Fiche de révision : Tissus musculaires et nerveux

Plan du Cours

  1. Organisation et fonctions des tissus squelettiques
  2. Cellules, matrice et localisations des cartilages
  3. Ossification endochondrale et croissance osseuse
  4. Matrice, cellules et mécanoréception du tissu osseux
  5. Ostéoclastes et résorption osseuse
  6. Ossification et remodelage osseux
  7. Tissus osseux primaire et secondaire
  8. Tissus conjonctifs squelettiques
  9. Sang et hématopoïèse
  10. Lymphocytes et tissus lymphoïdes
  11. Tissus musculaires et rhabdomyocytes
  12. Contraction des rhabdomyocytes
  13. Plaque motrice, unité motrice et types de rhabdomyocytes
  14. Fuseaux et cellules satellites
  15. Cardiomyocytes et conduction cardiaque
  16. Léiomyocytes et muscle lisse
  17. Organisation nerveuse, méninges et liquide cérébrospinal
  18. Méninges, SNP et origine nerveuse
  19. Structure et fonctionnement neuronal
  20. Classifications des neurones
  21. Cellules gliales du système central
  22. Cellules de Schwann et régénération des neurites

1. Organisation et fonctions des tissus squelettiques

★ À maîtriser

  • Les tissus squelettiques forment une armature permettant l’ancrage des tendons et la locomotion, protègent des organes et maintiennent béantes certaines voies respiratoires.

📌 Les tissus osseux, minéralisés par des cristaux de calcium, se déforment peu et peuvent se fracturer sous des contraintes excessives, tandis que les tissus cartilagineux non minéralisés amortissent mieux les pressions et frottements répétés.

Compléments

  • Les logettes interosseuses de l’os spongieux abritent la production des cellules sanguines.

  • Les tissus squelettiques sont des variétés de tissus conjonctifs dont les propriétés mécaniques dépendent de leur matrice extracellulaire solide et résistante.

  • Le périoste entoure les massifs osseux et le périchondre borde les massifs cartilagineux.

Astuce mémo

Le cartilage amortit ; l’os minéralisé soutient et protège.

2. Cellules, matrice et localisations des cartilages

★ À maîtriser

  • Les chondrocytes sont les seules cellules du cartilage adulte normal et résident dans une logette de la matrice extracellulaire appelée chondroplaste.

  • 🔄 La différenciation cartilagineuse suit ces étapes :

    1. Les cellules souches mésenchymateuses se différencient en chondroblastes.
    2. Les chondroblastes commencent à synthétiser la matrice extracellulaire.
    3. Les chondroblastes deviennent des chondrocytes, qui poursuivent cette synthèse.

📌 La croissance interstitielle résulte de la division des chondrocytes dans le cartilage, tandis que la croissance par apposition provient de cellules souches du périchondre qui s’intègrent à la périphérie du cartilage.

  • Les cartilages élastiques se trouvent au pavillon de l’oreille, aux trompes d’Eustache, à l’épiglotte et aux ailes du nez ; leurs fibres élastiques leur permettent de reprendre leur forme après déformation.

  • Les cartilages fibreux se trouvent dans l’annulus fibrosus des disques intervertébraux, la symphyse pubienne, les ménisques et les points d’insertion du tendon d’Achille ; ils amortissent les pressions et sont résistants tout en restant souples.

📌 Les cartilages articulaires hyalins et les cartilages fibreux sont dépourvus de périchondre, ce qui limite fortement leur régénération, tandis que les cartilages élastiques et les cartilages hyalins extra-articulaires en possèdent un.

Compléments

  • Après des divisions successives, les chondrocytes issus d’une même cellule initiale forment un groupe isogénique coronaire, disposé grossièrement en sphère.

  • Le collagène de type II est présent dans la matrice extracellulaire de tous les types de cartilage, tandis que les chondrocytes des cartilages fibreux produisent également du collagène de type I.

  • La substance fondamentale cartilagineuse contient plus de 80 % d’eau retenue par des agrégats d’acide hyaluronique et des protéoglycanes portant des chaînes de chondroïtine-4-sulfate, chondroïtine-6-sulfate et kératane-sulfate.

  • Chez l’adulte, les cartilages hyalins extra-articulaires forment notamment les cartilages du larynx, de la trachée, des bronches, du nez et des extrémités costales.

  • Les cartilages articulaires des diarthroses sont des cartilages hyalins.

  • Les cartilages hyalins constituent les ébauches cartilagineuses de nombreux os avant leur transformation par ossification endochondrale, processus qui s’achève chez l’adulte jeune autour de 20 ans.

Astuce mémo

Cellule souche → chondroblaste → chondrocyte.

3. Ossification endochondrale et croissance osseuse

Notions clés & Définitions

  • Cartilage de conjugaison : Région de cartilage hyalin située à la métaphyse, dont la croissance permet l’allongement des os longs et des os courts tubulaires.

★ À maîtriser

  • L’ossification endochondrale progresse ainsi : l’apport accru de vaisseaux et de nutriments provoque l’hypertrophie des chondrocytes, qui calcifient la matrice puis meurent ; des vaisseaux et des cellules souches colonisent alors le cartilage calcifié, et des ostéoblastes y forment l’os primaire.

  • Dans le cartilage de conjugaison, les chondrocytes prolifèrent selon l’axe de l’os, s’hypertrophient et calcifient leur matrice ; le front d’ossification progresse en sens opposé, remplace le cartilage et allonge l’os jusqu’à dépasser sa vitesse de croissance, ce qui détruit le cartilage et arrête l’allongement.

Compléments

  • Les os longs, la plupart des os courts et certains os plats, notamment les os iliaques et les côtes, se développent à partir d’une maquette préexistante de cartilage hyalin par ossification endochondrale.

  • La croissance des cartilages de conjugaison et la progression du front d’ossification sont régulées par des hormones.

  • Le GHRH hypothalamique stimule la sécrétion hypophysaire de GH, qui stimule les hépatocytes à sécréter l’IGF1 ; l’IGF1 stimule la multiplication des chondrocytes des cartilages de conjugaison sans modifier la vitesse du front d’ossification.

  • La TRH hypothalamique stimule la sécrétion hypophysaire de TSH, qui stimule la thyroïde à produire les hormones T3 et T4, nécessaires à la division des chondrocytes.

  • Les œstrogènes et les androgènes stimulent la multiplication des chondrocytes et, plus fortement, la progression du front d’ossification ; ils contribuent au pic de croissance après la puberté et à la disparition des cartilages de conjugaison.

Astuce mémo

Sérié → hypertrophique → calcifié → os primaire.

4. Matrice, cellules et mécanoréception du tissu osseux

★ À maîtriser

  • Les tissus osseux assurent des fonctions mécaniques et protectrices et constituent les principales réserves corporelles de calcium et de phosphates.

  • La matrice extracellulaire sèche du tissu osseux comprend 75 % de cristaux minéraux, 24 % de collagène de type I et 1 % de substance fondamentale.

  • Le tissu osseux contient 98 % du calcium, 85 % du phosphore et 60 % du magnésium de l’organisme, ainsi que des quantités minoritaires de fluor, baryum et strontium.

📌 Dans l’os primaire, les fibres de collagène I sont disposées de manière anarchique, tandis que dans l’os secondaire elles sont organisées en lamelles parallèles, dont l’orientation varie d’une lamelle à l’autre.

  • Les ostéoblastes construisent le tissu osseux, les ostéocytes résident dans sa matrice extracellulaire et les ostéoclastes le détruisent.

  • Les ostéoblastes activés synthétisent d’abord l’ostéoïde, puis provoquent sa minéralisation environ deux semaines plus tard.

  • Les ostéocytes proviennent d’ostéoblastes emprisonnés dans l’ostéoïde ; ils perdent leur capacité de synthèse et de division et résident dans des ostéoplastes reliés par des prolongements parcourant des canalicules.

📌 La parathormone augmente la calcémie en stimulant la mobilisation du calcium péri-ostéocytaire, tandis que la calcitonine diminue la calcémie en favorisant les dépôts péri-ostéocytaires de calcium et de phosphates.

  • Les ostéocytes détectent les pressions et les vibrations et régulent directement l’activité des ostéoblastes et indirectement celle des ostéoclastes.

  • Dans l’os tissé, les corps cellulaires des ostéocytes sont répartis aléatoirement, tandis que dans l’os lamellaire, ils se trouvent entre deux lamelles consécutives de la matrice extracellulaire.

Compléments

  • Les tissus osseux sont vascularisés, innervés, opaques aux rayons X et représentent environ 3 à 5 kg chez l’adulte.

  • La masse osseuse augmente rapidement de la naissance à l’âge adulte, atteint son maximum à 20 ans puis diminue lentement ; chez la femme, la ménopause accélère brutalement la déminéralisation avant une stabilisation de la perte.

  • Les cristaux minéraux osseux sont principalement de l’hydroxyapatite, c’est-à-dire du phosphate de calcium ; les cristaux de carbonate de calcium sont minoritaires.

  • L’ostéonectine relie le collagène I à l’hydroxyapatite, tandis que l’ostéopontine relie l’hydroxyapatite aux cellules.

  • Les vésicules matricielles des ostéoblastes concentrent le calcium et produisent des phosphates, initient la cristallisation, puis libèrent les cristaux qui se déposent entre les fibres de collagène I.

  • Les ostéoblastes forment une monocouche à la surface osseuse appelée endoste et sont reliés par des jonctions communicantes.

Astuce mémo

Ostéoblastes construisent ; ostéoclastes détruisent.

5. Ostéoclastes et résorption osseuse

Notions clés & Définitions

  • Ostéoclaste : Grande cellule multinucléée issue de la fusion de précurseurs monocytaires et capable de détruire le tissu osseux minéralisé.

★ À maîtriser

  • Fixé à l’os par un podosome qui délimite un anneau étanche, l’ostéoclaste se polarise, forme une bordure en brosse et creuse une lacune de Howship.

  • Dans la lacune de Howship, des pompes à protons acidifient le milieu, les ions bicarbonates sont éliminés au pôle latéro-apical, les minéraux osseux se solubilisent et les enzymes lysosomales activées dégradent le collagène I et les autres éléments organiques de la matrice.

📌 Le RANK des précurseurs monocytaires reçoit le RANK-L produit par les ostéoblastes, ce qui induit la fusion des précurseurs, la formation des ostéoclastes et leur activation.

Compléments

  • Les ostéoclastes mesurent 50 à 100 µm de diamètre et possèdent 4 à 15 noyaux.

  • Les lysosomes ostéoclastiques contiennent notamment les pro-enzymes suivantes :

    • la collagénase
    • la trypsine
    • la cathepsine
  • Les ostéoclastes vivent 8 à 15 jours et agissent généralement en petits groupes dépourvus de jonctions communicantes.

  • L’ostéoprotégérine soluble produite par les ostéoblastes agit comme récepteur compétiteur du RANK-L et inhibe ainsi l’activation des ostéoclastes.

  • Les œstrogènes inhibent directement la formation des ostéoclastes et la calcitonine inhibe directement leur activité.

  • Une concentration élevée de calcium dans la lacune de Howship entraîne la disparition du podosome et la mobilité de l’ostéoclaste, qui se refixe à proximité.

  • La parathormone stimule indirectement l’activité des ostéoclastes en induisant la production d’interleukine 6 par les ostéoblastes.

Astuce mémo

RANK-L active les ostéoclastes ; l’ostéoprotégérine freine cette activation.

6. Ossification et remodelage osseux

Notions clés & Définitions

  • Remodelage osseux : Processus par lequel l’os primaire, puis l’os secondaire, est détruit et reconstruit ; il persiste toute la vie.

★ À maîtriser

  • 🔄 Le remodelage osseux suit ces étapes :
    1. Activation des ostéoclastes
    2. Déplacement des ostéoblastes quiescents
    3. Fixation des ostéoclastes et destruction de l’os
    4. Inactivation des ostéoclastes
    5. Fixation des ostéoblastes activés
    6. Synthèse d’ostéoïde et mise en place des ostéocytes
    7. Minéralisation de l’os lamellaire

Compléments

  • Le tissu osseux se forme par ossification endochondrale ou à partir d’une maquette conjonctive issue du périoste ou d’une maquette conjonctive membraneuse.

  • L’ossification endomembraneuse concerne les os plats du crâne et produit des foyers d’os primaire à extension radiaire centrifuge à partir d’ostéoblastes différenciés dans des condensations de cellules souches mésenchymateuses.

  • Lorsque l’os formé par ossification endomembraneuse atteint les limites membraneuses, le tissu conjonctif membraneux devient du périoste.

Astuce mémo

Activation → résorption → inactivation → ostéoïde → minéralisation.

7. Tissus osseux primaire et secondaire

Notions clés & Définitions

  • Os secondaire : Constitué de lamelles de collagène I à fibres de longueur homogène disposées en parallèle, avec des cristaux minéraux entre les fibres.
  • Ostéone : Cylindre de lamelles osseuses dont le grand axe est parallèle à celui de l’os et qui caractérise l’os compact haversien.
  • Système interstitiel : Reliquat d’ostéone devenu incomplet après destruction partielle.

★ À maîtriser

📌 L’os primaire, ou os tissé, possède peu d’ostéocytes disposés aléatoirement, des fibres de collagène entrelacées et peu de cristaux d’hydroxyapatite, ce qui lui confère une faible résistance mécanique.

📌 Dans l’os spongieux, les lamelles forment des travées anastomosées orientées selon les grandes lignes de force et séparées par des logettes interosseuses qui abritent la moelle hématopoïétique.

Compléments

  • L’os primaire est temporaire et est presque totalement remplacé par de l’os lamellaire, mais il persiste chez l’adulte dans les osselets de l’oreille moyenne et le cément des racines dentaires et peut réapparaître lors de lésions osseuses.

  • Les lamelles de l’os secondaire mesurent 3 à 8 µm d’épaisseur et les corps cellulaires des ostéocytes sont situés entre deux lamelles consécutives.

  • Le canal de Havers est bordé d’endoste et contient au moins un vaisseau sanguin accompagné d’éléments du système nerveux périphérique, notamment des neurites et des cellules de Schwann.

  • Les canaux de Volkmann, perpendiculaires aux canaux de Havers, relient ces derniers entre eux et à la cavité médullaire et sont empruntés par des vaisseaux et des prolongements nerveux.

  • La ligne cémentante externe d’un ostéone ne contient pas de canalicules, de sorte que les ostéocytes de deux ostéones voisins ne communiquent pas.

  • Lors du remodelage de l’os compact, les ostéoclastes creusent une cavité parallèle à l’axe des ostéones sans respecter les contours d’un ostéone initial, puis l’os est reconstruit lamelle après lamelle pour former un ostéone complet.

Astuce mémo

Tissé : collagène désordonné et faible résistance ; lamellaire : collagène parallèle et organisation en lamelles.

8. Tissus conjonctifs squelettiques

Notions clés & Définitions

  • Synoviocytes : Cellules cohésives épithélioïdes de la synoviale, dépourvues de lame basale, qui sécrètent l’acide hyaluronique et la lubricine et phagocytent les débris du liquide synovial.
  • Liquide synovial : Liquide visqueux, incolore, peu cellulaire et aseptique, dérivé principalement du milieu extracellulaire sanguin et enrichi en acide hyaluronique et en lubricine sécrétés par les synoviocytes.

★ À maîtriser

📌 Le périchondre et le périoste sont deux variantes d’un tissu périphérique composé d’une couche externe permanente de conjonctif dense non orienté et d’une couche interne presque virtuelle chez l’adulte hors réparation.

📌 Pendant la croissance, la couche interne produit par apposition du cartilage dans le périchondre et de l’os dans le périoste, sous l’influence du tissu sous-jacent qui oriente la différenciation des cellules souches en chondroblastes ou en ostéoblastes.

  • Les jonctions entre massifs osseux se distinguent en : diarthroses, articulations mobiles avec cavité articulaire, synarthroses, jonctions fixes, amphiarthroses, jonctions à mobilité très limitée

Compléments

  • La couche externe contient :

    • des vaisseaux sanguins
    • une innervation sensitive et végétative
    • des cellules souches multipotentes
  • Au cours de l’ossification endochondrale, le périchondre devient périoste en parallèle du remplacement du cartilage par du tissu osseux.

  • Le périoste est responsable de la croissance en épaisseur des os et du modelage ou remodelage de leurs surfaces externes.

  • La capsule articulaire est en continuité avec le périoste ou le périchondre et comprend un feuillet externe de tissu conjonctif dense non orienté et un feuillet interne appelé synoviale.

  • Le liquide synovial amortit les chocs, répartit la pression sur les cartilages articulaires, lubrifie les surfaces articulaires et transporte des gaz et des nutriments vers les cartilages hyalins articulaires.

  • Le liquide synovial possède des défenses immunitaires naturelles très limitées, ce qui expose l’articulation à un risque important d’infection en cas d’effraction accidentelle, thérapeutique ou exploratoire.

Astuce mémo

Le périoste forme de l’os ; le périchondre forme du cartilage.

9. Sang et hématopoïèse

Notions clés & Définitions

  • Sang : Tissu fluide composé d’éléments figurés en suspension dans une matrice extracellulaire liquide appelée plasma.

★ À maîtriser

  • Au cours de la troisième semaine du développement, les îlots de Wolf et Pander issus de condensations mésenchymateuses produisent les premières cellules sanguines, des érythrocytes nucléés porteurs d’hémoglobines embryonnaires ; cette hématopoïèse cesse au début du troisième mois in utero.

  • L’hématopoïèse hépatique débute au deuxième mois in utero et se poursuit jusqu’à la naissance, tandis que l’hématopoïèse splénique s’étend du quatrième au huitième mois in utero.

  • L’hématopoïèse médullaire commence timidement au début du troisième mois in utero, devient la principale source des éléments figurés à partir du septième mois, puis reste leur seule source de la naissance jusqu’à la fin de la vie.

  • Les cellules souches hématopoïétiques, présentes en petit nombre et impossibles à identifier morphologiquement, peuvent être multipotentes, bipotentes ou unipotentes et s’auto-renouveler.

📌 Les cellules souches s’auto-renouvellent, tandis que les cellules précurseurs peuvent se diviser et se différencier mais ont perdu la capacité d’auto-renouvellement.

Compléments

  • Les globules rouges, ou hématies ou érythrocytes, et les réticulocytes sont des éléments figurés sanguins dépourvus de noyau, tout comme les plaquettes sanguines ou thrombocytes.

  • Les leucocytes comprennent :

    • les lymphocytes
    • les monocytes
    • les polynucléaires neutrophiles
    • les polynucléaires éosinophiles
    • les polynucléaires basophiles
  • L’hématopoïèse hépatosplénique produit l’ensemble des éléments figurés du sang, notamment des érythrocytes anucléés.

  • À la naissance, la moelle hématopoïétique occupe tous les espaces disponibles des os, y compris la cavité diaphysaire ; pendant l’enfance, la moelle des cavités diaphysaires est remplacée par du tissu adipeux et la moelle hématopoïétique demeure dans les espaces interosseux de l’os spongieux.

  • La part de l’espace médullaire occupée par les cellules hématopoïétiques est d’au moins 80 % pendant l’enfance jusqu’à la puberté, d’environ 50 % vers 30 à 40 ans, de 20 % à 60 ans et d’environ 10 % après 80 ans.

  • Le stroma de la moelle osseuse est un tissu conjonctif lâche réticulé, avec d’exceptionnelles fibres de collagène I autour des plus gros vaisseaux sanguins.

  • Les capillaires sinusoïdes de la moelle osseuse ont une lumière large maintenue béante par une armature de réticuline et des passages larges dans leur paroi endothéliale qui facilitent le passage des cellules produites vers le sang.

  • Le stroma médullaire comprend des cellules réticulaires, des macrophages, des plasmocytes, des lymphocytes et des mastocytes, et forme des niches qui préservent les propriétés biologiques des cellules souches les plus multipotentes.

Astuce mémo

Îlots sanguins → foie et rate → moelle osseuse.

10. Lymphocytes et tissus lymphoïdes

★ À maîtriser

  • Les trois grandes sous-populations de lymphocytes sont :

    • les lymphocytes B, impliqués dans l’immunité humorale
    • les lymphocytes T, impliqués dans l’immunité cellulaire et la tolérance
    • les lymphocytes NK, à activité cytotoxique directe
  • Les lymphocytes naïfs sont produits dans les organes lymphoïdes primaires que sont les tissus hématopoïétiques et le thymus.

  • La présentation d’antigènes ou de fragments antigéniques dans les organes lymphoïdes active les lymphocytes réactifs, entraîne leur prolifération et leur différenciation en cellules effectrices, contribuant ainsi à la réponse immunitaire.

Compléments

  • Les lymphocytes circulent des organes lymphoïdes primaires vers le sang, du sang vers les tissus et des tissus vers le sang, et empruntent aussi la circulation lymphatique, dont le liquide est la lymphe.

  • Les organes lymphoïdes secondaires comprennent :

    • les ganglions lymphatiques
    • la rate
    • les tissus lymphoïdes associés aux muqueuses
  • Les lymphocytes B activés se différencient en plasmocytes, seules cellules capables de sécréter des anticorps, également appelés immunoglobulines, qui sont des protéines hétérodimériques intervenant dans l’immunité humorale.

11. Tissus musculaires et rhabdomyocytes

Notions clés & Définitions

  • Tissus musculaires : Tissus dont les cellules spécialisées se contractent, produisant un travail mécanique et de la chaleur.
  • Myofibrilles : Unités cylindriques de 1 à 2 µm de diamètre qui traversent le sarcoplasme du rhabdomyocyte et regroupent les éléments nécessaires à sa contraction.
  • Sarcomère : Portion de myofibrille délimitée par deux stries Z consécutives.

★ À maîtriser

  • Les tissus musculaires striés squelettiques sont composés de rhabdomyocytes, le myocarde de cardiomyocytes et les tissus musculaires lisses de léiomyocytes.

📌 Les rhabdomyocytes intrafusaux appartiennent aux fuseaux neuromusculaires qui renseignent le système nerveux central sur l’étirement musculaire, tandis que les rhabdomyocytes extrafusaux n’en font pas partie et représentent 99 % des rhabdomyocytes.

  • Le myoplasme occupe la majeure partie du centre du rhabdomyocyte et produit une striation transversale visible en coupe longitudinale à fort grossissement, à partir de ×400, mais non visible dans une coupe selon un autre axe.

📌 Les myofilaments fins et les myofilaments épais s’agencent géométriquement pour former les sarcomères, qui sont juxtaposés pour constituer les myofibrilles.

  • Les myofilaments fins sont constitués de deux chaînes d’actine F associées et stabilisées par deux chaînes de tropomyosine disposées dans leurs gouttières.

  • La troponine TnT fixe la troponine à la tropomyosine, TnC fixe les ions calcium et TnI inhibe l’interaction entre l’actine et la myosine.

  • Chaque myofilament épais se trouve au centre d’un hexagone de myofilaments fins et est associé à douze filaments fins, six à chacune de ses extrémités.

📌 La bande I ne contient que des myofilaments fins, tandis que la bande A contient les myofilaments épais et, dans ses régions distales, leur chevauchement avec les filaments fins.

  • Un sarcomère comprend deux demi-bandes I et une bande A et mesure 2,5 μm au repos.

Compléments

  • La matrice extracellulaire des tissus musculaires correspond aux membranes basales qui entourent les cellules musculaires, lesquelles s’associent à du tissu conjonctif, à une vascularisation sanguine et lymphatique et à une innervation motrice et sensitive pour former les muscles.

  • Les tissus musculaires striés squelettiques possèdent des cellules souches unipotentes appelées cellules satellites, absentes des deux autres types de tissus musculaires.

  • Les cellules musculaires synthétisent une lame basale complète autour des rhabdomyocytes et des léiomyocytes, mais seulement partielle, au niveau latéral, autour des cardiomyocytes ; cette lame basale a une fonction d’isolant électrique.

  • Les cellules musculaires possèdent des récepteurs à l’insuline et des transporteurs membranaires du glucose pour répondre aux besoins énergétiques de leur travail mécanique.

12. Contraction des rhabdomyocytes

Notions clés & Définitions

  • Triade : Dispositif composé de deux citernes de réticulum endoplasmique lisse entourant une invagination de la membrane cytoplasmique appelée tubule T.

★ À maîtriser

  • Chaque sarcomère est entouré par deux triades situées à la périphérie des myofibrilles, au niveau de la jonction entre les disques A et I.

  • 🔄 La contraction élémentaire suit cette séquence :

    1. La dépolarisation se propage du sarcolemme dans les tubules T
    2. La dépolarisation déclenche la libération du calcium des citernes de réticulum endoplasmique lisse
    3. Le calcium se fixe à TnC et entraîne le basculement de TnI
    4. Un site de fixation de la myosine est exposé sur l’actine
    5. La myosine se fixe à l’actine et exerce une traction sur le filament fin
  • La répétition des réactions de glissement réduit la longueur du sarcomère de 20 %, de 2,5 μm à 2 μm.

  • En l’absence de nouvelle stimulation électrique, les citernes des triades repompent activement le calcium grâce à l’ATP; TnI reprend alors sa place, les têtes de myosine ne peuvent plus se lier à l’actine et le sarcomère se relâche.

Compléments

  • La fixation de la myosine active l’ATPase actine-dépendante de sa tête, qui clive une molécule d’ATP en ADP avec libération d’énergie permettant le pivot de la tête, la traction sur l’actine et la production de chaleur.

📌 Tant que le calcium reste fixé à TnC, la liaison d’un nouvel ATP à la tête de myosine est indispensable à sa dissociation de l’actine et à la poursuite du cycle contractile.

Astuce mémo

Dépolarisation → calcium → fixation actine-myosine → traction → relâchement

13. Plaque motrice, unité motrice et types de rhabdomyocytes

Notions clés & Définitions

  • Unité motrice : Ensemble des rhabdomyocytes innervés par un même motoneurone alpha.

★ À maîtriser

  • Les rhabdomyocytes sont contrôlés par des motoneurones alpha situés dans les cornes antérieures de la substance grise de la moelle épinière et dans certains noyaux moteurs du tronc cérébral.

📌 Les unités motrices concernent un ou quelques rhabdomyocytes pour les mouvements fins, notamment ceux de la face et des mains, tandis qu’elles peuvent en regrouper plus d’une centaine pour des muscles moins précis.

  • La membrane basale porte l’acétylcholinestérase apportée par le rhabdomyocyte, tandis que la membrane postsynaptique du sarcolemme porte les récepteurs à l’acétylcholine qui forment des canaux sodiques.

  • À l’arrivée d’un potentiel d’action axonal, l’entrée de calcium dans le bouton terminal provoque la fusion des vésicules et la libération d’acétylcholine; celle-ci active les récepteurs postsynaptiques, déclenche une dépolarisation qui se propage sur le sarcolemme et dans les tubules T, puis est progressivement interrompue par la dégradation de l’acétylcholine par l’acétylcholinestérase.

  • Les rhabdomyocytes de type I se caractérisent par une contraction lente, une richesse en myoglobine et en mitochondries, un métabolisme aérobie et de nombreuses microvacuoles lipidiques.

  • Les rhabdomyocytes de type IIb se caractérisent par une contraction rapide, un métabolisme anaérobie et de nombreux amas de glycogène dans le sarcoplasme.

  • Une même unité motrice est composée de rhabdomyocytes d’un même type, sous la dépendance du motoneurone alpha, tandis qu’un massif musculaire mélange différents types de rhabdomyocytes.

Compléments

  • Le motoneurone alpha influence la trophicité et la différenciation des rhabdomyocytes qu’il innerve par des signalisations passant par la synapse neuromusculaire.

  • La plaque motrice se situe environ à la moitié de la longueur du rhabdomyocyte et peut comporter un ou plusieurs éléments synaptiques associés à des renflements terminaux axonaux en regard de dépressions de la surface cellulaire.

  • La terminaison axonale stocke l’acétylcholine dans des vésicules synaptiques et contient de nombreuses mitochondries.

  • La fente synaptique comprend une portion primaire linéaire et des fentes secondaires formées par les replis du sarcolemme; les deux contiennent la membrane basale du rhabdomyocyte.

  • L’activité électrique membranaire des rhabdomyocytes peut être enregistrée par électromyogramme, et un courant électrique externe peut court-circuiter le contrôle synaptique et provoquer leur contraction par électrostimulation.

  • Les rhabdomyocytes de type IIa possèdent des propriétés intermédiaires entre celles des types I et IIb.

📌 Les muscles de posture résistants à la fatigue, comme les muscles paravertébraux, contiennent surtout des rhabdomyocytes de type I, tandis que les muscles à contraction intense mais plus sporadique, comme le biceps, contiennent surtout des rhabdomyocytes de type IIb.

  • La coloration standard ne permet pas de distinguer les types I, IIa et IIb; leur identification nécessite des colorations spéciales, des techniques histoenzymatiques ou la microscopie électronique.

Astuce mémo

Type I : endurance aérobie ; type IIb : contraction rapide anaérobie

14. Fuseaux et cellules satellites

Notions clés & Définitions

  • Fuseau neuromusculaire : Petite structure allongée située entre les rhabdomyocytes et entourée d’une capsule conjonctive de tissu conjonctif dense orienté bitendu.

★ À maîtriser

  • Les fuseaux neuromusculaires contiennent des rhabdomyocytes à sac nucléaire, dont les noyaux sont regroupés au centre dilaté de la cellule, et des rhabdomyocytes à chaîne nucléaire, dont les noyaux forment une chaîne centrale.

  • Les fuseaux neuromusculaires sont des mécanorécepteurs qui transmettent l’état de leur déformation par les voies sensitives, et leur tension est ajustée par la stimulation réflexe des motoneurones gamma.

  • Les cellules satellites sont des cellules souches unipotentes associées aux rhabdomyocytes, avec lesquels elles partagent la membrane basale, mais elles ne possèdent ni myoplasme ni activité contractile.

  • Après stimulation, les cellules satellites peuvent s’autorenouveler et fusionner avec un rhabdomyocyte pour en augmenter le volume; après destruction de celui-ci, elles peuvent se multiplier et former un myotube multinucléé qui, s’il établit une synapse avec un prolongement axonal de motoneurone, peut devenir un nouveau rhabdomyocyte.

Compléments

  • Les rhabdomyocytes des fuseaux neuromusculaires reçoivent une innervation motrice de motoneurones gamma et une innervation sensitive de dendrites de neurones sensitifs enroulés à l’extérieur de leur lame basale.

📌 Les rhabdomyocytes à chaîne nucléaire possèdent deux types d’innervation sensitive, par des dendrites lentes et rapides, tandis que les rhabdomyocytes à sac nucléaire ne possèdent que des dendrites rapides, ou fibres Ia.

  • Les cellules musculaires des fuseaux neuromusculaires ont une contraction involontaire commandée par voie réflexe, contrairement aux rhabdomyocytes classiques présentés comme muscles à contraction volontaire.

  • 🔄 La différenciation des rhabdomyocytes suit ces étapes :

    1. Les cellules mésenchymateuses se différencient en rhabdomyoblastes
    2. Les rhabdomyoblastes se multiplient et forment des myotubes
    3. Les myotubes synthétisent et organisent les myofilaments pour former le myoplasme des rhabdomyocytes
  • Les cellules satellites représentent environ 4 % des noyaux des coupes de muscles striés et peuvent être identifiées par immunohistochimie avec des anticorps contre Pax7 ou Myf5.

15. Cardiomyocytes et conduction cardiaque

★ À maîtriser

  • Les cardiomyocytes sont des cellules principales du myocarde, longues d’environ 80 μm et larges de 10 à 15 μm, de forme X, Y ou I, avec un ou deux noyaux centraux et souvent polyploïdes.

📌 Les cardiomyocytes possèdent des diades formées d’une citerne de réticulum endoplasmique lisse et d’un tubule T, situées en regard des stries Z, tandis que les rhabdomyocytes possèdent des triades.

  • Les stries scalariformes comportent des zones perpendiculaires au grand axe cellulaire où des zonula adhaerens maintiennent l’alignement des myofibrilles, des desmosomes qui renforcent l’ancrage et des zones parallèles où les jonctions communicantes assurent le couplage métabolique.

  • Les cardiomyocytes ne reçoivent pas d’innervation motrice et présentent une activité contractile propre liée à des dépolarisations membranaires spontanées.

  • Les cellules nodales du nœud sinusal, situé dans la partie postéro-supérieure de l’oreillette droite, ont le rythme de dépolarisation le plus rapide et imposent leur rythme aux autres cardiomyocytes par leur activité pacemaker.

  • Le tissu conjonctif dense non orienté entre les oreillettes et les ventricules joue un rôle de soutien et d’isolant électrique; le faisceau de His traverse cette cloison puis se ramifie en réseau de cellules de Purkinje.

  • La dépolarisation cardiaque diffuse du nœud sinusal aux cardiomyocytes des oreillettes, traverse la cloison par le faisceau de His et ses ramifications jusqu’à la pointe du cœur, puis remonte plus lentement dans les cardiomyocytes ventriculaires vers les orifices des gros vaisseaux.

📌 Après la naissance, le potentiel prolifératif des cardiomyocytes s’arrête irréversiblement; ils augmentent ensuite de taille et renforcent leur activité contractile, et le myocarde adulte ne possède pas de cellules souches.

Compléments

  • Les cardiomyocytes se connectent à leurs extrémités par des stries scalariformes, ou disques intercalaires, et sont entourés latéralement par une membrane basale.

  • Les cardiomyocytes possèdent des isoformes myocardiques de protéines, notamment de troponines I et T, dont le dosage sanguin sert de marqueur de destruction myocardique et d’indicateur de l’étendue d’un infarctus.

  • Les mitochondries peuvent représenter jusqu’au tiers du volume total du sarcoplasme d’un cardiomyocyte.

  • Les cellules nodales sont petites, d’environ 30 μm sur 10 μm, et pauvres en myoplasme; leurs récepteurs à l’acétylcholine ralentissent la fréquence cardiaque, tandis que ceux à l’adrénaline et à la noradrénaline l’augmentent.

  • Les cardiomyocytes des oreillettes produisent, stockent et libèrent le peptide natriurétique auriculaire, qui régule l’excrétion urinaire du sodium.

  • Les cellules de Purkinje conduisent rapidement la dépolarisation; elles sont trapues, à gros diamètre, avec un cytoplasme clair riche en glycogène et pauvre en myoplasme.

  • L’aire cardiogène dérive du mésoblaste et se forme à la partie céphalique de l’embryon tridermique au cours de la troisième semaine du développement, avant de se retrouver en situation thoracique après les repliements embryonnaires.

  • Au cours des premiers mois du développement, les cardiomyocytes embryonnaires prolifèrent tandis que le tube cardiaque primitif se replie et se cloisonne en quatre cavités; certains cardiomyocytes disparaissent ensuite par apoptose, notamment lors de la formation des valves atrioventriculaires, des piliers et des cordons.

Astuce mémo

Nœud sinusal → oreillettes → faisceau de His → cellules de Purkinje

16. Léiomyocytes et muscle lisse

Notions clés & Définitions

  • Léiomyocyte : Cellule musculaire lisse allongée, fusiforme, à contraction involontaire et au cytoplasme éosinophile non strié, capable de se diviser et de synthétiser des éléments de matrice extracellulaire.

★ À maîtriser

  • Les léiomyocytes sont localisés :

    • Dans les parois des voies digestives, bronchiques et urogénitales et dans la média des vaisseaux
    • Isolés dans des tissus conjonctifs, notamment le stroma de la prostate
    • Dans les muscles arrecteurs des poils et du mamelon
    • Dans les muscles constricteur et dilatateur de l’iris
  • La contraction des léiomyocytes repose sur le glissement calcium-dépendant des myofilaments épais sur les filaments fins; elle est lente et involontaire et se transmet à toute la périphérie cellulaire par le cytosquelette et les plaques d’adhérence.

📌 Les muscles lisses multi-unitaires activent individuellement les léiomyocytes par des récepteurs de surface, tandis que les muscles lisses unitaires coordonnent leur contraction par les jonctions communicantes entre cellules voisines.

Compléments

  • Les léiomyocytes mesurent environ 20 μm de long sur 5 μm de large et possèdent un noyau allongé en cigare, un cytoplasme éosinophile abondant et une disposition en faisceaux en banc de poisson.

  • Les léiomyocytes possèdent une lame basale périphérique qu’ils synthétisent, ainsi que des zones denses cytoplasmiques et des plaques d’adhérence juxtamembranaires où s’ancrent les éléments contractiles.

📌 Dans les léiomyocytes, les myofilaments fins et épais ne sont pas organisés comme dans les cellules musculaires striées; ils forment de petits cylindres avec un filament épais central et des filaments fins ancrés sur des régions d’alpha-actinine.

  • La contraction péristaltique du tube digestif est un exemple de contraction coordonnée par couplage métabolique entre léiomyocytes voisins d’un muscle lisse unitaire.

  • Les léiomyocytes peuvent répondre aux neurotransmetteurs sympathiques et parasympathiques, à des hormones comme l’angiotensine, la vasopressine et l’ocytocine, aux cytokines, aux facteurs de croissance, aux médiateurs inflammatoires comme la sérotonine et l’histamine, ainsi qu’au monoxyde d’azote.

  • Pendant la grossesse, les léiomyocytes utérins se multiplient, augmentent de taille jusqu’à dépasser 500 μm de grand axe et acquièrent des récepteurs de surface à l’ocytocine.

  • Les léiomyocytes des artères élastiques, appelés cellules rameuses, synthétisent beaucoup d’élastine et de collagène I et possèdent peu d’activité contractile.

  • Les léiomyocytes de l’appareil juxtaglomérulaire du rein participent à la production endocrine de rénine, facteur essentiel de la régulation de la tension artérielle.

  • Les cellules de Cajal du tube digestif présentent une activité spontanée de dépolarisation de type pacemaker et entretiennent des vagues de contraction des léiomyocytes de la paroi.

Astuce mémo

Muscle lisse unitaire : jonctions communicantes ; multi-unitaire : activation individuelle

17. Organisation nerveuse, méninges et liquide cérébrospinal

Notions clés & Définitions

  • Dure-mère : Feuillet méningé externe, constitué de tissu conjonctif dense non orienté et ancré au périoste des os du crâne.
  • Arachnoïde : Feuillet méningé intermédiaire, constitué d’un tissu conjonctif lâche formant un double feuillet relié par de nombreuses travées fines et contenant le liquide céphalorachidien.

★ À maîtriser

  • Les tissus nerveux collectent, traitent et stockent des informations, élaborent des réponses et transmettent ces réponses aux structures effectrices, grâce aux neurones associés aux cellules gliales.

📌 Le système nerveux central comprend le cerveau, le tronc cérébral, le cervelet et la moelle épinière, tandis que le système nerveux périphérique constitue l’autre division anatomique du système nerveux.

  • Le liquide céphalorachidien est acellulaire, représente environ 150 ml, est produit en continu, est isotonique par rapport au sang et protège mécaniquement le système nerveux central.

  • Les méninges sont des tissus conjonctifs qui entourent et protègent le système nerveux central.

Compléments

  • Le système nerveux central contient quatre ventricules cérébraux reliés par des canaux et prolongés dans la moelle épinière par le canal épendymaire.

  • Le liquide céphalorachidien est produit au niveau des ventricules cérébraux et circule dans les cavités du système nerveux central ainsi que dans l’arachnoïde en périphérie du système nerveux central.

  • Le quatrième ventricule communique avec l’espace sous-arachnoïdien par le trou de Magendie, impair, et les trous de Luschka, pairs.

  • Le liquide céphalorachidien est éliminé dans la circulation veineuse par les villosités arachnoïdiennes, ou granulations de Pacchioni, et est entièrement renouvelé environ trois fois par jour.

18. Méninges, SNP et origine nerveuse

Notions clés & Définitions

  • Système nerveux périphérique : Ensemble des nerfs, des terminaisons nerveuses, des ganglions nerveux périphériques et des plexus nerveux situés à l’extérieur du névraxe.
  • Pie-mère : Fine couche de tissu conjonctif lâche accolée à la surface du SNC et contenant sa vascularisation.
  • Espaces de Virchow-Robin : Tissus conjonctifs périvasculaires issus de projections de la pie-mère qui accompagnent les gros vaisseaux lorsqu’ils pénètrent dans le SNC.
  • Endonèvre : Tissu conjonctif réticulaire des nerfs, directement au contact des lames basales des cellules de Schwann.
  • Périnèvre : Tissu conjonctif dense non orienté qui limite les fascicules nerveux.
  • Épinèvre : Tissu conjonctif dense non orienté qui réunit et enveloppe les différents fascicules d’un nerf.

★ À maîtriser

📌 Les racines antérieures et postérieures de la moelle épinière ainsi que les nerfs crâniens assurent la connexion entre le SNC et le SNP, à l’exception du nerf optique, qui est considéré histologiquement comme une structure du SNC.

  • Le tube neural donne les neurones et les cellules gliales du SNC, à l’exception de la microglie, tandis que les crêtes neurales donnent les neurones et les cellules gliales du SNP.

Compléments

  • Le névraxe et les méninges sont localisés dans les cavités osseuses du crâne et du rachis, qui participent à leur protection mécanique.

  • Les crêtes neurales contribuent aussi aux méninges molles et à une partie des cellules endothéliales des vaisseaux du SNC ; l’ectoderme produit les cellules sensorielles des bourgeons du goût et de la muqueuse olfactive.

📌 Dans le SNC, la matrice extracellulaire est presque absente et le soutien conjonctif est limité à la vascularisation, aux espaces de Virchow-Robin et à l’axe des villosités des plexus choroïdes ; le SNC ne possède pas de vascularisation lymphatique.

  • Dans le SNP, les lames basales des cellules de Schwann isolent celles-ci et les neurones qu’elles entourent du tissu conjonctif voisin.

19. Structure et fonctionnement neuronal

Notions clés & Définitions

  • Neurone : Cellule polarisée fonctionnant en réseau, caractérisée par des activités électriques membranaires unidirectionnelles et par des échanges chimiques d’informations au niveau des synapses.
  • Péricaryon : Corps cellulaire du neurone ; il contient un noyau unique généralement large, clair et doté d’un nucléole visible, ainsi qu’un réticulum endoplasmique granuleux abondant appelé corps de Nissl.
  • Synapse : Une synapse comprend une région pré-synaptique, une fente synaptique et une région post-synaptique ; les astrocytes dans le SNC et les cellules de Schwann dans le SNP isolent latéralement la fente.

★ À maîtriser

  • Le neurone mature est une cellule en différenciation terminale qui ne peut plus se diviser, et la perte neuronale au cours de la vie n’est généralement pas compensée.

  • Les dendrites sont des prolongements arborescents de calibre irrégulier qui reçoivent des informations par les synapses axo-dendritiques et contiennent du réticulum endoplasmique rugueux, contrairement aux axones.

  • Les variations de potentiel dendritiques convergent vers le péricaryon, et une dépolarisation atteignant un seuil déclenche un potentiel d’action au cône d’implantation, qui se propage le long de l’axone jusqu’au bouton terminal.

  • 🔄 La transmission chimique synaptique suit ces étapes :

    1. Le potentiel d’action arrive au bouton terminal.
    2. Des vésicules libèrent les neurotransmetteurs par exocytose.
    3. Les neurotransmetteurs traversent la fente synaptique et se lient aux récepteurs post-synaptiques.
    4. Les neurotransmetteurs sont détruits dans la fente ou recaptés par la membrane pré-synaptique.

Compléments

  • Plus de 100 milliards de neuroblastes sont produits au cours des quatre premiers mois de la vie in utero.

  • 🔄 La différenciation des neuroblastes se déroule en plusieurs étapes :

    1. Les neuroblastes migrent.
    2. Les neuroblastes s’arrêtent.
    3. Ils se différencient en neurones matures en produisant puis en stabilisant des prolongements cellulaires.
  • Le cortex cérébelleux reçoit des neuroblastes supplémentaires jusqu’à la période périnatale, et des cellules souches péri-ventriculaires peuvent produire de nouveaux neuroblastes tout au long de la vie, mais cette compensation chez l’adulte est considérée comme anecdotique.

📌 Les synapses axo-dendritiques, les plus nombreuses, contactent les dendrites ; les synapses axo-somatiques contactent le soma ; les synapses axo-axoniques contactent un axone et peuvent réguler une autre synapse.

  • L’électroencéphalogramme enregistre l’activité électrique globale de l’encéphale au moyen d’électrodes externes.

  • Les transports axonaux rapides atteignent 400 mm par jour ; le transport orthograde va du soma au bouton terminal et dépend des kinésines, tandis que le transport rétrograde remonte vers le soma et dépend des dynéines.

20. Classifications des neurones

★ À maîtriser

  • Les neurones de Golgi de type 1 possèdent un axone long qui sort de la zone de substance grise, du ganglion ou du plexus où se trouve leur soma pour atteindre une cible distante.

  • Les neurones de Golgi de type 2 possèdent un axone court qui reste dans la zone de substance grise où se trouve leur soma ; ce sont des interneurones et ils sont les plus nombreux.

  • 🔄 La voie végétative comporte deux neurones successifs :

    1. Le neurone pré-ganglionnaire se situe dans le SNC.
    2. Il fait synapse avec le neurone post-ganglionnaire dans un ganglion ou un plexus du SNP.
    3. L’axone post-ganglionnaire libère son neurotransmetteur près de la cible par voie paracrine.

Compléments

📌 La classification anatomique distingue les neurones du SNC et du SNP selon la localisation de leur soma, mais ne rend pas compte de la continuité entre ces deux systèmes.

  • Les motoneurones, les neurones sensitifs du SNC et les neurones du système nerveux végétatif font partie des neurones de Golgi de type 1.

  • La classification cytologique distingue notamment les formes suivantes :

    • neurones pyramidaux
    • neurones en grain
    • neurones polyédriques
    • neurones étoilés
    • neurones en poire

📌 Selon la forme et le nombre de leurs neurites, les neurones sont unipolaires, pseudo-unipolaires, bipolaires ou multipolaires ; les neurones pseudo-unipolaires en T comprennent notamment les cellules sensitives des ganglions rachidiens.

  • La classification fonctionnelle distingue les neurones :

    • moteurs
    • sensitifs
    • associatifs
    • végétatifs
    • neuro-sécrétoires
  • Les neurones pré-ganglionnaires végétatifs sont des neurones de Golgi de type 1 et cholinergiques ; les varicosités parasympathiques libèrent de l’acétylcholine, tandis que les varicosités sympathiques libèrent de l’adrénaline et/ou de la noradrénaline.

  • La classification chimique nomme les neurones d’après leur neurotransmetteur avec le suffixe « -ergique » ; elle est utile en pharmacologie, mais certains neurones utilisent plusieurs neurotransmetteurs parmi plus de 20 identifiés.

Astuce mémo

Golgi I sort de la substance grise ; Golgi II y reste.

21. Cellules gliales du système central

★ À maîtriser

  • Les cellules gliales du SNC dérivent du neuroépithélium, à l’exception des cellules de la microglie, issues de précurseurs macrophagiques du sac vitellin qui colonisent le SNC au cours du développement embryonnaire.

📌 Les astrocytes fibrillaires ont des prolongements longs, fins et peu nombreux dans la substance blanche, tandis que les astrocytes protoplasmiques ont des prolongements courts, épais et nombreux dans la substance grise.

  • Les astrocytes forment une gaine autour des vaisseaux du SNC participant à la barrière hématoencéphalique et une membrane limitante gliale à la surface externe du SNC, à l’interface avec la pie-mère.

  • Les oligodendrocytes myélinisants du SNC peuvent former des gaines autour de plusieurs portions de plusieurs axones.

  • La myéline isole l’axone et accélère la conduction du potentiel d’action, qui se propage de façon saltatoire entre les nœuds de Ranvier.

  • Les épendymocytes tapissent les cavités internes du SNC en une monocouche de cellules cylindriques épithélioïdes dépourvues de lame basale ; leurs cils brassent le LCR et ils ne forment généralement pas de jonctions serrées étanches, permettant les échanges entre le LCR et le liquide interstitiel du tissu nerveux.

Compléments

  • Le neuroépithélium produit d’abord les neuroblastes, puis les glioblastes qui se différencient en astrocytes ou oligodendrocytes, et enfin les cellules épendymaires et apparentées.

  • Les astrocytes sont interconnectés par des jonctions communicantes formant un réseau couplé sur le plan métabolique, et leurs filaments intermédiaires peuvent être révélés par immunohistochimie contre la GFAP.

  • Les astrocytes protoplasmiques contribuent au confinement des espaces synaptiques, peuvent produire du glutamate et des facteurs neurotrophiques, et guident les neurites pendant le développement.

📌 Après une lésion du SNC, les astrocytes peuvent phagocyter des débris et proliférer pour combler la zone détruite, produisant une cicatrisation plutôt qu’une réparation.

📌 La substance blanche est une région de conduction rapide dépourvue de somas neuronaux et de synapses, tandis que la substance grise accueille les synapses et contient le neuropile formé par des dendrites et des axones mêlés.

  • Dans les plexus choroïdes, des épendymocytes spécialisés produisent continuellement le LCR au contact des capillaires sanguins.

  • Les cellules de la microglie sont des cellules résidentes de longue durée de vie, normalement quiescentes, qui deviennent phagocytaires après activation lors d’une lésion.

22. Cellules de Schwann et régénération des neurites

Notions clés & Définitions

  • Cellule de Schwann : Cellule issue des crêtes neurales qui synthétise une membrane basale isolant la cellule du tissu conjonctif voisin et servant de support à la croissance et à la régénération.

★ À maîtriser

📌 Une cellule de Schwann myélinisante enroule ses prolongements autour d’un seul neurite, tandis qu’une cellule de Schwann non myélinisante abrite un ou plusieurs neurites dans des replis membranaires appelés mésaxones.

  • Après une lésion, les cellules de Schwann peuvent se diviser et guider la repousse des axones et des dendrites, contrairement aux oligodendrocytes du SNC.

📌 Lorsque seule la myéline est lésée, elle peut se reformer intégralement dans le SNC comme dans le SNP, car les oligodendrocytes et les cellules de Schwann peuvent se multiplier.

📌 Lorsque le neurite est lésé, sa régénération est possible dans le SNP si la continuité des nerfs lésés est rétablie, notamment par microchirurgie en cas de déplacement.

  • La récupération après une lésion d’un neurite est impossible au niveau du SNC, notamment après une lésion médullaire irréversible.

Compléments

📌 Dans le SNP, les cellules de Schwann peuvent myéliniser des axones ou des dendrites, notamment ceux des neurones pseudo-unipolaires en T des ganglions rachidiens.

  • Les cellules apparentées aux cellules de Schwann comprennent notamment : les cellules satellites autour des neurones du SNP, des cellules participant à des récepteurs spécialisés du tact, des cellules participant à des récepteurs spécialisés de la vibration, des cellules participant à des récepteurs spécialisés de la pression

Astuce mémo

Un oligodendrocyte myélinise plusieurs segments ; une cellule de Schwann, un seul segment d’un neurite.

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