors que l’hallucination correspond à une perception anormale. L’inversion de ces deux notions constitue la confusion principale à éviter.

27. Comment l’approche dimensionnelle décrit-elle le continuum psychotique ?

Il va des expériences psychotiques dans la population générale jusqu’à la psychose clinique comme forme extrême.
Il sépare les expériences de la population générale d’une psychose clinique sans zone intermédiaire.
Il regroupe les psychoses cliniques selon leurs symptômes sans les relier aux expériences ordinaires.
Il réserve les phénomènes psychotiques aux personnes ayant reçu un diagnostic clinique.

Il va des expériences psychotiques dans la population générale jusqu’à la psychose clinique comme forme extrême.

Explication

L’approche dimensionnelle conçoit un continuum allant d’expériences psychotiques présentes dans la population générale jusqu’à la psychose clinique, qui en représente une forme extrême. La psychose clinique n’est donc pas une catégorie totalement séparée des expériences ordinaires.

28. Quelle conception décrit la psychose comme un continuum dont la psychose clinique représente un extrême ?

L’approche strictement neurologique
L’approche exclusivement sociale
L’approche dimensionnelle
L’approche catégorielle

L’approche dimensionnelle

Explication

L’approche dimensionnelle situe les expériences psychotiques sur un continuum, la psychose clinique en constituant l’extrémité la plus marquée. L’approche catégorielle sépare plutôt les troubles en catégories distinctes.

29. Pourquoi l’adaptation sociale ne permet-elle pas de distinguer systématiquement les personnes psychotiques ?

Parce que l’adaptation sociale mesure principalement les hallucinations perceptives
Parce qu’une psychose peut rester ordinaire, hors crise et sans délire manifeste
Parce que la psychose se définit par une absence durable de symptômes observables
Parce que la psychose implique généralement une adaptation sociale supérieure

Parce qu’une psychose peut rester ordinaire, hors crise et sans délire manifeste

Explication

Une personne peut connaître une psychose hors crise, sans délire manifeste et avec une adaptation sociale préservée. Une bonne adaptation sociale ne permet donc pas d’exclure une expérience psychotique.

30. Qu’est-ce qui caractérise une hallucination ?

Une conduite sociale inadaptée apparaissant pendant une crise
Une perception anormale décalée des objets présents dans l’environnement
Une cognition anormale produisant des pensées jugées inadmissibles
Une croyance persistante construisant une interprétation fausse du monde

Une perception anormale décalée des objets présents dans l’environnement

Explication

L’hallucination est une perception anormale qui ne correspond pas aux objets présents dans l’environnement sensoriel. La cognition anormale et les croyances délirantes relèvent plutôt de la définition du délire.

31. Quelle distinction oppose correctement le délire et l’hallucination ?

Le délire désigne une expérience transitoire, tandis que l’hallucination désigne une catégorie diagnostique
Le délire concerne une cognition anormale, tandis que l’hallucination concerne une perception anormale
Le délire désigne une adaptation sociale altérée, tandis que l’hallucination désigne une crise aiguë
Le délire concerne une perception anormale, tandis que l’hallucination concerne une cognition anormale

Le délire concerne une cognition anormale, tandis que l’hallucination concerne une perception anormale

Explication

Le délire est défini comme une cognition anormale, alors que l’hallucination correspond à une perception anormale. Inverser ces deux définitions constitue la confusion principale entre ces expériences psychotiques.

32. Quelle caractéristique distingue le syndrome de psychose atténuée d’une forme clinique complète de psychose ?

Les symptômes sont nécessairement absents pendant les périodes de détresse
Le syndrome apparaît principalement après l’âge adulte avancé
La capacité à tester la réalité reste intacte malgré des symptômes atténués
Les personnes concernées présentent systématiquement une désorganisation sévère

La capacité à tester la réalité reste intacte malgré des symptômes atténués

Explication

Dans le syndrome de psychose atténuée, des délires, hallucinations ou discours désorganisés peuvent apparaître sous une forme réduite, tandis que le test de réalité demeure intact. Une psychose clinique complète implique au contraire une altération plus importante de ce test.

33. Lequel de ces éléments fait partie des critères proposés pour le syndrome de psychose atténuée ?

L’existence confirmée d’un trouble neurologique expliquant les symptômes
L’apparition des symptômes après une perte complète du test de réalité
L’absence de critères complets d’un trouble psychotique
La présence obligatoire d’une hospitalisation psychiatrique antérieure

L’absence de critères complets d’un trouble psychotique

Explication

La proposition diagnostique exige notamment l’absence de critères complets d’un trouble psychotique, afin de distinguer ce syndrome d’une psychose clinique. Une hospitalisation antérieure ou un trouble neurologique confirmé ne constitue pas un critère nécessaire de cette proposition.

34. À quelle fréquence minimale les symptômes du syndrome de psychose atténuée doivent-ils survenir pendant le mois précédent ?

En moyenne deux fois par année
En moyenne au moins une fois par semaine
En moyenne une fois par mois
En moyenne chaque jour pendant une semaine

En moyenne au moins une fois par semaine

Explication

Les symptômes doivent avoir été présents pendant le mois précédent et survenir en moyenne au moins une fois par semaine durant cette période. Une fréquence mensuelle ou annuelle ne répond pas à cette exigence temporelle.

35. Comment Freud présente-t-il principalement la psychose dans Cinq psychanalyses ?

Comme le négatif de la névrose, notamment à partir du cas Schreber
Comme une réaction sociale sans rapport avec les conflits psychiques
Comme un point intermédiaire d’un continuum allant de la névrose à la psychose
Comme une affection étudiée principalement à partir des hallucinations infantiles

Comme le négatif de la névrose, notamment à partir du cas Schreber

Explication

Freud oppose principalement la psychose à la névrose et l’étudie notamment à partir du cas du président Schreber dans Cinq psychanalyses. La conception d’un continuum entre névrose et psychose appartient plutôt aux approches dimensionnelles.

36. Comment Freud interprète-t-il la fonction du délire psychotique ?

Comme une simple absence de logique dépourvue de fonction psychique
Comme une perception anormale produite par des objets absents
Comme une tentative de guérison apportant une solution à des angoisses fondamentales
Comme une stratégie sociale destinée à obtenir une reconnaissance institutionnelle

Comme une tentative de guérison apportant une solution à des angoisses fondamentales

Explication

Pour Freud, le délire constitue un processus autothérapeutique qui tente d’apporter une solution à des angoisses plus fondamentales. Le réduire à une absence de logique ignore la fonction de reconstruction psychique qu’il lui attribue.

37. Selon Freud, que cherche à construire le paranoïaque au moyen de son délire ?

Une perception commune permettant de vérifier les objets présents
Un système destiné à supprimer toute forme d’angoisse extérieure
Une explication médicale confirmant une maladie neurologique
Un monde dans lequel il puisse de nouveau vivre

Un monde dans lequel il puisse de nouveau vivre

Explication

Freud considère que le paranoïaque tente, par son délire, d’édifier un monde redevenu vivable. Cette conception attribue au délire une fonction de reconstruction, plutôt qu’une simple incohérence dépourvue de sens.

38. Dans la cure psychanalytique, que désigne principalement le transfert ?

L’influence de la situation analytique et les projections du patient sur le cadre
L’influence des réactions du thérapeute sur les représentations du patient
L’effet indésirable produit par une intervention thérapeutique sur le patient
L’adaptation du traitement aux besoins affectifs personnels de l’analyste

L’influence de la situation analytique et les projections du patient sur le cadre

Explication

Le transfert renvoie à l’influence de la situation analytique ainsi qu’à ce que le patient projette sur le cadre. Le contre-transfert concerne plutôt l’influence du patient sur les ressentis et l’inconscient du thérapeute.

39. Quel phénomène décrit l’influence du patient sur les ressentis et l’inconscient du thérapeute pendant la cure ?

Le transfert
La résistance
Le contre-transfert
L’iatrogénie

Le contre-transfert

Explication

Le contre-transfert désigne ce que le patient fait éprouver au thérapeute et l’effet qu’il exerce sur son fonctionnement inconscient. Le transfert concerne principalement les projections du patient sur la situation analytique.

40. Comment Mélanie Klein caractérise-t-elle la différence entre psychose et névrose ?

Comme une distinction fondée sur la présence ou l’absence d’un traitement médicamenteux
Comme une opposition de nature entre deux structures sans passage possible entre elles
Comme une différence de degré liée à des dynamiques traversées au cours du développement
Comme une différence déterminée par la seule intensité des symptômes observables

Comme une différence de degré liée à des dynamiques traversées au cours du développement

Explication

Pour Mélanie Klein, psychose et névrose se distinguent par le degré, puisque le développement comporte des dynamiques psychotiques, névrotiques et dépressives. Une opposition rigide entre deux natures cliniques ne correspond donc pas à sa conception.

41. Quelle attitude Winnicott recommande-t-il à l’analyste lorsqu’il éprouve de la haine envers un patient ?

Interrompre la cure dès que cette émotion révèle une incompatibilité entre les deux personnes
Reconnaître objectivement cette haine afin de ne pas orienter la cure selon ses propres besoins
Transformer cette haine en interprétation pour accélérer l’élaboration psychique du patient
Dissimuler cette haine afin de préserver une relation thérapeutique dépourvue de toute tension

Reconnaître objectivement cette haine afin de ne pas orienter la cure selon ses propres besoins

Explication

Winnicott demande à l’analyste d’identifier objectivement la haine que le patient lui fait éprouver afin de ne pas adapter le traitement à ses besoins personnels. La dissimulation de cette émotion empêcherait plutôt son examen clinique.

42. Chez Lacan, que désigne la notion de structure clinique ?

L’effet de la structure du langage sur le sujet, organisé en structures névrotique, psychotique et perverse
La classification des troubles selon leur réponse respective aux traitements pharmacologiques
La description des comportements observables indépendamment de la position du sujet dans le langage
Le classement des symptômes selon leur fréquence, leur intensité et leur évolution médicale

L’effet de la structure du langage sur le sujet, organisé en structures névrotique, psychotique et perverse

Explication

Chez Lacan, la structure clinique exprime l’effet du langage sur le sujet et comprend les structures névrotique, psychotique et perverse. Elle ne se réduit donc ni à une liste de symptômes ni à une classification pharmacologique.

43. Quel ensemble associe correctement des types cliniques lacaniens à leurs structures ?

Hystérie et mélancolie dans la psychose ; paranoïa et fétichisme dans la névrose
Hystérie et névrose obsessionnelle dans la névrose ; schizophrénie et paranoïa dans la psychose
Schizophrénie et exhibitionnisme dans la névrose ; sadisme et mélancolie dans la psychose
Névrose obsessionnelle et masochisme dans la psychose ; fétichisme et paranoïa dans la perversion

Hystérie et névrose obsessionnelle dans la névrose ; schizophrénie et paranoïa dans la psychose

Explication

L’hystérie et la névrose obsessionnelle relèvent de la névrose, tandis que la schizophrénie et la paranoïa relèvent de la psychose. Le fétichisme, le sadisme, le masochisme et l’exhibitionnisme appartiennent à la perversion.

44. Quelle caractéristique distingue le diagnostic structural lacanien d’un modèle dimensionnel continu ?

Il répartit les sujets sur une échelle graduée selon la quantité de symptômes présents à un moment donné
Il associe chaque tableau clinique à une cause biologique mesurable et à un traitement standardisé
Il décrit les troubles comme des variations temporaires dont les frontières diagnostiques restent perméables
Il repose sur des catégories mutuellement excluantes et sur une causalité logique liée à la position du sujet face à la castration

Il repose sur des catégories mutuellement excluantes et sur une causalité logique liée à la position du sujet face à la castration

Explication

Le diagnostic structural lacanien distingue des catégories mutuellement excluantes et les relie logiquement à la position du sujet par rapport à la castration. Un modèle dimensionnel continu repose au contraire sur des degrés et des frontières moins étanches.

45. Dans la relation d’objet lacanienne, quelle association entre manque et objet est correcte ?

La privation concerne un manque imaginaire d’un objet réel, tandis que la frustration concerne un manque réel d’un objet symbolique
La castration concerne un manque réel d’un objet symbolique, tandis que la privation concerne un manque symbolique d’un objet imaginaire
La frustration concerne un manque symbolique d’un objet imaginaire, tandis que la castration concerne un manque imaginaire d’un objet réel
La privation concerne un manque réel d’un objet symbolique, tandis que la frustration concerne un manque imaginaire d’un objet réel

La privation concerne un manque réel d’un objet symbolique, tandis que la frustration concerne un manque imaginaire d’un objet réel

Explication

Lacan distingue la privation comme manque réel d’un objet symbolique et la frustration comme manque imaginaire d’un objet réel. La castration correspond quant à elle à un manque symbolique ou à l’interdit portant sur un objet imaginaire.

46. Pourquoi l’expression « expérience exceptionnelle » peut-elle être préférée à une catégorisation immédiatement pathologique ?

Elle établit que le vécu provient nécessairement d’un trouble psychotique durable
Elle indique que l’expérience peut être intégrée sans difficulté aux schémas cognitifs habituels
Elle décrit l’intensité et l’étrangeté du vécu sans lui attribuer prématurément une origine pathologique
Elle désigne une croyance partagée dont la validité objective a été démontrée cliniquement

Elle décrit l’intensité et l’étrangeté du vécu sans lui attribuer prématurément une origine pathologique

Explication

Une expérience exceptionnelle est vécue avec une forte intensité et s’écarte des modèles explicatifs disponibles pour la personne, sans que son origine soit d’emblée déclarée pathologique. La qualifier directement de psychose imposerait une interprétation que cette notion cherche précisément à éviter.

47. Dans la folie à deux, quel rôle joue l’élément passif ?

Il adhère au délire de l’élément inducteur ou contribue à l’entretenir dans un lien affectif étroit
Il produit seul le délire puis persuade progressivement l’autre personne de l’adopter
Il observe les convictions délirantes sans y participer et maintient une position extérieure
Il élabore une explication clinique du délire afin d’organiser la prise en charge du couple

Il adhère au délire de l’élément inducteur ou contribue à l’entretenir dans un lien affectif étroit

Explication

Dans la folie à deux, l’élément passif adopte ou renforce le délire produit par l’élément inducteur, généralement dans un lien affectif fort et un espace clos. La production initiale du délire appartient au rôle inducteur.

48. Qu’est-ce qui caractérise le savoir mobilisé par les médiateurs de santé pairs ?

Un savoir expérientiel issu d’un parcours de psychiatrie, utilisé pour faciliter l’accès des patients aux soins
Un savoir professionnel acquis dans une formation médicale et transmis sans référence à une expérience personnelle
Un savoir administratif consacré à l’orientation des patients vers les structures spécialisées
Un savoir familial destiné à remplacer les consultations et les dispositifs institutionnels de soin

Un savoir expérientiel issu d’un parcours de psychiatrie, utilisé pour faciliter l’accès des patients aux soins

Explication

Les médiateurs de santé pairs sont d’anciens usagers de la psychiatrie qui s’appuient sur leur expérience pour faciliter l’accès aux soins. Leur rôle ne se confond donc pas avec celui d’un professionnel dont le savoir serait fondé sur la formation clinique.

49. Quelle opposition conceptuelle distingue la folle folie de la sage folie ?

La folle folie décrit une expérience exceptionnelle, tandis que la sage folie désigne une croyance produite par un inducteur
La folle folie intègre la folie à la raison, tandis que la sage folie sépare nettement les personnes saines des personnes folles
La folle folie renvoie à la médiation par les pairs, tandis que la sage folie concerne le partage des tâches en institution
La folle folie oppose un non-fou à un fou, tandis que la sage folie considère la folie comme immanente à la raison

La folle folie oppose un non-fou à un fou, tandis que la sage folie considère la folie comme immanente à la raison

Explication

La folle folie repose sur une séparation entre un non-fou et un fou, alors que la sage folie récuse cette opposition et pense la folie comme présente au sein même de la raison. Les autres associations renvoient à des notions différentes du soin ou des phénomènes liminaux.

Révisez avec les flashcards

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Qu'est-ce qu'un usager dans le système de soins selon la loi Kouchner 2002?

Une personne dont les droits fondamentaux doivent être respectés quelle que soit sa pathologie.

Comment était considéré le fou après la Révolution française?

Comme un citoyen dont la raison est altérée mais traitable.

Quels sont les trois paradigmes de la psychopathologie selon Lantéri-Laura (1998) ?

Aliénation mentale (1793-1854), maladies mentales (1854-1924), grandes structures psychopathologiques (1926-1977).

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