Fiche de révision : Sensibilité et Troubles Neurologiques

Plan du Cours

  1. Modalités sensitives
  2. Examen clinique
  3. Signes subjectifs et objectifs
  4. Troubles de la sensibilité
  5. Topographie des atteintes

1. Modalités sensitives

Notions clés & Définitions

  • Sensibilité superficielle : Sensibilité superficielle regroupe l’extéroception cutanée et comprend le tact et la sensibilité thermo-algique.
  • Tact épicritique : Le tact fin correspond à une sensibilité épicritique, utile pour des perceptions très précises.
  • Sensibilité proprioceptive : La sensibilité profonde correspond à l’information musculaire, articulaire et osseuse, consciente et aussi impliquée dans des contrôles réflexes.
  • Sensibilité viscérale : La sensibilité viscérale correspond aux informations provenant des organes, inconscientes pour la motricité et conscientes pour des sensations comme faim ou plénitude.

Points essentiels

  • Le tact se décline en tact fin épicritique et tact grossier protopathique.
  • La thermo-algique comprend le chaud/froid et la douleur.
  • La proprioception a une composante consciente et une composante inconsciente vers le cervelet, participant au contrôle réflexe du tonus.
  • La viscéral peut être inconsciente (motricité viscérale) ou consciente (plénitude vessie/tube digestif, faim/soif).

Astuce mémo

Extéro = cutané (tact + chaud/froid/douleur), Proprio = muscles-articulations, Viscéro = organes (inconscient moteur, conscient besoin).

2. Examen clinique

Notions clés & Définitions

  • Analyse précise : L’examen doit chercher une analyse fine des déficits en distinguant les modalités et les zones atteintes.
  • Patient yeux fermés : L’examen se fait avec le patient les yeux fermés pour limiter l’influence de la vision sur la perception.
  • Épingle à nourrice : L’épingle à nourrice est un outil servant à tester la sensibilité à la douleur (pincement/piqûre).
  • Diapason : Le diapason sert à évaluer la sensibilité osseuse vibratoire, aussi appelée pallesthésie.

Points essentiels

  • L’examen est difficile et exige une bonne coopération et concentration du patient.
  • La technique doit être rigoureuse et peut être réalisée en plusieurs fois si besoin.
  • Les tests se font notamment avec une épingle à nourrice et un diapason, souvent avec les yeux fermés.
  • Les modalités doivent être analysées précisément pour relier les symptômes à un type de sensibilité et une topographie.

Astuce mémo

Examen = rigueur + coopération + yeux fermés, avec outils ciblés (épingle douleur, diapason vibration).

3. Signes subjectifs et objectifs

Notions clés & Définitions

  • Douleurs : Les douleurs décrivent une plainte avec caractéristiques permettant de préciser le type, l’intensité et la topographie.
  • Paresthésies : Les paresthésies sont des sensations anormales spontanées, souvent non douloureuses, comme fourmillement ou engourdissement.
  • Stéréognosie : La stéréognosie est la capacité à reconnaître des objets par la palpation, les yeux fermés.
  • Paresthésies type fourmillement : Le fourmillement, avec engourdissement et picotement, fait partie des sensations rapportées dans les paresthésies.

Points essentiels

  • Les douleurs à préciser comprennent le type (brûlure, déchirure, morsure, étau, décharge), l’intensité et la topographie.
  • Les paresthésies regroupent engourdissement, fourmillement, picotement, avec exemple « comme chez le dentiste ».
  • En sensibilité superficielle, le tact fin se teste au doigt ou au coton.
  • En sensibilité profonde, on évalue l’attitude segmentaire et les perceptions à la pression/différences de poids.

Astuce mémo

Subjectif = plainte (douleur : type-intensité-topo ; paresthésies : engourdissement-fourmillement-picotement). Objectif = tests (tact doigt/coton, stéréognosie, diapason).

4. Troubles de la sensibilité

Notions clés & Définitions

  • Anesthésie : L’anesthésie correspond à l’abolition d’un ou plusieurs types de sensibilité.
  • Hypoesthésie : L’hypoesthésie correspond à une diminution d’un ou plusieurs types de sensibilité.
  • Hyperpathie : L’hyperpathie associe pénibilité immédiate de tout stimulus puis une douleur maximale qui persiste.
  • Allodynie : L’allodynie est une dysesthésie douloureuse déclenchée par un stimulus normalement non douloureux.

Points essentiels

  • L’hypoesthésie inclut l’analgésie quand la douleur est spécifiquement diminuée.
  • L’hyperesthésie correspond à une exacerbation de la sensibilité douloureuse.
  • La dysesthésie correspond à une modification qualitative de la sensibilité (« je sens mais bizarre »).
  • L’astéréognosie correspond à la perte de reconnaissance des objets par palpation.
  • La pallesthésie correspond à la sensibilité osseuse vibratoire évaluée par diapason.

Astuce mémo

A- = moins de sensation (anesthésie/hypoesthésie), Hyper = ça fait trop mal (hyperesthésie/hyperpathie), Dys = c’est bizarre, Allo = douloureux au lieu d’être neutre, Astéreo = plus reconnu par le toucher.

5. Topographie des atteintes

Notions clés & Définitions

  • Hypoesthésie en gants et en chaussettes : Ce pattern décrit une hypoesthésie à distribution distale en forme de gants et chaussettes.
  • Polyneuropathie : La polyneuropathie est l’atteinte évoquée par une hypoesthésie en gants et en chaussettes.
  • Niveau sensitif tronc/cou : Le niveau sensitif au tronc et au cou oriente vers une atteinte lésionnelle de la myélopathie.
  • Syndrome de Brown-Séquard : Le syndrome de Brown-Séquard correspond à une dissociation sous-lésionnelle des troubles sensitifs.

Points essentiels

  • Une hypoesthésie en gants et en chaussettes évoque une polyneuropathie.
  • Une atteinte prédominante sur une modalité peut orienter : thermoalgique pure vers amylose et proprioceptive vers polyradiculonévrite ou gammapathie IgM.
  • Un niveau sensitif tronc/cou oriente vers un syndrome lésionnel ou myélopathie.
  • La dissociation thermoalgique/tact/proprioceptive peut évoquer un Brown-Séquard (ex : thermoalgie D, tactile et proprioceptive G ± syndrome pyramidal G).
  • Le syndrome de syringomyélie se traduit par une atteinte suspendue et dissociée thermoalgique.
  • Le syndrome alterne avec hypoesthésie croisée 1/2 face et 1/2 corps controlatéral est illustré par Wallenberg (atteinte ischémique de la fossette latérale du bulbe).

Astuce mémo

Distribution distal (gants/chaussettes) = polyneuropathie ; modalité isolée = orientation ; niveau tronc/cou = myélopathie ; dissociation = Brown-Séquard ; thermoalgique suspendue = syringomyélie ; alternes = Wallenberg.

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre tact épicritique (fin) et tact protopathique (grossier) lors des tests de sensibilité superficielle.
  2. Échanger paresthésies et douleurs : les paresthésies sont anormales mais non douloureuses par définition du cours.
  3. Mélanger hyperesthésie et hyperpathie : l’hyperpathie comporte une pénibilité maximale d’emblée puis persistante.
  4. Oublier que l’allodynie est douloureuse avec un stimulus normalement non douloureux, et pas une simple augmentation de la douleur.
  5. Rattacher à tort une hypoesthésie en gants et en chaussettes à un syndrome médullaire plutôt qu’à une polyneuropathie distale.
  6. Rater la dissociation du Brown-Séquard : les troubles ne se répartissent pas de façon homogène entre modalités et côtés.
  7. Confondre l’atteinte suspendue dissociée thermoalgique de la syringomyélie avec une atteinte globale toutes modalités.

Checklist Examen

  1. Classer les modalités sensitives : superficielle (tact + thermo-algique), profonde (musculaire/articulaire/osseuse), viscérale (inconsciente et consciente).
  2. Définir ce que testent la thermo-algique (chaud/froid et douleur) et le tact (fin épicritique vs grossier protopathique).
  3. Décrire les exigences générales de l’examen clinique : analyse précise, technique rigoureuse, bonne coopération et concentration, souvent yeux fermés.
  4. Associer les outils aux tests : épingle à nourrice pour la douleur (pincement/piqûre) et diapason pour la vibration osseuse (pallesthésie).
  5. Lister ce que doit contenir une plainte douloureuse : type, intensité et topographie (tronculaire/radiculaire/centrale).
  6. Reconnaître les paresthésies : sensations anormales spontanées non douloureuses (engourdissement, fourmillement, picotement).
  7. Décrire les signes objectifs de sensibilité superficielle : tact fin au doigt/coton, pincement/piqûre, test thermique, et stéréognosie yeux fermés.
  8. Décrire les signes objectifs de sensibilité profonde : perception des attitudes segmentaires et évaluation par pression/différences de poids.
  9. Distinguer anesthésie, hypoesthésie et analgésie (douleur spécifiquement diminuée) comme formes de perte/diminution de sensibilité.
  10. Distinguer hyperesthésie, hyperpathie et dysesthésies, puis relier allodynie et astéréognosie à leurs définitions.
  11. Interpréter une hypoesthésie en gants et en chaussettes comme orientant vers polyneuropathie.
  12. Utiliser la topographie et la dissociation pour raisonner : tronc/cou (myélopathie), Brown-Séquard (dissociation sous-lésionnelle), syringomyélie (thermoalgique suspendue dissociée), Wallenberg (syndrome alterne).

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1. Quelle définition correspond à la sensibilité proprioceptive ?

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Modalités sensitives — types ?

Superficielle, profonde, viscérale

Modalités sensitives

Sensibilité superficielle, proprioceptive, viscérale.

Examen clinique — outil pour douleur ?

Épingle à nourrice

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