Fiche de révision : Accréditation et analyses de l’eau

Plan du Cours

  1. Chimie et concept d’environnement
  2. Homme et définitions de la pollution
  3. Repères historiques des pollutions
  4. Types et propagation des pollutions
  5. Substances chimiques préoccupantes
  6. Prise de conscience et prévention
  7. FDS et étiquetage des produits
  8. Dangers chimiques au poste
  9. Pénétration et effets sur la santé
  10. Prévention et secours au travail
  11. Outils d’évaluation CLARICE
  12. Évaluation théorique du risque chimique
  13. Accompagnement décisionnel et contrôles
  14. Accréditation et garanties COFRAC
  15. Polluants chimiques de l’eau
  16. Exigences du laboratoire
  17. Méthodes spectroscopiques
  18. Méthodes chromatographiques

1. Chimie et concept d’environnement

Notions clés & Définitions

  • Chimie de l’environnement : Étude des aspects chimiques des processus environnementaux, notamment les réactions, la destinée des produits chimiques, ainsi que leurs mouvements et leurs sources dans l’air, l’eau et le sol.
  • Environnement : Ensemble des facteurs physiques, chimiques et biologiques dont dépendent la vie et la postérité d’une population végétale, animale ou humaine.
  • Écosystème : Association d’un environnement physico-chimique abiotique, appelé biotope, et de populations caractéristiques qui l’habitent et interagissent avec lui.

★ À maîtriser

  • Les quatre compartiments environnementaux sont :

    • l’atmosphère, gazeuse
    • l’hydrosphère, liquide
    • la lithosphère, solide
    • la biosphère, constituée de matière vivante
  • L’équilibre écologique est dynamique et fragile ; son maintien dépend du bon fonctionnement des cycles, que les activités humaines peuvent perturber par la surconsommation des ressources et les rejets de résidus toxiques.

Compléments

  • Les composants majeurs de l’environnement sont : le sol, l’air, l’eau, le monde des hommes, des animaux et des plantes, le climat

  • Dans les écosystèmes, les transferts alimentaires permettent le recyclage permanent des éléments biogènes au cours des cycles de la matière, notamment les cycles du carbone, de l’azote et de l’eau.

  • Les cycles écologiques font intervenir : des producteurs comme les végétaux, des consommateurs comme les animaux, des décomposeurs comme les microorganismes, des processus acide-base, des processus d’oxydoréduction, des processus de précipitation et de solubilisation, des processus de complexation

2. Homme et définitions de la pollution

Notions clés & Définitions

  • Pollution : Modification défavorable du milieu naturel, notamment par des rejets de composés toxiques ou par des substances qui perturbent l’environnement et ses cycles sans être nécessairement dangereuses pour les organismes vivants.
  • Contaminant : Élément ajouté dans un milieu qui, par sa présence, modifie l’état initial de ce milieu ; le terme vient du latin « contaminare », qui signifie « souiller par contact ».
  • Polluant : Contaminant qui a dégradé l’état du milieu et produit un impact négatif mesurable ; le terme vient du latin « polluere », qui signifie « salir ».
  • Impact environnemental : Ensemble des facteurs qui perturbent l’environnement.

★ À maîtriser

  • L’Homme fait partie de l’écosystème terrestre, influence son environnement et est réciproquement influencé par lui.

  • Une perturbation environnementale survient lorsque des interventions physiques, chimiques, biologiques ou technologiques influencent l’état naturel, par exemple par l’extraction massive de matériaux ou l’introduction de gaz d’échappement, d’eaux usées et de déchets ; ces altérations constituent une pollution de l’environnement.

Compléments

  • L’industrialisation a fait de l’Homme un facteur déterminant de l’écosystème, en aménageant la nature et en transformant profondément son environnement.

  • La pollution de l’environnement est notamment due : à la circulation, aux petites et grandes industries, à l’agriculture

  • La qualification d’un contaminant comme polluant dépend notamment : de sa quantité dans le milieu, de sa toxicité potentielle, de ses interactions avec l’environnement, de la capacité de l’écosystème à absorber la contamination

Astuce mémo

Le contaminant souille ; le polluant dégrade.

3. Repères historiques des pollutions

Points essentiels

  • L’extraction du charbon, attestée dès le XIIIe siècle, a entraîné une pollution de l’air liée à sa combustion, notamment par les fumées, le dioxyde de soufre et les poussières.

  • À partir du XXe siècle, les moteurs à combustion du trafic routier, maritime et aérien ont créé de nouvelles pollutions atmosphériques.

  • Les déchets industriels rejetés dans les fleuves et les lacs comprenaient : des colorants textiles, des substances utilisées pour la préparation des cuirs, des acides utilisés pour le traitement de surface des métaux, des bases utilisées pour le traitement de surface des métaux

  • Dès le Moyen Âge, l’industrie métallurgique extrayait des métaux et des minerais pour le commerce et les guerres, ce qui posait le problème des métaux lourds, notamment du mercure dans les miroirs et du cuivre, du plomb et du fer utilisés pour les guerres.

  • Vers 1850, le développement des industries du verre et du textile a accompagné celui de la chimie organique et des premières synthèses, notamment les colorants à partir de l’aniline et le carbonate de sodium, dont le procédé rejetait du HCl dans l’air et du sulfure de calcium CaS comme déchet.

  • L’agriculture s’est développée il y a 8000 ans et a utilisé des engrais et des pesticides ; dans l’Antiquité, des produits à base de soufre, dont le dioxyde de soufre, et d’arsenic étaient employés.

  • Au XIXe siècle, des produits inorganiques à base de cuivre, comme le Vert de Paris, complexe bleu-vert d’acéto-arsénite de cuivre, étaient utilisés en agriculture.

  • Le DNOC, ou 4,6-dinitro-o-crésol, est un pesticide organique synthétisé en 1882 et interdit dans l’Union européenne depuis 1999.

  • Le DDT, ou 1,1,1-trichloro-2,2-bis(4chlorophényl)-éthane, est un insecticide de la famille des hydrocarbures chlorés, synthétisé en 1874 ; ses propriétés insecticides et acaricides ont été découvertes en 1939.

  • À partir de la Seconde Guerre mondiale, le DDT est devenu l’insecticide moderne le plus utilisé en raison de son efficacité ; en 1955, l’OMS a lancé un programme mondial d’éradication du paludisme reposant principalement sur son utilisation.

  • En raison de sa toxicité, le DDT a été interdit dans la plupart des pays à partir des années 1970, dont la France en 1972.

4. Types et propagation des pollutions

★ À maîtriser

  • Les catégories de pollution comprennent : les pollutions dues à la réduction de l’espace vital, les pollutions provoquées par des substances, les pollutions d’origine physique, dont la pollution thermique par la chaleur, la pollution sonore par le bruit, les rayonnements

  • L’importance environnementale d’une substance dépend : de sa quantité, de la voie par laquelle elle atteint l’air, l’eau ou le sol, de ses interactions avec les êtres vivants

📌 Les pollutions globales s’étendent à l’échelle planétaire, les pollutions régionales se propagent sur environ 1000 km, les pollutions locales couvrent de 0,1 à 100 km et les pollutions ponctuelles atteignent jusqu’à 100 m.

Compléments

  • Le transport des substances entre les compartiments s’effectue par :

    • les précipitations
    • la dissolution
    • la vaporisation
    • l’adsorption
    • la désorption
  • Les pollutions globales se trouvent essentiellement dans l’air et sont transportées par l’air ; la destruction de la couche d’ozone en est un exemple.

  • Les pollutions locales peuvent concerner l’air, l’eau et le sol ; la pollution des nappes phréatiques en est un exemple.

5. Substances chimiques préoccupantes

Notions clés & Définitions

  • Produits chimiques préoccupants : Substances chimiques ayant un impact sur la santé et l’environnement.
  • Xénobiotique : Substance étrangère à un système biologique et peu dégradable ; ces substances sont liées aux activités humaines et sont d’origine anthropique.

Points essentiels

  • La liste des substances extrêmement préoccupantes, ou SVHC (Substance Very High Concern), est établie par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) et compte 219 substances.

  • Les catégories de substances extrêmement préoccupantes comprennent :

    • les substances cancérigènes
    • les substances mutagènes
    • les substances reprotoxiques
    • les perturbateurs endocriniens
  • Les exemples de produits chimiques préoccupants cités sont :

    • les pesticides comme le DDT et l’atrazine
    • les chlorofluorocarbures (CFC)
    • les biphényles polychlorés (PCB)
    • l’amiante
  • Les exemples de xénobiotiques cités comprennent : les composés organiques chlorés comme les PCB, les pesticides, les médicaments comme l’acide acétylsalicylique, l’ibuprofène

📌 Une substance est introduite naturellement dans l’environnement, par exemple par la respiration ou les éruptions volcaniques, ou de manière anthropique lorsqu’elle est générée par l’activité humaine.

  • Le comportement d’une substance dépend : de ses propriétés physiques et chimiques, notamment sa masse molaire, sa solubilité, des quantités produites et émises, de ses usages, de sa persistance, de sa dégradabilité

6. Prise de conscience et prévention

Notions clés & Définitions

  • Risque chimique : Combinaison entre la dangerosité du produit, ou la manière dont il est utilisé, et l’exposition à ce produit.

★ À maîtriser

  • La réduction à la source consiste à agir directement :
    • à l’émission
    • au processus industriel
    • au poste de travail
    • au niveau de l’Homme

Compléments

  • Les manifestations citées de l’impact des activités humaines comprennent : le dépérissement des forêts, les pluies acides, le trou d’ozone, l’effet de serre, les éléments toxiques dans l’air et les retombées

  • Les mesures de prévention citées comprennent : l’interdiction de certaines substances chimiques, la distribution d’essence sans plomb, la réglementation des aérosols, une meilleure gestion des ressources, la réduction à la source, le développement de techniques de dépollution, le développement de techniques d’analyse

  • La méthode simplifiée d’évaluation du risque chimique présentée est recommandée par l’INRS dans la référence ND 2233 – 200 – 05, 2005.

7. FDS et étiquetage des produits

Notions clés & Définitions

  • Cancérogène : Capable de provoquer le cancer.
  • Mutagène : Peut produire des défauts génétiques héréditaires.
  • Reprotoxique : Altère la capacité de reproduction chez l’homme ou la femme et induit des effets néfastes sur la descendance.

★ À maîtriser

  • La fiche de données de sécurité (FDS) est transmise par le fournisseur en français, conservée et mise à jour annuellement.

  • La FDS comporte 16 rubriques couvrant notamment l’identification et la composition du produit, les dangers, les propriétés physico-chimiques, l’environnement, la protection des salariés, les informations diverses et les mesures d’urgence.

  • L’étiquette d’un produit chimique indique :

    • son nom
    • ses symboles de danger
    • sa mention d’avertissement
    • ses mentions de danger
    • ses mentions de prudence
    • le numéro CAS

Compléments

  • Le numéro CAS sert de carte d’identité à la substance, et non au fournisseur.

  • Les mentions de danger H200 et H221 signalent respectivement un explosif instable et un gaz inflammable.

  • Les mentions H333 et H351 indiquent respectivement qu’un produit peut être nocif par inhalation et qu’il est susceptible de provoquer le cancer.

  • Les mentions H401 et H402 indiquent respectivement qu’un produit est toxique et nocif pour les organismes aquatiques.

8. Dangers chimiques au poste

★ À maîtriser

  • Les solvants synthétiques peuvent entraîner gerçures, dermatoses d’irritation et de sensibilisation, irritations de la peau, des yeux et des voies respiratoires, somnolence, vertiges, fatigue, atteinte du système nerveux central et atteintes possibles du foie, des reins ou de l’ouïe.

  • Les poussières peuvent provoquer des irritations cutanées, de l’eczéma, des dermatites de contact et des conjonctivites, ainsi que des inflammations des muqueuses, de l’asthme, des rhinites, des pneumopathies chroniques, des fibroses pulmonaires, des pneumoconioses et des cancers naso-sinusiens ou broncho-pulmonaires.

Compléments

  • Les huiles minérales peuvent provoquer des dermatoses d’irritation et de sensibilisation, des folliculites et de l’acné, ainsi qu’une insuffisance respiratoire.

  • Les poussières issues du sciage ou du ponçage du bois, du ponçage des métaux et du ciment sont présentées comme la principale cause de cancers professionnels après l’amiante.

  • Les colles contenant des isocyanates ou des acrylates peuvent provoquer urticaire, eczéma et blépharo-conjonctivite, ainsi que rhinite, irritation avec toux chronique ou obstruction bronchique, asthme allergique professionnel et pneumopathies.

9. Pénétration et effets sur la santé

★ À maîtriser

  • Les trois voies de pénétration des substances dans l’organisme sont :

    • la voie cutanée
    • la voie respiratoire
    • la voie digestive
  • La voie respiratoire est la première voie de pénétration en milieu professionnel.

  • Les particules de 30 à 10 µm sont associées au nez et au larynx, celles de 5 à 10 µm à la trachée et aux bronches, et celles de moins de 5 µm aux poumons et aux bronchioles.

  • La peau constitue une bonne protection physiologique grâce à sa barrière hydrophobe, mais elle est vulnérable en cas de plaie et face aux substances lipophiles ou corrosives.

  • Après absorption, les substances sont distribuées par le sang, puis peuvent être stockées, dégradées ou éliminées.

Compléments

  • La taille des particules détermine la profondeur de l’atteinte respiratoire, et les nanoparticules de moins de 1 µm peuvent migrer vers des organes internes comme le cerveau, le foie et les organes reproducteurs.

  • La voie digestive est rare en milieu professionnel et peut résulter d’une ingestion accidentelle avec des mains souillées ou d’une ingestion volontaire.

  • Les effets immédiats peuvent apparaître dès le contact, tandis que les effets retardés peuvent survenir quelques heures à quelques jours après l’exposition.

  • Les effets à long terme peuvent apparaître de quelques semaines à 40 années après l’exposition et aller du malaise au cancer.

Astuce mémo

Absorption → distribution → stockage, dégradation ou élimination

10. Prévention et secours au travail

★ À maîtriser

  • 🔄 La prévention au poste consiste à : lire la FDS, vérifier dans le mode opératoire les règles d’usage, les pictogrammes, les mentions de danger et les EPI adaptés, porter obligatoirement les EPI fournis par l’employeur selon le besoin

  • 🔄 La gestion du stock consiste à : évacuer les produits CMR ou non étiquetés, faire envoyer les produits reconditionnés ou inutilisés vers un centre de destruction autorisé, tenir à jour un état indiquant le nom du produit et la quantité stockée

Compléments

  • Les règles d’hygiène doivent être respectées sur le lieu de travail et lors des pauses.

  • Pour une atteinte limitée aux yeux ou aux mains, le temps de réaction indiqué est de 10 secondes.

  • Pour une atteinte étendue au visage, aux bras, aux jambes ou au corps entier, le temps de rinçage indiqué est de 15 minutes.

  • Le DUER recense les risques au travail et les moyens de prévention, et des causeries sécurité sont organisées par le HSE pour la prévention quotidienne.

11. Outils d’évaluation CLARICE

Notions clés & Définitions

  • CLARICE : Fichier Excel gratuit d’aide à la décision qui quantifie le risque chimique et aide à définir des mesures de prévention pour les risques sanitaires, incendie-explosion et environnementaux.

★ À maîtriser

  • Dans CLARICE, l’onglet Inventaire recense les produits du poste, leurs dangers, les mentions de danger, les symboles, les quantités utilisées et, le cas échéant, les VLEP indiquées au chapitre 8 de la FDS ; il contribue aux scores Danger et Quantité.

  • Dans CLARICE, l’onglet EV-SAN combine le score HRP avec la fréquence d’usage pour hiérarchiser les produits contenant des substances dangereuses et déterminer les priorités d’action ou de surveillance.

  • Dans CLARICE, l’onglet EV-INH hiérarchise les substances à risque par inhalation en tenant compte de leur volatilité et de l’insuffisance des moyens de maîtrise au poste.

  • Dans CLARICE, l’onglet EV-CUT hiérarchise les substances caustiques à risque par voie cutanée lorsque les moyens de maîtrise au poste sont insuffisants.

📌 Les articles R. 4412-5 à R. 4412-10 du Code du travail imposent à l’employeur d’évaluer les risques d’exposition aux agents chimiques au travail afin de réduire ces risques et de sensibiliser le personnel.

📌 Un risque chimique très prioritaire exige des actions sans délai pour réduire l’exposition, un risque prioritaire appelle des actions de réduction, et un risque faible permet d’alléger les mesures de prévention sous surveillance, conformément aux articles R. 4412-13 et R. 4412-14 du Code du travail.

Compléments

  • CLARICE a été développé par la CRAM Meurthe et Moselle en collaboration avec l’INRS entre 2008 et 2011 et convient aux problématiques simples de moins de 100 substances.

  • COLIBRISK a été conçu et développé entre 2012 et 2021 par des membres des Services de Santé au Travail et de la Fédération des SSTI des Pays de la Loire ; il est plus complet, vise plus de 100 substances et est plus complexe.

  • SEIRICH, développé entre 2015 et 2024, est une application plus récente, plus complète et plus technique qui prend en compte les polyexpositions et l’abattement du risque lié au port des EPI.

  • L’INRS, créé à Nancy en 1947 sous la forme d’une association de 1901 liée à la Sécurité sociale (CNAM), contribue à prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles.

  • Les missions de l’INRS comprennent : l’identification des risques professionnels, l’analyse de leurs conséquences sur la santé, la conception et la promotion de solutions de prévention, l’accompagnement des acteurs HSE par des outils d’aide à la décision comme Clarice et SEIRICH

12. Évaluation théorique du risque chimique

Notions clés & Définitions

  • Agent chimique dangereux : Substance ou mélange répondant aux critères de classification du règlement CLP n° 1272/2008 et pouvant présenter un risque pour la santé ou la sécurité des travailleurs en raison de ses propriétés, y compris lorsqu’un décret prévoit une valeur limite d’exposition professionnelle, selon l’article R. 4412-3 du Code du travail.
  • Substance : Élément chimique lié à un numéro CAS.
  • Mélange : Produit composé de plusieurs substances.

★ À maîtriser

  • 🔄 L’évaluation théorique du risque chimique suit trois étapes :

    1. Inventorier les produits utilisés par zone à partir des informations principales des FDS
    2. Hiérarchiser les risques potentiels par le score HRP
    3. Évaluer les risques par inhalation et par voie cutanée
  • Le score d’exposition combine la quantité de produit consommée et la fréquence d’usage ; le rapport Qi/Qmax correspond à la quantité du produit divisée par la quantité totale annuelle.

  • Le score HRP combine la dangerosité et l’exposition potentielle ; pour le toluène noté 4 avec une exposition de 5, le HRP vaut 100 000.

📌 Le classement HRP indique une priorité urgente au-dessus de 10 000, une priorité secondaire en dessous de 10 000 et un risque faible en dessous de 100.

📐 Formule - Le risque par inhalation se calcule par Risque Inhalation=10(Note Danger−1)×Coef 1×Coef 2×Coef 3Risque\ Inhalation = 10^{(Note\ Danger-1)} \times Coef\ 1 \times Coef\ 2 \times Coef\ 3.

📐 Formule - Le score de risque cutané par approche simple se calcule par Risque cutaneˊ=10(Note Danger−1)×Coef 1×Coef 2Risque\ cutané = 10^{(Note\ Danger-1)} \times Coef\ 1 \times Coef\ 2.

Compléments

  • Les anciennes phrases de risque Rxx correspondent aux mentions de danger Hxxx.

  • La fréquence d’usage est notée de 1 à 4 :

    • occasionnelle pour moins de 30 minutes
    • intermittente de 30 minutes à 2 heures
    • fréquente de 2 à 6 heures
    • permanente au-delà de 6 heures
  • Lorsque la note de quantité Q vaut 4 et la note de fréquence f vaut 4, le score d’exposition Expo vaut 5 et correspond à un risque très probable.

  • Le calcul du risque par inhalation estime la volatilité à partir des propriétés physico-chimiques et tient compte des moyens de protection liés au poste et au mode opératoire.

  • Pour l’évaluation du risque par inhalation, les équipements de protection individuelle tels que les masques ne corrigent pas le risque d’exposition, car ils n’agissent pas sur l’ambiance de travail.

  • Pour le toluène de note de danger 4, le calcul d’inhalation donne 10(4−1)×100×1×0,1=10 00010^{(4-1)} \times 100 \times 1 \times 0{,}1 = 10\ 000, ce qui correspond à un risque fort nécessitant une action immédiate à partir de 1 000.

  • Pour le toluène de note de danger 4, le peintre industriel en cabine exposé 6 heures par jour avec un coefficient de surface de 2 obtient un risque cutané de 20 000, qui exige une action immédiate à partir de 1 000.

Astuce mémo

Inventaire → hiérarchisation → évaluation par inhalation et par voie cutanée.

13. Accompagnement décisionnel et contrôles

Notions clés & Définitions

  • Groupe d’Exposition Homogène : Groupe de travailleurs ayant des tâches semblables, pas nécessairement simultanées, et des conditions d’exposition a priori semblables aux substances chimiques, selon la NF EN 689.

★ À maîtriser

  • 🔄 L’accompagnement décisionnel consiste à :
    1. Hiérarchiser les substances dangereuses non faibles
    2. Réduire les voies d’exposition aux postes
    3. Identifier les postes encore à risque
    4. Mesurer les concentrations respirables

Compléments

  • Les concentrations respirables sont mesurées en mg/m3 selon l’arrêté du 15/12/2009 par un laboratoire COFRAC, afin d’établir un diagnostic de conformité lorsque la concentration respirable d’ACD est inférieure au seuil VLEP.

  • Les concentrations des polluants sont mesurées annuellement pour les postes présentant un risque non faible, et un rapport réglementaire est destiné à l’inspection du travail.

Astuce mémo

Évaluer → cibler les GEH → mesurer les expositions.

14. Accréditation et garanties COFRAC

Notions clés & Définitions

  • Accréditation : Attestation délivrée par un organisme faisant autorité qui reconnaît formellement la compétence à réaliser des activités spécifiques d’évaluation de la conformité.
  • Écart d’accréditation : Une dérive observée par rapport aux exigences normatives, législatives et réglementaires.
  • Écart critique : Un manquement grave et évident au respect d’exigences, entraînant un impact négatif sur le résultat.

★ À maîtriser

  • L’accréditation COFRAC garantit : l’évaluation de la compétence, l’adéquation des moyens, l’organisation du système de management de la qualité du laboratoire

  • Le processus d’accréditation comprend la formalisation de la demande et l’auto-évaluation, l’évaluation des compétences et pratiques sur site suivie d’une décision fondée sur le rapport, puis le renouvellement des compétences au cours d’un cycle de surveillance de 5 ans.

  • L’évaluation porte sur trois domaines :

    • la maîtrise organisationnelle et technique
    • la maîtrise du résultat
    • la maîtrise du système de management de la qualité
  • À l’issue de l’évaluation, le COFRAC peut attester sa confiance dans l’organisme pour réaliser ses activités sous accréditation ; sinon, une suspension d’activité est possible.

  • Après l’audit, le laboratoire soumet un plan d’actions à l’auditeur sous 15 jours, met en œuvre les corrections dans les délais prévus et conserve les preuves de traitement ; un audit suivant vérifie leur application.

  • Les écarts critiques doivent être corrigés sous 3 mois et les autres écarts sous 6 mois.

Compléments

  • Pour les laboratoires d’essais et d’analyses, le référentiel d’accréditation indiqué est la norme NF EN ISO 17025, version 2017, complétée par des normes métier.

  • La portée d’accréditation inventorie les méthodes déclarées réalisées sous accréditation et précise les domaines, les méthodes validées et les référentiels appliqués.

  • Le COFRAC est une association à but non lucratif créée en 1994, et il est la référence nationale de l’accréditation depuis 2008.

  • L’évaluation COFRAC examine sur site la traçabilité, la pertinence et l’adéquation des dispositions documentées attestant du fonctionnement du laboratoire.

  • La maîtrise organisationnelle et technique est examinée notamment par l’entretien sur les procédures et les essais interlaboratoires.

  • La maîtrise du résultat est examinée notamment par des simulations d’essais, des cartes de contrôle et des étalons.

  • L’évaluation examine aussi :

    • les incertitudes
    • l’intégrité
    • l’impartialité
    • la confidentialité
    • la traçabilité des dossiers

15. Polluants chimiques de l’eau

Notions clés & Définitions

  • Exactitude : L’étroitesse de l’accord entre une valeur mesurée et une valeur vraie du mesurande.
  • Erreur : La différence entre la valeur mesurée d’une grandeur et une valeur de référence.
  • Justesse : L’étroitesse de l’accord entre la moyenne d’un nombre infini de valeurs mesurées répétées et une valeur de référence.
  • Fidélité : L’étroitesse de l’accord entre les indications ou les valeurs mesurées obtenues par des mesurages répétés du même objet ou d’objets similaires dans des conditions spécifiées reproductibles.

★ À maîtriser

  • Les constituants chimiques présents dans l’eau se répartissent en matières organiques et matières minérales.

  • Les matières minérales polluantes comprennent : les acides et les bases, les engrais minéraux tels que les nitrates et les phosphates, les métaux et métalloïdes Hg, Cd, Cr, Cu, Ni, Pb, Zn, As et Se

📌 Les macropolluants, comme les nitrates, les phosphates, la DCO et les indices, dépassent des concentrations de l’ordre du µg/L, voire du mg/L, tandis que les micropolluants sont présents à l’état de traces, de l’ordre du µg/L, voire du ng/L.

Compléments

  • Les matières organiques sont formées principalement des éléments C, H, O, N, P et S.

  • Les matières organiques communes comprennent les lipides, les glucides et les protides issus de protéines par dégradation.

  • Parmi les autres matières organiques figurent : les hydrocarbures, huiles et goudrons (HCT, BTEX, HAP, COHV), les détergents synthétiques riches en phosphore, les pesticides, les médicaments, les aldéhydes, les cyanures, les organosoufrés

  • Les pesticides se retrouvent facilement dans le réseau d’assainissement parce qu’ils sont stables et non volatils.

  • Les micropolluants comprennent notamment :

    • les HAP
    • les solvants organochlorés
    • les détergents
    • les pesticides
    • les PCB
    • les substances pharmaceutiques
    • les métaux tels que Pb, Hg, Cu et Zn

Astuce mémo

Macropolluants : concentrations élevées ; micropolluants : traces.

16. Exigences du laboratoire

Notions clés & Définitions

  • Limite de détection : La valeur minimale interprétable par le laboratoire, liée à la finesse de la machine.
  • Limite de quantification : La valeur minimale interprétable par le laboratoire avec un niveau suffisant d’exactitude du processus de mesure.

★ À maîtriser

  • La prestation du laboratoire répond à un besoin réglementaire, normatif ou sanitaire, dans les délais attendus et avec des résultats fiables.

  • La légitimité du laboratoire repose notamment sur : la qualification du personnel et des méthodes, la traçabilité et l’intégrité de chaque prestation, la confidentialité, l’impartialité, le respect d’un délai contractuel

  • La méthodologie fondée sur des normes permet de planifier en identifiant les risques et en définissant les objectifs du système de mesure, d’agir par des actions adaptées, de vérifier les résultats et d’améliorer les pratiques en corrigeant les problèmes.

  • Le résultat validé est supérieur ou égal à la Lq et est directement comparé à une valeur de référence.

Compléments

  • L’accréditation COFRAC et le référentiel ISO 17025 pour les essais participent à la reconnaissance de l’expertise des laboratoires, avec des équivalences européennes.

  • L’accréditation COFRAC garantit un résultat fiable et est nécessaire lorsque la réglementation l’impose.

  • Les délais de prestation peuvent être de 48 heures, 5 jours ou 15 jours, et le laboratoire doit les respecter.

17. Méthodes spectroscopiques

Notions clés & Définitions

  • Spectroscopie : Une technique d’analyse reposant sur les interactions entre la matière et un rayonnement électromagnétique caractérisé par sa longueur d’onde.

★ À maîtriser

  • Les transitions électroniques des électrons de valence correspondent au domaine UV-visible, avec une variation d’énergie approximative de 170 à 1250 kJ·mol⁻¹.

  • En spectrométrie d’absorption atomique, le rayonnement traverse une population d’atomes vaporisés dans l’atomiseur, le monochromateur sélectionne la longueur d’onde et le détecteur mesure le signal pour le retranscrire en résultat de masse.

📐 Formule - La loi de Beer-Lambert s’écrit A=εlcA = \varepsilon l c, où ε est le coefficient d’absorption molaire en L·mol⁻¹·cm⁻¹, l la longueur de cuve en cm et c la concentration en mol·L⁻¹.

📌 La loi de Beer-Lambert est valide avec une lumière monochromatique, une solution peu concentrée et une solution limpide.

  • 🔄 Le dosage par étalonnage suit ces étapes :
    1. Préparer une gamme étalon de solutions de concentrations connues.
    2. Déterminer la longueur d’onde du maximum d’absorption.
    3. Mesurer l’absorbance des étalons à cette longueur d’onde et tracer A=f(C).
    4. Mesurer l’absorbance de la solution inconnue.
    5. Déduire sa concentration par lecture graphique ou avec l’équation de la courbe.

Compléments

  • Les mouvements des atomes correspondent à des niveaux d’énergie vibrationnelle et rotationnelle, tandis que les mouvements des électrons correspondent à des niveaux d’énergie électronique.

  • Le dosage par ajouts dosés consiste à ajouter des quantités croissantes d’une solution étalon à un volume connu de solution inconnue, puis à compléter chaque préparation au même volume total.

  • La spectrophotométrie UV-visible permet une analyse quantitative, tandis que la spectroscopie infrarouge est présentée comme une analyse qualitative.

Astuce mémo

Rayonnement absorbé → longueur d’onde isolée → signal détecté.

18. Méthodes chromatographiques

★ À maîtriser

  • En HPLC-MS, les constituants sont séparés dans une phase mobile, notamment du chloroforme ou du méthanol, le long d’une colonne contenant une phase stationnaire de rétention.

  • En GC-MS, l’échantillon est vaporisé et transporté par un gaz vecteur, l’hélium, puis les molécules sont fragmentées et analysées par spectrométrie de masse.

  • Le temps de rétention d’une molécule dépend de ses caractéristiques, notamment sa polarité, sa structure, sa charge électrique et sa solubilité à l’état ionisé.

📌 La force de rétention dépend de l’affinité de la molécule pour la phase stationnaire, tandis que la force de mobilité correspond à son entraînement par la phase mobile.

Compléments

  • La GC-MS par pyrolyse est une technique alternative qui craque les molécules en molécules plus petites.

  • En GC-FID, les composés sont volatilisés puis séparés à l’aide d’un gaz vecteur, l’hélium, et détectés par ionisation de flamme avec un détecteur FID.

  • L’identification des masses des molécules de l’échantillon peut se faire par comparaison avec la bibliothèque NIST, qui contient plus de 3000 composés connus.

  • La quantification peut s’appuyer sur la gamme obtenue à partir des étalons détectés, par exemple un équivalent toluène.

Astuce mémo

La phase stationnaire retient ; la phase mobile entraîne.

Tableaux de synthèse

Priorisation des risques chimiques

NiveauSeuil ou critèreConséquence
Très prioritaireRisque très élevéActions sans délai
PrioritaireRisque prioritairePrévoir des actions de réduction
Moins prioritaireRisque faibleSurveillance et prévention allégée
Classement HRP faibleHRP inférieur à 100Risque faible

Évaluation des voies d’exposition

VoieÉléments évaluésCalcul
InhalationVolatilité, poste et mode opératoire10^(note danger−1) × trois coefficients
CutanéeScénario d’exposition et coefficients majorants10^(note danger−1) × deux coefficients

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