📋 Plan du Cours
- Anneau des polynômes et notations
- Degré et coefficient dominant
- Degré d’une somme et cas d’égalité
- Division euclidienne et divisibilité
- PGCD et identité de Bezout
- Racines et principe du prolongement algébrique
- Dérivation formelle et linéarité
- Formule de Taylor dans K[X
- Racines multiples et multiplicité
- Décomposition en irréductibles dans K[X
- Irreductibles dans C[X] et R[X
- Polynômes interpolateurs de Lagrange
📖 1. Anneau des polynômes et notations
🔑 Notions clés & Définitions
- Polynôme formel : Un polynôme formel à coefficients dans un corps K est une suite d’éléments de K qui devient nulle à partir d’un certain rang.
- Espace K[X] : L’ensemble des polynômes en l’indéterminée X à coefficients dans K est noté K[X].
- Notation P=∑ akX^k : Un polynôme P de K[X] s’écrit en général sous la forme P=∑_{k=0}^n a_k X^k avec a_k∈K.
- Polynôme nul : Le polynôme nul est celui dont tous les coefficients sont nuls, noté 0_{K[X]} (ou parfois 0).
- Addition dans K[X] : L’addition de deux polynômes de K[X] se fait coefficient par coefficient, en additionnant les coefficients de même puissance.
📝 Points essentiels
- Un polynôme de K[X] est une écriture finie : seuls un nombre fini de coefficients a_k sont non nuls.
- L’écriture en coordonnées (a_0,00,0,a_n) correspond à P=00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
- Si P=∑{k=0}^n a_k X^k et Q=∑{k=0}^n b_k X^k, alors P+Q=∑_{k=0}^n (a_k+b_k)X^k.
- Le polynôme nul 0_{K[X]} est l’élément neutre pour l’addition dans K[X].
- L’ensemble K[X] est construit à partir d’un corps K : les coefficients appartiennent à K et les opérations se font dans K.
💡 Astuce mémo
Suite finie de coefficients : « après un rang, tout s’éteint » ; addition = « même puissance, mêmes coefficients ».
📖 2. Degré et coefficient dominant
🔑 Notions clés & Définitions
- Degré d’un polynôme : Le degré d’un polynôme non nul est le plus grand exposant k dont le coefficient ak n’est pas nul.
- Polynôme nul : Le polynôme nul est celui dont tous les coefficients sont nuls, noté 0K[X] (ou 0).
- Convention deg(0) : Par convention, le degré du polynôme nul vaut -.
- Coefficient dominant : Le coefficient dominant d’un polynôme non nul est le coefficient associé à son terme de plus haut degré.
- Degré d’un produit : Le degré d’un produit de polynômes est la somme des degrés de chacun des facteurs.
📝 Points essentiels
- Si P= a_kX^k est non nul, alors deg(P)=max{k∈N∣ak=0}.
- La convention deg(0~)=−∞ permet d’énoncer les règles de degré sans cas particuliers.
- Pour tous polynômes P,Q, on a deg(P+Q)≤max(deg(P),deg(Q)).
- Si deg(P)=deg(Q), alors deg(P+Q)=max(deg(P),deg(Q)).
- Si deg(P)=deg(Q), alors deg(P+Q)=deg(P) exactement quand la somme des coefficients dominants n’est pas nulle.
- Pour tous polynômes P,Q, on a deg(PQ)=deg(P)+deg(Q).
💡 Astuce mémo
Somme : le degré ne dépasse jamais le plus grand; produit : degrés s’additionnent; nul : −∞.
📖 3. Degré d’une somme et cas d’égalité
🔑 Notions clés & Définitions
- Degré d’un polynôme : Le degré d’un polynôme non nul est l’exposant maximal apparaissant avec un coefficient non nul.
- Coefficient dominant : Le coefficient dominant d’un polynôme non nul est le coefficient du terme de plus haut degré.
- Polynôme nul : Le polynôme nul est le polynôme identiquement égal à 0, pour lequel le degré et le coefficient dominant ne sont pas définis.
- Polynômes associés : Deux polynômes sont associés s’ils se divisent mutuellement, c’est-à-dire si chacun divise l’autre.
📝 Points essentiels
- Pour P,Q dans K[X], deg(P+Q)=max(deg(P),deg(Q)) sauf cas d’annulation du terme de plus haut degré.
- Si deg(P)≠deg(Q), alors deg(P+Q)=max(deg(P),deg(Q)).
- Si deg(P)=deg(Q), alors deg(P+Q)<deg(P) exactement quand cd(P)+cd(Q)=0.
- Le cas d’égalité deg(P+Q)=max(deg(P),deg(Q)) avec deg(P)=deg(Q) exige cd(P)+cd(Q)≠0.
- P·Q=0 dans K[X] si et seulement si P=0 ou Q=0.
- Le coefficient dominant cd(P) n’est pas défini pour le polynôme nul 0̃.
💡 Astuce mémo
Somme des degrés : max(deg) sauf si les coefficients dominants s’annulent (cd(P)+cd(Q)=0).
📖 4. Division euclidienne et divisibilité
🔑 Notions clés & Définitions
- Polynômes associés : Deux polynômes de K[X] sont associés s’ils se divisent mutuellement, c’est-à-dire si chacun divise l’autre.
- Division euclidienne : La division euclidienne dans K[X] décompose tout couple (A,B) avec B≠0 en A=BQ+R avec un reste de degré strictement plus petit que celui de B.
- PGCD de deux polynômes : Le PGCD de P et Q est le polynôme unitaire Δ tel que l’ensemble des diviseurs communs de P et Q soit exactement l’ensemble des diviseurs de Δ.
- Div(P) : Div(P) désigne l’ensemble des diviseurs de P dans K[X].
- Bézout dans K[X] : Le théorème de Bézout affirme qu’il existe U et V dans K[X] tels que PU+QV soit égal au PGCD de P et Q.
📝 Points essentiels
- P et Q sont associés si et seulement s’il existe λ∈K* tel que Q=λP.
- Deux polynômes sont associés exactement quand ils diffèrent d’un facteur inversible non nul de K.
- Exemple : 2X+2 et X+1 sont associés, car l’un est un multiple inversible de l’autre.
- Exemple : X^2 et X ne sont pas associés, car X^2 n’est pas un multiple inversible de X.
- Pour A,B∈K[X] avec B≠0, il existe un couple unique (Q,R) tel que A=BQ+R et deg(R)<deg(B).
- Corollaire : P divise Q si et seulement si le reste de la division euclidienne de Q par P est nul (R=0).
💡 Astuce mémo
Associés = même forme à une constante inversible près (λ∈K*), Division = A=BQ+R avec deg(R) < deg(B).
📖 5. PGCD et identité de Bezout
🔑 Notions clés & Définitions
- PGCD de polynômes : Le PGCD de deux polynômes est leur diviseur commun maximal, défini à une constante près dans K[X].
- Identité de Bezout : L’identité de Bezout exprime le PGCD comme combinaison linéaire des deux polynômes, avec des coefficients dans K[X].
- Polynômes premiers entre eux : Deux polynômes sont premiers entre eux quand leur PGCD vaut 1 (à une constante près) dans K[X].
- Lemme de Gauss (dans K[X]) : Le lemme de Gauss relie divisibilité et coprimalité : si un polynôme divise un produit et est premier avec l’autre facteur, alors il divise le troisième.
- Conséquence multiplicative : La conséquence affirme qu’en présence de deux racines distinctes, la divisibilité par chacun des facteurs entraîne la divisibilité par leur produit.
📝 Points essentiels
- Dans K[X], l’algorithme d’Euclide permet de déterminer un couple (U,V) tel que PU+QV=extPGCD(P,Q), mais les calculs peuvent être lourds.
- Propriété (Bezout pour la coprimalité) : il existe (U,V)K[X] tel que PU+QV=1 si et seulement si P et Q sont premiers entre eux.
- Exemple fondamental : si eq ' (scalaires distincts), alors (X-) et (X-') sont premiers entre eux.
- Lemme de Gauss : si P∣QR et P ext{PGCD}(P,Q)=1 (i.e. PextetQ premiers entre eux), alors P∣R.
- Propriété 6 : si P∣R, Q∣R et P et Q sont premiers entre eux, alors PQ∣R.
- Conséquence racines distinctes : si (X-)|P et (X-')|P avec eq ', alors (X-)(X-')|P.
💡 Astuce mémo
Bezout = « coprimalité combinaison 1 » : PU+QV=1 P,Q premiers entre eux ; puis Gauss « deux divisibilités + coprimalité produit divise ».
📖 6. Racines et principe du prolongement algébrique
🔑 Notions clés & Définitions
- Racine d’un polynôme : Une racine d’un polynôme P ∈ K[X] est un scalaire α ∈ K tel que la valeur P(α) soit nulle.
- Factorisation par (X − α) : La factorisation par (X − α) relie l’annulation en α à la divisibilité du polynôme par le facteur linéaire X − α.
- Racines distinctes : Des racines α1,…,αn sont dites deux à deux distinctes lorsqu’aucune d’elles n’est égale à une autre.
- Nombre maximal de racines : Le nombre maximal de racines d’un polynôme non nul de degré n est au plus n, si les racines sont comptées sans multiplicité.
- Principe du prolongement algébrique : Le principe du prolongement algébrique affirme que deux polynômes coïncidant en n+1 points distincts de Kn[X] sont égaux.
📝 Points essentiels
- Si P(α)=0, alors le reste de la division euclidienne de P par (X−α) est nul, et réciproquement.
- Pour P ∈ K[X] et α ∈ K, α est racine de P si et seulement si (X−α) divise P.
- Si α1,…,αn sont deux à deux distincts, alors P admet ces racines si et seulement si ∏_{i=1}^n (X−αi) divise P.
- Si deg P = n avec n≥1, alors P possède au plus n racines (distinctes).
- Si P a exactement n racines distinctes α1,…,αn, alors P = cd(P)∏_{i=1}^n (X−αi).
- Si P et Q ∈ Kn[X] coïncident en n+1 scalaires deux à deux distincts, alors P=Q.
💡 Astuce mémo
Racines→facteurs : P(α)=0 ⇔ (X−α)|P ; Prolongement : n+1 points distincts suffisent pour imposer l’égalité.
🔑 Notions clés & Définitions
- Dérivation formelle : La dérivation formelle associe à tout polynôme de K[X un autre polynôme obtenu en appliquant la règle de dérivation terme à terme.
- Polynôme dérivé : Le polynôme dérivé P′ est défini à partir de P en faisant décroître les puissances et en multipliant chaque coefficient par son exposant.
- Dérivée n-ième : La dérivée n-ième P(n) est obtenue en dérivant récursivement n fois le polynôme, avec P(0)=P.
- Application linéaire de la dérivation : La dérivation est une application linéaire de K[X] dans K[X] car elle respecte les combinaisons linéaires.
📝 Points essentiels
- Si P est non constant de degré deg(P)≥1, alors P′ est de degré deg(P)−1.
- Si P est constant, alors P′ vaut le polynôme nul.
- Si deg(P)≥1, alors le coefficient dominant de P′ vaut deg(P) fois le coefficient dominant de P.
- Pour tout λ,μ∈K et P,Q∈K[X], on a (λP+μQ)′=λP′+μQ′.
- La dérivée n-ième est définie par P(0)=P et P(n)=(P(n−1))′ pour n≥1.
- Si P=X^3+4X^2+1, alors P′=3X^2+8X, P′′=6X+8 et P(3)=6, puis P(n)=0 pour tout n≥4.
💡 Astuce mémo
Degré −1 : dériver fait tomber l’exposant, donc le degré baisse d’une unité; linéarité : dériver se distribue sur somme et scalaires.
🔑 Notions clés & Définitions
- Dérivée n-ième : La dérivée n-ième d’un polynôme est définie par récurrence en posant P(0)=P puis P(n)=(P(n−1))′ pour n≥1.
- Application linéaire P → P(n) : Associer à chaque polynôme son n-ième dérivé définit une application linéaire de K[X] vers K[X].
- Formule de Taylor en α : La formule de Taylor dans K[X] exprime un polynôme comme somme finie de ses dérivées successives évaluées en α.
- Formule de Taylor en 0 : La formule de Taylor en 0 donne l’écriture d’un polynôme en puissances de X à partir de ses dérivées successives en 0.
- Racine multiple : Une valeur α est une racine de multiplicité au moins m (resp. exactement m) si (X−α)^m divise P (resp. si (X−α)^m divise P mais pas (X−α)^{m+1}).
📝 Points essentiels
- Pour tout n≥1, on a P(n)=(P(n−1))′ et P(0)=P, ce qui rend les dérivées successives entièrement déterminées.
- Si deg(P)=n, alors P(k)=0 pour tout k≥n+1, ce qui supprime tout reste de type « petit o » dans Taylor.
- Linéarité : pour tous λ,μ∈K et P,Q∈K[X], on a (λP+μQ)(n)=λP(n)+μQ(n).
- Taylor en α : si P∈K[X] non nul et n=deg(P), alors P=∑_{k=0}^{n} P(k)(α)/k! · (X−α)^k.
- Taylor en 0 : si P∈K[X] non nul et n=deg(P), alors P=∑_{k=0}^{n} P(k)(0)/k! · X^k.
- Les deux formules sont liées : Taylor en 0 est un corollaire immédiat de Taylor en α en prenant α=0.
💡 Astuce mémo
Rang→zéro : après deg(P), les dérivées successives s’éteignent, donc Taylor devient une somme finie sans reste.
📖 9. Racines multiples et multiplicité
🔑 Notions clés & Définitions
- Multiplicité d’une racine : La multiplicité d’une racine α est le plus grand entier m tel que (X−α)^m divise le polynôme P.
- Racine simple : Une racine α est dite simple lorsque (X−α) divise P mais (X−α)^2 ne divise pas P.
- Racine de multiplicité au moins m : Une racine α est de multiplicité au moins m lorsque (X−α)^m divise P.
- Polynôme irréductible : Un polynôme non constant P de K[X est irréductible si ses seuls diviseurs dans K[X sont les polynômes associés à P et à 1.
📝 Points essentiels
- Si (X−α)^m divise P mais pas (X−α)^{m+1}, alors α est une racine de multiplicité exactement m.
- Exemple : 2 est racine de multiplicité exactement 3 pour le polynôme donné dans le cours.
- Exemple : 0 est racine de multiplicité exactement 4 et 1 est une racine simple pour (X−2)^3(X−1)X^4.
- Théorème multiplicité/dérivées successives : α est racine de multiplicité ≥ m ssi P(α)=P'(α)=…=P^{(m−1)}(α)=0.
- α est de multiplicité exactement m ssi P(α)=P'(α)=…=P^{(m−1)}(α)=0 et P^{(m)}(α)≠0.
- Méthode pratique : on vérifie P(α)=0 puis on calcule P'(α), P''(α), … jusqu’à trouver la première dérivée non nulle P^{(p)}(α) ; alors p est la multiplicité.
💡 Astuce mémo
Racine→dérivées : multiplicité = nombre de zéros consécutifs des dérivées en α (jusqu’à la première non nulle).
📖 10. Décomposition en irréductibles dans K[X
🔑 Notions clés & Définitions
- Décomposition en irréductibles : Décomposition d’un polynôme non constant en un produit de polynômes irréductibles, avec unicité à l’ordre et près d’une constante multiplicative.
- Polynômes irréductibles unitaires : Irreductibles choisis avec coefficient dominant égal à 1, ce qui fixe la normalisation des facteurs dans la décomposition.
- Unicité à l’ordre et à une constante : Deux décompositions en irréductibles d’un même polynôme diffèrent seulement par la permutation des facteurs et par une constante multiplicative.
- Racines sixièmes de l’unité : Ensemble des nombres complexes ω tels que ω6=1, qui sont les racines de X6−1 dans C[X].
- Conjugué d’une racine réelle : Si un polynôme à coefficients réels admet un complexe α comme racine, alors son conjugué α est aussi une racine.
📝 Points essentiels
- Théorème : tout polynôme non constant de K[X] s’écrit comme produit de polynômes irréductibles unitaires, deux à deux distincts, à puissances entières positives près.
- Écriture : pour P∈K[X]∖{0~}, il existe des irréductibles unitaires P1,…,Pn et des entiers αi≥1 tels que P=c∏i=1nPiαi.
- Exemple sur R[X] : X4−1=(X−1)(X+1)(X2+1), avec X2+1 irréductible dans R[X].
- Exemple sur C[X] : X3−3X2+2X=X(X−1)(X−2) car les racines sont 0,1,2.
- Exemple sur C[X] : X5+X4+X3=X3(X−j)(X−j), où j est une racine complexe donnée par le cours (et apparaît avec multiplicité).
- Exemple sur R[X] : X5+X4+X3=X3(X2+X+1), obtenu en regroupant les facteurs conjugués venant de C[X].
💡 Astuce mémo
DPI = produit d’irréductibles : irréductibles unitaires + unicité (ordre/constante) ; en réel, regrouper les conjugués via (X−z)(X−z).
📖 11. Irreductibles dans C[X] et R[X
🔑 Notions clés & Définitions
- Polynôme irréductible : Un polynôme non constant est irréductible dans K[X] s’il ne peut pas s’écrire comme produit de deux polynômes non constants de K[X].
- Théorème d’irréductibilité dans C[X] : Dans C[X], les polynômes irréductibles sont exactement ceux de degré 1.
- Théorème d’irréductibilité dans R[X] : Dans R[X], les polynômes irréductibles sont ceux de degré 1 et ceux de degré 2 dont le discriminant est strictement négatif.
- Discriminant d’un trinôme du second degré : Pour un polynôme de degré 2 à coefficients réels, le discriminant Δ détermine l’existence de racines réelles via son signe.
- Théorème de d’Alembert-Gauss : Tout polynôme non constant à coefficients complexes admet au moins une racine complexe.
📝 Points essentiels
- Dans C[X], un polynôme irréductible doit avoir degré 1, et réciproquement tout polynôme de degré 1 est irréductible.
- Dans R[X], un polynôme irréductible de degré 2 est caractérisé par Δ<0, donc sans racine réelle.
- Dans R[X], les polynômes de degré 1 sont toujours irréductibles (car ils ne peuvent pas se factoriser en deux facteurs non constants).
- L’implication « degré 1 ⇒ irréductible » dans C[X] se vérifie avec la définition d’irréductible et les propriétés du degré.
- La réciproque « irréductible ⇒ degré 1 » dans C[X] s’appuie sur d’Alembert-Gauss : tout polynôme non constant de C[X] a une racine dans C, ce qui force une factorisation si le degré est ≥2.
- Propriété pratique : si P∈R[X] et α∈C, alors P(α)=0 implique P(α)=0, car le conjugué d’une racine est aussi une racine pour les coefficients réels.
💡 Astuce mémo
C : irréductible ⇔ degré 1 ; R : irréductible ⇔ degré 1 ou degré 2 avec Δ<0 (pas de racine réelle).
📖 12. Polynômes interpolateurs de Lagrange
🔑 Notions clés & Définitions
- Polynôme scindé : Un polynôme est dit scindé dans un corps K si tous ses facteurs linéaires (donc toutes ses racines) appartiennent à K.
- Corps algébriquement clos : Un corps algébriquement clos est un corps où tout polynôme non constant à coefficients dans le corps admet au moins une racine dans ce corps.
- Principe du prolongement algébrique : Le principe du prolongement algébrique affirme qu’une égalité de polynômes sur un ensemble infini impose l’égalité des polynômes partout.
- Polynômes interpolateurs de Lagrange : Les polynômes interpolateurs de Lagrange construisent un unique polynôme de degré ≤ n prenant des valeurs prescrites en n+1 points distincts.
- Base de Lagrange : La base de Lagrange est l’ensemble des polynômes Lk qui valent 1 en αk et 0 en les autres αj.
📝 Points essentiels
- Un polynôme est scindé dans K si toutes ses racines sont dans K, sinon il ne l’est pas.
- X2−1 est scindé dans R ou C, tandis que X2+1 est scindé dans C mais pas dans R.
- Tout polynôme de C[X] est scindé dans C, ce qui traduit que C est algébriquement clos.
- Dire que toute équation polynomiale complexe de degré ≥ 1 a une solution dans C revient à dire que C est algébriquement clos.
- Les polynômes interpolateurs de Lagrange reposent sur des polynômes Lk qui sélectionnent une valeur en un point et annulent les autres.
- Pour des points distincts α0,…,αn, on utilise Lk=∏0≤j≤nj=kαk−αjX−αj pour obtenir l’interpolation.
💡 Astuce mémo
Scinde→Racines dans le corps ; Lagrange→« 1 au bon point, 0 aux autres » : Lk(αk)=1 et Lk(αj)=0 pour j=k.
| Comparaison | Scindé | Algébriquement clos | |---|---|---| | Dépendance | racines dans K | existence d’au moins une racine pour tout polynôme non-ét
📊 Tableaux de synthèse
Comparaison des irréductibles dans C[X] et R[X]
| Corps | Degré des irréductibles | Critère |
|---|
| C | 1 | Tout polynôme irréductible a degré 1 (et réciproquement). |
| R | 1 ou 2 | Degré 1 toujours irréductible ; degré 2 irréductible ssi discriminant strictement négatif. |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre polynôme nul et polynôme non nul : deg(0)=−∞ et le coefficient dominant n’est pas défini pour 0̃.
- Croire que deg(P+Q)=max(deg(P),deg(Q)) sans condition : si deg(P)=deg(Q) et cd(P)+cd(Q)=0, alors le degré baisse.
- Penser que P|Q équivaut à “reste nul” pour la division de P par Q : c’est l’inverse, on divise Q par P.
- Oublier la normalisation du PGCD : le PGCD est défini comme polynôme unitaire Δ, donc il est unique à l’unité près (pas “n’importe quel” diviseur commun).
- Se tromper sur le lien racine/facteur : α racine ⇔ (X−α) divise P, et le reste de la division euclidienne de P par (X−α) est nul.
- Mélanger multiplicité et racine simple : multiplicité m signifie (X−α)^m divise P, et “exactement m” impose que (X−α)^{m+1} ne divise pas P.
- En décomposition en irréductibles, oublier l’unicité “à l’ordre et à une constante multiplicative près”, ou oublier de travailler avec des facteurs irréductibles unitaires.
✅ Checklist Examen
- Savoir écrire un polynôme formel comme suite finie et identifier le polynôme nul 0K[X] (tous coefficients nuls).
- Savoir calculer P+Q coefficient par coefficient dans K[X et reconnaître l’élément neutre pour l’addition.
- Savoir utiliser les propriétés du degré : deg(PQ)=deg(P)+deg(Q) et deg(λP)=deg(P) pour λ∈K*.
- Savoir appliquer le cas d’égalité pour deg(P+Q) : deg(P+Q)=max(deg(P),deg(Q)) sauf annulation du terme dominant via cd(P)+cd(Q)=0.
- Savoir caractériser la divisibilité par la division euclidienne : P divise Q ssi le reste de la division de Q par P est nul.
- Savoir définir “associés” et reconnaître l’équivalence : Q=λP avec λ∈K*.
- Savoir définir le PGCD comme polynôme unitaire Δ tel que Div(P)∩Div(Q)=Div(Δ) et utiliser Bézout : PU+QV=PGCD(P,Q).
- Savoir appliquer le lemme de Gauss et la conséquence : si P|QR et P∧Q=1 alors P|R, et si (X−α)|(P) et (X−β)|(P) avec α≠β alors (X−α)(X−β)|(P).
- Savoir utiliser racines et factorisation : α racine ⇔ (X−α) divise P, et si α1,…,αn distinctes sont racines alors ∏(X−αi) divise P.
- Savoir appliquer le principe du prolongement algébrique : deux polynômes coïncidant en n+1 points distincts de Kn[X] sont égaux.
- Savoir calculer la dérivée formelle et utiliser la linéarité ; savoir que si deg(P)≥1 alors deg(P′)=deg(P)−1 et cd(P′)=deg(P)·cd(P).
- Savoir utiliser Taylor dans K[X] : P=∑_{k=0}^{deg(P)} P(k)(α)/k!·(X−α)^k et en particulier Taylor en 0 pour relier coefficients et dérivées.
- Savoir déterminer la multiplicité d’une racine α via P(α)=P′(α)=…=P^{(m−1)}(α)=0 puis P^{(m)}(α)≠0.
- Savoir décomposer en irréductibles : existence/unicité à l’ordre et constante près, et connaître les irréductibles dans C[X] (degré 1) et dans R[X] (degré 1 ou degré 2 de discriminant strictement négatif).
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