📋 Plan du Cours
- Institution sociale et dimension symbolique
- Organisation : règles, objectifs et structure
- Différences entre institutions et organisations
- Système d’action concret et jeux de pouvoir
- Analyse stratégique et organigramme des pouvoirs
- Postulats de l’analyse stratégique
- Acteurs, systèmes d’acteurs et acteurs clés
- Usage de la cigarette chez les mineurs
- Impacts sur la dynamique d’équipe
- Impacts sur la communication institutionnelle
- Analyse stratégique : acteurs, enjeux, ressources
- Préconisations et pistes d’action en équipe
📖 1. Institution sociale et dimension symbolique
🔑 Notions clés & Définitions
- Analyse institutionnelle : Démarche d’analyse apparue dans les années 1970 qui lit les dynamiques institutionnelles à travers les rapports de pouvoir portés par les organisations.
- Institution sociale : Notion désignant l’ensemble des représentations et façons de penser, agir et ressentir qui s’imposent aux individus dans un cadre social.
- Dimension symbolique : Aspect d’une organisation qui renvoie aux significations, croyances et légitimités qui donnent du sens aux décisions et au pouvoir.
- Organisation : Groupe humain structuré par des règles, rassemblé autour d’un but, avec des individus, une régulation, une communication et des objectifs.
- Sociogramme : Outil d’analyse des relations humaines qui permet de visualiser un réseau de liens et d’en déduire des enjeux pour les acteurs.
📝 Points essentiels
- Dans l’accompagnement social et médico-social, l’éducateur doit connaître les dynamiques des structures pour ajuster sa posture professionnelle et la qualité de l’accompagnement.
- L’analyse institutionnelle associe l’institution au pouvoir produit par les organisations, plutôt qu’à une simple forme juridique.
- L’institution peut être comprise comme la dimension symbolique d’une organisation, ce qui explique qu’une grande entreprise soit traitée comme une institution.
- L’institution sociale correspond à des mécanismes légitimes de construction du pouvoir et de la prise de décision.
- Une organisation est définie comme un groupe humain réuni autour de règles visant un but, sans taille minimale fixée dans toutes les approches.
- La psycho-sociologie situe souvent le seuil d’une organisation autour d’une quinzaine de membres, contre une définition plus large en sociologie.
💡 Astuce mémo
Institution = Pouvoir + Symboles : ce qui “s’impose” aux acteurs.
📖 2. Organisation : règles, objectifs et structure
🔑 Notions clés & Définitions
- Système d’action concret : Un système d’action concret désigne la façon dont les acteurs organisent leurs relations pour résoudre les problèmes concrets posés par le fonctionnement de l’organisation.
- Système de relations : Un système de relations est l’ensemble des interactions entre acteurs, où les comportements de chacun influencent ceux des autres.
- Jeux de pouvoir : Les jeux de pouvoir sont des rapports d’influence entre acteurs qui tendent à s’équilibrer tant qu’ils sont acceptés par tous.
- Organisation : Une organisation est un ensemble créé à une date identifiable, reconnaissable, dont on peut en principe dresser la liste des membres.
- Institution : Une institution est un ensemble dont la datation est plus difficile à fixer, où les individus changent mais les places et fonctions demeurent.
📝 Points essentiels
- L’organisation repose sur plusieurs systèmes : division du travail, commandement/autorité, communication/information, puis évaluation-contrôle des sorties et des individus.
- Les dysfonctionnements majeurs apparaissent souvent dans le système d’évaluation-contrôle quand les buts sont vagues et la comparaison buts/résultats est difficile (ex. PPA).
- Une dérive possible est la bureaucratisation ou l’idéologisation, quand des règles se substituent à l’action réelle derrière des discours et nomenclatures.
- Différence organisation vs institution : l’organisation a une date de création fixe et identifiable, alors la datation d’une institution est plus vague.
- Différence organisation vs institution : on peut faire un listing exhaustif des membres d’une organisation, alors c’est impossible pour une institution.
- Différence organisation vs institution : l’organisation produit des normes et des manières d’agir/penser/sentir, tandis que l’institution produit des valeurs (idéaux mentaux).
💡 Astuce mémo
Organisation = Date + Membres + Normes ; Institution = Date floue + Postes + Valeurs.
📖 3. Différences entre institutions et organisations
🔑 Notions clés & Définitions
- Analyse stratégique : Démarche visant à mettre au jour, à partir de l’organigramme officiel, les pouvoirs réels et les relations informelles qui structurent l’action.
- Grille d’Analyse Stratégique : Outil de l’analyse stratégique servant à cartographier les rapports de pouvoir et les stratégies des acteurs dans un système d’action concret.
- Organigramme formel : Schéma officiel qui décrit les rôles et la structure d’une organisation, sans rendre compte des jeux de pouvoir effectifs.
- Système d’action concret : Réseau de relations et de rapports de pouvoir effectifs, issu des stratégies d’acteurs, qui guide réellement les comportements.
- Acteur : Individu ou groupe concerné directement ou indirectement par l’action à entreprendre, et capable de jouer un rôle dans un cadre contraint.
📝 Points essentiels
- Un changement dans l’environnement de travail (personnel, plannings, tâches, résidents) révèle souvent des jeux de pouvoir déjà présents et peut en déclencher de nouveaux.
- L’analyse stratégique cherche un second organigramme, distinct du formel, pour représenter la carte des pouvoirs effectifs.
- L’organisation est un construit social : elle n’est pas un phénomène naturel mais un artefact fondé sur des objectifs prédéfinis.
- Les individus disposent d’une marge d’autonomie, même à faible niveau hiérarchique, et interprètent leur rôle selon leurs objectifs propres.
- Les membres ne se comportent pas comme de simples moyens : leurs objectifs, souvent diffus et mouvants, se réajustent selon ressources et contraintes perçues.
- Les stratégies sont rationnelles mais à rationalité limitée : l’acteur ne peut pas choisir l’option optimale et s’arrête à une solution jugée « moins mauvaise » face aux stratégies des autres et à l’environnement.
💡 Astuce mémo
Changement → pouvoirs visibles : organigramme formel ≠ système d’action concret ; acteurs = marge d’autonomie + rationalité limitée.
📖 4. Système d’action concret et jeux de pouvoir
🔑 Notions clés & Définitions
- Acteur : Un acteur est une personne ou un groupe concerné directement ou indirectement par l’action à entreprendre.
- Acteur clé : Un acteur clé est une personne indispensable au processus d’action, sans laquelle l’action ne peut pas se faire.
- Acteur cible : Un acteur cible regroupe les personnes directement touchées par l’action et ses effets.
- Acteur relais : Un acteur relais désigne les personnes sur lesquelles on peut s’appuyer pour faire avancer l’action.
- Système d’action concret : Le système d’action concret correspond à l’ensemble des relations, formelles ou informelles, qui se construisent dans une organisation pour résoudre les problèmes quotidiens.
📝 Points essentiels
- Les comportements peuvent paraître irrationnels, mais restent rationnels du point de vue de l’acteur qui agit.
- Le système-acteur regroupe l’ensemble des relations entre acteurs, qu’elles soient formelles ou informelles.
- Les relations entre acteurs et les jeux de pouvoir apparaissent via des paradoxes, incohérences et anomalies observables.
- Les zones critiques sont des lieux où se cristallisent les attitudes des participants autour de problèmes de fonctionnement.
- Les ZIP servent à repérer où se logent les tensions de fonctionnement et les marges d’action des acteurs.
- Le pouvoir et les dépendances s’analysent à partir des relations plutôt que du seul organigramme formel.
💡 Astuce mémo
Acteurs = qui compte (clé) / qui subit (cible) / qui aide (relais).
📖 5. Analyse stratégique et organigramme des pouvoirs
🔑 Notions clés & Définitions
- Pouvoir : Le pouvoir est une relation qui n’existe que dans l’interaction entre acteurs, et dépend de la situation et des personnes concernées.
- Dépendance : La dépendance décrit le besoin d’un acteur envers une ressource ou un autre acteur, ce qui conditionne la capacité d’influence.
- Diptyque pouvoir-dépendance : Le diptyque relie pouvoir et dépendance : quand le besoin disparaît, l’influence associée s’affaiblit ou s’éteint.
- Structure formelle : La structure formelle regroupe les éléments visibles et codifiés qui encadrent l’organisation, comme l’organigramme et les règles.
- Jeux d’acteurs : Les jeux d’acteurs désignent les interactions structurées par des règles implicites ou explicites qui orientent les stratégies.
📝 Points essentiels
- Le pouvoir n’est pas un attribut : il n’existe que dans une relation entre acteurs.
- Le pouvoir ne se thésaurise pas : il ne s’accumule pas comme une ressource stable.
- Le pouvoir est relatif et fluctuant : il dépend de la situation et des acteurs en présence.
- Pouvoir et dépendance forment un diptyque : si B n’a plus besoin de A, A perd du pouvoir sur B.
- Le pouvoir est subjectif : c’est la perception de l’autre qui rend l’influence effective.
- Le pouvoir est intransitif : le pouvoir de A sur B ne garantit pas un pouvoir de A sur C via B.
💡 Astuce mémo
Pouvoir = Besoin perçu : si le besoin disparaît, le pouvoir s’éteint (et il ne “transite” pas).
📖 6. Postulats de l’analyse stratégique
🔑 Notions clés & Définitions
- Point de vue de l’acteur : Postulat selon lequel l’analyse doit se placer du côté de l’acteur pour comprendre sa logique, ses ressources et ses contraintes.
- Regard du clinicien : Postulat qui impose une posture d’observateur curieux et neutre, visant l’objectivité plutôt que le jugement.
- Empathie d’analyse : Postulat selon lequel l’observateur adopte une attitude empathique pour recueillir le matériau d’analyse sans évaluer les personnes.
- Organisation formelle et informelle : Postulat selon lequel l’analyse stratégique étudie à la fois les structures officielles et les fonctionnements non écrits.
📝 Points essentiels
- L’observateur doit se substituer à l’acteur pour expliquer les comportements et stratégies en intégrant ressources et contraintes de l’acteur.
- La posture attendue est neutre et objective : l’intention n’est ni de juger ni d’évaluer, mais de recueillir des éléments d’analyse.
- Les entretiens servent à comprendre comment individus et groupes vivent leur situation et perçoivent leurs missions.
- L’analyse des perceptions inclut atouts et handicaps, ainsi que les relations, conflits, solutions et appréciations des activités.
- L’observation met en évidence des enjeux organisationnels : division des tâches, distribution des rôles, système d’autorité, système de communication, et système contribution-rétribution.
- La démarche s’appuie sur une analyse de la dynamique organisationnelle formelle et informelle, afin de situer l’organisation dans son environnement institutionnel.
💡 Astuce mémo
Acteur + Clinicien + Entretiens : comprendre, observer sans juger, puis décrire la vie organisationnelle (tâches, rôles, autorité, communication, récompenses).
📖 7. Acteurs, systèmes d’acteurs et acteurs clés
🔑 Notions clés & Définitions
- Organisation formelle : L’organisation formelle désigne la structure officielle qui cadre les rôles, les interactions et les comportements attendus dans une situation donnée.
- Acteur : Un acteur est une personne pertinente pour la situation étudiée, dont on analyse le comportement en interaction avec l’organisation et les autres acteurs.
- Pouvoir : Le pouvoir renvoie aux capacités d’influence d’un acteur sur les décisions ou les marges d’action des autres dans une situation.
- Boîte noire de la rationalité : La boîte noire de la rationalité désigne l’idée que la rationalité de l’acteur est difficile à observer directement, car elle dépend d’éléments internes non analysés.
- Enjeux : Les enjeux sont des objectifs concrets et situés dans le temps, liés à la position et au rôle de l’acteur dans une situation donnée.
📝 Points essentiels
- Avant l’analyse, identifier l’organisation formelle et circonscrire l’étude à une situation précise (déclencheur et/ou révélateur de jeux de pouvoir).
- Avant l’analyse, mobiliser les notions théoriques utiles (notamment acteur et pouvoir) pour cadrer correctement la démarche.
- Pendant l’analyse, adopter une posture de distanciation pour éviter le jugement et analyser plutôt que condamner.
- Pendant l’analyse, se mettre à la place de chaque acteur puis observer ses comportements afin de repérer ses enjeux, ressources, contraintes et stratégie.
- Après l’analyse, repérer freins et leviers, puis formuler des actions/propositions pour améliorer la situation.
- Dans la grille, les acteurs sont les personnes pertinentes à l’étude, listées à partir des personnes concernées ou impliquées dans la situation.
💡 Astuce mémo
Acteurs → Enjeux → Ressources/Contraintes → Stratégie (A-E-RC-S).
📖 8. Usage de la cigarette chez les mineurs
🔑 Notions clés & Définitions
- Zones d’incertitude : Une zone d’incertitude est une difficulté ou un flou où l’organisation ne fournit pas de réponse claire, laissant de la marge d’action aux acteurs.
- Ressource stratégique : Une ressource stratégique est un moyen mobilisable qui permet de maîtriser une zone d’incertitude et d’augmenter la marge de manœuvre de l’acteur.
- Pouvoir de contrôle des moyens : Le pouvoir de contrôle des moyens correspond à la capacité à décider des ressources financières, humaines et matérielles, ce qui renforce le pouvoir formel.
- Pouvoir par les règles organisationnelles : Le pouvoir lié aux règles organisationnelles vient de la maîtrise de leur création, modification et application, y compris via la hiérarchie ou certains agents.
- Pouvoir par l’information : Le pouvoir par l’information repose sur la maîtrise du flux de communication et sur la capacité à retenir, choisir ou transmettre des informations clés.
📝 Points essentiels
- Une ressource n’est pertinente que si elle est réellement mobilisable pour maîtriser une zone d’incertitude.
- Le contrôle d’une zone d’incertitude transforme cette zone en ressource stratégique pour l’acteur qui la maîtrise.
- Les ressources augmentent l’autonomie de l’acteur en élargissant sa marge de manœuvre et en réduisant la dépendance.
- Le contrôle des moyens est la forme de pouvoir la plus identifiable et s’exprime par des décisions budgétaires et des autorisations de dépenses.
- Le contrôle des règles organisationnelles peut être détenu par la hiérarchie (recrutement, formation, rémunération, procédures) et aussi par des agents via l’application de certaines règles.
- Le contrôle de l’information permet de gérer les incertitudes du flux communicationnel, par exemple en rédigeant des comptes rendus ou en ne transmettant pas tout à la hiérarchie.
💡 Astuce mémo
Incertitude → Ressource → Pouvoir : maîtriser le flou donne des leviers (moyens, règles, infos).
📖 9. Impacts sur la dynamique d’équipe
🔑 Notions clés & Définitions
- Zone d’incertitude : Une zone d’incertitude est un espace où les règles, procédures ou rôles ne sont pas clairement définis, laissant de la marge d’action aux acteurs.
- Ressource stratégique : Une ressource stratégique est un contrôle d’une zone d’incertitude qui permet à un acteur d’exercer un pouvoir sur la situation.
- Contrainte : Une contrainte est une zone d’incertitude non contrôlée par un acteur, qui limite ses choix et crée une dépendance envers l’acteur qui la contrôle.
- Stratégie : Une stratégie est l’ensemble des moyens mobilisés par un acteur pour maîtriser une incertitude liée à un enjeu et atteindre ses objectifs.
- Stratégie offensive : Une stratégie offensive vise des gains en saisissant des opportunités pour améliorer la situation de l’acteur.
📝 Points essentiels
- Plus l’organisation formelle est floue (règles, procédures, définition de poste, tâches), plus les acteurs perçoivent des zones d’incertitude comme des occasions de pouvoir.
- Si un acteur A contrôle une zone d’incertitude, cette zone devient une ressource stratégique pour A.
- Si un acteur A ne contrôle pas une zone d’incertitude, un autre acteur B la contrôle et A subit une contrainte et une dépendance à B.
- L’analyse doit identifier, pour chaque acteur, ses ressources (zones d’incertitude contrôlées) et ses contraintes (zones non contrôlées à prendre en compte ou à négocier).
- Une stratégie traduit les mobiles ou enjeux de l’acteur, c’est-à-dire ce qu’il cherche à obtenir et ce qu’il peut perdre ou gagner.
- L’acteur cherche un équilibre gain/perte et ajuste ses actions en fonction de ce qu’il a à gagner et à perdre dans la situation.
💡 Astuce mémo
Flou = pouvoir : contrôle d’une zone d’incertitude → ressource ; non-contrôle → contrainte.
📖 10. Impacts sur la communication institutionnelle
🔑 Notions clés & Définitions
- Cohérence éducative : La cohérence éducative désigne l’alignement des pratiques des professionnels avec le cadre commun, ce qui stabilise les messages adressés aux jeunes.
- Incohérence de l’équipe : L’incohérence de l’équipe correspond à des pratiques divergentes qui brouillent le cadre et rendent la règle difficile à appliquer de façon uniforme.
- Légitimité des adultes : La légitimité des adultes renvoie à la crédibilité perçue par les jeunes, notamment quand le règlement est appliqué de manière inégale.
- Espaces interstitiels : Les espaces interstitiels sont les moments informels où des sujets sont traités sans cadre formel, ce qui peut limiter la coordination et la circulation des décisions.
- Compromis éducatif : Le compromis éducatif est un accord d’action qui permet de dépasser un dysfonctionnement observé tout en maintenant une forme de cadre partagé.
📝 Points essentiels
- La divergence des pratiques éducatives peut produire un manque de cohérence et alimenter des tensions entre jeunes et adultes.
- Le non-respect du règlement par certains éducateurs fragilise la crédibilité des adultes et peut conduire à une interprétation différente du cadre par les jeunes.
- La discussion de la situation uniquement dans des espaces informels réduit la coordination et empêche une prise en charge collective en réunion.
- La mise en débat formelle en réunion d’équipe (avec chef de service et psychologue) vise à clarifier la posture et à réduire le risque de clivage.
- Le risque de fragmentation de l’équipe augmente quand chacun gère le conflit selon sa propre lecture du cadre.
- Le compromis peut permettre une action commune malgré les désaccords, tandis que la compromission correspond à un renoncement à l’application du règlement pour préserver la paix sociale.
💡 Astuce mémo
Cadre = message unique : si les adultes parlent différemment, les jeunes doutent et l’équipe se divise; réunion = recadrage.
📖 11. Analyse stratégique : acteurs, enjeux, ressources
🔑 Notions clés & Définitions
- Compromis : Le compromis est une action commune qui permet de dépasser un dysfonctionnement observé sans rompre totalement le cadre.
- Compromission : La compromission correspond à un renoncement à appliquer le règlement pour viser une paix sociale, même si cela va contre la règle.
- Dégradation du climat institutionnel : La dégradation du climat institutionnel est l’affaiblissement de l’ambiance professionnelle lié à la récurrence de la gestion des conflits.
- Clivage équipe pluri et direction : Le clivage entre équipe pluri et direction désigne l’opposition créée quand les réponses diffèrent selon les intervenants.
- Disqualification éducative : La disqualification éducative est la perte de légitimité perçue d’une partie de l’équipe à intervenir, ce qui fragilise l’action éducative.
📝 Points essentiels
- Dans un cadre formel (réunion), le compromis vise une action commune pour traiter un dysfonctionnement observé plutôt que de laisser perdurer la situation.
- La compromission consiste à tolérer ou contourner le règlement pour éviter le conflit, ce qui peut maintenir une paix sociale au prix du non-respect des règles.
- La récurrence de la gestion du conflit augmente le risque de dégradation de l’ambiance institutionnelle et de la qualité du travail professionnel.
- Des réponses différentes selon les intervenants peuvent produire un clivage entre équipe pluri et direction et rendre le cadre éducatif incohérent.
- Le non-respect du cadre fixé favorise des postures de jugement entre professionnels, pouvant faire déborder le conflit hors de l’institution.
- Quand une partie de l’équipe est disqualifiée, sa légitimité à intervenir est contestée, ce qui affaiblit la cohérence éducative.
💡 Astuce mémo
Compromis = traiter le dysfonctionnement ; Compromission = contourner la règle pour la paix sociale.
📖 12. Préconisations et pistes d’action en équipe
🔑 Notions clés & Définitions
- Évitement du conflit : Attitude consistant à réduire les confrontations avec les jeunes pour préserver le cadre éducatif et la cohérence de l’équipe.
- Résistance au règlement de fonctionnement : Refus ou contournement du cadre institutionnel par les jeunes, qui met en tension l’autorité et la cohérence éducative.
- Cohérence éducative : Alignement des pratiques de l’équipe avec le projet personnalisé et le cadre de l’établissement pour garantir des prestations de qualité.
- Réunion de groupe : Espace collectif permettant de recueillir l’avis des jeunes et de travailler sur les règles, la prévention et le sens du cadre.
- CVS : Instance de participation des jeunes (Conseil de la Vie Sociale) utilisée pour intégrer leur point de vue dans l’organisation.
📝 Points essentiels
- La gestion des tensions passe par le respect du cadre et une cohérence éducative, plutôt que par l’évitement du conflit avec les jeunes.
- L’équipe doit se coordonner pour maintenir le cadre, protéger le bien-être au travail et assurer une cohérence avec le projet personnalisé.
- La réflexion commune en réunion permet à chacun de donner son avis et de construire des décisions qui s’imposent ensuite à l’équipe.
- Une note de service peut être utilisée pour informer tous les professionnels et harmoniser les pratiques.
- Face à la résistance, l’ouverture d’un espace de travail sert à croiser les regards et à mobiliser une approche pluridisciplinaire.
- Un espace de travail dédié aux jeunes permet de prendre en compte leur avis via des réunions de groupe ou des instances comme le CVS (selon l’organisation).
💡 Astuce mémo
Cadre + cohérence = équipe alignée; jeunes écoutés via espaces (groupe/CVS).
📊 Tableaux de synthèse
Organisation vs institution (différences)
| Critère | Organisation | Institution |
|---|
| Datation | Date de création fixe, facile à reconnaître | Datation plus vague (ex. EN, Etat, …) |
| Membres | Listing exhaustif possible | Listing exhaustif impossible |
| Production | Produit des normes et des manières de penser/sentir/agir | Produit des valeurs (idéaux mentaux) |
| Rapport aux individus | Dépend pour sa survie des individus qui la composent | Les individus passent, les places/fonctions demeurent (on gère des postes) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre analyse institutionnelle et simple forme juridique : ici l’institution est identifiée au pouvoir produit par les organisations.
- Croire que l’organisation et l’institution sont interchangeables : l’organisation a une date fixe et des membres listables, l’institution non.
- Penser que le pouvoir est un attribut d’une personne : dans l’analyse stratégique, il n’existe que dans une relation et dépend de la situation.
- Croire que l’organigramme formel suffit : l’analyse stratégique cherche un second organigramme pour cartographier les pouvoirs effectifs (système d’action concret).
- Oublier que les acteurs ont une rationalité limitée : ils s’arrêtent à une solution « moins mauvaise » et les comportements peuvent sembler irrationnels de l’extérieur.
- Confondre compromis et compromission : le compromis traite le dysfonctionnement dans le cadre, la compromission renonce à appliquer le règlement pour préserver la paix sociale.
- Réduire les ZIP à de simples problèmes : une ZIP est une zone d’incertitude dont la maîtrise devient une ressource stratégique (sinon, une contrainte/dépendance).
✅ Checklist Examen
- Définir institution sociale comme ensemble de représentations/manières de penser-agir-sentir qui s’imposent et comme mécanisme légitime de construction du pouvoir et de la décision.
- Définir organisation en sociologie (groupe autour de règles pour un but) et préciser les seuils évoqués (2 personnes en sociologie, quinzaine en psycho-sociologie).
- Lister les 4 composantes du système formel de l’organisation : division du travail, commandement/autorité, communication/information, évaluation-contrôle.
- Expliquer 4 différences organisation vs institution : datation, listing des membres, production (normes vs valeurs), rapport aux individus (survie vs postes).
- Définir « système d’action concret » et préciser ses deux propriétés : interaction des acteurs et stabilité relative des relations au fil du temps.
- Décrire l’objectif de l’analyse stratégique : partir de l’organigramme formel pour construire la carte des pouvoirs effectifs via la grille d’Analyse Stratégique.
- Rappeler les 4 postulats de l’analyse stratégique : artefact social, marge d’autonomie, acteurs non traités comme moyens, rationalité limitée et contingente.
- Définir acteur, acteur clé, acteur cible, acteur relais, puis préciser ce que forme le système-acteur et ce que forme le système d’action concret.
- Définir ZIP (zone d’incertitude pertinente) et expliquer le lien ZIP → pouvoir → ressource stratégique, ainsi que l’inverse ZIP non contrôlée → contrainte/dépendance.
- Lister les 4 sources de pouvoir selon l’analyse stratégique : compétence, interface, information, norme, et relier pouvoir à la dépendance.
- Expliquer les caractéristiques du pouvoir : relationnel (pas attribut), non thésaurisable, relatif/fluctuant, subjectif (perception), diptyque pouvoir-dépendance, intransitif.
- Décrire les étapes de la démarche : en amont (organisation formelle, situation, notions), pendant (distanciation, se mettre à la place, analyser enjeux/ressources/contraintes/stratégie), après (freins/leviers, actions).
- Maîtriser la grille ACTEURS-ENJEUX-RESSOURCES-CONTRAINTES-STRATEGIE et préciser ce que sont enjeux (gain/perte), ressources (zones contrôlées) et stratégies (offensive/défensive, active/prudente, résistance/fuite).
- Mobiliser l’exemple « cigarette chez les mineurs » pour repérer : acteurs cibles/clé, incohérence éducative, espaces interstitiels vs réunion, compromis vs compromission, et préconisations (espace de travail, réunion/CVS
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